Remerciements page 2 Etaient Présents page 3





télécharger 490.17 Kb.
titreRemerciements page 2 Etaient Présents page 3
page9/14
date de publication11.05.2017
taille490.17 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > loi > Documentos
1   ...   6   7   8   9   10   11   12   13   14

Des techniques au service de l’animation :

la scénographie




Jean-Pierre CHASSET

Jean-François PERINET-MARQUET

Cabinet d’architectes JAPAC

Jean-Pierre Chasset :


Nous avons, mon associé et moi-même, réalisé les patinoires de Cholet et d'Angoulême, et nous venons d'être désignés pour construire la future et très importante patinoire de Strasbourg. C'est au titre de concepteurs de ces 3 équipements que nous sommes présents aujourd'hui : nous ne sommes que des architectes et nous ne nous perdrons pas en analyses que nous n'avons pas les moyens de faire, nous vous présenterons simplement ces projets, que d'autres personnes avaient d'ailleurs programmés (CD2I pour Angoulême et Cholet). Nous n'avons pas beaucoup de recul par rapport à tout cela, et nous restons très humbles, acceptant volontiers les critiques que vous ne manquerez pas de formuler.

A noter que dans ces deux projets, il s'agit d'un ensemble piscine-patinoire. D'ailleurs, le cabinet JAPAC est à l'origine spécialiste des piscines, et d'une manière, il a étendu son rayon d'activités aux patinoires car de plus en plus de collectivités commandent ce genre de complexe pour pouvoir gérer les deux équipements communément. Mon associé, J-F. Perinet Marquet, va vous présenter ces deux réalisations déjà ouvertes, et nous terminerons par une rapide présentation du projet de Strasbourg, trois programmes de conception assez différente.
Jean-François Perinet-Marquet :

Commençons par Angoulême. Cette patinoire a été conçue dans un vaste mouvement en limite de la ville : il s'agit d'un projet dépendant d'une communauté d'agglomération. L'axe fort débouche sur un lac qui accueillera des sports aquatiques. C'est un bâtiment immense, qui coûte environ 140 millions de francs HT (21 M €, NdR) de travaux.

La programmation imposait un accès central, avec des caisses et une gestion centralisées, pour une économie de moyen. Ce qui nous intéressait en tant qu'architectes, c'était la synergie entre les deux équipements, à savoir rendre attractif la patinoire aux personnes qui viennent pour la piscine et inversement. Je crois que ça fonctionne assez bien.

Depuis le hall d'entrée, les visiteurs ont une perspective sur la patinoire. La piste "sportive" a une appellation trompeuse : en vérité, c'est une piste polyvalente de 20x40, et s'il y a quelques gradins, c'est pour pouvoir accueillir des fêtes scolaires. Il faut considérer l'ensemble comme étant ludique, sans séparation entre les deux pistes (ce qui n'est pas le cas à Cholet ou Strasbourg).

Nous avons eu une contrainte énorme, à Cholet comme ici : l'environnement. Etant donné que les patinoires ludiques sont équipées de systèmes sonores très puissants pour devenir, le soir, de véritables boîtes de nuit, nous avons beaucoup travaillé avec notre acousticien pour protéger l'environnement des nuisances sonores, et nous avons ainsi "doublé" entièrement le bâtiment. Cela s'en ressent esthétiquement, avec cette allure de "boîte dans la boîte" qui ressort notamment dans les espaces vitrés, avec deux façades séparés d'un mètre.
Jean-Pierre Chasset :

On pense que le surcoût inhérent à cette fonction "boîte de nuit" est de 25 à 30% par rapport à une patinoire traditionnelle. Ca a été le cas à Angoulême comme à Cholet.

Jean-François Perinet-Marquet :

La partie centrale de la patinoire est le bar, situé entre les deux pistes. Du côté de la piste ludique, nous avons le "bar froid", ouvert sur la piste, et il communique avec le "bar chaud", espace chauffé accessible aux visiteurs. L'avantage de ce système est qu'il y a donc un contact entre les visiteurs et les patineurs, l'inconvénient est qu'il faille instaurer une surveillance au niveau d'un tourniquet installé entre les deux bars, afin que les visiteurs non munis de ticket ne puissent avoir accès à la piste. La particularité des pistes est que la piste ludique est plus haute que la piste sportive. La liaison entre les deux se fait donc par deux rampes pentues, avec un sens de circulation pour chacune, séparées par un îlot central.

