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La République, trois républiques.

Instructions officielles :
I. L’enracinement de la culture républicaine dans les décennies 1880 et 1890

Cette étude s’appuie sur la notion de culture politique largement utilisée depuis une vingtaine d’années par les historiens. Celle-ci désigne un ensemble de références, de représentations, de pratiques, formalisées au sein d’un parti, d’une famille politique et qui leur confèrent une identité propre. L’étude de la culture politique républicaine conduit donc à analyser le renouvellement théorique de l’idée républicaine que mènent un certain nombre de penseurs républicains à partir de la philosophie des Lumières, de l’expérience de la Révolution et de la Deuxième République. Elle implique aussi une interrogation sur la manière dont ces idées sont appliquées (lois, grandes cérémonies, symboles), sur les limites de cette mise en pratique, sur les débats et les contestations qu’elles suscitent et sur l’évolution qu’elles subissent entre les années 1880 et 1890.

L’étude s’intéresse en effet à l’enracinement de la culture républicaine, c’est-à-dire du processus d’adhésion de la majorité des Français et des forces politiques au régime républicain. Ce problème est fondamental pour des républicains à l’influence encore minoritaire en 1870, confrontés à une grave crise politique au début du régime, et qui doivent convaincre la population que la République est le meilleur des régimes. Il s’agit de mettre en évidence les stratégies et les instruments utilisés par le pouvoir républicain après 1879 pour obtenir le soutien de la population. Cette approche doit s’accompagner d’une analyse de la manière dont les Français se sont ralliés à la République, de leurs motivations et de leurs mobilisations. Elle doit mettre aussi en lumière le rôle du contexte économique et social.

L’affaire Dreyfus constitue un moment privilégié pour l’étude de la culture politique républicaine à cette période. Elle montre que la République est un idéal en construction permanente : l’idée républicaine s’y redéfinit au terme de débats très vifs entre les différentes forces politiques, y compris à l’intérieur de la famille républicaine. Elle contribue d’ailleurs à une évolution des partis et à la reformulation de l’opposition droite-gauche. L’intérêt de l’Affaire réside également dans l’émergence de nouveaux acteurs politiques et de nouvelles formes de mobilisation. Elle constitue en outre un événement essentiel dans la postérité de l’idée de République. Enfin, elle confirme le processus d’enracinement de la République.


  1. L’enracinement de la République durant les premières années de la IIIe République :

  1. Une république contestée :

    1. Les origines du républicanisme.

Le Républicanisme est un terme qui désigne un courant de pensée politique qui repose sur quelques principes fondamentaux :

- la souveraineté de la nation,

- le suffrage universel, expression de la volonté nationale

- l’exercice du pouvoir, au nom de la Nation, par des représentants élus

- la séparation des pouvoirs.

Le Républicanisme trouve ses origines dans la pensée philosophique des Lumières et dans les expériences politiques de la Révolution dont les symboles seront réutilisés sous la Troisième République. Ce qui unit les Républicains dans les premières décennies du nouveau système, c’est autant l’adhésion à des principes que leur opposition à un autre système et en particulier la Monarchie ou le Bonapartisme (« Césarisme »).


    1. les principes républicains fixés par les lois constitutionnelles de 1875.

-Une difficile mise en place de la République.

- 4 septembre 1870 : Napoléon III abdique. La république est proclamée.

- 18 mars – 28 mai 1871 : Insurrection ouvrière à Paris (La Commune)

- Juin 1871- février/juillet 1875 : République provisoire car l’Assemblée compte une majorité de députés monarchistes et Bonapartistes qui rejettent le principe républicain mais ne parviennent pas à s’unir.

Peu à peu grâce à la « convergence des centres » (entente des Républicains) permet l’apparition d’une majorité républicaine qui adopte entre Février et juillet 1875, une série de lois constitutionnelles qui fixent l’organisation de la Nouvelle République parlementaire.

Doc 1 p 314 : L’IIIe République est une république parlementaire qui fait du Parlement (Sénat+ Chambre des députés), l’institution centrale de la République.

Les « Chambres » représentent la nation. Les députés sont élus pour 4 ans au suffrage universel masculin direct (doc3 p 315).

