L'absence du mot "démocratie" dans la Révolution Française selon l'historien du politique, Pierre Rosanvallon





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date de publication11.05.2017
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Chers amis,
Voici un petit document qui vise à préparer le restaurant philosophique de cette semaine.

Il comprend :

1/ Des citations. Elles accompagneront le propos introductif selon l’ordre d’exposition.

Ce sont des extraits qui ont joué un rôle significatif dans l’histoire de la Modernité ou qui mettent en lumière un penseur décisif.

2/ Les noms de quelques uns des penseurs qui ont joué un rôle fondamental dans la construction conceptuelle de la modernité.

3/ Les noms des principaux auteurs qui ont permis ce travail.

4/ Les dates des révolutions fondatrices du Monde Nouveau.
Lors de notre débat, n’hésitez ni à questionner à propos des citations ou des auteurs cités.

La naissance de l'autocontrôle par la décence et bonnes manières au XVI è selon Erasme :

" Il est malpoli de saluer qui urine ou défèque… Un homme bien élevé ne se laissera jamais aller à découvrir sans nécessité les membres que la nature a associés au sentiment de pudeur. Quand la nécessité l’y contraint, il doit le faire avec décence et retenue, même s’il n’y a pas de témoin. Car les anges sont toujours présents. Rien ne leur est plus agréable chez un garçon que la pudeur, compagne et gardienne d’un comportement décent. "

 

La Théocratie selon Joseph de MAISTRE (1815) :

"Les lois viennent donc de Dieu dans le sens qu’il veut qu’il y ait des lois et qu’on leur obéisse ; la souveraineté vient de Dieu, puisqu’il est l’auteur de tout, excepté du mal, et qu’il est en particulier l’auteur de la société qui ne peut subsister sans la souveraineté." Etude sur la souveraineté, Joseph De Maistre (1753-1821).

 

L'impossibilité démocratie selon Rousseau (1762):

"A prendre le terme dans la rigueur de l'acception, il n'a jamais existé de véritable démocratie, et il n'en existera jamais. Il est contre l'ordre naturel que le grand nombre gouverne et que le petit soit gouverné. On ne peut imaginer que le peuple reste incessamment assemblé pour vaquer aux affaires publiques, et l'on voit aisément qu'il ne saurait établir pour cela des commissions, sans que la forme de l'administration change…. S'il y avait un peuple de dieux, il se gouvernerait démocratiquement. Un gouvernement si parfait ne convient pas à des hommes. " Rousseau ; Du Contrat Social, Livre III, chap. IV.

 

L'absence du mot "démocratie" dans la Révolution Française selon l'historien du politique, Pierre Rosanvallon (contemporain):

« Dans la masse des journaux révolutionnaires, on n’en rencontre aucun, de 1789 à l’an IV, qui mentionne dans son titre le mot démocratie ou l’adjectif démocratique. Ce sont les adjectifs « national », « patriotique » ou « républicain » (à partir de 1792) qui reviennent le plus souvent. On peut aussi noter que le mot démocratie n’est pas prononcé une seule fois dans les débats de 1789 à 1791 sur le droit de suffrage. » Pierre Rosanvallon, L’universalisme démocratique : histoire et problèmes, La vie des idées.fr

 
L’horreur démocratique selon Chateaubriand en 1820 :

C’est le programme jacobin « criminel » d'imitation spartiate … : « les monstres se bouchant les oreilles, ou s’arrachant pour ainsi dire les entrailles, de peur d’être attendris, donnèrent l‘affreux signal qui devait rappeler Sparte de ses ruines. Il retentit dans la France comme la trompette de l’ange exterminateur : les monuments des fils des hommes s’écroulèrent, et les tombes s’ouvrirent. Au même instant, mille guillotines sanglantes s’élèvent à la fois dans toutes les cités et dans tous les villages de la France." F-.A. de Chateaubriand, Essai historique, politique et moral sur les révolutions anciennes et modernes, Londres, Chez Henri Colburn, Librairie, Conduit Street, 1820.