La zone purement ludique est équipée d'un lustre éclairant, et d'un espace repos avec cheminée. Cette partie est longée par une piste en polyéthylène qui permet aux patineurs d'essuyer leurs patins avant de retourner sur la glace.
Jean-Pierre Chasset :

Vous serez certainement intéressés de savoir que nous nous sommes battus pendant plus d'un an et demi pour imposer l'idée d'une cheminée avec de vraies bûches et un vrai feu, comme cela se fait en Allemagne et en Angleterre, mais ici, l'idée a été refusée par les différents bureaux de contrôle. Nous avions pourtant exclu la possibilité pour les patineurs d'approcher de la cheminée et de se saisir des bûches, nous tenions juste à ce que ce soit du vrai bois. En vain. Les contraintes que nous avons aujourd'hui pour faire évoluer ces structures sont colossales. Nous avons finalement opté pour une soufflerie d'air chaud devant un simulacre de foyer. Rien à voir avec la convivialité d'un vrai feu de cheminée.
Jean-François Perinet Marquet :

A Cholet, c'est encore pire : nous n'avons rien pu avoir d'autre qu'une fausse cheminée électrique, dans la pire tradition anglaise.

Dans le programme, il était demandé que la patinoire, de jour, puisse fonctionner en lumière naturelle. C'est toujours difficile avec la glace, car il faut éviter qu'elle fonde par rayonnement direct, et nous avons donc découvert toute la façade nord. Tous ces éléments sont équipés de rideaux roulants, idéaux pour créer une ambiance en quelques instants.

Au niveau de la scénographie, tout est expérimental dans ce genre de patinoires. Différents éléments ne sont pas encore en place aujourd'hui : nous y travaillons toujours. Nous avons voulu éliminer l'option d'un thème précis, qui aurait peut-être ennuyé tout le monde au bout de 6 mois ou un an, et avons préféré travailler sur la lumière. Nous allons mettre en place, à différents endroits, des panneaux de cote de maille, tenus verticalement et doublés ou pas d'un tissu blanc, qui vont nous permettre de faire des projections en leur donnant de la matière. Nous allons également mettre en place des sortes de "chaussettes" amovibles, pouvant monter et descendre et créer, en position basse, des obstacles autour desquels les patineurs vont tourner.

Nous avons également voulu créer une ambiance colorée et joyeuse, opposée à celle, traditionnellement froide, des patinoires : le revêtement de sol est fuschia, et la plupart des éléments sont jaunes.

Les garde-corps sont en dur, doublés en polyéthylène jaune. A Cholet, vous verrez que nous avons opté pour des garde-corps transparents avec une continuité sur la contre-piste, ce qui engendre d'autres effets.

Nous avons du mal à trouver des entreprises pour prendre en charge la scénographie. Les budgets sont presque trop faibles pour les entreprises spécialisées dans le théâtre, celles qui nous intéressent, mais nous ne désespérons pas.

Sur la piste sportive, nous avons disposé 5 écrans sur la longueur. Le plafond est brillant, ce qui permet de maintenir plus facilement la glace à température. Sur le sol, il y a un marquage pour le sens de patinage, et des ronds qui préfigurent le futur emplacement des chaussettes. Nous avons également travaillé sur la pose de fibre optique dans la glace, ce qui permettrait de faire des schémas dans le sol renouvelables à chaque fois que l'on refait la glace. Nous sommes pour l'instant limités par des problèmes d'épaisseur de glace et de tenue de la fibre, mais nous ne désespérons pas non plus.
Jean-Pierre Chasset :

On pense que le budget nécessaire à une bonne scénographie s'élèverait à 8 ou 10 millions de francs. A Angoulême, il n'a été que de 3 millions de francs, et ça s'en ressent. Quand on fait quelque chose, je pense qu'il faut aller jusqu'au bout de la démarche. Je sais très bien que l'argent ne se fabrique pas et que c'est plus facile pour nous de le dire que de le faire pour celui qui paye, mais à Angoulême, on se rend compte aujourd'hui que l'investissement scénographie n'est pas suffisant. Il le sera davantage à Strasbourg. Le public devient de plus en plus exigeant, habitué à des décors de télévision démentiels, et quand il s'agit de les transférer dans des espaces comme celui-là, il faut y mettre les moyens. Si l'on veut une patinoire réellement ludique, le budget doit être conséquent.
Jean-François Perinet Marquet :

L'espace vestiaires fait partie du volume de la patinoire, il n'est pas isolé. L'espace est grand et convivial, fluide, souple.

