Par Georges maspero (1872-1942)





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Arrow, auquel les autorités locales prétendaient refuser le droit de porter pavillon anglais, sous prétexte que sa licence était expirée, décidèrent les deux puissances à déclarer la guerre à la Chine.

La barre du Pei ho ayant été forcée à Ta-kou le 20 mai 1858 par les alliés qui, le 30, occupent T'ien-tsin avec cinq mille hommes de troupes, le gouvernement chinois se décide à signer, le 26 et le 27 juin 1858, avec la France et l'Angleterre, les traités dits de T'ien-tsin. Elles obtenaient

« qu'à l'exemple de ce qui se pratique chez les p1.130 nations d'« Occident », leurs agents diplomatiques dûment accrédités pourront se rendre éventuellement dans la capitale de l'empire, lorsque les affaires importantes les y appelleront,

et que

« si l'une des puissances qui ont un traité avec la Chine obtenait, pour ses agents diplomatiques, le droit de résider à poste fixe à Pékin,

elles jouiraient immédiatement du même droit. D'autre part,

« l'expérience ayant démontré que l'ouverture de nouveaux ports au commerce étranger est une des nécessités de l'époque,

elles faisaient décider que ceux de K'iong-tcheou dans l'île de Hai-nan, Tchao-tcheou (Swatow) dans la province de Kouang-tong, Tai-wan et Tam-souei (traité français) dans l'île de Formose, Teng-tcheou (Tche-fou, du Chan-tong, Nan-kin et Nieou-tchouang en Mandchourie (traité anglais)

jouiraient des mêmes privilèges que Canton, Chang-hai, Ning-po, Amoy et Fou-tcheou.

Dès le « rétablissement de la paix », la navigation sur le fleuve Bleu sera ouverte jusqu'à Han-K'eou. Les nationaux des deux puissances pourront voyager avec passeport, dans tout l'intérieur de la Chine, et jouiront de l'absolue liberté du culte. Enfin, la France recevait promesse d'une indemnité de deux millions de taëls, et l'Angleterre de quatre millions pour frais de guerre et dommages-intérêts.

Satisfaits de ce résultat, les Alliés évacuèrent T'ien-tsin, persuadés que désormais le gouvernement chinois, instruit de leur force, se déciderait à observer les nouvelles conventions. Moins d'un mois était écoulé cependant que, le 25 juillet, la Gazette de Pékin publiait un édit de l'empereur qui montrait combien il méprisait ceux qui l'avaient vaincu et le cas qu'il faisait des traités à lui imposés.

« Les Barbares, disait-il, ayant osé venir sur leurs vaisseaux jusqu'à T'ien-tsin, Kouei-leang et Hoa-cha (c'étaient les plénipotentiaires chinois) leur ont fait une réprimande affectueusement sévère, qui les a décidés à s'en aller.

Aussi, lorsque, en juin de l'année suivante, les envoyés des gouvernements français et anglais, p1.131 le baron Gros et le comte Elgin, arrivèrent sur des vaisseaux de guerre pour échanger, ainsi qu'il avait été convenu, les ratifications des traités de T'ien-tsin, trouvèrent-ils le Pei ho barré par une chaîne et trois lignes de pieux et sur les rives une population armée et hostile. N'ayant pu parvenir à parlementer, ils forcent les trois barrières, mais quand ils croient le fleuve libre, les forts de Ta-Kou, jusqu'alors silencieux, ouvrent sur eux un feu violent. Une attaque qu'ils tentent est repoussée avec pertes, et ils se voient contraints de se retirer avec près de cinq cents hommes tués ou blessés, et de retourner à Chang-hai pour y demander des renforts (24 et 25 juin 1859).

