01/06/13 / revue de la presse congolaise de ce samedi (CongoForum)





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Gode Bayama

il y a 5 heures

01/06/13 / REVUE DE LA PRESSE CONGOLAISE DE CE SAMEDI (CongoForum)

Difficile compromis pour la désignation du porte-parole de l’Opposition, réapparition du virus d’Ebola dans la Province Orientale, menace sur une journaliste à Matadi etc, tels sont les sujets abordés par les journaux parus ce samedi à Kinshasa.
Opposition
Le Potentiel titre« Porte-parole de l’Opposition : difficile compromis ». 
Il note que les agendas des uns et des autres entretiennent des divergences qui empêchent le processus de désignation d’aller jusqu’au bout. Comme avec la première législature (2006-2011), le choix du porte-parole de l’Opposition est toujours plombé.
Pour éviter un nouveau flop, les présidents des deux bureaux du Parlement ont récupéré l’affaire, indique le quotidien de l’avenue Bas-Congo. Or, à en croire les déclarations des uns et des autres à l’issue de la rencontre de vendredi au palais du peuple, l’on est encore loin de voir le bout du tunnel. Jugé élastique, le chronogramme proposé par le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku, n’a pas obtenu l’unanimité. Le compromis entre les parties en présence demeure une gageure.
(La solution de bon sens, à laquelle bien sûr on ne recourra pas, serait d’admettre que ce poste n’a aucun sens dans un système autre que le bipartisme à l’anglaise. Quand la Chambre est élue à la proportionnelle, l’Opposition est naturellement plurielle. Ce poste de Porte parole a été un gadget purement circonstanciel, imaginé en son temps pour rassurer Bemba. Il serait tems de s’en apercevoir et de remiser cet accessoire superflu.
Mais, bien sûr, il est fort commode d’avoir un tel moyen pour semer la zizanie dans l’Opposition à la veille des débats sur la CENI et peut-être même du « dialogue national » s’il devait se tenir un jour. Il faut rappeler que les élections du 28/11/11 ont été organisées, tout comme celles de 2006, en faisant voter un « corps électoral inconnu », faute de recensement préalable de la population. Ce fait à lui seul suffirait à en « plomber » gravement la crédibilité. Elles ont, par-dessus le marché, été entachées de fraudes et de manipulations à un point tel qu’elles ont donné des résultats qui, en réalité, sont encore inconnus. Les fraudes les plus importantes ayant eu lieu au niveau des centres de compilation, on ne pourrait se rapprocher de la « vérité des urnes » qu’en se référant aux PV des bureaux de vote, dernière opération publique et vérifiée par des témoins. Les chiffres de la CENI ne s’accompagnaient pas de ces PV, les chiffres publiés par l’UDPS, non plus. L’Eglise n’a jamais publié les résultats partiels constatés par ses observateurs. On n’a donc que des résultats dont la crédibilité est nulle. Les législatives ont été dignes de la présidentielle, sinon pires. Mais la CSJ a entériné les résultats de la présidentielle et des législatives. Le temps s’est écoulé, les résultats des élections demeureront à jamais inconnus. Toute autorité prétendue ne relève plus que de la force, de l’intimidation, d’un coup d’état de fait. Le principal ressort de ce coup d’état consiste à progresser, comme si de rien n’était, dans les tâches qui suivent normalement une élection et à mettre le pays et le monde devant le fait accompli. NdlR)

Ebola

Le même journal titre : « Le virus d’Ebola de retour en province Orientale : une vraie-fausse alerte », et rapporte que l’émoi a envahi les Congolais à la simple évocation d’une éventuelle détection des cas des personnes frappées par le virus d’Ebola. L’omertà aurait-il été décidé autour de cette question délicate ? Les responsables locaux donnent l’impression de ne rien savoir. Les humanitaires onusiens qui ont livré l’information se rétractent.
Mais, face à la gravité de cette maladie, la transparence est la meilleure tactique de lutte, souligne ce journal. Cette nouvelle alerte étale les insuffisances chroniques dans la chaîne de la protection sanitaire des Congolais. 
(voir aussi la note documentaire ci-dessous) 

