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ARTU Pauline 1ère ES1
MOULIN Zoé

CAUVIN Pierre

Travaux Personnels Encadrés


Sciences Economiques et Sociales

Histoire Géographie
Thème : Contraintes et libertés

Peut-on parler d'une Libération de la femme en France après mai 68 ?

Lycée Henri-Cornat Valognes Année 2008-2009

Sommaire


Introduction p.03


1. Libération de la femme française et amélioration de sa condition depuis mai 68
1.1. Émancipation sexuelle et libre disposition de son corps p.04
1.2. Remise en cause de la structure familiale et du rôle traditionnel de la femme

 au sein de la sphère domestique p.06
1.3. Entrée des femmes dans la vie active et le monde du travail p.08
1.4. Apparition de la femme dans la vie politique p.10


2. Discriminations et inégalités dont est toujours victime la femme aujourd’hui, et conséquences fâcheuses du féminisme

2.1. Limites et pièges de la libération sexuelle pour les femmes d’aujourd’hui p.12
2.2. Maintient de l’inégalité du partage des tâches domestiques et emprisonnement 

de la femme dans un «double rôle» p.13
2.3. Discrimination des femmes dans l’emploi et dévalorisation de certaines professions p.15
2.4. Persistance de la faible représentation des femmes en politique, et non accès de 

celles-ci aux postes les plus hauts p.17


Conclusion p.20


Bibliographie p.21

Introduction

Nous avons élaboré ce dossier à partir d’un thème intitulé «contraintes et libertés», qui englobait les disciplines que sont les sciences économiques et sociales, et l’histoire. Nous avons ainsi choisi de proposer une réflexion sur l’évolution du statut de la femme en France après mai 68, en nous penchant sur les nouvelles libertés acquises, mais également sur les contraintes et entraves dont la femme est restée victime, et nous avons fait le constat de la place de la femme dans la société française de mai 68 à aujourd’hui.

Pourquoi avoir choisi cette date de mai 68 comme point de départ de notre évolution ? En mai 68, la jeunesse française entre en effervescence contre le monde dans lequel elle vit. On rejette violement les valeurs traditionnelles de ses parents, on ne veut plus vivre dans cette société qu’on juge soudain archaïque et surannée. La révolte gronde dans la rue et les universités, les jeunes ne veulent pas de cet avenir qu’on leur impose, ils veulent choisir, explorer de nouveaux horizons, être libres. Cette nouvelle liberté proclamée va chambouler la société et en modifier les bases, marquant notamment un tournant décisif dans l’ère du féminisme. En effet, parmi les théories d’émancipation clamées de toutes parts, la femme prend subitement conscience, non seulement de la vétusté de la société dans son ensemble, mais surtout des nombreuses injustices qu’elle fait peser sur elle. La voix de ces nombreuses filles issues du «baby-boom» commence alors à se faire entendre, proclamant des revendications d’autonomie, d’égalité et de dignité. Se rendant compte du statut d’infériorité que leur confère la société les femmes décident d’y mettre fin, et rejettent violement le carcan dans lequel elles se voient dès lors enfermées. C’est alors un puissant mouvement social et politique qui se développe, au sein duquel naît le Mouvement de Libération de la Femme (MLF), qui marquera l’apogée du féminisme au XXe siècle. Il lutte contre l’oppression et l’attitude de discrimination envers les femmes auxquelles participe la société toute entière. Ces femmes font renaître le féminisme, elles innovent à travers leur solidarité et leur fierté d’être femmes, et soulèvent des sujets qui dérangent : l’identité de la femme, ses rapports avec homme, la nature du pouvoir… Au sein de ces groupes exclusivement féminins, un travail important de réflexion et de prise de conscience s’accomplit. Le sexisme est traqué et rejeté, tout comme les normes de beauté (talons haut, épilation…), l’élection de reines de beauté, qu’elles considèrent comme des manières de traiter la femme en objets sexuels. Elles veulent également éradiquer la supériorité masculine des textes de lois, et réclament des droits nouveaux, qui traduisent cette volonté nouvelle de liberté et d’indépendance.