Page suivante :

Haut : vue d’ensemble de la maquette, bâtiment et espaces de stationnement.

Bas : plan de la piste, des aménagements et des locaux.




Passons à présent à l'exemple de Cholet.

Le programme choletais est similaire à celui d'Angoulême, dans le sens où il s'agit également d'un complexe piscine-patinoire avec une patinoire à deux pistes, mais ils ont décidé de construire d'abord la patinoire en y investissant une quantité d'argent suffisante, et d'ensuite réaliser la partie piscine, tout aussi gigantesque.
Jean-Pierre Chasset :

Cet équipement, au jour d'aujourd'hui, est encore complètement bancal : le hall d'entrée est énorme, le bâtiment forme un cube pas très équilibré, bref, soyez indulgents, le projet mérite d'être apprécié dans sa volumétrie générale et sa globalité.
Jean-François Perinet Marquet :

Oui, il faut imaginer que la piscine, toute en transparence, va venir équilibrer l'ensemble, en opposition avec le bloc opaque que constitue la patinoire. C'est un site très urbain, donc avec une exigence acoustique encore plus forte qu'à Angoulême, mais nous nous en sommes bien tirés.

Le programme imposait donc une piste sportive aux normes fédérales, puisque le club de hockey de Cholet existe depuis longtemps. Elle compte 1200 places de gradins, et est éclairée naturellement.

Le piste ludique comprend, quant à elle, une zone éclairée naturellement, large et plate qui permet l'apprentissage, où des éléments peuvent être descendus du plafond pour les séances publiques, et une zone plus "accidentée", avec une pente et une rampe qui contourne un îlot ovale, lequel abrite une piste de danse et un coin repos-cheminée.

Entre les deux pistes, la liaison se fait par une langue de glace équipée d'un système de portes acoustiques, de façon à pouvoir totalement séparer les deux pistes, physiquement et acoustiquement. Nous pouvons donc avoir simultanément une séance publique sur la piste ludique et une représentation ou un match de hockey sur la sportive. Mais lorsque les deux pistes sont reliées, tout fonctionne ensemble, et le DJ commande l'animation sur les deux pistes simultanément depuis sa cabine. Le patineur bénéficie donc d'un espace gigantesque, avec la possibilité de passer d'une zone très large et découverte à une zone plus intimiste et équipée en animation scénographique. La piste ludique bénéficie notamment d'une batterie d'écrans (5 au total) qui sont reliés à une multitude de supports : télévision par satellite, caméra intérieure, lecteur DVD...

L'autre particularité par rapport à Angoulême, c'est que le bar est divisé en deux : le bar patineurs est séparé du bar visiteurs.

Apparemment, la fréquentation est haute à Cholet, et beaucoup de monde apprécie l'utilisation de la piste ludique, avec son espace ovale, sa rampe pentue et ses jeux de lumière et de fumigènes sophistiqués.
Voir page 85 :

  • haut : maquette du complexe piscine-patinoire.

  • bas : plan des pistes, des aménagements et des locaux


Pages 86 et 87 : photos de la piste ludique, des équipements scénographiques (écrans, colonnes, jeux de lumière) et de l’espace cheminée.









Abordons enfin le projet de Strasbourg.

Ce n'est qu'une patinoire, sans piscine, qui comportera une piste olympique de 60x30, cernée par 1200 places de gradins fixes et autant de gradins mobiles – ce qui nous a bien compliqué la vie –, ainsi qu'une piste dite "ludique" mais plate, puisqu'elle devait être compatible avec la pratique du curling. L'intérêt et l'originalité du projet, pour nous, était de pouvoir créer un hall d'entrée qui soit situé entre les deux pistes et surélevé par rapport à elles, ce qui permet aux utilisateurs, dès l'entrée dans le bâtiment, d'avoir vue sur les pistes. Cela nous a permis de développer une certaine mise en scène des pistes et une architecture plus forte, intégrant les nécessités de hauteur (9m sous poutre pour la piste olympique, 6 pour la ludique). A l'extérieur, cela se traduira par un point fort de 12m de haut entièrement vitré, appelé "l'iceberg", et qui donnera sur le boulevard : une façon d'interpeller le passant sur ce qui peut se passer à l'intérieur d'une patinoire.