Presse
La Prospérité rapporte que Freedom for journalist (FFJ), organisation de défense et de promotion de la liberté des médias exprime sa totale inquiétude à la suite des menaces proférées à Hélène Sodi, journaliste à www.infobascongo.net, un support d’informations en ligne diffusé à partir de Matadi, capitale de la province du Bas-Congo, Ouest de la République démocratique du Congo (RDC). 
Sodi a été menacée par Christian Mafuila, membre de la Composante Rédevabilité externe, un programme financé par DAI, un organisme de droit britannique basé sur la reforme du secteur de sécurité, qui lui a reproché d’avoir posté sur le site l’article intitulé « Matadi : Le parquet, principal auteur de l’insécurité selon la police », source d’une forte dissension entre ces deux corps.
Note sur le virus d’Ebola
Historique:

La première apparition de la maladie liée au virus d'Ebola date de 1976. Deux foyers apparaissent presque simultanément à plusieurs centaine de km de distance, l'un dans le Sud du Soudan, l'autre le long de la rivière Ebola au Congo, dans la ville de Yambuku et dans 55 villages environnants.
En 1979, il y a à nouveau un cas dans la même région du Congo et quelques cas (qualifiés de "mini-épidémie) dans la même région du Soudan.
En 1989, à Reston (USA) on découvre un virus du même type, affectant des singes importés des Philippines. Cette variété n'affecte pas l'homme, mais est transmissible par voie aérienne (gouttelettes de salive).
Une autre épidémie fait rage à Kikwit en avril - mai 1995, encore que les experts aient ultérieurement constaté que les deux premiers cas ont été enregistrés en décembre 94 et février 95, sans que la responsabilité du virus soit mise en évidence.
En 1995, l'Institut Pasteur enregistre un cas isolé. Il s'agissait d'une zoologiste travaillant sur des singes en Côte d'Ivoire), qui a pu être sauvée.
Il s'agit de filovirus (ils se présentent en "file" affectant la forme d'une sorte de cheveu embrouillé et non sous forme de corpuscule sphérique comme les autres virus). Les épidémies zaïroise et soudanaises ont été causées par des souches différentes.
On a donc catalogué les trois souches connues en EBOZ (Congo), EBOS (Soudan) et EBOR (Reston).

Symptômes.

Les personnes contaminées développent la maladie dans un délai de 5 à 21 jours. Les premiers signes ne sont pas très spécifiques: malaise, fièvre, maux de tête, diarrhée, douleurs abdominales, léthargie. Ils peuvent facilement être confondus avec un accès de l'une ou l'autre parasitose courante (malaria, bilharziose, etc...).
5 à 7 jours plus tard, apparaissent des rougeurs cutanées, des saignements de nez, de la bouche, des vomissements de sang, des selles sanguinolentes ( d'où le nom de "Diarrhée Rouge"). Ces symptômes sont liés à la détérioration de certaines cellules présentes dans le sang. Le visage prend un aspect de masque figé. La plupart des organes (foie, reins, cerveau, cœur, ...) sont détériorés ou morts avant que la mort elle-même survienne, environ deux semaines après le début de la maladie. C'est à ce stade que le patient est contagieux, et contamine son entourage par ses vomissements et déjections.

Pronostic et traitement.

Actuellement, on ne peut que soulager les nausées et vomissements de manière symptomatique et remplacer les pertes de sang par des fournitures de sang et de plasma. Le pronostic est de toute façon très mauvais: 90 % de mortalité pour EBOZ (211 morts sur 237 cas) et 60 % pour EBOS (151 sur 300). La différence s'expliquerait par une moindre virulence d'EBOS.

Transmission.

Pour les variétés pathogènes pour l'homme (EBOZ et EBOS) il faut un contact direct avec un patient en phase aiguë. L'épidémie de Kikwit a frappé surtout les membres du personnel soignant, les proches des victimes et ceux qui se sont chargés de la préparation rituelle des morts pour les funérailles.
On ignore malheureusement tout de la contamination originelle.

Réservoir / Vecteur.

Il est toujours inconnu. A l’étranger, des mesures d'interdiction d'importation des animaux en provenance de l'Afrique centrale ont été prises, sans qu'on sache de quel animal il faut se méfier.
Le scénario catastrophe (celui du film "Outbreak", p. ex.) serait que le virus, comme la souche EBOR qui n'est pathogène que pour les singes, subisse une mutation qui rendrait la contagion par l'air possible.

