Pour répondre, je voudrais partir des faits, je veux dire de ce qui est notre démarche et notre activité





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Intervention à Bègles




Mon propos consistera à répondre à la question : pourquoi le mot « chrétien » figure t il dans la désignation de notre association :  « Observatoire Chrétien de la Laïcité » ?
Une objection nous est parfois faite :

« Y a t’il une manière particulière pour des chrétiens d’être laïques ? Autrement dit y aurait-il une conception chrétienne de la laïcité et une autre qui ne le serait pas ? »


Pour répondre, je voudrais partir des faits, je veux dire de ce qui est notre démarche et notre activité



Tout d’abord comme l’indique notre Manifeste : « Nous nous considérons comme des militants convaincus de la laïcité ; nous prenons part au débat comme les autres citoyens »
Pour être clair : il n’y a pas de conception chrétienne et de conception agnostique de la laïcité, même si le combat pour la laïcité, il y a un siècle, fut souvent le fait de militants agnostiques ou athées contre des chrétiens cléricaux.
La Loi de 1905 a vu s’incarner une conception de la laïcité à laquelle nous pouvons tous adhérer, en tant que citoyens, que nous soyons chrétiens ou agnostiques
Elle repose donc sur les bases de la Loi de 1905 à savoir :

- la liberté de conscience,

  • la liberté de culte et

  • la séparation de l’Eglise (et en général des religions instituées) et de l’Etat que cela implique.

C’est pourquoi l’O.C.L. a tenu à célébrer le centenaire de cette Loi et à le faire avec des militants laïques qui ne sont pas nécessairement chrétiens.

Nous tenons d’abord à nous dire chrétiens tout simplement parce que c’est un fait. Ce fait entraîne un certain nombre de responsabilités en particulier la responsabilité de montrer en quoi il n’y a aucune incohérence à être chrétiens et laïques, catholiques et laïques.
Si nous affirmons notre croyance chrétienne c’est en constatant que cette affirmation est parfaitement compatible avec celle de notre conviction laïque. Il est important que cela soit dit dans la mesure où il est longtemps apparu-et c’est encore parfois le cas- que la conviction laïque était en contradiction sinon avec la croyance religieuse en général du moins avec l’appartenance à l’Eglise catholique
Ce fait est également important car notre option permet de vérifier que la loi de 1905 n’est pas une loi anti-chrétienne, ni une loi antireligieuse. Il a fallu du temps pour que les évêques de France finissent par le reconnaître dans leur intervention récente concernant le centenaire de cette loi - : ( Je les cite)  
« Tout cela considéré, pour ce qui nous concerne, nous ne pensons pas qu’il faille changer la loi de 1905… Il nous semble sage de ne pas toucher à cet équilibre par lequel a été rendu possible en notre pays l’apaisement d’aujourd’hui. »
Cette déclaration est malheureusement un peu affaiblie par les références qui suivent aux positions du Vatican positions sur lesquelles je reviendrai tout à l’heure.

L’HISTOIRE



Certes, le contexte historique de conflit ouvert, dur, passionnel entre d’une part la majorité catholique des chrétiens de France reprenant les positions anti-laïques du Vatican et d’autre part la minorité le plus souvent agnostique et athée se réclamant de la laïcité, a favorisé des prises de position et des affrontements verbaux et souvent violents, qui ont encouragé un climat d’incompréhension voire d’intolérance réciproque pendant des dizaines et des dizaines d’années.
Quelques années avant la loi de 1905, dans le Syllabus, ce document du Pape Pie IX dénonçant quatre-vingts erreurs modernes, on peut lire le rejet des propositions suivantes:

“l’Église doit être séparée de l’État et l’État séparé de l’Église” (n° 55)
“A notre époque il n’est plus utile que la religion catholique soit considérée comme l’unique religion de l’État à l’exclusion de tous les autres cultes” (n° 77).
En 1925 encore l’Assemblée des cardinaux et archevêques de France traitait de “l’injustice des lois de laïcité”.

Citons quelques formules : “Les lois de laïcité sont injustes d’abord parce qu’elles sont contraires aux droits formels de Dieu”.