Triomphe du gouvernement chinois qui, dans un édit impérial publié le 5 juillet, explique ainsi les événements à la population :

« Les Barbares anglais s'étant révoltés, et les Barbares français s'étant joints à eux pour mal faire, le crime de ces deux nations mérite plus que la mort. Les conseillers nous poussent à faire montre de sévérité, à tirer sur les rênes si fort que leur perversité sauvage soit refrénée efficacement. Depuis la vingt et unième année de la période Tao-kouang (1841), ces Barbares nous cherchent querelle et nous accablent d'avanies. Cependant l'empereur défunt, plein de charité pour tous les hommes venus de loin, n'a pas pu se décider à les châtier comme il en avait le droit. Il leur permit de faire le commerce dans cinq ports, et leur donna de l'argent pour les satisfaire. Les bienfaits dont il combla ces étrangers furent très considérables. Si ceux-ci avaient eu quelque conscience, ils auraient su bon gré à l'empereur de ces bontés, auraient tâché de gagner leur vie en paix, auraient accommodé les différends à l'amiable avec les autorités locales. Loin de là. Ils se sont montrés insubordonnés et méchants à l’extrême. Ces gens-là sont pour notre pays un venin qui le tue. Ils empiètent sur nos frontières et commettent toutes sortes d'horreurs. Si nous montrions notre p1.132 puissance, en un moment nous aurions pulvérisé ces fantoches. Mais nous nous souvenons que c'est par la bonté et la libéralité, que nos ancêtres ont civilisé et enrichi les tribus sauvages. Si donc ces Barbares changent de conduite et rentrent dans l'ordre, nous les traiterons avec bénignité. Mais s'ils s'obstinent dans leur perversité et continuent à montrer des exigences insensées, nous les anéantirons si bien, qu'il ne restera pas un rejeton de leur race. Le zèle des ministres et officiers qui nous conseillent de sévir, est digne de tout éloge. Cependant ne nous donnons pas le tort de prendre l'initiative des actes violents...

Le 6 décembre il promulgue de nouveaux édits de persécution contre les missionnaires et les chrétiens. Suivant ce mouvement, des gouverneurs et gouverneurs généraux font des appels officiels au peuple contre les Barbares. Comme les réclamations des consuls restent lettre morte, la France et l'Angleterre remettent, pour qu'il soit transmis à l'empereur, un ultimatum au gouverneur général de Nankin. Celui-ci le décachète et écrit à son souverain que les Barbares lui ont remis une lettre si extravagante et si insolente qu'il se voit dans l'impossibilité de la lui adresser.

Il ne faut pas oublier en effet, que, jusqu'ici, le fils du Ciel se considérait comme le Souverain des souverains, devant qui les chefs des États étrangers ne pouvaient se présenter qu'en tributaires, suivant un protocole très strictement réglé non seulement en ce qui concerne les gestes, mais encore les écrits ; que, d'autre part, il était persuadé avoir déjà montré à l'égard des étrangers « une inépuisable bonté en leur concédant des privilèges qu'il jugeait importants », qu'enfin, s'il reconnaissait la supériorité sur mer des « Barbares » d'Occident, il croyait les mettre, sur terre, rapidement à sa merci. Ces sentiments sont très nettement exprimés dans l'ultimatum qu'il faisait remettre par le gouverneur général du Tche-li au général Ward, ministre américain, qui p1.133 suivait les opérations, en le priant de le présenter aux plénipotentiaires anglais et français au lendemain du débarquement de leurs troupes au Pei-t'ang et dont le baron Gros rendait ainsi compte à notre ministre des Affaires étrangères :

