Par Georges maspero (1872-1942)





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Tcheng, des Tcheou, y fait entrer une vulgaire courtisane, hier livrée à tous, qu'il honore du titre d'impératrice. Et comme elle est stérile et craint de perdre la faveur du maître, elle se livre successivement à tous les mâles du palais, même aux valets d'écuries, même aux esclaves, espérant que l'un d'eux lui fera l'enfant dont elle désire attribuer la paternité à l'empereur. C'est donc, parmi les femmes du harem, la lutte pour l'accès à la couche impériale ; puis, le fils mis au monde, les intrigues pour le faire reconnaître comme héritier ; enfin, quand il a été désigné, et l'empereur mort, la lutte pour conserver la tutelle le plus longtemps possible. Si le prince est débonnaire ou adonné aux plaisirs, sa mère veille à le fournir de femmes, à l'entourer de courtisanes intéressés à encourager ses vices et sa débauche. S'il meurt, on le remplace par un autre fils, réel ou supposé. S'il manifeste des velléités d'indépendance, on le supprime, on le remplace par un enfant en bas âge. Et la femme chargée de la tutelle conserve le pouvoir, âprement secondée et défendue par tout un clan auquel elle distribue prébendes et richesses.

Qui était mieux placé que les eunuques pour aider à ces rivalités, profiter de ces intrigues, acquérir puissance et richesse en récompense de l'assistance donnée ? Au VIIIe siècle avant Jésus-Christ, déjà l'histoire les montre p1.060 maîtres incontestés du harem, intermédiaires obligés des femmes de l'empereur tant auprès de lui que du monde extérieur. Les Odes s'en lamentent et déclarent qu'aucun enseignement utile, aucune instruction ne peut venir des femmes ni des eunuques.

« Par leurs ruses criminelles, disent-elles, ils réduisent au silence leurs adversaires. Ils trompent d'abord le prince par leurs mensonges, puis ils l'abandonnent.

C'était en vérité, à l'origine, une profession d'autant plus méprisée que la castration, avec service forcé dans le palais impérial, était une des peines prévues par le code criminel. Mais, devenue rapidement toute-puissante, ce fut un bienfait pour une famille qu'y voir entrer un des siens. Bientôt on emploie les eunuques comme secrétaires ; ils rédigent des édits, en violation de la loi ancienne qui défendait d'utiliser, puisque néfastes, des hommes ayant subi un supplice, en l'espèce la castration. Sous le règne de Che Houang-ti, un d'entre eux dirige le bureau des expéditions du courrier. L'empereur Yuan des Han abandonne la direction des affaires à son eunuque Chen-hien, qui devient en fait un maire du palais tout-puissant. Désormais, la corporation fera la loi à la cour, et de ce fait dans l'empire. C'est eux que l'on chargera des coups d'État ; c'est leur patronage que rechercheront, contre argent comptant, les candidats aux situations officielles ; c'est d'eux que l'on obtiendra, moyennant pots de vin onéreux, les mutations avantageuses. On leur attribue, enfin, au mépris des principes, des titres de noblesse. Bien plus, on permet à ceux qui n'ont pas engendré avant castration d'adopter des fils et de leur léguer biens et dignités. L'empereur, par cette mesure, et conformément aux croyances chinoises qui font d'un vieillard sans enfant un être abandonné, un défunt sans postérité, un fantôme errant et affamé, n'avait d'autre but que de leur assurer les soins rituels dans leur vieillesse et les offrandes rituelles après leur mort. C'était en fait leur donner toute facilité de se créer des clans dont p1.061 la puissance irait toujours croissant. À la fin du sixième siècle, leur influence était si grande que

« tous les rapports des gouverneurs passaient d'abord par la main des eunuques, puis étaient discutés par l'empereur et ses femmes. Ce système causa d'innombrables abus ; les eunuques et les dames du palais se faisaient payer des gratifications pour l'introduction et l'expédition des affaires. Les choses en vinrent au point que quiconque, parmi les fonctionnaires, ne soudoyait pas cette clique, était cassé sous un prétexte quelconque. »

Ainsi, dans toute l'histoire

« ils accaparent le pouvoir, troublent le pays et exploitent le peuple. Dans les affaires du gouvernement, c'est eux qu'on consulte et non les ministres. Le pouvoir impérial décline, et l'empire en souffre.