Presse et documents étrangers

Heurts interethniques à Bukavu, barricades dans la ville 
C. Braeckman – Le Soir – 24 mai 2013
Durant deux jours, la commune d’Ibanda à Bukavu, qui jouxte la frontière rwandaise, a craint le pire : des barricades ont empêché le trafic et des heurts violents ont opposé des jeunes gens, appartenant au groupe ethnique des Banyamulenge, (Tutsis congolais vivant dans les hauts plateaux) à des groupes de motards. Les violences ont fait une quarantaine de blessés parmi les manifestants et huit policiers ont également été hospitalisés.
Les heurts ont commence jeudi soir, lorsque trois jeunes Banyamulenge ont été molestés par un groupe d’hommes appartenant au groupe ethnique des Bashis, majoritaire au Sud Kivu. Le lendemain, les troubles se sont généralisés, lorsque des motards et d’autres jeunes gens non identifiés s’en sont également pris aux Banyamulenge, leur criant de « rentrer chez eux au Rwanda ». La police est alors intervenue, séparant les antagonistes et un policier, qui avait pris fait et cause pour les manifestants anti-tutsis a été mis à pied et sanctionné. 
A première vue, tout pourrait laisser croire que les Banyamulenge auraient pris fait et cause pour les rebelles du M23, un mouvement essentiellement composé de Tutsis du Nord Kivu, qui a repris les hostilités au nord de Goma, décrétant une trêve à l’occasion de la visite-éclair du secrétaire général de l’ONU M. Ban KI-moon.
La réalité est cependant différente : depuis le début de la reprise des hostilités par le M23, début 2012, les Tutsis du Sud Kivu ont explicitement refusé de suivre le mouvement, expliquant, entre autres raisons, qu’ils étaient «fatigués » de suivre les aventures militaires soutenues ou téléguidées par Kigali et qui avaient occasionné de nombreuses pertes au sein de leur communauté. Ce refus est l’une des raisons qui expliquent pourquoi le Sud Kivu, échappant à la guerre qui a ravagé le Nord Kivu, a connu un calme relatif. Cette fin de non recevoir opposée par les Banyamulenge a contraint le M23 à se chercher des alliés dans d’autres groupes ethniques, entre autres les Bashis, majoritaires au Sud Kivu. C’est ainsi que le porte parole actuel de la rébellion du M23, Bertrand Bisimwa, est un Mushi, de même que l’éphémère président du mouvement, le pasteur Jean-Marie Runiga, qui se trouve actuellement au Rwanda où il s’est réfugié après la scission du mouvement rebelle en deux factions, l’une étant conduite par Bosco Ntaganga, qui se trouve actuellement entre les mains de la Cour pénale internationale. 
Les évènements actuels à Bukavu s’expliquent eux aussi par le refus des Banyamulenge de se solidariser avec leurs « cousins » de Goma : des jeunes gens qui approuvaient cette position ont été passés à tabac par des Bashis qui soutenaient le M23 !
Par la suite, les troubles ont dégénéré et d’autres jeunes gens, se réclamant du parti de Vital Kamerhe, l’UNC , qui surfe volontiers sur les sentiments anti-tutsis, sont entrés en action.
Il faut remarquer aussi que l’intervention de « motards » non autrement identifiés, ressemble étrangement aux manifestations qui avaient eu lieu à Goma voici quelques mois, où des motards avaient chassé les étudiants d’origine rwandaise qui fréquentaient l’université de la ville en leur criant de « rentrer chez eux », au Rwanda. Par la suite, des enquêtes policières avaient permis de découvrir que les motards avaient été payés pour mener ces actions, qui confortaient la thèse selon laquelle les « rwandophones » et plus particulièrement les Tutsis du Kivu seraient menacés au Nord et au Sud Kivu et auraient donc besoin de la « protection » rwandaise. 
Désireux d’enrayer tout dérapage ethnique, le gouverneur du Sud Kivu, Marcellin Cishambo, est intervenu immédiatement pour donner l’ordre aux manifestants de rentrer chez eux et il s’est rendu dans les hôpitaux de la ville pour réconforter les blessés. Désireux de les rassurer, il a aussi eu des contacts avec des autorités rwandaises et il a répété que, “quel que soit le groupe ethnique auquel il appartient, tout citoyen congolais avait le droit de vivre en paix et en sécurité dans son pays…”


