Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres, qui sont commentées





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''Belle et ressemblante''
«Un visage à la fin du jour

Un berceau dans les feuilles mortes du jour

Un bouquet de pluie nue

Tout soleil caché

Toute source des sources au fond de l’eau

Tout miroir des miroirs brisé

Un visage dans les balances du silence

Un caillou parmi d’autres cailloux

Pour les frondes des dernières lueurs du jour

Un visage semblable à tous les visages oubliés.»
Commentaire
Le poème rend son titre paradoxal puisqu'il est, d'une façon typiquement surréaliste, un portrait qui, sans référence à rien de strictement féminin, se réduit à la synecdoque du visage, n'est que l'accumulation d'évocations étonnantes, de métaphores, qui se succèdent au fil de vers qui ne sont que des phrases nominatives, marquées de répétitions (surtout celle d'«un visage»), d'anaphores. Toutes ces images ne font que donner une impression de tristesse, d'échec, d'impuissance, jusqu'à l'impossibilité dérisoire qu'indique le dernier vers.

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‘’À peine défigurée’’

«Adieu tristesse

Bonjour tristesse

Tu es inscrite dans les lignes du plafond

Tu es inscrite dans les yeux que j'aime

Tu n'es pas tout à fait la misère

Car les lèvres les plus pauvres te dénoncent

Par un sourire

Bonjour tristesse

Amour des corps aimables

Puissance de l'amour dont l'amabilité surgit

Comme un monstre sans corps

Tête désappointée

Tristesse beau visage»
Commentaire
C’est à ce poème qu’en 1954 Françoise Sagan emprunta le titre de son premier roman.

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''Yves Tanguy''
«Un soir tous les soirs et ce soir comme les autres

Près de la nuit hermaphrodite

À croissance à peine retardée

Les lampes et leur venaison sont sacrifiées

Mais dans l'œil calciné des lynx et des hiboux

Le grand soleil interminable

Crève-cœur des saisons

Le corbeau familial

La puissance de voir que la terre environne.



Il y a des étoiles en relief sur l'eau froide

Plus noires que la nuit

Ainsi sur l'heure comme une fin l'aurore

Toutes illusions à fleur de mémoire

Toutes les feuilles à l'ombre des parfums.



Et les filles des mains ont beau pour m'endormir

Cambrer leur taille ouvrir les anémones de leurs seins

Je ne prends rien dans ces filets de chair et de frissons

Du bout du monde au crépuscule d'aujourd'hui

Rien ne résiste à mes images désolées.
En guise d'ailes le silence a des plaines gelées

Que le moindre désir fait craquer

La nuit qui se retourne les découvre

Et les rejette à l'horizon.



Nous avions décidé que rien ne se définirait

Que selon le doigt posé par hasard sur les commandes d'un appareil brisé
Commentaire
Les deux premières strophes du poème présentent un paysage statique (ce qui justifierait le titre du poème, Yves Tanguy ayant été un peintre, lié au mouvement surréaliste, qui a représenté plusieurs paysages minéraux désolés, sombres et dépouillés, comme ''Je vous attends'', ''Shadow country'', etc.) dans lequel l'ombre et la lumière s'opposent, celle-ci étant, dans un premier temps, détruite volontairement de façon symbolique, avant que, dans un deuxième temps, on constate sa persistance, qui est vue à la fois positivement et négativement.

Cette opposition entre l'ombre et la lumière, entre la destruction et la persistance, est poursuivie dans la deuxième strophe où, toutefois, on passe au monde intérieur du poète avec «Toutes illusions à fleur de mémoire», non sans qu'ainsi les souvenirs ne soient dévalorisés.

La présence du poète s'affirme dans la troisième strophe avec une sensualité appuyée dans l'évocation d'une séduction féminine (on admire au passage la belle métaphore «les anémones de leurs seins») qui pourrait être un refuge contre la douleur, mais est, pour lui, inopérante.

Dans la quatrième strophe, il évoque «le silence», auquel le contraint sa solitude, par un autre paysage statique et triste.

