Chapitre 2 : Quelles politiques pour l’emploi ?





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date de publication11.05.2017
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Chapitre 2 : Quelles politiques pour l’emploi ?

Taux d’emploi : c’est la capacité d’une économie à utiliser ses ressources humaines. Il correspond au rapport population active/population en âge de travailler (plus de 15 ans).

Demande anticipée : (ou demande effective), demande estimée par les entreprises, dans un futur proche, de leurs productions.

Pauvreté : le manque de ressources pour subvenir aux besoins fondamentaux dans une société donnée (c’est le manque d’accès au minimum vital).

Taux de chômage : le rapport du nombre de chômeurs par rapport au total de la population active.

Précarité : la précarité est l’absence des conditions et des sécurités permettant à une personne de bénéficier des droits fondamentaux et de vivre dignement.

Salariat : le salariat est le mode d’organisation majoritaire du travail, la norme, dans les sociétés libérales. On parle de société salariale. En France, la population active est constituée à environ 90% de salariés.

Qualification : capacité d’un travailleur (ou d’un futur travailleur) à exercer une fonction ; varie selon la formation, l’expérience et les individus.

Flexibilité du marché du travail : ajustement rapide des salaires et du travail aux variations de la production, ces politiques luttent contre la rigidité du marché du travail qui est un frein à l’embauche.

Les politiques pour l’emploi que les gouvernements peuvent mener sont des politiques publiques visant à améliorer le marché du travail, en créant des emplois ou en protégeant les emplois existants. Elles servent à lutter contre le chômage qui est un sous-ensemble de la population active : les chômeurs sont des « actifs inoccupés » qui s’opposent aux travailleurs, les « actifs occupés ». On définit un chômeur par un individu sans emploi à la recherche d’un emploi et disponible pour travailler (3,5 millions de chômeurs enregistrés à Pôle Emploi en mars 2015).

A- De la dynamique du marché du travail au chômage

*Le chômage est un ensemble de flux constants et quotidiens de destructions et de créations d’emplois. Le chômage augmente donc lorsque les destructions d’emplois sont supérieures aux créations d’emplois. Néanmoins, les destructions se situent plus dans les secteurs primaire (agriculture) et secondaire (industries) tandis que les créations sont plus présentes dans le secteur tertiaire (services) ; Joseph Schumpeter qualifia ce processus de « destruction créatrice » qui est l’un des éléments de la croissance mais aussi du chômage. Ainsi des destructions d’emplois dans les branches les moins dynamiques seraient compensées par des créations d’emplois dans les branches les plus dynamiques. La structure de l’emploi se modifie par secteur mais aussi par qualifications, par zones géographiques, par genre,…

Il faut alors préciser que le chômage est souvent lié aux variations du Produit Intérieur Brut ou PIB, lorsqu’il y a une croissance, celle-ci est souvent accompagnée d’une création d’emploi. Les variations de l’emploi dépendent donc de la variation du PIB (ou de la Valeur Ajoutée) mais aussi de la variation de la productivité par tête ainsi Variations de la productivité > Variations de la VA = destructions d’emplois car la productivité ne permet pas de compenser la demande ou la production. Variations de la productivité < Variations de la VA

*L’Insee ou le BIT (Bureau International du Travail) considère qu’un individu est chômeur si : - il a plus de 15 ans - s’il ne travaille pas pendant la semaine de l’enquête -s’il est disponible pour travailler/a accompli des recherche d’emplois/s’apprête à travailler. Pour l’Insee, cet individu appartient à la catégorie A soit l’équivalent de 3 500 000 chômeurs ; toutes catégories confondues A+B+C, 5,34 millions (chiffres d’Avril 2015) de chômeurs, ces autres chômeurs font alors parti du halo des chômeurs, calculé par l’Insee et ignoré par le BIT. Le chômage varie aussi selon la variation de l’emploi (destructions/créations) et de la population active (entrante/sortante) sur le marché. Si la croissance des emplois est inférieure à la croissance de la population active alors il n’y aura pas assez d’emplois donc existence d’un chômage. La population active peut évoluer en fonction de l’immigration, du taux de fécondité, de la place des femmes sur le marché du travail, l’allongement du marché de travail,… De plus, on observe l’existence d’un « chômage volontaire », qui correspond aux individus qui pourraient travailler si elles le souhaitaient mais qui refuse de travailler pour le niveau de salaire courant (les indemnités de chômage peuvent suffire pour préfèrer l’inactivité).