ENRC s'accroche à la ceinture de cuivre
Christophe Le Bec - Jeune Afrique - Lundi, 27 Mai 2013 15:06

D'après ENRC, les réserves connues sur l'ensemble de ses mines congolaises sont de 8,8 millions de tonnes de cuivre et de 91 000 t de cobalt.
Coté à Londres, le groupe s'est constitué un empire entre la RD Congo et la Zambie. Alors que les autorités britanniques enquêtent sur les conditions d'obtention de ces actifs, il cherche à préserver ses biens.
Coté à Londres et intégré à l'indice FTSE 100 depuis 2007, Eurasian Natural Resources Corporation (ENRC) est sur la sellette pour des questions de transparence contractuelle en Afrique et de gouvernance. Créé au lendemain de la dislocation de l'URSS, ENRC a été lancé par trois oligarques - Alexander Mashkevitch, Alijan Ibragimov et Patokh Chodiev - autour d'actifs miniers au Kazakhstan, lors des privatisations de 1994 à 1996. D'abord présent dans le ferrochrome (destiné à la fabrication d'acier inoxydable), dont il est le principal producteur mondial, ENRC a étendu ses activités au fer et à l'aluminium en Asie centrale, avant de cibler les réserves congolaises et zambiennes de cuivre pour équilibrer son portefeuille de minerais. Ce sont aujourd'hui ces dernières acquisitions qui posent problème.
Depuis deux ans, les ONG Global Witness et Publiez ce que vous payez demandent des éclaircissements sur les conditions d'obtention des actifs miniers d'ENRC en RD Congo. Ceux-ci ont été rachetés, entre 2009 et 2012, à des sociétés immatriculées aux îles Vierges britanniques et soupçonnées d'appartenir à Dan Gertler. Cet homme d'affaires israélien controversé, proche de Joseph Kabila, aurait acheté les gisements à des prix dérisoires - souvent à 5 % de leur valeur, selon Global Witness -, avant de les revendre à ENRC au tarif du marché. Certains de ces actifs (RTR et Africo & Comide) avaient été confisqués par Kinshasa au canadien First Quantum. En Zambie, la firme est soupçonnée d'avoir surpayé l'acquisition en 2010 de la raffinerie de cuivre et de cobalt Chambishi... pour permettre aux trois fondateurs d'ENRC, qui étaient propriétaires de la société vendeuse, de réaliser une plus-value substantielle.
Déboires asiatiques
Dans le même temps, les relations entre le trio (qui détient 44 % des actions de l'entreprise) et certains membres britanniques du conseil d'administration n'ont cessé de se tendre. L'un d'eux, sir Paul Judge, reproche à Mashkevitch d'entraver la bonne marche des audits externes anticorruption. Cette situation est loin de plaire à la City. Le 2 mai, le Serious Fraud Office (SFO, la « police » anticorruption britannique) s'est résolu à lancer une enquête criminelle sur les acquisitions africaines du groupe. Une investigation qui arrive au mauvais moment pour le minier kazakh, dont les résultats se sont dégradés au second semestre 2012 : malgré un chiffre d'affaires de 2,3 milliards d'euros, il a pour la première fois affiché une perte de 960 millions d'euros, principalement due aux déboires de sa filiale de fer en Asie centrale. Du coup, le cours du titre à Londres joue au yoyo depuis février, avec une capitalisation boursière qui a fondu de 80 % par rapport à son plus haut niveau.
Dans ce contexte, même mal acquis, les actifs congolais et zambiens apparaissent comme l'un des meilleurs atouts d'ENRC pour sortir la tête de l'eau. Car les acquisitions contestées ont permis à la firme de se constituer un « empire » du cuivre prometteur, alors que les prix du minerai rouge restent élevés, contrairement à ceux du chrome et de l'aluminium. « Nous disposons de six gisements au Katanga, non loin de la frontière zambienne, diversement riches en cuivre et en cobalt », se félicitait en février James Bethel, directeur des opérations d'ENRC en Afrique. « Nous avons notre propre compagnie de transport, qui nous permet d'évacuer notre minerai en Zambie jusqu'à la raffinerie de Chambishi, laquelle peut traiter 200 000 tonnes et bénéficie de la stabilité du réseau électrique zambien », ajoutait l'ingénieur sud-africain.
D'après ENRC, les réserves connues sur l'ensemble de ses mines congolaises sont de 8,8 millions de tonnes de cuivre et de 91 000 t de cobalt. Pour le moment, seul le gisement de Boss Mining est en production, avec une capacité de 40 000 t de cuivre par an. Celui de Frontier, dont le démarrage est prévu en juillet 2013, devrait produire annuellement 85 000 t de cuivre. Quant aux autres gisements, leur mise en exploitation dépendra de leur approvisionnement en électricité, alors que la firme s'est engagée dans la construction de centrales.
Bye bye London ?
Les trois fondateurs cherchent donc à tout prix à s'épargner les investigations britanniques. Début mai, Alexander Mashkevitch et ses alliés ont annoncé vouloir racheter la totalité d'ENRC pour sortir de la cotation londonienne. Leurs chances d'y parvenir sont élevées : les actionnaires non kazakhs seraient prêts à leur vendre leurs parts, et ils sont soutenus par les banques publiques russes Sberbank et VTB, ainsi que par l'État kazakh. Daniel Balint-Kurti, responsable de Global Witness en RD Congo, est inquiet : « Il y a un risque qu'ENRC s'enregistre sur une place financière moins regardante que Londres [comme Singapour ou Hong Kong], ce qui devrait entraver l'enquête britannique. »
Pendant ce temps, en RD Congo, les activités d'ENRC ne sont guère affectées par ces atermoiements. Et les autorités du pays continuent de soutenir la compagnie. « ENRC est une entreprise capable de développer de grands gisements, tout comme Dan Gertler, qui est un investisseur de long terme », estimait récemment Albert Yuma Mulimbi, président de la société publique Gécamines.