Il n'a cessé d'en souffrir, et c'est à eux qu'il a dû en grande partie cet état d'anarchie latente qui le caractérise.

Ce n'est pas que leur influence n'ait été âprement combattue. Et ici nous nous trouvons en présence de cette classe sociale unique au monde qui a fait tout à la fois la grandeur et la faiblesse de la nation chinoise. J'ai nommé : les lettrés.

Il ne semble pas qu'il ait jamais existé en Chine de noblesse privilégiée bénéficiaire naturelle des charges publiques. Dès l'origine, nous voyons les fonctionnaires soumis à des séries d'examens triennaux ou d'enquêtes qui leur valaient promotion, rétrogradation ou révocation. La fonction n'allait pas à la naissance, mais à la compétence. Je parle ici du principe, souverain en Chine. En pratique, le choix du prince se fixait souvent pour des motifs tout autres : un palefrenier habile, un courtisan complaisant. Mais c'était une exception qui confirmait la règle. Et rapidement s'était formée une caste de lettrés qui obtenaient leurs diplômes par des examens longs et difficiles et prétendaient au privilège exclusif de remplir les emplois publics.

Quoi qu'il en soit de la façon dont elle s'est constituée p1.062 et de l'époque, elle était déjà toute-puissante lorsque Che Houang-ti, maître du pouvoir, réalisa l'unité politique et territoriale de l'empire. Elle se dressa tout entière contre son esprit de réforme. Arguant de l'exemple d'antan, elle voulut exiger de lui qu'il rétablît les fiefs en faveur de ses fils et frères cadets « pour s'en faire des branches et des appuis » et ne pas se trouver un jour « sans aide et sans secours ». Elle blâmait chacune de ses innovations ; lui faisait reproche de ne pas prendre « modèle sur l'antiquité ». Très intelligent, gros travailleur, puisque son entourage se plaignait qu'il examinât et fît tout par lui-même, mais autoritaire et dédaigneux des conseils, il s'irrita d'entendre ces lettrés « exalter continuellement ce qui fut pour discréditer ce qui est », se servir des événements comme de leçons pour le prince et lui proposer continuellement les écrits des anciens comme le code du vrai souverain. Aussi accueillit-il avec empressement la proposition qu'un de ses conseillers lui fit. Sseu-ma Ts'ien nous a transmis son discours, et je ne puis résister au plaisir d'en citer les principaux passages, parce qu'il donne une peinture exacte de l'esprit lettré et qu'il donne bien clairement les raisons de la destruction des livres ordonnée par Che Houang-ti.

« Maintenant Votre Majesté a accompli pour la première fois une grande œuvre ; elle a fondé une gloire qui durera pendant dix mille générations ; c'est assurément ce que des lettrés stupides sont incapables de comprendre... Les maîtres lettrés ne prennent pas modèle sur le présent, mais étudient l'antiquité afin de dénigrer l'époque actuelle ; ils jettent le doute et le trouble parmi les têtes noires (les Chinois)... Dans leurs propos, ils parlent tous de l'antiquité afin de dénigrer le temps présent ; ils colorent des faussetés afin de mettre la confusion dans ce qui est réel : ces hommes font valoir l'excellence de ce qu'ils ont appris dans leurs études privées afin de dénigrer ce qu'a institué Votre Majesté. Maintenant que le Souverain empereur possède l'empire p1.063 dans son ensemble... et qu'il a imposé l'unité, ils mettent en honneur leurs études privées, ils tiennent des conciliabules. Ces hommes qui condamnent les lois et les instructions, dès qu'ils apprennent qu'un édit a été rendu, s'empressent de le discuter chacun d'après ses propres principes ; lorsqu'ils sont à la cour, ils désapprouvent dans leur for intérieur ; lorsqu'ils en sont sortis, ils délibèrent dans les rues ; louer le souverain, ils estiment que c'est chercher la réputation, s'attacher à des principes extraordinaires, ils pensent que c'est le plus haut mérite ; ils entraînent le bas peuple à forger des calomnies. Les choses étant ainsi, si on ne s'y oppose pas, alors en haut la situation du souverain s'abaissera, tandis qu'en bas les associations se fortifieront. Il est utile de porter une défense.