En matière de scénographie, la piste ludique est équipée d'un système de passerelles passant au-dessus de la piste, comparable à celui d'un théâtre, qui permet d'accrocher de nombreux d'éléments mobiles se cachant dans la structure (40 points d'attache supportant une tonne chacun). Ces éléments verticaux en tissus seront capables de former un labyrinthe au sol suivant différentes configurations. Nous aurons également des rampes en polyéthylène qui formeront des obstacles, des tunnels. Tous ces éléments seront maîtrisables en permanence par le DJ, qui peut s'installer dans une cabine en verre communiquant avec les deux pistes. Le point fort de ce projet est cette possibilité de jonction entre les deux pistes, le hall d'entrée étant lui-même une véritable vitrine vers la piste ludique, alors même qu'elles peuvent également être totalement isolées.

La scénographie en terme de jeux de lumière est également très importante, le budget est conséquent. Là encore, nous avons voulu des jeux de lumière renouvelables, pour pouvoir changer d'ambiance aussi souvent que possible.

La grande partie vitrée de la piste olympique est équipée de fibre de verre insérée au milieu du double vitrage, ce qui lui permet, tout en étant exposée au sud, de considérablement filtrer la chaleur et le rayonnement lumineux.
Ci-dessous : projet de vue de la façade sud-ouest du bâtiment.

Page suivante : plan des pistes, des aménagements et des locaux.


Jean-Pierre Chasset :

Toutes vos remarques sont les bienvenues...
Jean-Paul Dubois (Dunkerque) :

Vous avez parlé d'un surcoût dû à l'isolation phonique, mais n'est-il pas, au moins en partie, compensé par une économie d'énergie faite sur la production de froid ?
Jean-Pierre Chasset :

C'est une question qui concernerait plutôt les bureaux d'études. Je ne me défile pas, mais ce sont eux, les vrais spécialistes. Ce que je vous ai dit à propos des 25 à 30% de surcoût entraîné par une isolation acoustique est à replacer dans un contexte particulier, urbain, de proximité avec les habitations. En plein champ, il est évident que les exigences ne sont pas du tout les mêmes. En ville, on ne doit pas dépasser les 105 dB, je crois, une exigence que nous n'avions pas du tout prise en compte au départ...
Jean-François Perinet Marquet :

Je crois qu'à Cholet, nous sommes même descendus à 95 dB, surtout dans les basses, qui sont le vrai problème.
Philippe Boissier :

Je voudrais demander aux utilisateurs de tous les jours, les exploitants, de nous dire ce qu'ils pensent de leur établissement... Cholet puis Angoulême.
Alain Brochard (Cholet) :

Tout d'abord, je précise que nous avons dû réduire notre nombre de gradins à 1042 places au lieu de 1200, ce qui constitue une différence non négligeable pour un gestionnaire. Globalement, notre patinoire se révèle être un outil satisfaisant, populaire auprès du public. Vous avez entendu parler de colonnes sur la piste ludique, destinées à former une sorte de slalom : il faut savoir que chez nous, elles ne sont pas du tout utilisées comme slalom, mêmes si elles constituent des éléments de décoration réussis.
Jean-Pierre Chassset :

Comme quoi, il n'y a pas de vérité. Ces patinoires sont des prototypes et il faut encore tâtonner, venir observer ce qu'il se passe sur le terrain, discuter avec les utilisateurs. Nous sommes friands de ce genre de démarche, même si cela ne fait jamais plaisir de constater que ce que nous avons imaginé ne marche pas. Nous avions constaté que des patineurs slalomaient volontiers autour de ces colonnes, si vous nous dites qu'ils ne le font pas à Cholet, c'est un échec...

Alain Brochard :

Un échec, non, puisqu'esthétiquement, elles apportent quelque chose à l'ambiance de l'ensemble, c'est intriguant... Mais très peu de nos patineurs les prennent pour faire un slalom.