Un an avant le génocide, que savait-on à propos du Rwanda? 
C. Braeckman - Le Soir – 28 05 13
Dix neuf ans après, a-t-on réellement compris ce que fut le génocide au Rwanda , ou l’a-t-on déjà oublié ? Lorsque l’on voit le président tanzanien Jakaya Kikwete enjoindre à son homologue rwandais Paul Kagame d’entamer des négociations avec les FDLR, on peut se demander si le pays voisin du Rwanda est bien informé du fait que ce mouvement armé, qui sème la terreur et la désolation au Kivu, est l’héritier direct des chefs politiques et militaires qui, au lendemain de la victoire du FPR en juillet 1994 se réfugièrent dans les pays voisins où, encadrant une population civile poussée à l’exode, ils préparèrent la revanche. Même si ses forces combattantes se composent de jeunes qui étaient au berceau ou pas encore nés au moment du génocide, l’idéologie des FDLR n’a pas changé, elle se situe dans la droite ligne du « Hutu power » de l’époque. 
Au vu du révisionnisme ambiant, de l’ignorance ou de l’oubli qui gagnent du terrain, le colloque organisé à Paris par l’association Ibuka prend tout son sens, autour d’une question simple : un an avant le déclenchement du génocide, que savait on ? Autrement dit, les ingrédients de la tragédie étaient ils déjà réunis, comme du bois de feu auquel il n’aurait manqué que l’étincelle pour qu’il s’embrase ? La question demeure pertinente, non seulement pour définir mieux encore les responsabilités ou les aveuglements de l’époque, mais surtout pour confondre ceux qui, de nos jours encore, soutiennent la thèse d’ une « colère spontanée » qui aurait été déclenchée par l’attentat contre l’avion du président Habyarimana. En présence d’un public nombreux, rassemblé au Mémorial de la Shoah, Ibuka France a donc invité historiens, juristes, journalistes, témoins, à un exercice difficile : faire abstraction de toutes les informations qui se sont accumulées depuis 1994 et convoquer, pure et dure, la seule mémoire de ces années qui précédèrent le génocide. Que voyait-on, que savait-on, que fit-on pour prévenir la tragédie qui s’annonçait ? 
Les souvenirs furent accablants : l’historien Jean-Pierre Chrétien analysa la vision « racialiste » qui caractérisait le régime rwandais depuis l’indépendance du pays, dissimulée à beaucoup d’observateurs ou tacitement acceptée par les amis du régime. Léon Saur, qui occupa longtemps des fonctions politiques au sein du parti social chrétien belge, ancêtre du CDH, n’hésita pas à remonter aux circonstances même dans lesquelles le colonisateur belge céda les rênes du pouvoir aux représentants des plus radicaux des Hutus, consentant ou même favorisant l’exclusion, la persécution et l’exil des Tutsis. Pour lui, la matrice du génocide de 1994 se trouve dans la « révolution sociale » de 1959, encouragée par les Belges et qui se traduisit alors déjà, par des tueries de citoyens rwandais tutsis, décrits comme des « étrangers » des « féodaux » et chassés du pays de leurs ancêtres. Quant aux Tutsis restés au Rwanda, non seulement ils eurent à subir la