Le journal du conseil régional du Languedoc-Roussillon





télécharger 241.32 Kb.
titreLe journal du conseil régional du Languedoc-Roussillon
page13/15
date de publication11.05.2017
taille241.32 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > loi > Documentos
1   ...   7   8   9   10   11   12   13   14   15

Une région solidaire



Dès le début de la guerre d'Espagne, les Pyrénées­-Orientales s'ouvrirent aux républicains et aux volon­taires internationaux en route vers la péninsule. Le traité des Pyrénées de 1659 n'avait pas affaibli la soli­darité qui unissait la com­munauté catalane désor­mais coupée en deux. Pen­dant le conflit, la Cerda­gne française fut ainsi uti­lisée comme base de départ des combattants républi­cains. L'entraide s'élargit très vite à l'ensemble de la région. Par exemple, les occitanistes provençaux lancèrent un appel auprès des milieux félibréens pour recueillir des fonds desti­nés à procurer une aide ali­mentaire aux « intellectuels catalans », signe de la fraternité historique entre les deux peuples.

L'épisode le plus spectacu­laire fut la vague de réfu­giés qui submergea la fron­tière entre le 27 janvier et le 15 février 1939, conséquence de l'entrée des troupes franquistes dans Barcelone. La Retirada ou « retraite» poussa environ 450000 per­sonnes, en grande majorité des civils, vers les Pyré­nées-Orientales. Les com­munes mirent en place des distributions de nourriture et de boisson, alors que les restaurants populaires four­nissaient des repas. Cepen­dant, très vite, les possibi­lités d'accueil et les instal­lations sanitaires se révélè­rent insuffisantes. L'ouver­ture de camps de concentration, vite rebaptisés camps de regroupement, se profilait. L'entrée en France fut limitée aux civils et aux blessés, les hommes valides étant refoulés vers l'Espagne. Les premiers camps virent le jour, à Argelès-sur-mer, Saint-­Cyprien, au Barcarès, à Rivesaltes. Celui d'Argelès comptait, au mois de mars, 77000 réfugiés, répartis dans des baraques sommaires. Au même moment, 90000 personnes s'entassaient dans le camp de Saint­-Cyprien. L'absence d'eau courante entraîna l'appa­rition d'épidémies : typhoïde, dysenterie, tuber­culose, paludisme. Dans l'Aude, on ouvrit un camp à Bram, équipé en électricité, eau potable et système d'évacuation des eaux usées. Il abrita 10000 à 15000 réfugiés jusqu'en 1940. Dans l'Hérault, on les diri­gea vers le camp d'Agde, tandis qu'en Lozère, répu­blicains et combattants des Brigades internationales étaient internés au camp du Rieucros, créé dès le 21 janvier 1939. Au cours de l'été, on y rassembla des femmes espagnoles, rejoin­tes à partir de la déclara­tion de guerre par des Allemandes immigrées décla­rées suspectes, puis par des Françaises communistes.

L’entrée en résistance



Au mois de mai 1940, la région vit arriver d'autres ­réfugiés, venus du Nord: Luxembourgeois, Belges, puis Français de l'Aisne et des Ardennes fuyant les ­troupes allemandes. Le ­11 juillet, les pleins pouvoirs furent accordés à Pétain. Premier acte de résistance: plusieurs députés et sénateurs de la région s'y opposèrent, regroupant autour d'eux 80 défenseurs des ins­titutions républicaines. Mais ils ne purent empêcher l'ins­tauration de l'État français. Dès l'armistice de juin 1940, de nombreux juifs étran­gers furent concentrés dans le camp d'Agde. En octobre, une loi permit au préfet de les interner dans des camps spéciaux ou de leur assigner une résidence forcée. En décembre, Rivesaltes s'apprêta à recevoir environ 8500 personnes : d'Agde et de Brens (Tarn). Deux ans plus tard, ce camp rassembla plus de 1700 juifs étrangers.

En même temps, la résis­tance se mobilisait. Le Biterrois Jean Moulin (voir portrait ci-dessous) partit pour Londres en 1941 et entra en contact avec le général de Gaulle. Para­chuté en Provence dans la nuit du nouvel an 1942, il commença à organiser les différents groupes qu'il réu­nit dans les Mouvement Unis de Résistance (MUR). En novembre 1942, le débar­quement allié en Afrique du Nord eut pour conséquence l'invasion de la zone libre par les Allemands. La région fut alors animée par un sentiment d'hostilité et les luttes de la résistance devinrent plus actives. Dans l'Hérault, le général de Lat­tre de Tassigny, comman­dant de la 16e division mili­taire, gagna la Montagne Noire pour y organiser l'ac­cueil des forces Anglo­-Franco-Américaines dont on croyait la venue immi­nente. On s'organisait aussi pour protéger les familles juives qui fuyaient devant les vagues de déportation fréquentes depuis l'été 42. Beaucoup trouvèrent refuge en Cévennes ou dans les mazets autour de Nîmes.