Jean-François Perinet Marquet :

Slalom n'est peut-être pas le mot exact, mais ces colonnes au milieu de la piste forcent les patineurs à les contourner, cela crée naturellement une animation, et il n'y a pas 36 manières de créer une animation... Développer des couloirs et des cheminements différenciés en est une, et dans le cadre d'une surface restreinte telle que celle d'une piste ludique comme celle-ci, les colonnes et autres obstacles verticaux sont une bonne solution. Mais la difficulté majeure, c'était dans ce cas-là de devoir combiner sur la piste ludique la possibilité de faire à la fois de l'apprentissage scolaire en plein jour et des soirées de type boîte de nuit, avec un budget restreint... Ce type de contraintes additionnées fait que nous, concepteurs, ne pouvons pas toujours aller au bout de nos idées de chacune des caractéristiques de la patinoire.
Alain Brochard :

Une chose qui fonctionne très bien, c'est l'aspect de séparation des deux pistes. Il est très pratique de pouvoir organiser des matches de hockey à des horaires compatibles avec les exigences du sport de haut niveau, par exemple 19h30, tout en ouvrant une séance publique à 20h sur la piste ludique. Et quand le match est fini, nous ouvrons la jonction et la séance se poursuit sur les deux pistes. C'est une grande réussite.

En revanche, nous nous demandons encore comment mieux exploiter l'espace "piste de danse" près de la cheminée, pour l'instant un peu délaissé lors des séances publiques. Il nous manque des places de repos, des endroits où l'on puisse s'asseoir, c'est une lacune de notre part. Mais nous n'avons que 6 mois d'exploitation devant nous, et nous sommes toujours en train d'apprendre...
Jean-François Perinet Marquet :

A Strasbourg, les programmistes ont abandonné l'idée de faire une piste de danse, après avoir bien observé ce qui se faisait partout ailleurs... Ils ont considéré que la piste ludique toute entière serait une piste de danse, en configuration "boîte de nuit".
Jean-Pierre Chasset :

Il est très important pour nous de savoir que les gens qui utilisent les patinoires que nous avons créées sachent précisément ce que nous avons voulu y faire. A Cholet, nous nous félicitons que l'équipe en charge s'implique totalement dans le prolongement de nos idées, qu'elle ait vraiment à coeur d'exploiter cet outil comme nous l'avions imaginé.
Philippe Pourrère (Angoulême) :

La spécificité de la patinoire d'Angoulême est d'être quasiment entièrement dédiée au grand public, et d'avoir choisi une optique résolument ludique, puisque nous n'avons pas de club et que nous ne recevons pas encore de scolaires. Cependant, vous avez raison, il nous reste encore à perfectionner notre équipement scénique, peut-être encore beaucoup plus que vous ne le pensez si j'en avais les moyens. Par contre, il faut à mon sens l'étaler dans le temps, pour renouveler le potentiel attractif une fois que "l'effet de surprise" est passé. Si l'on apporte constamment quelque chose, plutôt que de dévoiler tous nos atouts dès le départ, le public se lassera beaucoup moins vite de la patinoire. Je crois également qu'il serait bon de multiplier les possibilités de cheminement. A Angoulême, la configuration de la piste fait qu'à certains endroits se dessine comme un "cheminement obligatoire", que tout le monde emprunte de la même manière, dans le même sens, ce qui use excessivement la glace. Mettre en place un équipement scénique amovible permettant de modifier les parcours serait à mon avis une très bonne idée. Il faudrait aussi se poser la question de remédier au problème de l'arrosage des pistes. En effet, la piste est très vite usée chez nous, surtout au niveau des pentes, et nous devons presque quotidiennement remonter la hauteur de glace, ce qui n'est pas évident avec les pentes, puisque l'eau, évidemment, les descend. Mais nous le faisons, et même si ces pentes sont une complication certaine, je crois que c'est ce que le public demande et je pense même que plus de pentes, un peu partout, ne serait pas une mauvaise chose.
Jean-François Perinet-Marquet :

Nous sommes contents d'entendre cela, car nous nous sommes battus longtemps pour imposer l'idée de ces rampes, et nous avons réussi après de nombreux brainstormings à vaincre toutes les inquiétudes suscitées par ces pentes, et elles étaient nombreuses.
Philippe Pourrère :

Je finis en mentionnant l'intérêt d'avoir un bar visiteurs et patineurs. En effet, notre complexe est réellement un lieu de visite, et les visiteurs qui goûtent au bar de la patinoire ont vraiment envie de revenir en tant que patineurs, ou avec leurs enfants. C'est très vendeur.
Philippe Boissier :

C'est un des regrets exprimés par Cholet, qui possède un bar visiteur séparé du bar patineurs, et de ce fait plutôt petit.
Sacha Kalisa (Amiens) :