« Le gouvernement chinois rappelle, à son point de vue, cela va sans dire, les négociations de T'ien-tsin, pendant lesquelles l'empereur, dans son inépuisable bonté, a concédé plusieurs privilèges importants aux nations étrangères. Il parle ensuite de l'échec que les Anglais ont essuyé devant Takou en voulant, contrairement à la raison, détruire les fortifications d'une route fermée, alors qu'on leur en indiquait une autre libre de tout obstacle. Enfin, arrivant aux événements du jour, il dit que l'empereur a appris avec un profond étonnement que des soldats et des matelots français et anglais avaient, par ordre des ambassadeurs récemment arrivés en Chine, débarqué à Pei-t'ang le 1er août, chassé les habitants de la ville et occupé les forts des deux rives de la rivière ; mais que Sa Majesté, voulant encore donner aux nations étrangères une preuve de sa clémence, consentait à ne pas considérer la guerre comme déclarée et demandait que les troupes alliées retournassent sur leurs navires en même temps que les troupes impériales s'éloigneraient dans l'intérieur du pays ; et qu'alors les deux ambassadeurs pourraient s'entendre avec de hauts dignitaires, et se rendre à Pékin pour y procéder à l'échange des ratifications des traités de T'ien-tsin. Le gouvernement ajoute qu'en agissant ainsi, de grands malheurs seraient évités et la paix assurée à jamais entre l'empire et les deux nations alliées. Le gouverneur général du Tche-Li, ajoutait-il, priait M. le ministre des États-Unis, de vouloir bien communiquer ces propositions aux deux ambassadeurs et l'engageait surtout à bien leur faire comprendre que leurs troupes, assurément très habiles et très fortes sur mer, ne le seraient pas sur terre en présence des innombrables armées p1.134 impériales, et qu'un second échec subi par elles aurait de plus graves conséquences que le premier ; il devait aussi bien engager les deux ambassadeurs à réfléchir sur leur position et leur conseiller de ne rendre leur retour dans leur patrie absolument impossible. Si, dans un délai de trois jours, les propositions du cabinet de Pékin n'étaient pas acceptées, ou si M. Ward n'avait pas jugé à propos de les communiquer au baron Gros et à lord Elgin, les troupes impériales campées non loin de Pei-t'ang agiraient conformément aux ordres qu'elles recevraient de l'empereur.

N'obtenant pas de réponse, et pour cause, à l'ultimatum qu'ils avaient remis au gouverneur général de Nankin, les Alliés avaient en effet déclaré l'état de guerre le 8 avril 1860, débarqué sans résistance à Pei-t'ang, le 1er août, au nombre de 16.000. Le 21, ils s'emparent des forts de Ta-kou et occupent T'ien-tsin le 24. Un édit appelle à l'aide tous les sujets de l'empire :

« L'an dernier, les Barbares ayant essayé de forcer l'entrée du Pei-ho ; en un clin d'œil leurs navires furent coulés, et des milliers de leurs cadavres flottèrent sur les eaux, jusqu'à une lieue du rivage. Je croyais que cette leçon suffirait pour les rendre plus circonspects. Mais voilà que, un an à peine après leur défaite, ils sont revenus plus nombreux et plus insolents. Profitant de la marée basse, ils ont débarqué à Pei-t'ang, puis ont attaqué les forts de Ta-kou. Mais, en Barbares qu'ils sont, ils les ont attaqués par derrière. Habitués à braver l'ennemi en face, nos soldats ne s'attendaient pas à tant de lâcheté et de perfidie. Maintenant, fiers de ce succès qui devrait les faire rougir de honte, ils ont occupé T'ien-tsin. Ma colère va les atteindre et les exterminer sans pitié. J'ordonne à mes sujets, Chinois et Tartares, de les traquer comme des animaux malfaisants. Qu'on évacue tout village vers lequel ces misérables se dirigeront. Qu'on détruise toutes les provisions qu'ils pourraient prendre. Ainsi cette race maudite, dévorée p1.135 par la faim, périra comme les poissons d'un étang mis à sec...

Cependant, comme les troupes alliées continuaient d'avancer, les Chinois demandent à parlementer, mais se saisissent des parlementaires qui leur sont envoyés (18 septembre), tandis que l'empereur publie un nouvel édit plus violent encore que le précédent :

« Que les habitants de T'ien-tsin, qui ont toujours été braves et dévoués, partagent notre indignation et tendent aux Barbares des embûches secrètes. Quant à nos chers enfants, originaires du Kouang-tong et du Fou-kien, que les Barbares ont enlevés et qu'ils traînent prisonniers à leur suite (les coolies des Alliés), quiconque d'entre eux pourra s'échapper et venir à nous sera récompensé, surtout s'il apporte la tête d'un Barbare. Que tous les ports soient fermés. Que tout commerce avec les étrangers cesse. Cependant si, obéissants à nos injonctions précises, les Barbares se repentent et font amende honorable, nous aurons la bonté de leur permettre de venir dans les cinq ports ouverts comme par le passé. Mais s'ils persistent à exiger davantage, que le peuple soulevé se joigne à nos soldats pour les exterminer, et que cette race exécrable soit complètement annihilée.