Synthèse : Le dynamisme du marché du travail peut s’expliquer par le processus de destruction créatrice, mis en évidence par Joseph Schumpeter. Des activités disparaissent tandis que d’autres se développent en permanence, ce qui engendre nécessairement des destructions d’emplois dans certaines branches et des créations d’emplois dans d’autres. Chaque année, plus de 20% d’emplois sont créés et/ou détruits en moyennes, et près d’un tiers de l’ensemble des travailleurs sont embauchés et/ou quittent leur employeur. La réallocation de la main-d’œuvre est un moteur important de la hausse de la productivité, dans la mesure où les entreprises les moins productives ont tendance à détruire plus d’emplois et les plus productives à en créer davantage. De ce fait, la structure de l’emploi ne cesse de se modifier par secteurs (destructions d’emplois dans l’agriculture et l’industrie /création dans les services), par qualifications (destructions d’emplois non qualifiés / hausse des emplois qualifiés), par sexe, par régions,… Les flux de création et de destruction d’emplois sont indissociablement liés aux fluctuations de la croissance économique. Pourtant la hausse du rythme de croissance n’entraîne pas mécaniquement une baisse du chômage : les gains de productivité peuvent suffire dans un premier temps à obtenir le niveau de production prévu. Il faut donc nuancer la corrélation entre croissance et emploi, car la croissance n’est pas toujours riche en emploi. La croissance du nombre d’emplois dépend donc d’un certain nombre de facteurs : la croissance de la production et/ou de la demande de biens et de services, la durée annuelle du travail, la productivité du travail.

Globalement, lorsque la croissance de la valeur ajoutée ou du PIB est supérieure à celle de la productivité par tête, le stock d’emplois augmente (création nette d’emplois) car les gains de productivité ne permettent pas de satisfaire la hausse de la production et de la demande. L’entreprise ou le pays a alors besoin de recruter de la main-d’œuvre supplémentaire. Un chômeur est une personne sans emploi à la recherche d’un emploi. Le chômage peut donc être défini comme l’inactivité d’une personne souhaitant un emploi. Selon le Bureau International du Travail (BIT), les chômeurs sont les personnes âgées de 15 à 64 ans qui étaient sans emploi pendant la semaine de référence (ne pas avoir travaillé une heure), disponible pour travailler dans un délai de deux semaines suivant la semaine de référence, et à la recherche active d’un emploi. En France, Pôle Emploi effectue également une mesure du chômage. Le stock de chômage dépend des variations de l’emploi et de la population active : lorsque la population active augmente plus vite que l’emploi, le chômage augmente et inversement. Outre la démographie (accroissement naturel et solde migratoire), des facteurs socioéconomiques font varier la population active : l’allongement de la durée des études, l’âge de départ en retraite, le taux d’activité des femmes,…

B- Quelles sont les conséquences du chômage ?