Ces exemples nous font mesurer de plus en plus le fossé entre les patinoires modernes et ludiques et les patinoires traditionnelles, anciennes, brutes et rigides. Y a-t-il pour ces dernières des possibilités d'évolution au niveau scénique, justement ?
Jean-Pierre Chasset :

Certainement, nous faisons déjà de la réhabilitation avec les piscines, pourquoi pas avec les patinoires... Certaines patinoires seront évidemment adaptables, d'autres moins. Encore faut-il savoir si c'est la bonne solution. Ce qui est certain, c'est qu'il y a de la demande, va-t-elle durer dans le temps ? On l'espère... Quand on en saura plus, on pourra penser réhabilitation.
Jean-François Perinet-Marquet :

Il faut bien préciser que JAPAC n'en est qu'à ses balbutiements, en matière de réflexion sur les patinoires ludiques. Aujourd'hui, nous sommes fiers d'arriver à changer une patinoire olympique éclairée naturellement en une salle de spectacles en 10 minutes, mais ce n'est qu'un début. Il nous reste beaucoup de développements à faire.
Jean-Pierre Chasset :

De toute manière, il y a une chose qu'il ne faut pas oublier, c'est que pour l'instant, le tout ludique n'a pas marché. Les piscines qui ont tenté le pari du 100% ludique en ont fait les frais, et celles qui durent sont celles qui marient les bassins classiques où les nageurs traditionnels viennent faire leurs longueurs, avec les toboggans et autres bassins à vagues. Si l'on transpose ce constat aux patinoires, et même s'il n'y a pas de vérité unique, nous pensons, à JAPAC, que le concept idéal est plus proche de l'idée de Cholet que de celle d'Angoulême. Je pense que le programme d'Angoulême est allé trop loin au delà de la polyvalence, c'est-à-dire qu'on ne peut pas y pratiquer de sport du tout, ce qui est à mon sens une erreur.
Jean-Pierre Marchenay (Avignon) :

Y a-t-il eu, dans les cas que vous nous présentez, une réelle étude de besoin ? A-t-on vraiment voulu répondre à la demande du public ou le programme était-il guidé par des ambitions autres ?
Jean-Pierre Chasset :

C'est au programmiste de répondre à cette question. Nous ne faisons qu'exécuter le programme qui nous est donné. Maintenant, je crois qu'effectivement, le but est de répondre aux attentes du public, mais c'est le programmiste qui a la vision...
Jean-Pierre Marchenay :

Oui, il faudra tout de même attendre quelques années, je pense, pour affirmer que ces projets répondent bel et bien à des attentes du public ou bien sont des feux de paille... Deuxième question : est-ce que, quand vous remettez les clés de la patinoire au Maire de la Ville, vous avez cerné le coût de fonctionnement journalier de l'équipement ?
Jean-Pierre Chasset :

Si l'on parle d'une patinoire ludique, clairement non, puisqu'à l'heure actuelle, nous n'avons pas suffisamment de recul et d'expérience pour espérer maîtriser le coût de fonctionnement de telles installations. Sur une patinoire traditionnelle, par contre, bien sûr. Mais sur des patinoires plus innovantes, nous ne donnons que des objectifs que nous sommes obligés de tenir. De là à dire qu'on ne peut pas se tromper, je n'irai pas jusque là...
Jean-François Perinet-Marquet :

A JAPAC, nous sommes évidemment entourés de toute l'équipe de maîtrise d'œuvre, ingénieurs, acousticiens, scénographes, bureaux d'études... Grâce à cette sphère de compétence, nous rendons des coûts de consommation assez précis.
Olivier Delhomme (CD2I) :

En tant que représentant des programmistes des patinoires de Cholet et d'Angoulême, je compléterai simplement les propos de messieurs les architectes. Dans nos études de faisabilité, il y a effectivement une large prise en compte des désirs et des besoins du public, que nous recueillons grâce à des audits de tous les publics, mais aussi un détail assez exhaustif du coût de fonctionnement et de consommation de ces équipements.
Paul Nicod (Bordeaux) :

Juste une remarque : au sujet de la patinoire de Strasbourg. Vous nous avez montré des plans de la grande piste avec des gradins sur la glace et une hauteur de plafond de 9 mètres. Or, j'ai souvenir que la Revue Holiday on Ice demande une hauteur de plafond de 10 mètres pour monter ses structures quand elle vient à Bordeaux.
Jean-François Perinet-Marquet :