Le texte confond la laïcité et le laïcisme : “Le laïcisme dans toutes les sphères est fatal au bien privé et public. Dès lors les lois de laïcité ne sont pas des lois”
On peut ajouter qu’en 1905 le pape Pie X rappellera et fera sienne la formule de Pie IX dans l’encyclique Quanta Cura de 1863 :
"Les Catholiques ne peuvent soutenir cette opinion erronée, funeste pour le salut des âmes : la liberté de conscience et des cultes est un droit propre à chaque homme. »
Il faut noter que pendant le même temps l’Eglise Réformée qui n’est pas moins chrétienne que la catholique choisissait le camp de la laïcité et entrait dans le cadre de la Loi de 1905. Ce qui – soulignons le ici- a mis - après coup- les Réformés dans une situation inattendue lorsque en1924 les associations diocésaines catholiques furent reconnues par L’Etat sans pour autant que soit remise en cause la prise en charge par les municipalités des lieux de culte catholiques construits avant 1905 alors que l’entretien de ces bâtiments restait à la charge de l’Eglise Réformée.
Minoritaires sans doute, il y a eu aussi des catholiques républicains qui n’acceptaient pas les positions de Rome. Car ne l’oublions pas, alors que des catholiques se demandaient si la Loi de 1905 n’était pas finalement acceptable, c’est l’intervention de Pie X qui a interdit la constitution d’associations cultuelles catholiques. Et pourtant rien, ne s’y opposait ni du point de vue juridique  ni du point de vue du témoignage social de la Foi.
Cf. l’article 4 de cette loi Cet article stipule le transfert des biens nécessaires aux cultes “aux associations qui, en se conformant aux règles d’organisation générale du culte dont elles se proposent d’assurer l’exercice, se seraient légalement formées suivant les prescriptions de l’article 19...” Cet article ouvre la voie à un respect par la laïcité des structures propres de chaque confession.

AUJOURD HUI
Cet AUJour’cET CetCet exposé très rapide de certains aspects historiques de l’instauration de la laïcité en France indique pourquoi nous tenons à nous dire chrétien :
-pour dire que nous avons en tant que chrétiens, et pour la plupart catholiques ou d’origine catholique, un devoir de mémoire - y compris à l’intérieur des Eglises et associations chrétiennes- afin que l’on n’oublie pas la responsabilité des catholiques, dans la guerre anti-laïque
-pour continuer d’être très vigilants et d’apporter de la part de chrétiens qui revendiquent leur liberté de parole, y compris dans l’Eglise, un regard critique à l’égard de certaines positions actuelles de la hiérarchie catholique. Aujourd’hui encore, aux plus hauts niveaux de responsabilité, la hiérarchie n’a pas encore vraiment admis l’idée de séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Sans vouloir ni pouvoir être exhaustif je noterai un certain nombre d’interventions que nous avons faites depuis deux ans que nous existons sur divers terrains où, comme militants laïques, nous nous sommes trouvés en désaccord avec des positions de la hiérarchie catholique et comme chrétiens et laïques nous avons cru de notre responsabilité de signifier ce désaccord avec des responsables ecclésiastiques.
Je voudrais montrer à partir de nos positions sur trois points (mais il y en a eu d’autres comme le deuil officiel lors de la mort de Jean Paul 2) des exemples de notre engagement de chrétiens laïque
Il s’agit :

- des conceptions du Vatican et d’une grande partie de l’épiscopat européen sur la laïcité en général