Le distique final surprend, le pronom «nous» et le verbe au passé introduisant soudain le couple d'antan qui aurait commis l'erreur de s'en remettre au hasard et à la confiance en «un appareil brisé», dans lequel on pourrait voir une puissance supérieure en fait sans pouvoir. Éluard ferait ainsi le triste bilan de son union rompue avec Gala.

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''Nuits partagées''
Poème en prose
Le poète se remémorait les moments privilégiés passés avec Gala, puis dressait le bilan du couple brisé. Il résumait avec délicatesse «l'univers incompréhensible et le système d'entente incohérent qu'elle [lui] proposait».
Commentaire
Le texte allait être réédité en 1935, cette fois-ci illustré de deux dessins de Salvador Dali.

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Commentaire sur le recueil
Son titre annonçait que le poète s'intéressait au tragique de la situation socio-politique de l'époque, où se révélait la fragilité de la vie humaine et l'imprévisibilité du destin des êtres, cette prise de conscience entraînant une volonté de vivre «hic et nunc», et de profiter de ce que la vie offre.

Les quarante-cinq poèmes étaient répartis en trois parties.

La première partie, sans titre, comprenait trente-neuf poèmes en vers libres, d'une longueur d'une à deux pages, et les trois seuls poèmes en prose de l'ouvrage, qui sont admirables de densité, et où Éluard nous confessa la décrépitude de l'amour qu'il connaissait : «Au terme d'un long voyage peut-être n'irai-je plus vers cette porte que nous connaissions tous deux si bien, je n'entrerai peut-être plus dans cette chambre où le désespoir et le désir d'en finir avec le désespoir m'ont tant de fois attiré.» Les efforts pour sauver le bonheur ancien n'avaient fait que précipiter sa perte : «Pour me trouver des raisons de vivre. j'ai tenté de détruire mes raisons de t'aimer. Pour me trouver des raisons de t'aimer. j'ai mal vécu.» Aussi la solitude est-elle un thème qui s'impose dès le premier poème (''Que deviens-tu?'') : «La solitude me poursuit de sa rancune» ; elle naquit de la rupture amoureuse, Éluard exprimant la douleur «de deux êtres qui se quittent» (''Salvador Dali''). L'amour perdu est l'occasion d'aborder les thèmes du souvenir, de l'oubli et du rêve, d'évoquer la sensualité et le désir sexuel qui sont perçus comme des refuges à la douleur, de célébrer la beauté de la femme, notamment dans les poèmes ''Belle et ressemblante'', ''Par une nuit nouvelle'' et ''Amoureuses''. La femme devient d'ailleurs dans plusieurs textes l'interlocutrice du poète, celle à qui il s'adresse directement dans un style lyrique. Et l'échec final d'une union ne supprime pas les pouvoirs magiques de I'amour, et les femmes («Une ou plusieurs / Le visage ganté de lierre / Tentantes comme du pain frais / Toutes les femmes qui m'émeuvent» dans ''Une pour toutes'') tiennent une grande place dans le recueil.

La deuxième partie était la reprise du recueil ''À toute épreuve'' (1930), Éluard ayant conservé la division en deux parties, ''L'univers-solitude'' et ''Confections'', ayant numéroté les poèmes, et fait des ajouts.

La dernière partie intitulée ''Critique de la poésie'' comptait seulement un texte éponyme qui annonçait, sur un ton très provocant et accusateur, toute l'évolution ultérieure du poète : «C'est entendu je hais le règne des bourgeois

Le règne des flics et des prêtres

Mais je hais plus encore l'homme qui ne le hait pas

Comme moi

De toutes ses forces.

Je crache à la face de I'homme plus petit que nature

Qui à tous mes poèmes ne préfère pas cette ''Critique de la poésie''
''La vie immédiate'' marqua bien l'appartenance d'Éluard au surréalisme puisqu'il consacra quatre poèmes à d'autres membres du mouvement : les écrivains André Breton, René Crevel, René Char et Benjamin Péret, les peintres Yves Tanguy, Salvador Dali et Max Ernst.

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En 1932, Gala et Dali se marièrent.

En août 1933, Éluard et Nusch séjournèrent à Castellane , avec Breton et Valentine Hugo. En janvier-mars, pour raison de santé, il séjourna à Passy en Haute-Savoie.