Les sénateurs siègent pour 9ans et sont élus au suffrage indirect.

Le parlement est au cœur de la vie politique car il concentre les principaux pouvoirs :

- vote des lois,

- contrôle le gouvernement qui peut être renversé par un vote à la majorité. Ce principe implique que les députés et les sénateurs forment des alliances afin de soutenir ou renverser un gouvernement. Le chef du gouvernement appelé Président du Conseil (des ministres) est toujours issu de la majorité au Parlement.
- Le Conseil des ministres : Il est chargé de l’exécution des lois et à ce titre exerce le gouvernement de la France. Mais la France se caractérise par son instabilité gouvernementale. Entre 1876 et 1906, la France a vu se succéder 37 gouvernements dont le plus long se maintint environ 3 ans (Waldeck-Rousseau juin 1899- juin 1902)
- Le Président de la République : est élu au suffrage indirect par le Parlement pour un mandat de 7 ans. Garant de la Constitution sont rôle est minime. Il existe vis-à-vis du pouvoir personnel une grande méfiance, née du bonapartisme et de l’absolutisme monarchique.

fichier:relations théoriques des pouvoirs sous la troisième république.png


Site à consulter :

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/legislatures3rep.asp


    1. De nombreuses crises et de nombreux opposants au républicanisme.


http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/legislatures3rep.asp

(page où vous pourrez trouver de nombreuses informations sur le suffrage universel en France et sa remise en cause).
L’opposition au système républicain et parlementaire (anti-républicanisme et Antiparlementarisme) s’est fortement manifestée durant les années 1880-1900.

On peut différencier deux grands mouvements antiparlementaires :

- la Droite antiparlementaire :

Elle regroupe des hommes politiques et des citoyens « traditionnalistes » pour qui la République est une « Gueuse », terme péjorative qui souligne la compromission des parlementaires et que l’on retrouve dans les chansons et l a presse d’extrême-droite (ex : la chanson des Camelots du Roi, 1910).

On trouve dans ce mouvement essentiellement des monarchistes, des bonapartistes, des bourgeois ultra-catholiques et/ou antisémites comme Léon Daudet, Charles Maurras.
Deux grandes crises marquent l’action de la Droite antiparlementaire :

- la crise Boulangiste (1885-1889) : Le Général Boulanger, élu député de Paris rassemble le mécontentement des ultraconservateurs mais malgré un fort soutien populaire, il ne parvient pas à établir une République autoritaire. Discrédité par les Républicains et menacé d’un procès, il s’exile et meurt en Belgique (1891).
- le scandale de Panama (1892-1893) : Plus de 800 000 français perdent l’argent qu’ils avaient investi dans la construction du Canal de Panama. Le scandale éclate en 1892 quand des documents sont publiés par le journal de Léon Drumont, la libre parole (journal d’extrême-droite). Les documents montrent que des ministres connaissaient l’ampleur des difficultés financières du projet et avait reçu de l’argent pour que l’état finance les travaux sur des fonds publics. L’ampleur du scandale fait rejaillir les thèmes classiques de l’antiparlementarisme (la corruption du parlement et des ministres, la critique des financiers juifs et le vol de la Nation).

Active, jusqu’à la 2de GM, la droite antiparlementaire sera l’un des principaux soutiens de l’Etat Français du Maréchal Pétain.
- La Gauche révolutionnaire.

Incarné par les mouvements anarchistes et par le Marxiste Révolutionnaire, l’antiparlementarisme de gauche est très différent de celui de droite. C’est avant tout une contestation d’une République bourgeoise dont les représentants sont issus des élites sociales et sont jugés inaptes à représenter la classe ouvrière.

Leur critique principale est que le suffrage universel n’est qu’un leurre tant que la société est socialement inégalitaire. Revendiquant une dictature du prolétariat ou un système coopératif sans états central, ces mouvements rejettent la démocratie parlementaire bourgeoise, prônent une révolution et le recours à la violence.

Cette violence va s’exprimer de deux façons différentes :

- par La violence terroriste anarchiste. Entre 1982-1894, une douzaine d’attentats frappent Paris et culmine par l’assassinat en Juillet 1894 du Président de la République Sadi-Carnot. (Doc 1p 318).