- de leurs conceptions sur la laïcité en Europe

- de leur engagement par rapport à l’école confessionnelle

Les conceptions de la laïcité défendues par le Vatican
La laïcité est présentée par le pape et la COMECE (organisation des évêques européens) comme une distinction permettant une collaboration entre deux pouvoirs : le pouvoir temporel et le pouvoir spirituel.
Cette vieille distinction a présidé pendant des siècles à la dialectique des pouvoirs du Pape et de l’Empereur. En tant que telle elle ne suffit pas à assurer l’autonomie du politique à l’égard du religieux, ni du religieux, d’ailleurs, à l’égard du politique. Elle est même à la base des conceptions concordataires qui sont encore celles du Vatican, conceptions qu’il favorise partout où il a l’oreille du pouvoir.
Ce que le Pape appelle « laïcité » est donc la distinction des pouvoirs accompagnée de leur collaboration. Dans le cas du concordat il s’agit du pouvoir DES religions par l’institutionnalisation de leur collaboration avec l’Etat. Il y a encore en Europe bien des pays organisés selon cette conception concordataire ( y compris en France en Alsace Moselle) Il y en a même qui reconnaissent des religions officielles. La laïcité dite « à la française » est une donnée de l'histoire. Et on argue souvent de cette relativité historique pour la déclarer dépassée car non conforme à l’histoire des autres pays européens. Mais l’histoire européenne n’est pas terminée et nombreux sont les européens, croyants et incroyants, qui considèrent la laïcité française comme un modèle possible pour l’Europe, alors que certains, comme l’évêque de Strasbourg, voudraient au contraire étendre le Concordat napoléonien à toute l’Europe y compris la France. La laïcité est un choix juridique qui implique un choix de société. Pour notre part nous l’avons fait clairement tant pour la France que pour l’organisation de l’Europe.
Soulignons à cette occasion que nous déplorons le double visage que présente la Papauté en s’exprimant tantôt comme une autorité spirituelle et religieuse, tantôt comme un Etat, avec ses nonces, auprès des Etats et auprès de la commission européenne, visant à se faire reconnaître à ce titre dans les organisations internationales.
Ces problèmes se retrouvent dans les positions de l’Eglise catholique (et d’une partie de l’Eglise réformée) sur la Constitution européenne.


  1. le préambule


Nous avons refusé la formulation qui invoquait les racines chrétiennes de l’Europe comme fondement des dispositions proposées de la Constitution.

Jean Paul II était particulièrement attaché à cette référence car son rêve politique était un renouveau, dans les temps modernes, de la chrétienté et des rapports qu’elle impliquait entre l’Eglise et le Pouvoir exercé par des chrétiens. (Il allait jusqu’à célébrer l’Europe de Charlemagne dans cet esprit !)

Il partiellement exact sur le plan historique que le christianisme comme croyance très dominante dans le cadre de la société européenne a contribué à façonner notre civilisation. Mais cette thèse est beaucoup trop partielle et se présente de façon partiale.
Il faudrait en effet parler aussi des héritages religieux et philosophiques grecs, celtes, musulmans dont certains ont aussi été intégrés dans la civilisation occidentale, voire une certaine culture chrétienne. Mais il faut rappeler aussi l’inquisition, les croisades…etc. Il faudrait parler des héritages athées et agnostiques, de tous les humanismes (en rappelant combien l’Eglise catholique s’est opposée à leur expression ?) et j’en oublie sans doute…
C’est la sécularisation de la société qui s’est déroulée sur 4 siècles depuis la Renaissance qui a préparé, en deux domaines différents, l’avènement juridique de la laïcité et une relecture moderne des évangiles.
Revenons au préambule de la Constitution. Car un préambule de Constitution n’est pas un livre d’histoire de l’Europe. Il faut seulement fonder les Institutions communes sur les valeurs communes actuelles sur lesquelles l’Europe peut se construire. Or les valeurs suffisamment universelles pour fonder le droit dans une Europe démocratique sont celles de la République : les droits de l’homme et du citoyen C’est aussi la raison pour laquelle nous pensons que l’invocation de Dieu dans ce préambule –également souhaité par le Vatican et les formes les plus intégristes de l’opinion catholique, était pour le moins déplacée et instrumentalisait la Foi à des fins de domination politique.


  1. l’article 1.52


Je rappelle que cet article « oblige l'Union à un dialogue régulier avec les Eglises et organisations confessionnelles légitimant ainsi un droit d'ingérence des institutions religieuses dans l'exercice des pouvoirs publics européens » alors que «  la liberté d'organisation et la liberté d'action des organisations confessionnelles sont déjà garanties par l'article 10 de la Charte des droits fondamentaux ainsi que par l'article 46 du projet de Traité constitutionnel relatif aux associations représentatives de la société civile »
On notera que la seule Institution religieuse qui ait une dimension centralisée et européenne forte est l’Eglise catholique romaine. On comprend qu’elle tienne à un texte qui lui assure une présence forte et active auprès des institutions européennes.
Entre autres communiqués, textes et interventions auprès du gouvernement français et du président de la commission européenne, l’OCL a signé un texte issu d’organisations humanistes et soutenant une initiative de députés européens de plusieurs pays contre cet article 1 .51 devenu 1.52