Il publia à cent soixante-quinze exemplaires :

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''Comme deux gouttes d'eau''

(1933)
Poème
«[...] De tout ce que j'ai dit de moi que reste-t-il

J'ai conservé de faux trésors dans des armoires vides

Un navire inutile joint mon enfance à mon ennui

Mes jeux à la fatigue

Un départ à mes chimères

La tempête à l'arceau des nuits où

Je suis seul

Une île sans animaux aux animaux que j'aime

Une femme abandonnée à la femme toujours nouvelle

En veine de beauté

La seule femme réelle

Ici ailleurs

Donnant des rêves aux absents

Sa main tendue vers moi

Se reflète dans la mienne

Je dis bonjour en souriant

On ne pense pas à l'ignorance

Et l'ignorance règne

Oui j'ai tout espéré



Et j'ai désespéré de tout

De la vie de l'amour de l'oubli du sommeil

Des forces des faiblesses

On ne me connaît plus

Mon nom mon ombre sont des loups.[...]»
Commentaire
Éluard dressait un bilan de sa vie, avec des accents dramatiques, dans une dialectique tendue entre le passé et le présent, l'enfance et l'âge adulte.

On remarque :

- l’image de la main qui lui était chère, les vers «Sa main tendue vers moi / Se reflète dans la mienne» étant une métaphore de la réciprocité de l’amour ;

- l'antithèse : «Oui j’ai tout espéré et j’ai désespéré de tout» ;

- l'enjambement expressif : «La tempête à l'arceau des nuits où / Je suis seul».

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Le 1er juin 1933, Éluard publia dans le premier numéro de la revue ''Minotaure'' :

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''Le miroir de Baudelaire''
Article
Pour Éluard, Baudelaire «quand il se regarda dans la glace, il ne se reconnut pas et salua. Tout est donc perdu. Baudelaire en se saluant se pense un autre. Définitivement.» Il s'était révolté «contre Ia saine réalité, contre cette morale d'esclaves qui assure le bonheur et Ia tranquillité des prétendus hommes libres».

Commentaire
L'article fut orné d'une eau-forte de Matisse

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Éluard participa au mouvement contre la guerre lancé par les deux écrivains Henri Barbusse et Romain Rolland, et assista au Congrès mondial de lutte contre la guerre impérialiste qui se déroula, du 4 au 6 juin 1933, à la salle Pleyel de Paris.

Le 12 décembre 1933, dans le numéro 3-4 de la revue ''Minotaure'', il fit paraître un article intitulé ''Les plus belles cartes postales'' où il nota : «Commandées par les exploiteurs pour distraire les exploités, les cartes postales ne constituent pas un art populaire. Tout au plus, la monnaie de l'art tout court et de la poésie. Mais cette petite monnaie donne parfois idée de l'or

Il plaça un poème dans ''Violette Nozière'', un ouvrage collectif où les surréalistes prirent la défense de cette criminelle française, empoisonneuse de ses parents, en qui ils virent un «ange noir», dont ils firent leur égérie, profitant de cette affaire pour se livrer à un véritable réquisitoire contre la famille, la bourgeoisie, l'hypocrisie des défenseurs de l'ordre établi, et, dans un sens plus large, contre la société elle-même.

À la fin de l'année, en raison de divergences sur le modèle soviétique, il fut, en même temps qu'André Breton et René Crevel, exclu du parti communiste. Mais il n’en continua pas moins à militer dans les organisations de gauche, à lutter pour la révolution, pour toutes les révolutions.

En janvier 1934, Georges Bataille, dans un article de ''La critique sociale'', porta ce jugement : «La poésie de Paul Éluard est vivement goûtée par une classe d'amateurs éclairés de littérature moderne, mais elle n'a rien à voir avec la poésie.»

En février, alors que le 6, à Paris, était organisée, par des groupes de droite et d’extrême droite, devant la Chambre des députés, une manifestation antigouvernementale pour protester contre le limogeage du préfet de police Jean Chiappe, qui tourna à l'émeute sur la place de la Concorde, il séjourna à Nice. À la suite de cet événement, il signa “L’appel collectif à la lutte contre le péril fasciste”.

Le 21 août, il épousa Maria Benz.