Mais cette prise de conscience à t-elle aujourd’hui réellement émancipé la femme ? Le féminisme a-t-il réussi à la sortir de son carcan oppressant et de la domination masculine ? A t-elle vaincu toutes les discriminations dont elle était victime ? Peut-on parler d’une libération de la femme en France après mai 68 ? C’est ce que nous verrons. Tout d’abord, nous parlerons des progrès considérables qui ont amélioré la condition de la femme, en lui octroyant les droits et libertés revendiqués par les féministes des années 1970. Nous relaterons ainsi ses différentes avancées dans les domaines de la sexualité, de la famille, dans le monde du travail et dans la vie politique. Puis, en reprenant les mêmes domaines, nous verrons ce qui, au contraire, est resté inchangé pour la femme, et nous porterons un regard sur leur place dans la société actuelle, ne pouvant que constater les nombreuses inégalités qui perdurent, et les discriminations dont elle n’a pas réussi à se libérer.

1. Libération de la femme française et amélioration de sa condition depuis mai 68

1.1. Émancipation sexuelle et libre disposition de son corps

Le mouvement de mai 68 en France ouvre la brèche à des théories d’émancipation féminine, et on assiste alors à l’effondrement, au moins en parole, des principaux tabous sexuels. Après l’ouverture permise par ces évènements, le féminisme se développe en tant que mouvement autonome constitué, et les multiples manifestations aboutissent à la fondation du MLF en 1970. De groupes de paroles en journaux féministes, les femmes de ce mouvement échangent le vécu de leur intimité. Elles découvrent la pauvreté de la vie sexuelle féminine, entre ignorance et contrainte, et le partenaire masculin est souvent mis en position d'accusé. On lui reproche son égoïsme, sa méconnaissance du corps féminin, et sa volontaire ignorance des désirs de sa partenaire. Ces découvertes vont alors provoquer chez la femme un profond besoin d'améliorer son sort au sein de la société, et vont la mener vers de nouveaux combats, qui tendront vers la reconnaissance de droits et de libertés nouvelles auxquels elle aspire.

En 1960 est commercialisée aux Etats-Unis la première pilule supprimant l’ovulation. Celle-ci est d’une efficacité quasi-totale et, alors que son but premier est de réduire la fécondité des pauvres, elle devient un symbole majeur de la libération et de l’émancipation de la femme. En effet, pour la première fois, la femme peut contrôler sa reproduction et dissocier la sexualité de la procréation. Cette maîtrise de la fécondité, qui libère de l’angoisse d’une grossesse non désirée, fait apparaître la notion de sexualité plaisir. La femme jouit désormais d’une sexualité plus épanouie, et cette nouvelle liberté lui permet d’explorer des horizons jusqu’alors inconnus : elle lui ouvre la voie aux statuts de la société alors réservés aux hommes, et l’amène vers d’autres responsabilités.

De plus, cette vision nouvelle de la sexualité modifie non seulement la relation homme femme (et particulièrement au sein du couple), mais aussi le regard porté sur les enfants.

En France, la pilule est commercialisée à partir de 1963, mais elle n'est pas prescrite à des fins contraceptives (traitement de l'acné, soulagement de règles douloureuses...)

C’est en 1967 que la loi Neuwirth libéralise la contraception. Étape capitale dans le cheminement vers l’autonomie de la femme française, cette loi autorise donc la contraception, mais limite strictement la publicité sur les méthodes (l'interdiction concernant la publicité sur le préservatif notamment ne sera levée qu'en 1987, lorsque la lutte engagée contre le sida l'imposera). Les mineures jusqu’à l’âge de vingt et un ans doivent bénéficier d’une autorisation parentale pour prendre la pilule, et il faudra attendre 1974 pour voir remboursés par la Sécurité Sociale les frais relatifs à la contraception. De plus, la contraception est placée dans un cadre strictement médical, et relève de médecins considérés comme spécialistes. La pilule dite "du lendemain" ne sera commercialisée en vente libre dans les pharmacies qu'en 2000. Mais le projet de loi Neuwirth fortement controversé s’attire un profond ressentiment de la part des politiques, qui est représentatif de l’aversion à la loi d'une partie de la société française. Ainsi, faute de mauvaise volonté, les décrets d’application de la loi ne sont publiés qu’en 1969 et 1972, ce qui retarde la mise en place des centres d’information, indispensables pour développer l’information sexuelle.