- par le recours à la grève et des manifestations parfois insurrectionnelles (comme celle des « gueux du midi » en 1907) organisées par les syndicats et soutenu par les mouvements Socialistes.
Mais contrairement à la Droite antiparlementaire, les Socialistes vont sous l’impulsion de Jean Jaurès rejeter la violence et accepter le principe démocratique.

EN 1905, la SFIO (Section Française de l’Internationale Ouvrière) devient un parti politique qui participe aux élections et se veut le représentant légitime de la classe ouvrière. Quant à l’anarchisme, il décline rapidement et ne demeure qu’un mouvement marginal et sans réel poids politique.

La République s’est donc construite par un combat des Républicains contre les opposants au système, combat qui culmine avec l’affaire Dreyfus.



  1. L’affaire Dreyfus, une crise majeure qui conduit au triomphe de l’idée républicaine

    1. Les événements :

Questionnaire sur le film (6mn)

P 316-317 :

http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/dreyfus/dreyfus-chrono.asp



Extrait de film :

http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/CAB98001431/j-accuse.fr.html

Q1 : Quels sont les éléments essentiels de l’Affaire Dreyfus ?

Q2 : a) Pourquoi et dans quel but, Zola écrit-il sa lettre ouverte ?

b) Quelles sont les conséquences judiciaires du texte ?
Q4 : Quelle attitude adopte la population Française ?

Q4 : Quelles sont les conséquences sur la vie politique de l’affaire ?
« j’accuse !... », lettre ouverte à m. félix faure, président de la république (première page de l\'aurore du 13 janvier 1898)

Réponses :

Q1 : 1894 : un jeune officier de 35 ans, le capitaine Dreyfus est condamné à la dégradation et au bagne à vie pour espionnage. Il clame son innocence mais est déporté en Guyane en Janvier 1895. Son frère continue de se battre pour sa réhabilitation.

1895-1898 : le vrai espion, le Commandant Esterhazy, est identifié mais il reste en liberté et sera même acquitté en 1898. C’est le point de départ réel de l’Affaire Dreyfus. En effet, il apparaît que pour une question de « raison d’état », il vaut mieux maintenir la culpabilité de Dreyfus que faire apparaître son innocence et donc l’erreur judiciaire et la complicité de l’armée.
Q2a et b : 13 Janvier 1898 : Emile Zola publie dans l’Aurore, le plus important journal français, une lettre ouverte titrée : « J’accuse… ».

Cette lettre adressée au Président de la république met en accusation des membres du haut-commandement de l’armée et les ministres qui ont couvert leurs actes.

Zola sait qu’il fera l’objet de poursuite judiciaire pour diffamation mais son procès servira de tribune pour Dreyfus et à ceux qui le soutiennent. Il est effectivement condamné mais l’Affaire devient publique et l’opinion publique évolue.

    1. Les clivages :

Q4 : Doc 3 p 317. Durant plusieurs mois, les Français sont divisés et cette division est éminemment politique.

Deux camps s’opposent :

Les Dreyfusards, les partisans de la réhabilitation qui regroupent une majorité des Républicains (G ; Clemenceau, J. Jaurès, P. Waldeck-Rousseau) et un grand nombre d’intellectuels.

Les antidreyfusards, mouvements hétérogènes qui regroupent les plus hostiles à la République, les antisémites et les ultraconservateurs.

Caricatures antidreyfusards représentant, à droite Dreyfus sous les traits d’une hydre et à gauche, Zola qualifié de « roi des porcs » et barbouillant une carte de France avec du « caca international ».

La violence des caricatures témoigne de la radicalisation des esprits et de l’importance de l’antisémitisme dans les mouvements antidreyfusards.
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    1. Les conséquences politiques :


Q5 : Les conséquences de « l’Affaire » sur la vie politique sont multiples :

- Les intellectuels accroissent leur participation à la vie politique,

- la presse devient un élément central d’expression de l’opinion public,

- l’opinion publique et donc les électeurs s’engagent davantage dans la vie démocratique.
Enfin l’Affaire Dreyfus va conduire au succès des Républicains qui marginalisent leurs opposants .Ainsi, de 1899 à 1902, Pierre Waldeck-Rousseau, grand artisan du Républicanisme va diriger un gouvernement de « défense républicaine » suivi par le gouvernement d’Emile Combe (1902-1905). Tous deux, approfondiront par des réformes républicaines déjà engagées. Cependant, la lutte divise aussi les Républicains et renforce les clivages entre Droite et Gauche,au fur et à mesure que la République s’affermit.