Anglais et Français continuent d'avancer. Son armée mise en déroute à Palikao, l'empereur s'aperçoit enfin de la supériorité militaire, sur terre aussi bien que sur mer, de ses adversaires et de l'impuissance de ses « innombrables armées ». Il se décide à fuir ou, selon la terminologie protocolaire, à « aller chasser » à Je-hol, tandis que son frère le prince Kong demande à parlementer (22 septembre). Les Alliés exigent avant tout la restitution des parlementaires, et, ne pouvant l'obtenir, poursuivent leur marche en avant. Ils arrivent devant Pékin, qui tombe entre leurs mains le 13 octobre. En représailles des cruautés infligées aux parlementaires, que les Chinois s'étaient enfin décidés à leur rendre et dont p1.136 beaucoup avaient succombé aux souffrances endurées, ils brûlent le palais d'Été où on les avait torturés (18 octobre). Puis, comme les négociations traînent en longueur, ils menacent de réserver le même sort au palais de Pékin, le 23 octobre, si elles n'ont pas abouti à cette date. Le prince Kong se résigne et signe, le 24 avec le plénipotentiaire anglais, le 25 avec l'ambassadeur français, les conventions dites de Pékin. Le gouvernement impérial y prend l'engagement de mettre « fidèlement » à exécution « dans toutes leurs clauses » les traités de T'ien-tsin dont les ratifications étaient échangées le même jour ; d'autoriser l'établissement des agents diplomatiques à Pékin ; de confirmer les droits des chrétiens ; et enfin d'ouvrir au commerce un certain nombre de nouvelles places, telle T'ien-tsin.

« Pour la France comme pour l'Angleterre, écrit dans son Livre Jaune le baron Gros, le gouvernement chinois a été contraint de payer à chacune de ces deux puissances une indemnité de guerre de huit millions de taëls ou de soixante millions de francs, le taël valant sept francs cinquante. Pour vingt-six sujets de Sa Majesté britannique victimes de l'attentat du 18 septembre à Tong-tcheou1 le gouvernement chinois a donné une indemnité de trois cent mille taëls, ce qui fait en chiffres ronds quatre-vingt-six mille francs pour chaque individu, et il a remis entre mes mains deux cent mille taëls pour onze Français victimes du même attentat, ou cent trente-six mille francs pour chacun de nos compatriotes pris le même jour et si cruellement traités pendant leur captivité. Enfin, si le gouvernement chinois a cédé en toute propriété à l'Angleterre un territoire, non de trente lieues carrées ou de trente lieues de côtes en terre ferme, situées en face de Hong-Kong, mais un terrain n'ayant, d'après la carte publiée par l’amirauté, que la p1.137 cinquième ou la sixième partie seulement d'une lieue carrée, petite langue de terre nommée Kao-long, tellement indispensable à la sûreté de Hong-Kong que l'Angleterre en avait la jouissance exclusive en vertu d'un bail indéfini et y avait élevé des redoutes depuis longtemps, le gouvernement chinois s'est engagé à rendre au ministre de France toutes les églises catholiques avec leurs cimetières, leurs terrains et leurs dépendances, qui avaient été confisqués dans les provinces et dans la capitale de l'empire qui les possédaient autrefois.