*En France, le taux de remplacement, ou le pourcentage du revenu d’activité que l’on touche une fois au chômage/retraite est peu dégressif ; on favorise autant les faibles revenus que les revenus élevés. Ainsi tous les chômeurs n’ont pas la même expérience sociale du chômage car tous n’ont pas la même assurance chômage, cela dépend aussi de la proximité des instances de socialisations, du genre, de l’âge, de la CSP,…

*L’emploi est aussi vu comme une norme d’intégration car il permet d’accéder à la consommation, à la protection sociale ; il est aussi une source de sociabilité, de sentiment d’utilité, de revenu, d’un statut social,…. Il peut aussi permettre l’épanouissement personnel. En effet, être au chômage signifie moins de régulation, moins d’intégration dans la société, moins de revenus et moins de sociabilité pour les individus. Ce qui résulte en « l’effritement de la société salariale » ou à une absence de participation aux formes de sociabilité à cause de : -massification des emplois atypiques -affaiblissement de la protection du travail

La diminution de la socialisation peut être limitée par la famille (les liens forts entre les individus qui protègent plus), la forme de protection sociale, histoire de l’individu, la tolérance vis-à-vis de la pauvreté (plus importante dans les pays du sud de l’Europe)

*on distingue la pauvreté absolue : individu possédant un revenu qui ne permet pas de combler le minimum vital et les besoins fondamentaux (on fixe un revenu en-dessus duquel on ne peut pas survivre) et la pauvreté relative : individus dans l’incapacité de satisfaire ses besoins physiologiques et sociaux (relatif aux changements de la société à un moment donné) >>>> est pauvre celui qui a moins que les autres La pauvreté ne peut diminuer que si les revenus des pauvres progressent plus vite que le revenu médian.

L’emploi ne protège pas obligatoirement de la pauvreté. En effet, on estime qu’il y a 8% de travailleurs pauvres donc la pauvreté n’est pas uniquement la conséquence du chômage. Certains économistes constatent l’existence d’une nouvelle pauvreté avec les oubliés de la croissance, une précarisation du marché du travail et des insertions professionnelles plus difficiles.

Synthèse : L’expérience sociale du chômage revêt des modalités différentes selon les pays. Elle est liée au niveau et aux conditions d’indemnisations, à l’encadrement des chômeurs par des institutions dédiées, à son traitement économique et social. Cette expérience dépend également de l’articulation du travail avec d’autres instances d’intégration comme la famille, et aussi du genre, de l’âge, de la catégorie socioprofessionnel. Elle est néanmoins marquée par l’affaiblissement des liens sociaux. Le chômage entraîne une diminution du revenu, nuit au réseau de sociabilité, est parfois acteur de dégradation de l’état de santé et des relations familiales. L’emploi stable étant un vecteur essentiel de l’intégration, la pénurie d’emplois stables a conduit à associer chômage et désaffiliation, c’est-à-dire un processus de rupture progressif des liens sociaux. Les évolutions de l’emploi liées à une flexibilité accrue précarisent les trajectoires professionnelles qui alternent de plus en plus les périodes d’emplois et les épisodes de chômage. Le lien entre travail et intégration sociale se trouve fragilisé pour plusieurs raisons. La flexibilité détache tout d’abord les travailleurs des organisations qui les emploient : les carrières professionnelles sont de plus en plus mobiles. Elle individualise ensuite les relations de travail, ce qui rend difficile d’éprouver une solidarité et des intérêts communs. L’individualisation du traitement du chômage et de l’accompagnement du chômeur fait par ailleurs du chômage une expérience individuelle qui sera alors plus souvent intériorisée comme un échec personnel. L’impact des politiques de l’emploi se ressent donc au-delà de leurs bénéficiaires immédiats : ce sont bien les normes d’emploi du salariat comme statut étendu et consolidé au cours du XXème siècle qui sont affectées. L’articulation des politiques de flexibilité du marché du travail avec la précarité est une question contemporaine commune à l’ensemble des pays. Ainsi les réformes Hartz en Allemagne, associées à l’institutionnalisation de « mini-jobs » très faiblement rémunérés et largement exonérés de cotisations sociales et d’impôts ont contribué à une élévation du taux d’emploi et une baisse du taux de chômage, mais aussi une pression à la baisse sur les salaires et contribué à une augmentation du nombre de travailleurs pauvres et à la détérioration des conditions d’emploi de certains salariés. Le chômage est en effet facteur de pauvreté. La pauvreté peut se définir en termes absolus à partir d’un niveau de consommation minimal en biens considérés comme fondamentaux. Cependant, on privilégie aujourd’hui une définition en termes relatifs, le seuil de pauvreté correspondant à une fraction du revenu médian. La pauvreté est alors envisagée comme une forme d’inégalité, et sous l’angle de l’intégration sociale : c’est parce qu’elle éloigne des normes de consommation propres à une société que la pauvreté peut être facteur d’exclusion. Pour cerner statistiquement la pauvreté, il faut alors en diversifier les approches, envisager conjointement à la pauvreté monétaire, la pauvreté des conditions de vie en matière de consommation courante, de logement et d’équipement en biens durables, et la pauvreté subjective qui ressort des perceptions par les individus de leur propre situation. Le chômage accroit le risque de pauvreté, cependant les prestations sociales atténuent ce risque, de façon différenciée en fonction des époques et des modèles nationaux. Les politiques sociales peuvent toutefois conduire à la disqualification sociale de leurs bénéficiaires.