Il publia à mille cinq cents exemplaires :

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La rose publique

(décembre 1934)
Recueil de poèmes

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''Elle se fit élever un palais''
«Elle se fit élever un palais qui ressemblait à un étang dans une forêt, car toutes les apparences réglées de la lumière étaient enfouies dans des miroirs, et le trésor diaphane de sa vertu reposait au fin fond des ors et des émeraudes comme un scarabée
Commentaire
En 1947, Serge Rezvani publia, en feuillets sous couverture repliée, à seize exemplaires, pour le compte du marchand d'art Aimé Maeght, le texte du poème orné de gravures, et agrémenta chaque exemplaire de vignettes originales.

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Commentaire sur le recueil
C'est un recueil nuptial, où Éluard chanta le paysage féminin de la nouvelle élue, Nusch.

Il contient probablement les plus beaux de ses poèmes surréalistes, poèmes dont la magnificence verbale et la souveraine liberté apparaissent dans des passages tels que :

«Une personnalité

Toujours nouvelle, toujours différente,

L'amour aux sexes confondus dans leur contradiction

Surgit sans cesse de la perfection de mes désirs.

Toute idée de possession lui est forcément étrangère».

Mais l'inspiration du poète s'était considérablement élargie, et, si le désespoir était à nouveau présent dans son oeuvre, du moins n'était-il plus coupé des autres êtres humains. Il s'ouvrait à ''Ce que dit I'homme de peine'', à la misère de ''Mondal, fils de tout et de peu''. Aussi ces poèmes pleins de visions insolites, de cris de révolte, et appelant cependant à une possible fraternité humaine évoquent assez bien cette «nuit de métamorphose» dont il nous parle «avec des plaintes des grimaces / Et des rancunes à se pendre».

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En janvier-février 1935, Éluard séjourna à Davos, en compagnie de René Crevel. Le 8 mars, il fut de retour à Paris, mais partit en avril en Tchécoslovaquie, y donner, avec Breton, un cycle de conférences, la capitale, Prague, les accueillant avec chaleur. L'organe du parti communiste hongrois les présenta comme les deux plus grands poètes de la France contemporaine.

Du 21 au 26 juin se tint à Paris le Congrès international des écrivains pour la défense de la culture. Il y lut la communication de Breton. Il entra au comité de vigilance des intellectuels.

Il republia à soixante-dix exemplaires avec deux dessins de Salvador Dali son poème en prose ''Nuits partagées''.

En été, les Éluard et les Breton séjournèrent, à Montfort (Landes), chez l'écrivaine Lise Deharme, une des muses du surréalisme

Éluard publia à mille deux cent trente exemplaires :

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''Facile''

(octobre 1935)
Recueil de poèmes

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«Tu te lèves I'eau se déplie

Tu te couches I'eau s'épanouit
Tu es l'eau détournée de ses abîmes

Tu es la terre qui prend racine

Et sur laquelle tout s'établit
Tu fais des bulles de silence dans le désert des bruits

Tu chantes des hymnes nocturnes sur les cordes de l'arc-en-ciel

Tu es partout tu abolis toutes les routes
Tu sacrifies le temps

À l'éternelle jeunesse de la flamme exacte

Qui voile la nature en la reproduisant


Femme tu mets au monde un corps toujours pareil

Le tien
Tu es la ressemblance
Commentaire
Éluard chercha à retrouver la femme aimée dans les divers éléments (eau, air, flamme) du monde.

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Commentaire sur le recueil
Les poèmes furent accompagnés de douze photographies, par Man Ray, de Nusch, images solarisées dans tous les sens du terme, qui étaient disposées de telle sorte qu’elles s’intégraient au texte, traçant les contours d’un corps comme en négatif sur le blanc de la page.

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Le 7 octobre 1935, Éluard cosigna le manifeste intitulé ''Contre-attaque'', qui était une charge violente contre Aragon.