c) L’appel des trois Eglises (catholique- orthodoxes- protestantes) à voter OUI au référendum constitutionnel
Voici un extrait de notre position publique sur ce point :
« En dehors de toute prise de position pour le OUI ou le NON, l’Observatoire Chrétien de la Laïcité considère que nous sommes devant une instrumentalisation de l’autorité religieuse en faveur de choix politiques qui sont du ressort des citoyens, chrétiens ou non, et d’eux seuls. C’est la définition même du cléricalisme que cette utilisation d’une autorité religieuse à des fins politiques et même partisanes. N'est-ce pas un retour en arrière de quelques 80 ans, au « bon temps » de la IIIe République, quand le clergé disait pour qui il ne fallait pas voter et par là même pour qui il fallait voter ? (…)

Le pape, les évêques, les pasteurs, les rabbins, les imams ou autres autorités religieuses n’ont à nos yeux aucune qualité particulière pour définir une doctrine de nature politique- concernant les lois françaises ou européennes- qui engagerait les citoyens français catholiques, juifs, musulmans…etc. Les croyants sont des citoyens libres et responsables capables de se prononcer par eux-mêmes sur une question d’ordre politique. »
Si la fédération protestante de France , par la voix de son président, M. le pasteur de Clermont-Tonnerre, a signé l’appel des Eglises, sa propre Eglise, l’Eglise réformée de France, lui a donné tort lors du synode qui a immédiatement suivi.


Quant à l’école confessionnelle
nous disons avec beaucoup d’autres laïques chrétiens, notamment des enseignants chrétien de l’Ecole publique, notre attachement à l’école de la République. En témoigne par exemple cette lettre que j’ai envoyée à T.C. au nom de l’OCL et qui a été publiée récemment (fin septembre- début) octobre dans les colonnes de l’hebdomadaire :
« A l’occasion des informations concernant la rentrée scolaire l’OCL a remarqué, à la télévision et dans la presse écrite, des sujets ou des articles qui tendent à valoriser systématiquement les établissements scolaires privés. Cette valorisation s’est faite sur le mode implicite de la publicité comparative par une dévalorisation tout à fait partiale de l’enseignement public. Dans un monde ultra libéral où l’idéologie dominante tend à remplacer partout la notion de service public par celle d’entreprise et de service privés dans le cadre d’une conception productiviste et marchande, l’existence d’une école privée sert de plus en plus d’outil aux tenant du tout privé pour mettre en cause la nécessité et l’efficacité de l’Ecole Publique »
Ainsi dans toutes les positions rappelées ici, à titre d’exemple, et dans bien d’autres que nous sommes appelées à faire nous voulons montrer qu’il n’y a aucune incompatibilité entre la défense et la promotion de la laïcité et l’adhésion aux valeurs et à la Foi évangéliques, alors que certains membres de la hiérarchie voudraient nous faire admettre comme seules compatibles avec la Foi les positions concordataires ou s’inspirant de tendances concordataires.


Foi chrétienne et laïcité
Mais il y a aussi cet autre aspect qui nous concerne comme chrétiens.. Pour nous être laïque c’est confronter l’expression de notre Foi et les Institutions religieuses et ecclésiastiques avec les valeurs républicaines et citoyennes qui sous tendent cet engagement. En témoignent les paragraphes suivant du Manifeste que nous avons publié le 11 septembre 2003 :
« Nous sommes aussi attachés à la laïcité parce qu’elle nous permet d’approfondir notre propre foi. Elle nous aide en effet à prendre conscience de façon plus évidente que nous appartenons à la communauté humaine avant d’être des croyants. Ce n’est pas dévaloriser la foi religieuse que d’affirmer qu’aucune Révélation ne doit prétendre avoir la primauté sur la loi commune, elle-même fondée sur les Droits de l’Homme. Cette liberté permet d’approcher de plus près le mystère de ce Dieu caché qu’annonce l’évangile et qui suscite notre autonomie »
Cette priorité de l’humain sur l’identité religieuse est une composante de base de la foi chrétienne qui ne définit pas le prochain dont je suis solidaire comme un membre de ma famille, de ma tribu, de ma religion, mais comme l’homme quel qu’il soit dont j’ai décidé de me montrer proche, c’est à dire solidaire en humanité, reconnaissant les références universelles de la devise Républicaine que sont l’égalité et la fraternité,
La recherche théologique qui permet à toute foi religieuse de s’enrichir se trouve fortement encouragée par la liberté avec laquelle elle peut être menée dans une société laïque. L’indépendance de toute recherche intellectuelle et de toute prise de position dans une société laïque est une garantie pour que la liberté de parole soit préservée au sein des religions. On peut espérer voir le fonctionnement de leurs institutions évoluer alors dans un sens plus démocratique.