C-Comment lutter contre le chômage ?

*les politiques pour l’emploi sont de plusieurs types :

-politiques de flexibilité (assouplir les réglementations) -politiques monétaires et budgétaires -politiques conjecturelles (plan de relance keynésien, par exemple) -politiques structurelles (modifier l’âge de départ à la retraite) -politiques de dépenses passives/actives -dépenses actives : cherchent à élever le niveau d’emploi et remettre les chômeurs en emploi (traitement économique du chômage) comme la création d’emplois publics temporaires, subventionner les entreprises,… -dépenses passives : consistent à atténuer les conséquences du chômage pour les individus, indemnisations ou dispositifs de préretraite (traitement social du chômage)

L’Etat et ses tentatives pour « activer » les politiques passives brouillent la distinction entre ces deux types de dépenses.

*Selon la théorie néo-classique, le chômage est dû à :

-l’existence d’un salaire minimum (volontairement au-dessus du salaire d’équilibre) qui est un coût supplémentaire pour les entreprises -des prélèvements trop élevés -tous les mécanismes socialement négociés (conventions collectives qui ne permettent pas de négocier les salaires à la baisse) et les excès de réglementation

Il n’est pas rentable de créer des emplois pour des entreprises parce que le coût du travail (ou taux de salaire réel) est supérieur à la productivité marginale, elles vont arrêter de créer des emplois ou décider de substituer. Coût du travail : rémunérations (salaire, prime, avantages), cotisations sociales (patronales et salariales) et coûts de transaction (embauche, licenciement, formation, recherche,…).

*L’Etat, pour motiver la création d’emploi, peut accorder des subventions aux entreprises (contrat de génération, empli d’avenir), baisser les cotisations, supprimer l’indexation du PIB sur l’inflation, déréglementer le marché du travail (diminuer les coûts d’embauche et de licenciement), flexibiliser les salaires (permettre qu’une partie du salaire soit désormais des coûts variables, en fonction de l’activité de l’entreprise)… Ces dispositifs ayant des conséquences : création ou conservation des emplois mais qui précarisent l’emploi (avec une mobilité sociale faible), un ralentissement de la productivité (à cause des emplois peu qualifiés), coût des subventions qui diminuent supporté par l’Etat (problème de financement). Enfin, ce sont des mesures qui ne profitent pas assez au secteur secondaire ou primaire mais plus au secteur tertiaire.