Et, sans hésiter, pour atteindre le mal dans ses racines, il propose la destruction de tous les classiques, la suppression de la caste des lettrés. Mesure radicale que l'empereur ne craignit pas d'approuver pour rompre avec le passé, anéantir cette opposition irréductible à toute réforme et à tout progrès. Car, il faut bien le noter, les livres furent détruits non comme livres, mais comme organes de l'esprit de routine et instruments de désordre ; et les lettrés poursuivis non comme lettrés, mais comme suppôts de l'opposition traditionaliste et fauteurs de désordre. Ils ne le pardonnèrent jamais à Che Houang-ti, et leurs successeurs ne cesseront de le « calomnier afin d'incriminer ses fautes », de jeter l'anathème sur un souverain qui, cependant, compte parmi les plus grands, et dont les réformes et les idées maintenues et exploitées eussent été capables de donner une orientation nouvelle à l'empire dont il venait d'assurer l'unité et la puissance.

Ses efforts furent vains, aussi bien. Lui mort, son œuvre périt ; et ses successeurs laissèrent les lettrés reprendre l'influence d'antan, renouer la chaîne des traditions un moment interrompue. Les écrits de Confucius leur furent pour ce d'un grand secours, et c'est à compter de p1.064 cette époque qu'il devint leur maître incontesté et qu'il commença, dans l'esprit chinois, cette ascension ininterrompue qui devait l'amener à la divinité. Par crainte du retour de la féodalité, les Hans recherchèrent leur appui.

« Alors, disent les Annales, leur doctrine se releva petit à petit ; les lois qui interdisaient les livres furent supprimées ; les académiciens furent institués ; on provoqua par des primes la recherche des vieux livres.

Mais ce fut l'empereur Wou, celui que nous avons vu entrer en relations avec les nations situées à l'occident du Pamir, qui restitua aux lettrés toute l'influence qu'ils avaient perdue au temps de l'empereur Che Houang-ti. En effet, pour ne laisser aucune influence aux seigneurs, il n'en nomma aucun à de hautes fonctions, mais ne s'entoura que de gens de basse extraction. Il fonda son autorité sur la base qui est restée celle de l'État chinois et qui, il faut le reconnaître, en a fait la force jusqu'à nos jours ; il nomma aux fonctions ceux qui lui paraissaient les plus dignes, sans tenir compte de leur origine.

À vrai dire, il ne semble pas que le système des examens qui sert à recruter aujourd'hui les fonctionnaires ait été organisé dès cette époque avec la rigueur qu'il a eue depuis ; mais un certain nombre de dispositions prises par lui en étaient, de fait, l'équivalent et en contenaient le germe. Il publia un édit invitant chaque province à désigner l'homme le plus vertueux de son territoire ; créa officiellement la charge de « lettré », et un corps de disciples choisis parmi les jeunes gens les plus instruits de l'empire. Il créa autour de lui, en un mot, une pépinière de gens désignés par leur mérite ou leur savoir, aristocratie intellectuelle et morale destinée à faire échec à l'aristocratie de naissance et fournir des fonctionnaires aux charges publiques.

Désormais, la caste des lettrés ne cessera de prospérer et de prendre chaque jour une place plus importante à la direction des affaires, tant par les fonctions p1.065 qu'ils occuperont et dont ils prétendront se réserver la jouissance, que par le droit que la tradition reconnaît à tout habitant de l'empire de faire parvenir des remontrances au trône par voie d'adresse. Ils ne cesseront d'en user avec le plus grand courage, au mépris de leurs intérêts personnels les plus directs, au mépris même de leur vie et de celle de leurs proches. N'a-t-on pas vu encore tout récemment un d'eux présenter une protestation à l'impératrice Ts'eu-hi contre le choix fait par elle de l'héritier au trône, et se suicider immédiatement pour donner plus de force à sa requête ?

Contre les eunuques, leur lutte fut ardente et tenace. Ils ne cessèrent de les dénoncer.