discrimination, la suspicion permanente, mais ils transformèrent en otages, toute attaque des exilés tutsis réfugiés dans les pays voisins se traduisant par la mise à mort délibérée de « Tutsis de l’intérieur ». Ces massacres ciblés étaient, en quelque sorte, une « arme de dissuasion massive ». Le bouleversant témoignage de Speciose Kanabugoyi, lu par Daphrose Gauthier confirma l’analyse de Léon Saur : depuis l’indépendance, l’histoire de cette famille ne fut qu’une succession de brimades, de violences, d’assassinats, d’exils successifs jusqu’à 1994 où la haine ethnique atteignit son apogée, ne laissant que quelques rares survivants. Nathalie Zajde devait rappeler le choc traumatique provoqué non seulement par la perte de tous les proches mais aussi par la « réversibilité » des relations sociales, où un voisin, un collègue voire un conjoint se transforme soudain en tueur.
Que savait-on en 1993 ? Au vu des témoignages de l’avocat Eric Gillet et de Gasana N’Doba, qui participèrent à la mission d’enquête menée au Rwanda en 1992 par la Fédération internationale des Droits de l’homme et par Human Rights Watch, la réponse est accablante : la « société civile », les défenseurs des droits de l’homme étaient parfaitement au courant de la mise sur pied d’une « machine à tuer » composée de tueurs bien rodés, bien équipés, exécutant des ordres transmis par voie hiérarchique. En Belgique, en France et ailleurs, le pouvoir politique, interpellé par des hommes comme Jean Carbonare, qui participait à la mission, refusa-t-il d’entendre ? « Même pas » souligna amèrement Eric Gillet, « ils étaient parfaitement au courant ; les Etats étaient mieux informés que nous, et depuis plus longtemps…» 
Cependant, rappelant l’existence au Rwanda d’une société civile forte, qui avait émergé depuis la fin des années 80, de partis politiques d’opposition qui se battaient pour la démocratie, plusieurs intervenants soulignèrent que si le génocide était prévisible, il n’était pas inévitable : à l’intérieur du pays, des citoyens courageux se sont efforcés jusqu’au bout de conjurer le pire et même pendant les trois mois du génocide, ils se sont, au péril de leur vie, opposés à la logique de mort, qui finit par les engloutir eux aussi.
Même si, présent à la réunion, Bernard Kouchner se contenta de propos assez vagues et rappela que lui, il avait fait ce qu’il pouvait, il était inévitable que nombre d’intervenants, à la tribune et dans la salle, rappellent le rôle de la France à l’époque et rendent un verdict accablant : à Paris, on savait, on avait choisi son camp. Ouvrant déjà la voie à d’autres exercices de mémoire, Jean-Pierre Chrétien rappela que la guerre ne pris pas fin en juillet 1994 lorsque le FPR pénétra dans Kigali et mit fin au génocide. Elle prit d’autres formes, emprunta d’autres canaux : humanitaire, diplomatique, judiciaire, médiatique. Cette histoire là, celle du jour d’après, qui passe par les couloirs du TPIR et les enquêtes du juge Bruguière, reste à écrire…
L‘Union africaine s’implique dans les Grands Lacs