*Selon la théorie keynésienne, l’embauche dépend de la « demande anticipée » (prévision de la demande future), ainsi si la demande anticipée est trop faible, on observera un équilibre de sous-emploi et du chômage. On assiste, aussi dans ce cas, à du chômage involontaire => individu souhaitant travailler au salaire d’équilibre mais qui ne trouve pas d’emploi à cause de manque de production. La baisse des salaires qui en résulterait déboucherait sur une baisse du pouvoir d’achat, sur une baisse de la demande et de la consommation, des embauches et un chômage élevé (cercle vicieux) Keynes => Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie (1936) (ou Théorie générale) Le but des politiques keynésiennes est d’aboutir à un choc de demande positif (variation brutale de la demande à la hausse) pour lesquelles il faut 1) soutenir la consommation des ménages, 2) réaliser des investissements publics. Réalisable grâce aux politiques monétaires (augmenter la masse monétaire), aux politiques budgétaires (dépenses de l’Etat pour des investissements publics, augmenter les prestations sociales, augmenter les salaires des fonctionnaires, alléger la pression fiscale) et des politiques réglementaires (augmenter le SMIC).

Exemple du plan de relance allemand avec investissements massifs dans les politiques de l’emploi ; le plan allemand prévoit deux fois plus d’investissements publics en tout >> l’intérêt de ces plans est de motiver un choc de demande positif pour compenser un choc de demande négatif

Les politiques keynésiennes ont comme aboutissement un déficit public et un endettement important (par les réductions des recettes et l’augmentation des dépenses). Un déficit public important pour un pays ne signifie pas forcement un chômage faible, en effet les agents peuvent choisir d’épargner massivement (les politiques keynésiennes sont suivis de plan d’austérité)

*Afin de lutter contre un chômage structurel (de longue durée à cause des besoins des entreprises qui changent rapidement ainsi que la rigidité du marché du travail), on peut mener des politiques de flexibilité du marché du travail : *flexibilité externe : varier les effectifs en fonction de la production, possible grâce à une liberté d’embauche et de licenciement et une externalisation d’une partie de la production. *flexibilité interne : varier le temps de travail et les postes de travail ; on peut moduler les heures en fonction de la production ou avoirs recours au chômage partiel/technique (on met un travailleur au chômage tout en le conservant dans l’entreprise en attente d’avoir besoin de lui). *flexibilité fonctionnelle : on s’assure que les individus peuvent facilement changer de postes. *flexibilité salariale : lier les salaires à la productivité (stopper l’indexation sur l’inflation, individualiser les salaires et partager le salaire entre une partie fixe et variable).

=>>On cherche à tendre vers une flexisécurité (grande flexibilité de l’emploi avec une indemnisation généreuse, mais courte, et un accompagnement des chômeurs fort)

Cependant effets du RSA contrastés, à cause du manque d’informations, la moitié des individus qui pourraient bénéficier du RSA ne le demande pas ; ce dernier peut aussi démotiver la recherche d’emploi. On distingue le RSA socle (revenu d’assistance) et le RSA activité qu’il est possible de cumuler avec un emploi (il est alors supposé être plus rentable de travailler)