« Jadis, écrivent-ils à un empereur à qui ils demandent leur suppression, on ne confiait aux eunuques que le soin des choses du palais. Maintenant on leur confie les choses du gouvernement, on leur donne des charges, on élève même leurs fils et leurs frères. Leur avidité et leur insolence ne connaît plus de limite. Voilà la cause de tous les désordres de l'empire. Qu'on les punisse et les dégrade. Qu'on en nettoie le palais.

Paroles courageuses, qui attirèrent sur leurs auteurs les cruelles représailles de ceux qu'ils dénonçaient. Mais paroles seulement, protestations hardies de rhéteurs audacieux, mais incapables d'agir. Les lettrés en effet n'ont jamais su conformer leurs actes à leurs paroles. Autant ils ont fait preuve d'un véritable courage civique pour rédiger des remontrances et de virulents placets, autant ils se sont révélés impuissants à gouverner selon leurs principes. L'esprit pratique, l'audace agissante leur ont toujours manqué. Toujours ils se sont épuisés en une opposition stérile, au nom des vieux principes, dont le pays en somme ne profitera point. Ils se sont, peut-on dire, cantonnés dans cette opposition, vertueuse et virulente, mais dépourvue de toute activité réalisatrice. Cette attitude ne fera que se préciser, se confirmer, s'accroître de toute la force de l'habitude chez cette caste tournée tout entière vers le passé. Et à p1.066 mesure que les siècles s'écouleront, elle s'enfoncera plus dans son opposition à tout ce qui n'est pas l'expression exacte du passé, à toute nouveauté, à tout progrès.

Non pas que les lettrés n'aient compté parmi eux des esprits novateurs. Ils étaient au XIe siècle devenus assez nombreux pour former un parti puissant qui entreprit contre les conservateurs, flétris du titre de « Coterie des Amis », une lutte qui dura près de cent ans. Novateurs et conservateurs l'emportèrent tour à tour, triomphant bruyamment, édictant contre l'adversaire des mesures draconiennes qu'ils se voyaient appliquées à eux-mêmes dès que la victoire passait au camp adverse ; entassant, durant qu'ils tenaient le pouvoir, règlements sur règlements appelés à devenir caducs dès qu'ils le perdaient. Les usages anciens étaient brusquement prohibés et remplacés par des nouveautés inapplicables et périmées à peine publiées. Rien que théorie, point de pratique. Des paroles, des écrits, point d'actes. De tout cela une confusion sans nom qui ahurissait les fonctionnaires aussi bien que le peuple, nul ne sachant plus au juste quelle était la loi du jour.

Parmi les novateurs, un seul à retenir : Wang Ngan-che (1021-1086), en qui beaucoup d'Européens, et après eux les Chinois de la nouvelle école, veulent voir un génie méconnu qui eût changé, s'il eût réussi, le cours de l'histoire chinoise. À lire ses contemporains qui le représentent comme un fantasque têtu, mal peigné et jamais lavé, ce ne fut qu'un improvisateur irréfléchi, un utopiste sans esprit pratique. La plupart de ses prétendues innovations avaient déjà, plus de trois siècles avant notre ère, subi condamnation par expérimentation : répartition du peuple en groupes de cinq à dix familles obligées de se dénoncer et surveiller mutuellement sous peine d'application à tout le groupe de la peine méritée par le membre coupable non dénoncé à temps ; prime à toute famille ayant plus de deux enfants mâles ; mutilation ou mise à mort des duellistes ; dispense de corvées à ceux dont le p1.067 travail profitait à la communauté : agriculteurs, tisseurs, etc. ; condamnation par contre aux travaux publics des inutiles, paresseux ou vagabonds ; luxe permis à qui avait bien mérité de l'État. D'autres avaient été inutilement tentées au début de l'ère chrétienne par un autre idéologue, Wang-mang : fixation trimestrielle des prix de vente des denrées sur les marchés ; prohibition des hausses factices du prix de ces denrées par l'emmagasinage des denrées non vendues et leur mise sur le marché quand les cours passaient à la hausse ; prêts officiels à 3 p. 100 par mois, etc., etc. Son idée, en ressuscitant ces prescriptions, était d'aider le peuple à produire davantage pour que l'État pût en tirer profit plus grand, enrichissant ainsi du même coup le peuple et l'État.

« Le résultat de l'application pratique de cette théorie, écrit Wieger dans ses
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