La République sort donc renforcée de la crise suscitée par l’Affaire Dreyfus, réhabilité en 1905. On peut noter que Les années 1880-1905 ont donc été une période essentielle pour affermir la République qui chercha à inscrire l’idée républicaine dans la population grâce à des symboles et renforcement législatif des principes républicains et utilisera l’école comme une « fabrique républicaine ».



  1. Des symboles, des lois et une école pour affermir la République.

    1. Les symboles de la République :

http://www.elysee.fr/president/la-presidence/les-symboles-de-la-republique-francaise/les-symboles-de-la-republique-francaise.489.html

Durant les premières décennies de la IIIe République, l’Etat cherche à affermir le Républicanisme en adoptant des symboles forts qui permettent l’identification de la nation à la République.

Doc p 322-323 : Certaines places parisiennes comme les places de la Nation, de la République ou de la Bastille sont décorées ou deviennent les lieux de rassemblement populaire et de symboles de la République.

Le centenaire de la révolution est l’occasion de célébrer la République et la Nation. Ainsi par exemple, la Statue de Bronze « le Triomphe de la République » est inaugurée (Nov. 1891) sur la place de la Nation.
Q1 : Décrivez l’œuvre et analysez la symbolique :

Cette statue est une allégorie de la victoire et des apports de la République. Représentée sous les traits d’une femme coiffée d’un bonnet phrygien (la Marianne dont le buste se généralise dans les mairies, à partir de 1877), la République surmonte un globe, symbole d’universalité et fait de la main droite un signe d’apaisement. Elle tient dans la main gauche un faisceau, symbole révolutionnaire de la justice. Son char est tiré par deux lions (le peuple) guidés par un homme portant un flambeau (le génie de la liberté). Trois autres allégories sont sculptés à ses pieds, un homme tenant un marteau, le travail et deux déesses représentant la justice représentée par femme portant la main de justice et accompagnée d’un enfant portant une balance, ainsi que et la paix ,sous les traits d’une femme distribuant de la main droite les fruits de l’abondance.(non visible sur les photos du livre)
De nombreux symboles vont être restaurés ou réintroduits qui sont encore aujourd’hui inscrits dans notre patrimoine républicain :

- le Panthéon (accueil des cendres de Victor Hugo en 1885 et restauration du Fronton en 1891),

- la Marseille, hymne national en 1879,

- le 14 juillet devient la fête nationale en 1880,

- la devise, Liberté, Egalité, Fraternité, qui sera également imposée sur les monuments publique en 1880.


Doc. de Droite : Affiche commémorant le 14 juillet 1880 et la1ère Fête Nationale.

Doc. de Gauche : Coq qui orne les grilles de l’Elysée depuis 1894.
- le coq

photo 2 :
la republique triomphante preside a la grande fete nationale du 14 juillet 1880 / archives nationales


Les symboles cherchent donc à magnifier les vertus de la République et à développer dans l’esprit des Français un sentiment républicain.


    1. Les grandes lois républicaines :

Durant les années 1880-1905, un certains nombres de lois vont participer à la mise en place d’une pratique citoyenne de la démocratie. Les plus importantes sont :

1881 : Droit de réunion et liberté de la presse.

1884 : liberté syndicale (1ère loi dite Waldeck-Rousseau)

1884 : Grande charte républicaine de la liberté municipale et organisation des 1ères élections municipales véritablement démocratique au suffrage direct pour l’élection du Conseil municipal. Cette pratique enracine la République dans la vie quotidienne d’une France encore rurale et attaché à ses villes et villages.

1901 : Droit d’association (2ème loi dite Waldeck-Rousseau). Cette loi essentielle va permettre la naissance des Partis politiques. Le premier à se constituer est le
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