Synthèse : Les politiques de l’emploi englobent des instruments très diversifiés. Les politiques publiques pour l’emploi, dans lesquelles on distingue traditionnellement les dépenses dites « actives » (par exemple allègement des charges et des subventions à l’emploi, dépenses de formation professionnelle en direction des chômeurs) et les dépenses dites « passives » (indemnisation du chômage, financement de dispositifs incitant au retrait d’activité, préretraites notamment), ne reflètent pas l’intégralité des mesures et politiques pour l’emploi, qui témoignent de la diversité des formes et analyses du chômage. Les politiques mises en œuvre dépendent en premier lieu du diagnostic posé quand aux origines du chômage. Le chômage est dit « keynésien » lorsqu’il résulte d’une insuffisance de la demande globale. Le chômage de masse réapparu dans les années 1970 a d’abord été considéré comme provoqué par un choc de demande négatif à l’instar du chômage des années 1930, et donc analysé comme un chômage keynésien lié à une insuffisance de la demande globale. On s’attaque alors au sous-emploi par des politiques macroéconomiques de soutien de la demande par la relance monétaire et la relance budgétaire. Ces politiques stimulent la consommation directement par des dépenses immédiates et indirectement en modelant la demande anticipée. Des politiques de relance simultanées ont également été mises en œuvre en 2008 et 2009 dans l’ensemble des pays développés, mais dans des propensions contrastées. Cette approche diffère fondamentalement de l’analyse néo classique qui considère que c’est l’insuffisante rentabilité et non l’absence de débouchés potentiels qui freine l’embauche : on parle de chômage classique pour désigner une situation dans laquelle le chômage s’explique essentiellement par le coût du travail. L’enracinement du chômage en France et dans une partie de l’Europe conduit également à la mise en œuvre de mesures destinées à lutter contre un chômage diagnostiqué comme « classique » : la législation sur le salaire minimum et le poids des cotisations sociales entraveraient la demande de travail. Cette interprétation justifie les politiques d’allègement du coût du travail. La désindexation des salaires contient le coût réel du travail en France à partir de 1982, et depuis 1993 les allègements de cotisations sociales concentrés sur les bas salaires soutiennent l’emploi peu qualifié, particulièrement touché par le chômage de masse. Les choix et la conduite des politiques pour l’emploi sont compliqués par la coexistence de chômage classique et de chômage keynésien. Par exemple, l’interdépendance entre les marchés fait que le chômage classique dans une branche ou sur un segment du marché du travail peut être facteur de chômage keynésien puisqu’il provoque une baisse du revenu global des actifs et de la demande anticipée. En retraçant l’histoire récente des politiques pour l’emploi, on constate que la diversité des explications du chômage se traduit par la pluralité des dispositifs de lutte contre le chômage, mais aussi qu’aucune de ces politiques ne parvient, à elle seul, à endiguer le problème. Elle fait apparaître également l’existence d’un chômage à caractère structurel qui justifie la mise en œuvre de politiques de formation et de flexibilisation du marché du travail. Pour faciliter l’appariement entre offre et demande de travail, on peut introduire davantage de flexibilité sur le marché du travail. Ainsi a été libéralisé dans les années 1980 le recours aux formes atypiques d’emploi, soit à l’intérim, au contrat à durée déterminée, et au temps partiel, érodant la norme d’emploi du contrat à durée indéterminée (CDI) à temps plein. Autre forme de flexibilité, le chômage temporaire permet d’éviter des suppressions d’emploi dramatiques pour les salariés, et également coûteuses pour les entreprises qui se privent du capital humain accumulé et incorporé par leurs employés . La formation a également un rôle important à jouer dans le domaine de l’emploi. On peut tout d’abord renforcer l’employabilité des plus jeunes par davantage de formation initiale. On peut ensuite renforcer l’employabilité des moins jeunes par la formation continue. On peut enfin mettre l’accent sur la formation professionnelle et l’accompagnement des chômeurs. La flexibilité du marché du travail renvoie aussi à la problématique de l’activation des dépenses passives, qui consiste à envisager des dispositifs permettant à la fois d’assurer aux chômeurs un revenu de substitution et de favoriser leur réinsertion sur le marché du travail. En effet les prestations sociales risquent d’inciter au prolongement du chômage (« trappe à inactivité »), d’où l’instauration du revenu de solidarité active (RSA) en 2009. L’activation des dépenses passives, en colmatant la trappe à inactivité, peut ouvrir la trappe à pauvreté : la priorité au retour rapide à l’emploi peut se faire au détriment de la qualité de l’appariement, inciter les actifs à accepter des emplois peu rémunérés. Il peut y avoir une contradiction entre l’objectif du retour rapide à l’emploi (ou « workfirst ») et celui d’accroissement des capacités et opportunités des demandeurs d’emploi dans le long terme (ou « empowerment »). Plusieurs pays combinent les approches. Le modèle dit de « flexicurité » ou de « flexisécurité », inspiré de l’expérience danoise, combine aussi faible protection de l’emploi, indemnisation généreuse du chômage, politique d’activation vigoureuse axée sur la formation des demandeurs d’emploi, conciliant alors une réallocation très dynamique des emplois et un fort sentiment de sécurité professionnelle des salariés.


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