L’instruction primaire en Savoie, de 1793 à 1814





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Histoire de l’Instruction Primaire en Savoie (A. De Jussieu - 1875)
Plan :

  1. Les origines des petites écoles en Savoie, jusqu’à la fin du XVIIIème.

  2. Lois et règlements jusqu’en 1792.

  3. L’instruction primaire en Savoie, de 1793 à 1814.

  4. L’enseignement primaire en Savoie, de 1814 à 1847

  5. La période 1848 – 1860.

  6. L’instruction primaire en Savoie, depuis 1860 (jusqu’en 1875)

  7. Les auxiliaires de l’enseignement primaire

  8. L’enseignement primaire congrégationaliste en Savoie


Dès 1405, Louis, Prince d’Achaïe, fonde l’Université de Turin, approuvée par le Pape (1405), puis l’Empereur (1412).

On y enseigne la théologie, le droit, la médecine et les belles lettres.

De cette Université, dépendent les écoles publiques et les collèges des provinces, sur lesquels nous n’avons pas beaucoup d’informations.

Nous savons néanmoins que plusieurs de ces collèges existaient bien avant l’Université de Turin (surtout en Italie).

Mais, pendant longtemps, le gouvernement central ne s’occupe absolument pas des « petites écoles », qui se mettent en place dans les villages et les petites villes dépourvus de collèges communaux.

Ce sont ces « petites » écoles qui constituent presque exclusivement l’instruction primaire en Savoie.

Dans ces petites écoles, la pédagogie, le choix des maîtres, la dépense, tout est laissé à l’initiative privée, qui ne fait d’ailleurs pas défaut.

Au Moyen Age, le savoir, c’est l’Eglise.

Le 3ème Concile de Latran (1179) assigne clairement au clergé la mission d’instruire la population et de créer des écoles (gratuites pour les pauvres).

Le mouvement s’amplifie avec le Concile de Trente (1546 : rétablissement des cours de théologie dans les églises cathédrales et création de séminaires dans chaque diocèse) et surtout face à la menace de l’hérésie calviniste  partout en Savoie, le clergé se lève pour combattre l’erreur, en prend en charge, partout, l’enseignement de tous les degrés.
Jusqu’au XVIIIème siècle, les « petites écoles » n’apparaissent dans aucun budget communal, même s’il n’existe pas de fondation pieuse ou philanthropique pour y subvenir.

Le plus souvent, les « petites écoles » sont créées par ou grâce à un bienfaiteur ( fondations).

Alors, l’enseignement est en principe confié au clergé  apparition du vicaire régent, prêtre à qui on fournit un traitement et un logement, à charge pour lui de faire la classe et de suppléer le curé de la paroisse dans l’exercice de son ministère.

Souvent, le vicaire régent apparaît dans les hameaux difficiles d’accès  son rôle est d’animer la vie religieuse dans ces hameaux, dans les chapelles, et d’éduquer la jeunesse.
Il arrive, beaucoup plus rarement, que ce soit les habitants eux-mêmes, soit de la commune, soit du hameau, qui se charge de faire fonctionner la « petite école »  l’instituteur est alors souvent choisi parmi les habitants de la commune (le niveau est souvent faible), c’et un poste peu payé, l’école se tient souvent chez l’instituteur ou par roulement chez les parents d’élèves.

Si un Conseil de commune ou de paroisse doit traiter avec un laïque pour la tenue de l’école, c’est toujours le curé de la paroisse qui l’examine et le choisit.

Le clergé joue un rôle prédominant dans l’instruction primaire en Savoie.

L’administration civile centrale, le gouvernement, l’Université et ses délégués ne s’en occupent absolument pas.

C’est le curé de la paroisse, sous l’autorité de l’Evêque du Diocèse, qui s’occupe de tout ce qui se rattache à l’enseignement élémentaire dans les communes rurales.

Ce sont la plupart du temps les curés qui sont à l’origine des fondations faites pour la gestion de ces petites écoles (les « œuvres pies »).

Rappel : Au Moyen Age se constituent, soit de fait dans les villages, soit grâce aux chartes octroyées par les Seigneurs, les communes.

L’administration de la commune est confiée à des syndics, assistés par des conseillers.

Les syndics sont nommés chaque année par l’Assemblée de tous les communiers.

L’élection est constatée par un acte de notaire.

Les notaires, au départ officiers municipaux, sont au fil du temps investis d’un pouvoir, certes temporaire, mais quasi absolu.

En contre partie, le notaire est responsable de sa gestion et de ses actes sur ses biens propres, présents et futurs

 La fonction nécessite et procure une très grande honorabilité.

En principe, le syndic est élu pour 1 an et peut être réélu.

A la fin de chaque exercice, le syndic dépose ses comptes dans une nouvelle AG, qui, en même temps qu’elle élit son successeur, confie à 4 prud’hommes la mission de vérifier les comptes du syndic et de les régler (en excédent ou en débit).

A la campagne, et notamment en montagne, il n’y a généralement pas de charte communale, et il n’est pas rare que la commune soit divisé en quartiers (village ou hameau)  chaque quartier reproduit l’organisation de la commune : AG, syndic, conseillers, élection etc. …

A l’époque, la religion est omniprésente, la bon Dieu est adoré, et le souverain respecté.