 
La démocratie, un système des Anciens selon Guizot (1830) :

Discours de Guizot, à la Chambre en 1830 : « On cite des mots qui rappellent un état de chose qui, à mon avis, n’existe plus. Nous entendons retentir sans cesse les mots aristocratie, démocratie, classe moyenne. Je vous avoue que, pour moi, aujourd’hui, ces mots n’ont plus guère de sens. La démocratie nous apparaît dans l’histoire comme une classe nombreuse, réduite à une condition différente des autres citoyens, et qui lutte contre une aristocratie et contre une tyrannie, pour conquérir les droits qui lui manquent. C’est là le sens qui a été partout attaché au mot démocratie. Il n’ya aujourd’hui rien de semblable en France […] La société française ressemble à une grande nation où les hommes sont à peu près dans une même condition légale, très diverse sans doute en bonheur, en lumières ; mais la condition légale est la même. La classification des anciennes sociétés a disparu. »

 
Le démocrate selon Blanqui (l’un des principaux leaders républicains) en 1850 :

« Qu'est ce donc qu'un démocrate, je vous prie ? C'est là un mot vague, banal, sans acception précise, un mot en caoutchouc. Quelle opinion ne parviendrait pas à se loger sous cette enseigne ? Tout le monde se prétend démocrates, surtout les aristocrates. » Louis Auguste Blanqui, lettre à la rédaction des Veillées du peuple. Mars 1850.

 

La démocratie selon Gauchet (spécialiste contemporain) :

« Ce que Rousseau dit du régime démocratique, qu'il réserve aux dieux, comme chacun sait, mais à ce qu'il appelle République, soit le gouvernement légitime, défini par le règne de la volonté générale, quelle que soit par ailleurs la forme monarchique, aristocratique ou démocratique de son administration, laquelle volonté générale suppose le concours de toutes les volontés — exigence où nous sommes fondés à reconnaître ce qui s'est imposé à nous depuis sous le nom de démocratie ... » Gauchet M., La religion dans la démocratie, p74.

 

 

Le citoyen antique et le moderne (1921) :

"Il convient d'ajouter que la nation moderne n'est pas seulement plus volumineuse que la cité antique : elle est autrement construite. Un soubassement lui manque : l'esclavage. Si le citoyen antique pouvait donner tout son temps sur le forum aux affaires publiques, c'est que l'esclave produisait dans l'ombre. Dans les temps modernes les hommes libres ont assumé la charge de produire. Et la production immensément accrue absorbe la majeure partie de leurs forces. Elle ne leur ôte pas seulement la possibilité de gouverner eux-mêmes ; elle leur ôte l'envie de tout remettre au gouvernement. "

Célestin BOUGLÉ, Émile BRÉHIER, Henri DELACROIX ET Dominique PARODI (1921) Du Sage antique au Citoyen moderne. Études sur la Culture morale.

 


Les Anciens peuples et les Modernes selon Rousseau (1764): 

« Les anciens peuples ne sont plus un modèle pour les modernes ; ils leur sont trop étrangers à tous égard. Vous surtout, genevois, gardez votre place …. Vous n’êtes ni romains, ni spartiates ; vous n’êtes pas même athéniens. » Jean Jacques Rousseau, Lettres écrites de la Montagne, 9 è lettre. Ecrite en 1764.

 

 La Déclaration de l'Indépendance américaine (Philadelphie, 4 juillet 1776)

« …. considère comme des vérités évidentes par elles-mêmes que les hommes naissent égaux ; que leur Créateur les a dotés de certains droits inaliénables, parmi lesquels sont la vie, la liberté, la recherche du bonheur ; que les gouvernements humains ont été institués pour garantir ces droits ».

 

Machiavel et le mouvement pendulaire politique (1513) :En politique, le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal."