En 1971, le MFPF (Mouvement français pour le planning familial) est agréé comme mouvement d’éducation populaire. Cette association, qui milite et agit depuis 1956, a pour but de faire reconnaître aux pouvoirs publics les droits des femmes à maîtriser leur fécondité, et de lutter pour l’élimination de la violence sexiste. Les centres du MFPF pratiquent illégalement des avortements gratuits sur les femmes enceintes de moins de douze semaines, selon la méthode Karman (aspiration du contenu de l’utérus à l’aide d’une canule). La loi de 1920 réprimant l’avortement est donc ouvertement bafouée, et les avortements sont pratiqués en toute impunité. Le 5 avril de la même année, paraît dans le Nouvel Observateur le Manifeste des 343. Ce bref article est signé par 343 femmes dont des noms célèbres tels que Simone de Beauvoir, Françoise Sagan ou encore Catherine Deneuve. Celles-ci, qui y déclarent avoir avorté clandestinement, réclament la légalisation de l'avortement. Le scandale est énorme et l’évènement fait parler de lui à l’étranger. Pour la première fois, des femmes rassemblées défient les autorités en déclarant qu’elles ont enfreint la loi contre l’avortement. Ce manifeste porte sur la place publique la question de l’avortement, qui est jusque-là un sujet fâcheux. Les mouvements de femmes se développent alors et se font entendre, multipliant manifestations et actions illégales. Les femmes décident de lever l’interdiction qui pèse sur leur ventre, et réclament la libre disposition de leur corps, afin de ne plus avoir honte d’être une femme. Le 20 novembre, alors qu’elles défilent à Paris, quatre mille femmes clament «Ils ne décideront plus pour nous» ou «Un enfant, si je veux, quand je veux», pour réclamer l’abolition des lois contre l’avortement.

Toujours en 1971, l’avocate Gisèle Halimi crée l’association «Choisir», qui a pour but de défendre toute personne accusée d’avortement ou de complicité d’avortement. Au procès de Bobigny, en 1972, elle défend avec une éloquence bouleversante une jeune fille de dix-sept ans et sa mère qui l’avait aidé à avorter. C’est une victoire sans précédent dans la lutte pour l’avortement, le procès se terminant par la relaxe des accusées. Deux ans, plus tard, un autre mouvement défendant les mêmes causes se crée : le MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement, avec un «C» pour contraception). Il combat la maternité obligatoire, et réclame que l’avortement soit pratiqué sur simple demande de la femme. La multiplication des manifestations et des actions spectaculaires auxquelles participent des femmes célèbres fait donc sortir l’avortement de son étiquette tabou. L’écho favorable rencontré dans la plupart des journaux et le soutien de l’opinion publique exercent une forte pression sur le gouvernement. La loi de 1920 est incessamment bafouée et on parle de quatre à huit cent mille avortements abusifs par an.

La situation ne peut plus durer. Et, bien que les institutions et les opposants résistent, l'ample mobilisation populaire fraie le chemin à la loi Veil.

En 1975, Simone Veil, alors ministre la Santé, propose un projet qui suspend quatre paragraphes de l'article 317 du Code Pénal, qui font de l'avortement un délit. Votée à titre provisoire (pour cinq ans seulement), cette loi laisse un délai de dix semaines pour pratiquer l'IVG (interruption volontaire de grossesse), et l'opération doit avoir lieu dans un hôpital public. Mais pour les mineures, le consentement des parents est nécessaire, et l’opération n’est pas remboursée. La femme, à qui appartient la décision d'interrompre sa grossesse, n'a pas à se justifier devant les experts. Bien qu'à l'Assemblée, cette loi provoque les réactions haineuses et grossières d'un public majoritairement masculin, celui-ci ne peut ignorer l'immense mobilisation populaire en faveur de l'avortement, qui génère un climat tendu. Ainsi, cette loi est finalement votée à une large majorité. Reste à la faire appliquer, et les manifestations de femmes se poursuivent pour exiger sa mise en place. Et elles doivent redoubler de vigilance lorsque, au bout de cinq ans, au terme du délai donné à la loi, celle-ci revient en discussion à l'Assemblée. Le 6 octobre 1979, cinquante mille femmes défilent à Paris en scandant "Nous aurons les enfants que nous voulons". La loi est définitivement adoptée le 30 novembre. Le remboursement de l'avortement, lui, ne se fera qu'en 1982, et, en 2001, le délai de l'IVG passera de dix à douze semaines. Aujourd'hui, la contraception est bien diffusée, et l'application de la loi Veil est globalement satisfaisante. On compte cent soixante mille IVG par an, et l'avortement clandestin, horreur que Simone Veil avait voulu combattre, a disparu.