En dehors du bon Dieu et du souverain, la véritable patrie du villageois, c’est son village.

La quasi seule relation qu’un villageois a avec sa patrie (Comté puis Duché de Savoie), c’est l’impôt, qu’il paie sans poser de questions.

Toutes les autres questions se règlent à l’intérieur de la communauté.

Les syndics sont donc en charge de la gestion des biens et des revenus de la communauté, fonction à la fois importante et complexe :

  • les œuvres pies  les dons des habitants pour le salut de leur âme

  • la chapelle (il y en a 1 par hameau) et son entretien, le fou banal, les conduites d’eau, la confrérie du St Esprit etc. …

  • l’école

Dans les hameaux peuplés et éloignés du chef lieu de paroisse, la chapelle est vicariale  à coté de al chapelle, il y a un petit presbytère où réside le recteur de la chapelle, qui est également chargé de l’instruction des enfants.
Les ressources de la communauté sont les produits des terrains légués par les bienfaiteurs, que les syndics afferment ou font cultiver, les dons, les quêtes …

Par ex, les aumônes du sel et de l’huile, qu’on trouve surtout en montagne  distribution générale de sel et d’huile, sans distinction entre riches et pauvres, mais il faut en principe remplir certaines conditions pour pouvoir en bénéficier : être paroissien (droit de paroissinnage), faire feu dans la commune …

Les Confréries du St Esprit sont des sociétés de charité mutuelle et de bienfaisance générale, établies sous un patronage religieux, entre tous les communiers honorables de la commune.

Ces associations, essentiellement moralisatrices, sont administrées par des dignitaires (procureurs).

Au fil du temps et des legs (il n’y a pas de cotisations annuelles imposées), elles peuvent posséder des terres, moulins, fours etc.

Il y aussi les aumônes générales (dones), qui fournissent une distribution, en principe de pain, soit aux pauvres, soit à tous les communier.

Dans les communes où il y a une Confrérie du St Esprit, ces aumônes générales sont en général confiées aux procureurs de la Confrérie.

Mais ce sont bien 2 choses différentes, et, d’ailleurs, on trouve généralement ces aumônes générales dans les paroisses où il n’y pas de Confrérie du St Esprit.

Ces Confréries existent depuis très longtemps dans les paroisses.

Elles ont même parfois précédé la mise en places des institutions communales (dont elles ont parfois été l’embryon).

En dehors de leur rôle 1er de secours, charité et bienfaisance, elles assurent, aux XVII et XVIIIème siècles l’office de fabrique paroissiale : elles assurent les dépenses du culte, acquittent les services religieux, contribuent à l’ornement et l’entretien des églises et des chapelles.
Une fois religion catholique solidement établie dans nos régions, une fois les paroisses constituées (bien avant les 1res organisations municipales), la seule vraie autorité dans les villages, c’est le curé.

Ensuite, ces communautés se sont organisées, mais l’influence du religieux est restée prédominante.

Le lien primordial entre les villageois, c’est la qualité de paroissien et la confraternité religieuse qui étaient la base de la morale prêchée par le curé.

Toute la vie est placé sous le signe du religieux, le centre de la vie religieuse, c’est l’église ou la chapelle  les 1ères confréries, qui datent d’avant l’établissement progressif des communes proprement dites, ont pour but de rapprocher les communiers entre eux par la prière, la bienfaisance et la solidarité confraternelle  rapidement, les prieurs ou procureurs de ces confréries se sont vus confiés la gestion des affaires communes à la paroisse (gestions des legs, entretien de l’église ou de la chapelle …).

Puis les communes civiles se sont mises en place, soit par la signature de chartes, soit du fait même de l’augmentation des actes civils  A partir de 1600 environ, les Confréries se sont orientées vers un rôle plus spécifiquement religieux, et sont véritablement devenues des œuvres pieuses, chargées de pourvoir aux besoins moraux, charitables et religieux de la population  entretien des églises et des chapelles, denier du culte, bienfaisance et écoles.

A partir du XVIIIème siècle, la mission des confréries se trouve réduite à faire des prières en commun et à distribuer, chaque année, du pain, de l’huile et du seul (les aumônes).

 Au fil du temps, les aumônes et les confréries perdent de leur importance

 L’action des confréries s’occupe de plus en plus des écoles, soit des villages, soit des hameaux.

S’il le faut, l’apport des confréries est complété par une souscription ou une cotisation annuelle des parents d’élève.

C’est le syndic de la commune qui fixe le montant de la cotisation par élève, selon le degré d’avancement de l’enfant.

Toutefois, l’argent est rare  l’instituteur est souvent payé en nature (repas et logement chez l’un ou l’autre des parents d’élèves).

Pour les indigents, le syndic établit la liste de gratuité.

Au fil du temps et de l’augmentation de la richesse de la commune, on arrivait à supprimer la contribution scolaire demandée aux parents d’élèves.
Sauf exception, (par ex dans le cas où un bienfaiteur fonde un établissement spécial pour les filles) les petites écoles sont mixtes.