 

Le pendule chez l'individu : égotisme et altruisme chez Benjamin Constant (1825) :

« Tous les systèmes se réduisent à deux. L’un nous assigne l’intérêt pour guide, et le bien-être pour but. L’autre nous propose pour but le perfectionnement, et pour guide le sentiment intime, l’abnégation de nous-mêmes et la faculté du sacrifice. ». Benjamin Constant, De la Religion, Acte sud, 1999. Préface p 33.

 

La vie et le mouvement pendulaire chez Schopenhauer (dans les Parerga et Paralipomena, 1851) :

« La vie donc oscille comme un pendule, de droite à gauche, de la souffrance à l'ennui ; ce sont les deux éléments dont elle est faite, en somme. »

 

Par quoi les préjugés anciens ont-ils été remplacés ? Ballanche (1818) :

« Faute de préjugés on admet des fictions convenues : il ne s’agit pas de savoir si cette méthode est bonne, il suffit qu’elle soit inévitable ; on n’a pas de choix. Les doctrines sociales ne peuvent jamais être mises entièrement nu. La statue d’lsis était couverte d’un triple voile: le premier était soulevé par les néophytes, le second par les prêtres du sanctuaire ; mais le troisième était sacré pour tous. ». Ballanche, Pierre-Simon, Essai sur les institutions sociales 1818, op. cité, p 23.

Auteurs

 


Quelques penseurs essentiels parmi les fondateurs de la Modernité (liste très limitée) :

 

Erasme (1466-1536), De civilitate morum puerilium, 1530 ("Je veux être appelé Citoyen du Monde.")

Machiavel (1469-1527), 1. Le prince (1532). Discours sur la décade de Tite Live. (1513-1517)

Thomas More (1478-1535) L'utopie

Luther (1483-1546) Affichage des 95 thèses contre les indulgences à Wittenberg en 1517.

Grotius (1583-1645), fondateur du droit maritime.

Hobbes, (1588-1679) Léviathan. (1651)

Descartes (1596-1650), Le discours de la méthode (1637)

Baruch Spinoza (1632-1677), traité théologico-politique (1670)

Locke, Deuxième traité du gouvernement civil. (1690) Essai philosophique concernant l'entendement humain (1690)

Rousseau, Le contrat social (1762), Les confessions (1770)

Condorcet, "Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain" (1793)

 

Quelques critiques de la modernité :

 

Jacob Burckardt, La Civilisation de la Renaissance en Italie (1860), republié

Quentin Skinner, Les fondements de la pensée politique moderne, Albin Michel, 2001

Michel Foucault, Les mots et les choses, Gallimard, 1967.

Dumézil, L’Idéologie des trois fonctions dans les épopées des peuples indo-européens, Gallimard, 1968.

Louis Dumont, Essais sur l'individualisme. Une perspective anthropologique sur l'idéologie moderne, Paris, Le Seuil, 1983

Norbert Elias, La civilisation des mœurs, Agora, 1969

Marcel Gauchet, La Révolution moderne, Gallimard, 2007

Léo Strauss, Droit naturel et Histoire, Champ Flammarion, 1986

Jean Jacques Wunenburger, La raison contradictoire, Albin Michel, 1990.

Edgar Morin, La méthode, 6 volumes, 1977-2004.

François Julien, Dialogue sur la morale, Grasset, 1995.

Les Quatre Révolutions :
Révolution hollandaise : l'Union d'Utrecht proclame l'indépendance des Provinces unies en 1579 comme République indépendance des sept provinces septentrionales en 1581 (l'acte le la Haye) définitif au traité de Westphalie (1648).

Révolutions anglaises : 1642-1649, première révolution et république Cromwellienne, décapitation de Charles 1 er.

1688, Glorieuse révolution : renversement des Stuart. Monarchie parlementaire. Habeas Corpus et Bill of Rights.

Révolution américaine : (1775-1787)

Révolution française : (1789-1798) puis 1830 puis 1848

 

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