Colette Braeckman – Le Soir - 28 mai 2013
L’Union africaine utilise la carotte et le bâton et pousse Museveni et Kagame à discuter avec leurs opposants
Célébrant à Addis Abeba le 50eme anniversaire de l’Union africaine en rappelant le souvenir des pères fondateurs, l’empereur d’Ethiopie Hailé Sélassié et le président ghanéen Kwame N’Krumah, les dirigeants du continent ont haussé le ton, bien décidés à mettre fin à ce qu’ils perçoivent comme la marginalisation d’un continent qui, par ailleurs, est en pleine expansion économique. Ils ont déploré qu’en Libye, en Côte d’Ivoire, au Mali, l’Afrique ait été mise à l’écart des interventions internationales et qu’elle n’ait pas été consultée à propos de la résolution des Nations unies autorisant le déploiement de Casques bleus au Mali. 
Ces doléances ont été formulées en présence de nombreux invités étrangers dont le président François Holande et le secrétaire général de l’ONU,M. Ban Ki-moon, la Belgique étant représentée par le ministre des Affaires étrangères Didier Reynders. Si l’Afrique reconnaît sa relative impuissance dans le cas du Mali, en revanche elle désire désormais s’impliquer dans la pacification de l’ Afrique des Grands Lacs et le « plan global », issu de l’accord d’Addis Abeba, a été soigneusement passé en revue. Observateur attentif des discussions, Didier Reynders estime qu’une « fenêtre d’opportunité » s’est enfin ouverte. A ses yeux, le déploiement prochain d’une brigade d’intervention africaine, intégrée à la Monusco, forte de 3000 militaires issus du Malawi, d’Afrique du Sud et de Tanzanie témoigne d’une détermination nouvelle de la communauté internationale mais surtout de l’Afrique.
La détermination africaine se traduit par un engagement militaire, mais aussi par des pressions politiques : le président Kabila a été encouragé à accélérer les réformes dont il a présenté les grandes lignes, réforme de l’armée, désignation des membres de la Commission électorale indépendante, mise en œuvre de la décentralisation et préparation des élections locales, poursuite des négociations entamées avec le M23.
Cependant, alors que, durant longtemps, les pressions ne s’exerçaient que sur Kinshasa, on eut cette fois la surprise de voir le président tanzanien Kikwete, apostropher les présidents Museveni et Kagame et leur demander, à eux aussi, d’engager des négociations avec leurs opposants armés respectifs, en l’occurrence l’Armée de libération du Seigneur dans le cas de l’Ouganda et les FDLR dans le cas du Rwanda.
Si le président Museveni a quelquefois tenté de discuter avec les hommes de Joseph Kony, dans le cas du Rwanda toute idée de dialogue avec les Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, présentes au Congo depuis 19 ans a toujours été exclue. Kigali, qui accueille et réintègre sur une base individuelle tous ceux qui acceptent de rentrer au pays, estime qu’il n’y a rien à négocier avec un mouvement qui est l’héritier politique et militaire des auteurs du génocide de 1994 et qui se réclame toujours de la même idéologie. La pression du président tanzanien peut apparaître dangereuse car les FDLR n’appartiennent pas à la même ” catégorie” que les autres mouvements armés dans la région: même si en leurs rangs on compte des jeunes qui n’étaient pas nés en 1994, leurs chefs entendent toujours renverser l’ordre constitutionnel instauré après le génocide et remettre au pouvoir les tenants du “hutu power”. Pas plus que dans l’Europe d’après 1945 il n’a été question de négocier avec les nazis, dans le Rwanda d’après le génocide toute discussion politique avec les tenants du hutu power s’avère impossible. Même si l’on peut plaider pour une plus grande ouverture politique, cette dernière doit s’opérer à l’intérieur du système défini par la nouvelle constitution et ne peut s’étendre à ceux qui ont mené une entreprise d’extermination des Tutsis. 
Prônant à la fois une action militaire déterminée et des discussions politiques lorsque c’est possible, les chefs d’Etat africains ont aussi été confortés par des engagements de la communauté internationale. Ayant accompagné le secrétaire général de l’ONU dans sa tournée en Afrique centrale, le président de la Banque Mondiale s’est engagé à mettre en œuvre un milliard de dollars, afin de financer des projets situés au Congo, mais ayant des retombées économiques dans les pays voisins. De grands travaux d’infrastructures seront mis en œuvre, sur le barrage d’Inga dans le Bas Congo et sur la rivière Ruzizi, où un barrage pourrait approvisionner en électricité le Kivu mais aussi le Rwanda et le Burundi.
Les dessous de l’économie de la Sape en RDC
Habibou Bangré – RFI - samedi 1er juin 2013