Lorsque les Alliés étaient arrivés au mouillage devant Pei-t'ang, ils y avaient trouvé le général Ignatief avec quatre navires de guerre russes. Depuis que l'Angleterre et la France, en effet, avaient obtenu de la Chine, en 1844, les traités dits de Nankin et Whampoa, le gouvernement russe avait repris activement en Extrême-Orient la politique d'expansion qu'il avait un moment désespéré de poursuivre. En 1847, le général Mouravief avait été nommé gouverneur général de la Sibérie Orientale. Instruit, intelligent, il s'était donné la tâche d'ouvrir à tout prix cette voie de l'océan Pacifique faute de laquelle la Sibérie Orientale était condamnée à demeurer une colonie sans avenir et sans intérêt. Son premier soin fut de faire explorer les voies maritimes d'accès à l'Amour par l'océan Pacifique. Le capitaine Nevelsky, qu'il chargea de ce soin, parvint à l'embouchure du fleuve en doublant Sakhalin par le nord ; puis, poussant hardiment vers le sud, ¡l rejoignit le golfe de Tartarie et la mer du Japon, démontrant possible l'accès à l'Amour par le nord et par le sud. Nicolaievsk est fondée à l'embouchure du fleuve ; Sakhalin est occupée, et Mouravief, à la tête d'une flottille, entre le 18 mai 1854 dans les eaux de l'Amour, fermées à la navigation étrangère depuis le traité de Nertchinsk. Quatre ans plus tard, le 9 mai 1858, il fondait Blagovechtchensk, à l'embouchure de la Zéïa, et, le 16 du même mois, signait le traité d'Aïgoun. La rive gauche de p1.138 l'Amour, à partir de l'Aïgoun, jusqu'à son embouchure, devenait terre russe ; les territoires compris entre la rive droite de l'Amour et de l'Ousouri et l'Océan étaient neutralisés ; la navigation sur l'Amour, la Soungari et l'Ousouri réservée aux bâtiments des deux empires. Quelques jours après, les 1-13 juin 1858, l'amiral comte Euthyme Poutiatine passait à T'ien-tsin un second traité déclarant que désormais un ambassadeur serait accrédité par le tsar auprès du fils du Ciel, garantissant la sécurité et l'inviolabilité des sujets russes dans l'empire Chinois et ouvrant à leur commerce les ports qui venaient de l'être aux Français et aux Anglais.

On conçoit dès lors l'intérêt que le gouvernement russe prenait aux efforts diplomatiques des Français et des Anglais en Chine, et ce n'est pas sans raison que le général Ignatief se trouvait à Pei-t'ang en même temps que leurs flottes. Il sut d'ailleurs s'insinuer dans les bonnes grâces des plénipotentiaires alliés. Il se pose en intermédiaire officieux. Il se rend à Pékin, il

« tâche à persuader au gouvernement chinois — c'est lui-même qui l'écrit — d'arriver à des négociations définitives avec les ambassadeurs de France et d'Angleterre et de mener ces négociations avec plus de bonne foi qu'ils ne l'avaient fait jusqu'alors.

Il lui fait connaître

« le sentiment d'horreur que lui inspire la manière barbare avec laquelle ont été traités

les parlementaires dont ils s'étaient emparés. Les conventions d'octobre signées, il sait tirer avantage de ses services et obtenir la signature à Pékin, par le prince Kong, du traité des 2-14 novembre 1860. Les Russes y acquièrent en pleine propriété les territoires neutralisés par le traité d'Aïgoun, sis entre l'Ousouri, l'Amour et la mer, s'étendant jusqu'à l'extrémité nord de la Corée, et la liberté de commerce par les frontières orientales ; le droit pour leurs marchands de trafiquer, voyager et circuler de Kiakhta à Pékin ; de fonder des établissements à Ourga, — où serait établi un consulat russe, — Kalgan et Kachgar ; l'autorisation enfin p1.139 d'organiser un service postal en Chine pour les besoin du commerce moscovite.

Ce traité, écrivait à la date du 28 février 1861 notre ambassadeur, le duc de Montebello,

« a suffisamment mis en lumière les tendances de la Russie à s'établir plus solidement sur l'océan Pacifique, en jetant dès à présent les bases de débouchés maritimes et de stations navales qui ne soient plus soumises aux rigoureuses conditions climatériques de ceux qu'elle possédait jusqu'ici ; les établissements entre la baie d'Okhotsk et l'embouchure de l'Amour sont loin d'être abandonnés, et c'est dans la presqu'île comprise entre ce fleuve et l'Ousouri aux pieds des monts Ketchen que vont se fonder les nouveaux établissements qui mettront, dans un avenir sans doute encore éloigné, le pavillon russe en mesure de rivaliser dans les mers de la Chine et sur les côtes américaines de l'océan Pacifique, avec les pavillons de la France, de l'Angleterre et des États-Unis. L'emplacement du principal de ses établissements destiné à la marine militaire est déjà fixé et sera dans la baie de Napoléon (baie de Pierre-le-Grand ou de Victoria), au-dessous de l'embouchure de la Suitiana ; il prendra le nom de Vladivostok, qui veut dire
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