C'est bon à savoir...
Jean-Pierre Chasset :

Nous avons suivi le cahier des charges. Ceci dit, vous avez raison de nous le signaler, nous allons en faire part.
Alain Brochard :

Je reviens sur les attentes du public en matière d'activité sportive et/ou ludique. Un constat sûr : le public ne vient pas pour une piste ludique seule. Contrairement à ce que nous pensions, quand nous fermons la piste sportive pour un tournoi de hockey, par exemple, le public est mécontent de ne pas pouvoir y aller, même s'il bénéficie de la piste ludique seule.
Louis Humayou (Issoudun) :

Deux questions à nos collègues d'Angoulême et de Cholet : quel est votre volume de personnel, et ce nouveau type d'établissement génère-t-il de nouveaux métiers ?
Philippe Pourrère :

45 employés permanents, 60 avec le personnel d'entretien, sur l'ensemble du complexe piscine-patinoire, la plupart intervenant dans les deux composantes. Je ne pense pas que cela crée de nouveaux métiers, en ce qui nous concerne, cela requiert juste des compétences un peu plus poussées...
Alain Brochard :

A Cholet, nous comptons 19 emplois à temps plein, entretien excepté puisque sous-traité. En revanche, non, pas de nouveaux métiers, mais des adaptations nécessaires aux tâches traditionnelles : ici et là, nous avons créé ou supprimé des polyvalences, et nous avons créé des postes "d'assistants de séance" à la place des habituels chefs de piste, puisqu'ils ont la responsabilité d'accompagner le public et d'aider les postes fixes lors des séances, à l'accueil, à la banque à patins, au bar et au niveau de l'animation.


Rencontres Patinoires

La Rochelle 2003

1   ...   6   7   8   9   10   11   12   13   14

similaire:

Remerciements page 2 Etaient Présents page 3 iconNote page 5 Découvrir le film à l’aide de la pré bande-annonce page...
«Nous avons besoin de plus de films comme Aurélie Laflamme Les pieds sur terre» Elizabeth Lepage-Boily, Cinoche

Remerciements page 2 Etaient Présents page 3 iconDe ‘’À la recherche du temps perdu’’
«hommes-femmes» (page 46) l’analogie entre ce qui se passe dans la nature et ce qui se passe entre les homosexuels (page 46) la théorie...

Remerciements page 2 Etaient Présents page 3 iconIntérêt de l’action (page 5), intérêt littéraire (page 12), intérêt...
«clés» ayant été proposées), Besançon (1775-1776), Valence (1777) avec mission d'installer l'école d'artillerie qui allait accueillir...

Remerciements page 2 Etaient Présents page 3 iconFirst page Back Continue Last page Text

Remerciements page 2 Etaient Présents page 3 iconPour lequel on trouve ici l’examen de
«Entre les rues Duluth et Mont-Royal, cinquante vieilles maisons s’épaulent pour endiguer le bassin de nature déversé par la montagne»...

Remerciements page 2 Etaient Présents page 3 icon• Recherche sur l’image tactile avec le Centre Amandine
«Je compte» : Ce livre aide à apprendre à compter de 1 à 5 grâce à des perles mobiles sur une ficelle, le nombre de perles augmentant...

Remerciements page 2 Etaient Présents page 3 iconNotes de cours, de sites internet Conventions adoptées
«//») et les changements de page par «/p. Xx/», où XX est le numéro de la nouvelle page (par exemple : «/p. 25/»)

Remerciements page 2 Etaient Présents page 3 iconGéopolitis Bibliothèques numériques : faut-il tourner la page ?
«Retrouvez tous les dossiers» puis taper les mots «bibliothèques et numériques» dans la zone de recherche. Sélectionner l’émission...

Remerciements page 2 Etaient Présents page 3 iconLa commission accessibilité de l’union des aveugles vous propose...
«Montpellier notre ville». En page 2 de ce document un sommaire a été créé pour faciliter l’accès aux différents articles du journal....

Remerciements page 2 Etaient Présents page 3 iconLa commission accessibilité de l’union des aveugles vous propose...
«Montpellier notre ville». En page 2 de ce document un sommaire a été créé pour faciliter l’accès aux différents articles du journal....






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com