Ainsi, la femme des années 1960-1970 pose la liberté de reproduction comme l'un des droits fondamentaux humains. En militant pour la légalisation de la contraception et pour la liberté de l'avortement, la femme s'est libérée du carcan de la société patriarcale. Leur sexualité et leur corps libéré, les femmes sont devenues sujettes de leur propre personne, ce qui jusqu'alors était impensable.


1.2. Remise en cause de la structure familiale et du rôle de la femme au sein de la sphère domestique

Le mouvement de mai 68 conduit à une libération de la femme. Celle-ci ne veut plus être enfermée dans le carcan de la société bien-pensante, et les mouvements de contestation qui fleurissent de partout s’élèvent contre les organisations et les mœurs traditionnelles. On rejette les règles qu’on juge surannées et archaïques, on ne veut pas avoir la même vie insipide que ses parents, et on souhaite plus que tout mener la sienne comme on l’entend, sans se soucier des codes et convenances érigés par la société. Ainsi, le domaine de la famille et ses structures hiérarchiques, tout comme le conservatisme familial, se trouvent profondément chamboulés.

En 1964, une femme au foyer américaine, Betty Friedan, écrit un des textes fondamentaux et annonciateur du féminisme, La Femme Mystifiée. Elle y dénonce ce «malaise qui n’a pas de nom» ressenti par les femmes au foyer, ainsi que le rôle des médias et publicités qui exaltent le foyer refuge, tout en culpabilisant les femmes qui exercent une profession. Son livre est un cri de révolte contre cette image féminine réductrice qui domine dans la société, contre la frustration que ressentent ces milliers de ménagères, contre la renonciation à la vie de famille que doivent faire celles qui travaillent. Elle y invite les femmes à s’accomplir grâce à un travail qui les fasse exister par elles-mêmes, et c’est elle qui sera à l’origine de la fondation du mouvement NOW (National Organization for Women), précurseur du MLF français.

La féministe française se veut libre, soustraite au pouvoir du père et du mari, et elle clame ses revendications d’indépendance dans des manifestations où jaillissent des slogans significatifs : «Un homme sur deux est une femme», «Travailleurs de tous les pays, qui lave vos chaussettes ?», «Fêtées une journée, exploitées toute l’année» ( à propos de la journée de la femme ). Les manifestantes vont même jusqu’à déposer un gerbe sous l’Arc de Triomphe, en hommage symbolique à la femme du soldat inconnu, en clamant qu’ «il y a plus inconnu que le soldat : sa femme». Car ce que montrent du doigt ces femmes, c’est tout d’abord le statut d’infériorité et d’assujettissement que leur confère la société. Elles se révoltent contre leur rôle dévalorisant de femme au foyer, contre le stéréotype de la «bonne ménagère» qui leur est attribué. La femme ne veut plus, comme les générations précédentes, être entretenue par le mari, et passer sa vie entre cuisine, ménage et enfants. La femme veut travailler, la femme veut être indépendante, libre, et non plus inféodée au mari financièrement, dépendante de ses revenus. Ainsi, cette recherche nouvelle de l’épanouissement, de l’autonomie, ce refus des habitudes et structures qui auparavant n’étaient pas remises en question fait une victime au sein de la  sphère privée : le mariage. Pour les féministes, un engagement à long terme comme le mariage entre en conflit avec l’aspiration de liberté. Elles ne le considèrent plus comme un forme d’épanouissement, mais comme une contrainte, un lieu de compromis, et ce refus de «s’emprisonner» amorce un déclin de l’engagement matrimonial, qui sera dès lors en constant recul. Entre 1970 et 1990 le nombre de mariages en France diminue de 25%, et d’autres formes alternatives de vie apparaissent, tel que le concubinage, la cohabitation. En 1968, on compte 2,8% de couples non mariés, contre 10% en 1990 (dont 50% sont des moins de vingt-cinq ans). La législation a également évolué, en donnant aux concubins pratiquement les mêmes droits qu’aux couples mariés : l’union libre a donc de beaux jours devant elle. En outre, on se marie de plus en plus tard, en partie parce qu’on étudie plus longtemps. Aujourd’hui, un homme se marie en moyenne à vingt-sept ans, et une femme à vingt-cinq ans. Et, alors qu’en 1965, uniquement 12% des époux vivent ensemble avant les noces, c’est le cas de 87% d’entre eux en 1997. D’autre part, la libéralisation des mœurs a fait accepter les relations sexuelles hors mariage, et l’époque où il fallait marier d’urgence une jeune fille enceinte est révolue. Ainsi, dès la fin des années 1960, les familles disent préférer un enfant naturel (hors union) à un mariage malheureux, et, depuis, la part des naissances hors mariage sur l’ensemble des naissances n’a cessé d’augmenter. En vingt ans, de 1970 à 1990, elle est passée de 7% à 30%. Enfin, de plus en plus de femmes se sont mises à travailler, ce qui fait qu’elles sont devenues plus autonomes économiquement. La dépendance qui les liait au mari s’est donc amoindrie ; tout comme la nécessité du mariage.