Souvent démunis, les sapeurs de Kinshasa multiplient les stratégies pour posséder les plus grandes griffes. Beaucoup font appel à la générosité de leurs proches à l’étranger, mais d’autres s’y refusent et traquent les bonnes affaires jusque sur internet.
« Mon père aimait tellement la Sape… Je me souviens encore comment il se chamaillait avec ma mère parce que dès qu’il avait son salaire, il allait en acheter. Dans la rue, on l’avait même surnommé Weston parce qu’il aimait trop les chaussures de cette marque », raconte Darling « Dada Weston » Mbaki, un cambiste de 29 ans installé à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC).
Hier comme aujourd’hui, les fidèles de la Société des ambianceurs et des personnes élégantes (Sape) vénèrent toujours les grands créateurs, dont les vêtements, chaussures et accessoires peuvent coûter plusieurs centaines ou milliers d’euros. Une fortune pour les deux tiers des 68 millions de Congolais qui vivent avec 1,25 dollar par jour dans l’ex-colonie belge, où le salaire minimum a été revalorisé à 90 dollars.
« Un vêtement n'a pas de prix ! »
Une fortune ? « Un vêtement n’a pas de prix ! », rétorque John Sambi, 27 ans, autoproclamé « Roi de la Sape ». Les sapeurs – qui seraient quelques milliers à Kinshasa, ville de 10 millions d’habitants – ne sont pourtant pas mieux lotis. Junior Kipulu – alias « Maison Rei », une référence à la créatrice japonaise de Comme des Garçons, Rei Kawakubo – reçoit pour l’heure des créations offertes par des proches en Europe.
« La vie est difficile, justifie le céramiste de 28 ans qui, les mois fastes, gagne 350 dollars. J’ai un enfant qui va à l’école et je ne veux pas dépenser le coût des frais de scolarité pour de la Sape ». Pour Mobonda Elabe, connu dans le milieu sous le nom de « Chancelier », c’est une aberration. « Un sapeur qui fait la mendicité des habits n’est pas un vrai sapeur », tonne avec dédain ce cambiste de 37 ans.
Lui est marié et père de trois enfants. « Je gagne environ 800 dollars et, tous les mois, j’en garde 300 pour la sape ». Résultat : des malles et des valises qui débordent de vêtements Marithé et François Girbaud, Cerruti, Jean Paul Gaultier, Yohji Yamamoto, Issey Miyake, Dior, qu’il repère sur internet. Il transfère ensuite la somme nécessaire à ses sœurs en France et en Angleterre.
Des boots en poil de lion John Galliano
Dada Weston se ravitaille aussi grâce au web. « Je négocie les meilleurs tarifs par email avec des Congolais de la diaspora à Paris et, quand ils viennent au pays, j’achète avec les petits 10 ou 20 dollars que j’avais mis de côté ». Il a ainsi acquis, entre autres, des boots en poil de lion de John Galliano et, sans surprise, une paire de Weston : « En Europe, elle coûte 1 100 euros mais je l’ai ai achetées à 220 dollars ».
Acheter des créations d’occasion provenant de l’étranger : une pratique tolérée par les puristes de la Sape. Mais être surpris à fouiner dans les friperies kinoises, c’est prendre le risque d’être déconsidéré, voire méprisé. Reste qu’en secret – faute de moyens – certains s’habillent dans des friperies et que, du coup, « jamais ils ne le diront », affirme Deogracias Kihalu, un photographe qui suit souvent les sapeurs.
Plus c’est cher, mieux c’est ? De plus en plus, on vante dans les shows de Sape les marques de prêt-à-porter H&M ou Zara. « Toute griffe est considérable, tout ce qui est étiquette a de la valeur pour la Sape », justifie Maison Rei. Chancelier acquiesce. « Zara coud très bien. La Sape, ce n’est pas forcément acheter le plus cher, il faut avoir le coup d’œil ».

© CongoForum, le samedi 1er juin 2013

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