En janvier-février 1936, il donna en Espagne (Barcelone, Madrid, Séville), une conférence sur ''Picasso, peintre et poète'', qui complétait l'exposition itinérante présentée à travers tout le pays. Il y déclara aussi : «Le temps est venu où tous les poètes ont le droit et le devoir de soutenir qu'ils sont profondément enfoncés dans la vie des autres hommes, dans la vie commune

C'est de ce voyage que date le délicieux poème ''Intimes'' (dans "Les yeux fertiles'') qui devait s'appeler tout d'abord ''Chanson espagnole'' et qui fut écrit un soir, sur la table d'un de ces cafés-chantants madrilènes où venaient bien souvent les écrivains Lorca, Bergamin, Alberti et leurs amis. Les poèmes qu'il devait écrire par la suite et que les événements d'Espagne allaient lui dicter prouvent combien cette prise de contact fut profitable.

En mars, il fut de retour à Paris, et commença son intimité fraternelle avec Picasso, dont la personnalité lui paraissait alors d'autant plus fascinante que celle de Breton pâlissait du fait de leur brouille. Le peintre avait écrit des centaines de poèmes, se définissant d’ailleurs avec humour comme «un poète qui a mal tourné», et avait toujours recherché la compagnie des poètes. D'ailleurs, traversant à cette époque une crise grave parce qu'il était séparé d’Olga, il avait cessé de peindre, et s’était mis à écrire des poèmes. Entre les deux hommes tout convergeait : un même goût pour la poésie, une même vision de la création artistique, un même style de vie.

Éluard présenta à Picasso son amie, la jeune photographe yougoslave Dora Maar. Or elle le troubla profondément. Quittant alors secrètement Paris pour Juan-les-Pins, il se remit à peindre avec frénésie. Et, lorsqu'il rentra à Paris, Éluard célébra leurs retrouvailles en écrivant :

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''À Pablo Picasso''

(15 mai 1936)
Poème

« [...]Toi tu as ouvert des yeux qui vont leur voie

Parmi Ies choses naturelles à tous les âges

Tu as fait la moisson des choses naturelles

Et tu sèmes pour tous les temps. [...]

Montrez-moi cet homme de toujours si doux

Qui disait les doigts font monter la terre

L'arc-en-ciel qui se noue le serpent qui roule

Le miroir de chair où perle un enfant

Et ces mains tranquilles qui vont leur chemin

Nues obéissantes réduisant l'espace

Chargées de désirs et d'images

L'une suivant l'autre aiguilles de la même horloge.[...]»

Commentaire
Le poème allait devenir le point central du recueil intitulé en hommage au peintre ''Les yeux fertiles''.

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En réponse, Picasso rédigea deux poèmes, les illustra et les dédia à Éluard. En retour, il composa :

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''Grand air''

(3 juin 1936)
Poème
«La rive les mains tremblantes

Descendait sous la pluie

Un escalier de brumes

Tu sortais toute nue

Faux marbre palpitant

Teint de bon matin

Trésor gardé par des bêtes immenses

Qui gardaient elles du soleil sous leurs ailes

Pour toi

Des bêtes que nous connaissions sans les voir
Par-delà les murs de nos nuits

Par-delà l’horizon de nos baisers

Le rire contagieux des hyènes

Pouvait bien ronger les vieux os

Des êtres qui vivent un par un
Nous jouions au soleil à la pluie à la mer

À n’avoir qu’un regard qu’un ciel et qu’une mer

Les nôtres
Commentaire
Cet hymne printanier et panthéiste à une nymphe qui sort des ondes sous la pluie avait été écrit en écho à une baigneuse gravée par Picasso quelques jours plus tôt. Éluard calligraphia directement son poème sur une plaque, et l’envoya au peintre qui, le lendemain, l’enlumina pour en faire une eau-forte qui allait illustrer le recueil ''Les yeux fertiles''. On y voit une faunesse cornue et pensive renvoyer, avec un miroir, le soleil vers le soleil.

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Éluard publia à quarante exemplaires :

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''La barre d'appui''

(juin 1936)
Recueil de poèmes
Commentaire
Le recueil fut illustré de trois eaux-fortes de Picasso.

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Du 24 juin au 8 juillet 1936, Éluard, à l'invitation du peintre, photographe et poète surréaliste Roland Penrose, séjourna à Londres pendant l'Exposition internationale du surréalisme, et prononça une importante conférence à la New Burlington Gallery :

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