Cette baisse des mariages s’accompagne, dans les années 1970, par une explosion du nombre de divorces, nombre qui n’a cessé d’augmenter dès lors. Le mariage à vie, «pour le meilleur et pour le pire», n’est plus de mise, et le divorce en vient presque à symboliser la liberté retrouvée. Les jeunes gens ne s’obligent plus à «supporter» leur compagnon toute leur vie, et n’hésitent plus à franchir le pas de la rupture. Cet accroissement des divorces est ainsi le reflet d’une exigence grandissante envers son partenaire, et d’une plus grande liberté de décision, acquise grâce au déclin général du rigorisme. Le divorce est le plus souvent demandé par la femme ; faut-il y voir, après des siècles de soumission silencieuse, leur révolte contre cette servitude surannée, qu’elles sont bien décidées à abolir ? De même, la loi a aussi évolué, reconnaissant peu à peu les mêmes droits à la mère qu’au père, améliorant ainsi les capacités d’autonomie de la femme, et par conséquent rendant le divorce plus concevable. Ainsi, en 1960, la mère célibataire peut disposer d’un livret de famille, en 1970, la notion de «Chef de famille» est supprimée du Code Civil, et en 1973, la mère peut transmettre sa nationalité à son enfant. En 1975, l’adultère n’est plus considéré comme un délit, et cette même année, on instaure le divorce par consentement mutuel. En 2004, la procédure de divorce est simplifiée et réduite à six mois. Ainsi, de 1973 à 1985, le nombre de divorces en France à doublé et actuellement, un mariage sur trois se termine en divorce (un sur deux dans les grandes agglomérations). Cette augmentation des divorces s’explique aussi, comme la diminution des mariages, par le rôle qu’a pris la femme dans la société : elle s’est mise à travailler, devenant indépendante financièrement, donc autonome.

Enfin, les mariages durent de moins en moins longtemps et, entre 1998 et 2003, le nombre de divorces prononcés après trois ans de mariage a augmenté de 50%. Le divorce est donc devenu courant en France, presque aussi répandu qu’une naissance ou un mariage.

La femme a également fait changer les relations au sein du couple, en demandant à son conjoint de prendre sa part dans le travail domestique et les tâches ménagères, qu’elle était seule à assurer avant, de par son statut de femme au foyer. Le nombre d’enfants, lui a fortement diminué, bien que aujourd’hui le taux de fécondité français soit le plus élevé en Europe : deux enfants en moyenne par femme. Cette diminution des naissances s’explique par le développement des méthodes contraceptives, et par le fait que, la femme travaillant, elle a moins de temps à consacrer à élever ses enfants.

Ainsi, le climat soixante-huitard a déclenché une nuée de remises en question de la part de la femme, engendrant de profonds changements et une diversification des modèles familiaux. La femme a rejeté le modèle familial traditionnel, qu’elle juge insipide et obstacle à l’épanouissement : couple marié vivant avec les revenus du mari, femme au foyer menant une vie fastidieuse dans l’enceinte du logis, à s’occuper des enfants, du repas, du ménage, et totalement dépendante de l’homme… Désormais, la femme travaillera, elle ne se mariera plus ou bien divorcera quand elle le souhaitera, aura les enfants qu’elle voudra…En un mot, elle sera libre.

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