En 1943, Vichy forma la Milice sur le modèle de la SS allemande. C'était un organe chargé du redres­sement politique, social, économique, intellectuel et moral de la France. La Milice réprima les actions de résistance, tandis que la Gestapo s'occupait de renseignement et de contre-­espionnage. Un couvre-feu fut établi pour les dépar­tements côtiers. Dans les gares, on assistait à des départs forcés vers l'Alle­magne au titre du STO, Ser­vice du travail obligatoire. L'année 43 vit apparaître les maquis. Les réseaux de renseignements avaient des agents dans les villes et sur la côte. Les groupes d'ac­tion se situaient, eux, plu­tôt à l'intérieur, le long des voies ferrées. Les sabotages se multiplièrent, touchant matériel ferroviaire, câbles...

La répression ne se fit pas attendre. On créa des cours martiales au début de 1944.

L'Etat-major de la résis­tance fut décapité à Mont­pellier. Une série d'arresta­tions toucha les premiers éléments devant former le Comité départemental de Libération. Rafles et exécu­tions se succédèrent: à Nîmes, de jeunes saboteurs furent condamnés à mort ou aux travaux forcés, à Béziers le 7 juin 1944, on fusilla 17 patriotes, une rafle à Capestang entraîna la déportation de 200 per­sonnes. Les Allemands firent évacuer la popula­tion côtière et minèrent les routes sur les reliefs de l' intérieur. En tout, 60000 personnes durent quitter l’Hérault.

Arriva enfin le temps de la Libération. Le 26 août 1944, le maquis Bir-Hakeim de

Mourèze (Hérault), com­mandé par le capitaine Rouan, dit Montaigne, fit son entrée dans Montpel­lier par la route de Lodève, sous les vivas de la popula­tion. Mourèze était le sym­bole de la Résistance en Languedoc et Cévennes.

Les villes furent évacuées par les Allemands les unes après les autres. Dès la Libération, un nouveau quo­tidien vit le jour: le Midi Libre, organe du Mouve­ment de libération natio­nale (M.L.N.).

1   ...   7   8   9   10   11   12   13   14   15

similaire:

Le journal du conseil régional du Languedoc-Roussillon iconAssemblee generale ordinaire du comite regional de gymnastique languedoc-roussillon...

Le journal du conseil régional du Languedoc-Roussillon iconActes du colloque organisé par le Conseil général de l’Oise et le...

Le journal du conseil régional du Languedoc-Roussillon iconAction publique tranquillité publique, faciliter la vie des riverains...
...

Le journal du conseil régional du Languedoc-Roussillon iconConseil Régional de Tourisme Région Guelmim Es Smara Portail crt

Le journal du conseil régional du Languedoc-Roussillon iconLa Commission permanente du Conseil régional du Centre-Val de Loire...
«Nous sommes venus parce que nous savions que nous n’étions pas concernés. Nous connaissons cette ville et nous nous sommes déplacés...

Le journal du conseil régional du Languedoc-Roussillon icon1. Le régime de croisière suivi depuis 1965
«Le marché du logement en Ile-de-France» organisé par le Conseil Régional d’Ile-de-France et la Chambre Interdépartementale des Notaires...

Le journal du conseil régional du Languedoc-Roussillon icon1/ Pertinence
«inpiano, la facture de Pianos de 1791 à nos jours» Musée des Beaux –Arts Jules Chéret nice; Exposition, conférences concert. Démarrage...

Le journal du conseil régional du Languedoc-Roussillon iconEsclarmonde, vous qui donnez clarté au monde…
«O, Femmes, qui étiez-vous enfin ?» Pour le savoir, je me suis rapproché de René Nelli dans «les cathares en Languedoc», d’Anne Brenon,...

Le journal du conseil régional du Languedoc-Roussillon iconAtelier de travail plu salle du Conseil 11 novembre, 11 h Commémorations...

Le journal du conseil régional du Languedoc-Roussillon iconLes dix innovations pédagogiques de 2015 ?
«journal d’apprentissage» (reflexive journal) ou la carte mentale (mind map) sont déjà assez répandus en France, y compris dans le...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com