Ce qui précède montre amplement que nous sommes des croyants libres. Nous ne sommes pas des courroies de transmission des autorités ecclésiastiques. A l’égard de leurs prises de positions nous savons les recevoir avec objectivité, ce qui implique de prendre au sérieux leurs interventions soit pour les critiquer, voire les rejeter, de façon argumentée, soit de façon non moins argumentée les faire nôtres.
Par exemple nous nous réjouissons dans la déclaration de l’assemblée plénière des évêques de France : « l’Eglise catholique et la loi du 9 décembre 1905 cent ans après » de la phrase que j’ai citée plus haut ; mais nous disons aussi notre désaccord avec les passages de cette intervention qui faisant référence à la lettre du pape aux évêques de France sur la laïcité reprenait, sous le terme détourné de laïcité, les vieilles thèse concordataires de la collaboration nécessaire des deux pouvoirs spirituels et temporels pour les bien des hommes.
En ce sens l’engagement laïque n’est pas sans répercussion sur les convictions philosophiques, morales ou religieuses de ceux qui le font.

Il y a des militants de la laicité qui ont eu et ont encore parfois tendance à confondre laïcité et lutte anti- religieuse.
Or la laïcité est d’abord de nature juridique comme nous l’avons déjà dit. Elle est une affaire de séparation entre la sphère publique et la sphère privée.

Entendons-nous bien sur ces mots.
Dans notre Manifeste nous avons voulons préciser le sens de ces mots en empruntant les définitions d’Henri Péna Ruiz  qui nous avait fait l’honneur de conclure le colloque que nous avons organisé en mars 2003 à Paris.
« En termes de droit, est public ce qui concerne tous les hommes d’une nation ou d’une communauté politique. Est privé ce qui intéresse un homme ou plusieurs, librement associés par exemple dans une communauté religieuse. » Henri Pena-Ruiz (  « La Laïcité »)
Pour préciser cette conception  et éviter les contre sens qui divisent sur de faux problèmes :
Tous les hommes, c’est le domaine de la citoyenneté qui suppose que nous sommes tous et toutes et chacun(e) des êtres libres, égaux en droits, appelé(e)s à la fraternité, quelles que soient nos convictions et nos options personnelles ou partagées. C’est sur ce terrain que se fonde la République et que s’élabore le pouvoir démocratique, le rôle de l’Etat, le domaine des lois et des services publics (dont l’éducation nationale)
Un homme, c’est le domaine de l’intime, de la conviction personnelle, que la Loi de 1905 protège au nom de la liberté de conscience contre toutes les pressions et tous les enrôlements identitaires ou communautaristes. Et c’est très important de nos jours pour beaucoup d’hommes et surtout dans certains cas de femmes.
Qu’est ce que des hommes associés ? Ce sont des hommes (et des femmes) qui s’unissent entre autres dans des associations particulières, différenciées, des groupes de conviction philosophique, des Eglises etc. Bref c’est la société civile où démocratiquement l’on peut s’exprimer publiquement, individuellement et collectivement, où l’on peut agir, manifester librement et au grand jour dans le cadre des lois républicaines.
En conséquence de quoi la laïcité n’est ni religieuse ni antireligieuse. Et tant dans le domaine de l’intime conviction personnelle de chaque personne que dans les associations et organisations de la société civile croyants et athées ont le droit d’exprimer et de développer leurs positions.
Pour conclure je noterai que la laïcité permet la reconnaissance de l’altérité de l’autre et donc une confrontation, un dialogue et un débat qui peut enrichir l’humanité des richesses de ses différentes composantes.

Jean Riedinger Secrétaire de l’O.C.L. Bègles le 24-11-2005


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