On peut néanmoins penser que les filles vont moins à l’école, car, les femmes de la campagne sont moins nombreuses que les hommes à savoir lire ou écrire.

D’ailleurs, les écoles de filles n’intégreront le « service public » qu’au début du XIXème siècle  jusqu’à cette date, elles resteront sous le contrôle de l’autorité religieuse.
Jusque vers 1750, les matières enseignées sont les prières, le catéchisme, la lecture (les paysans, très attachés aux procès, y sont attachés), l’écriture et les rudiments de calcul.

Dans les campagnes et en montagne, l’enseignement ne se tient en général que pendant l’hiver (4 à 5 mois).

Si la localité a un vicaire régent, l’enseignement est en principe de meilleure qualité.
Comme cela a été dit, le gouvernement, jusqu’aux années 1800, ne s’est jamais occupé du fonctionnement ou du contrôle de l’éducation primaire dans les petites écoles des communes rurales ou des hameaux.

Alexis De Jussieu pense que ce n’est pas parce nos souverains ne s’en souciaient pas, bien au contraire.

Mais, puisque les initiatives locales étaient nombreuses, ce n’était pas la peine que le gouvernement s’en occupe lui-même (en général, le gouvernement intervient quand les choses ne marchent pas, si les choses marchent, il n’a pas besoin d’intervenir.

Les Princes de Savoie ont créé le Magistrat de la Réforme à Turin, ainsi que les Réformateurs des études, fonctionnaires de l’Université, qui ont, dans tous les Etats du Duché, la haute direction et la surveillance de l’instruction publique, en principe à tous les degrés.

Mais, comme cela a été dit, leur influence ne s’est pas fait sentir sur l’instruction primaire en Savoie, au mois jusqu’à l’établissement du Conseil de réforme de Chambéry en 1768  elle ne commençait qu’au secondaire (collège).

Il n’empêche, A. de Jussieu insiste, ce n’est pas parce que le gouvernement ne s’occupait pas officiellement de l’instruction primaire qu’il ne s’intéressait pas aux intérêts matériel et moraux de ses sujets.

Au moins, le gouvernement n’a rien fait qui puisse gêner le fonctionnement de ces petites écoles.

Un arrêt du Sénat de Savoie du 21 février 1562, rendu au nom du Duc Emmanuel Philibert, évoque longuement l’importance de l’instruction, notamment pour lutter contre l’hérésie calviniste, et les grands principes qui doivent guider l’action des maîtres d’école (notons que l’Université de Turin n’est jamais évoquée, ce qui confirme que l’instruction primaire n’était pas sous son contrôle).

Il évoque aussi les conditions (générales) que doivent remplir les maîtres d’origine étrangère (être approuvés par le Sénat et les autorités religieuses) pour obtenir leur « certificat d’aptitude ».

Il ne semble pas que ce certificat ‘aptitude ait jamais été exigé pour les maîtres indigènes (aucune trace dans les archives).

4 lettres patentes du Duc Emmanuel Philibert évoquent de nouveau l’instruction primaire, et rappellent notamment que la profession de foie catholique est indispensable de la part des maîtres avec lesquels les communautés envisagent de contracter (au passage, nous avons confirmation que les communautés avaient toute liberté pour recruter un maître d’école).

Les dispositions édictées par le Duc sont d’ordre général, et souvent incomplètes.

Alexis de Jussieu n’a trouvé aucune trace de référence à ces dispositions ducales dans aucune des archives communales ou paroissiales de Savoie.

Malgré cela, ces dispositions confirment que les Evêques ont toute autorité sur les membres du corps enseignant en général, et sur les maîtres du primaire en particulier.

Elles sont reprises par exemple dans les Constitutions promulguées par l’Archevêque de Tarentaise, Mgr Germonio, le 5 mai 1609  c’est un devoir de préserver la jeunesse de tout ce qui, dans l’instruction publique, peut altérer la foi, tout maître, de quelque degré, ne peut enseigner tant qu’il n’a pas fait sa profession de foi…

Jusqu’en 1848, aucun instituteur ne pourra entre en fonction, dans toute la Savoie, sans le certificat émis par l’Evêque constatant qu’en raison de sa bonne et louable conduite, il est jugé de l’emploi auquel il aspire.
Puis, plus aucun texte relatif à l’instruction primaire jusqu’en 1729.

En 1729, le gouvernement demande aux Intendants de Province un point détaillé sur les écoles publiques établies dans chaque commune.

Même si pas mal de réponses ont disparu, on apprend que la quasi-totalité des communes de montagne (Maurienne, Tarentaise, Faucigny) ont au moins une petite école, certaines d’entre elles datant de 200 ans.

Différents documents, toujours du XVIIIème siècle, montrent que ces écoles sont financées en grande partie par les œuvres pies ( Confréries) de chaque commune.

En fait, le pouvoir central veut y voir plus clair dans le fonctionnement des communes : à cette époque, les Confréries tombent peu à peu en désuétude, en même temps que les communes civiles voient leurs prérogatives augmenter.
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