La psychanalyse au bûcher De nouvelles sorcieres pour de nouveaux inquisiteurs





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ANTOINE FRATINI


La psychanalyse au bûcher




De nouvelles sorcieres pour de nouveaux inquisiteurs



(Titre original : La psicoanalisi sotto tiro. Nuove streghe per nuovi inquisitori)


SOMMAIRE

Préface à l’édition française de Jean-Yves Métayer......................................................3

Préface à l’édition italienne de Angelo Conforti..............................................................5

Introduction..................................................................................................................11

Une affaire judiciaire plutôt instructive.........................................................................15

La psychanalyse aujourd’hui: science ou psychothérapie?..........................................65

De l’éthique du psychanalyste......................................................................................72

Psychanalyse et psychothérapie: une identité forçée...................................................76

La psychanalyse est-elle une science?.........................................................................88

Psychanalyse: la fin d’une science?..............................................................................94

Amendement Accoyer..................................................................................................101

Commentaire à l’amendement Accoyer.......................................................................103

Appendice - règlementation des professions de psychologue et psychothérapeute

en Italie - Loi “Ossicini”.................................................................................................107

Préface à l’édition française

de Jean-Yves Métayer

membre du Conseil Directif de l´Association Européenne de Psychanalyse, président de la délégation française de l´AEP et psychanalyste au Havre

 

Que de sentiers battus depuis les recherches de l´homme de science Freud confronté à l´hystérie... Que de livres vendus depuis qu´un psychanalyste ait parlé de notre face cachée: l´inconscient.

La psychanalyse n´est-elle pas en perpétuelle évolution depuis sa naissance? L´histoire de la psychanalyse dans le monde me semble prouver tant elle est riche de ses courants, de ses écoles, que notre démarche est par essence évolutive. Evolutive pour toujours mieux se rapprocher de la cause.

« Connais-toi toi-même » et pour aller jusqu´au processus d´individuation selon Jung.

Aujourd´hui, Antoine Fratini dans cet ouvrage souhaite attribuer à la psychanalyse un « statut véritablement scientifique ». La psychanalyse est-elle encore dans sa phase de « mise en culture »? L´avenir nous dira si les psychanalystes que nous sommes auront réussi à s´opposer à « l´état thérapeutique » selon la formule de Thomas Szasz, reprise dans ce livre par l’auteur dans son chapitre « Psychanalyse: la fin d´une science? »

Freud, Jung, Lacan, Klein, Reich pour ne citer qu´eux, ont laissé à la communauté psychanalytique leurs théories, leurs doctrines. Ensuite, il semblerait que le nouvel analyste, comme il en serait coutume, devrait choisir son camp! Le nouvel analyste devrait choisir sa théorie ou bien en établir une autre, la sienne... La psychanalyse serait-elle une superposition de doctrines, séparées les unes des autres? La psychanalyse ne peut se contenter d´être une collection de systèmes non reliés et c´est une des raisons pour lesquelles je réponds positivement à la question posée dans ce livre «  la psychanalyse est-elle une science? ». Oui, la psychanalyse doit être reconnue comme scientifique mais elle doit en même temps, parce qu´elle est scientifique, exiger une qualité de formation des futurs analystes en assurant un enseignement le plus ouvert possible sur les expériences des grands noms du monde de la psychanalyse. Par ailleurs, nous devons insister sur l´essentiel de la formation: l´analyse elle-même. La culture psychanalytique apporte ensuite des éléments de comparaison permettant au jeune analyste d´élargir son champ de compréhension.

La neutralité de jugement doit enfin être garantie dans le cabinet du nouvel analyste. Reconnaissons que certains « psychanalystes » ne remplissent pas cette garantie de neutralité de jugement. Reconnaissons aussi que la politique des clans n´a pas servi à l´évolution de la psychanalyse, bien au contraire. Que ces “petites guerres des théories” soient enfin dépassées et nous pourront y arriver si nous tendons tous vers un comportement scientifique respectant nos spécificités. Pour reprendre une expression d´Antoine Fratini, ne tombons pas dans le « chaudron »des psychothérapies! Et j´ajouterai que ce chaudron n´a rien de magique !

Concentrons notre travail à la rencontre des théories psychanalytiques, ne nous cachons pas derrière un Maître si grand soit-il! De ces rencontres peuvent encore naître de nouvelles expériences si nous apprenons à « échanger » dans le respect de chacun. L´Association Européenne de Psychanalyse s´inscrit totalement dans cette démarche, ce qui permet aux jungiens, aux freudiens, aux kleiniens et aux autres d´avancer dans leurs travaux. Je pense en effet que le psychanalyste ne doit jamais laisser son « travail » de côté, « travailler » pour ajuster ses idées en les comparant aux autres et éventuellement revoir certains aspects de sa conception de l´appareil psychique par exemple.

La remise en cause doit être permanente chez le psychanalyste. Ainsi, nous ne pouvons que reconnaître nos difficultés à généraliser toute méthode .C´est dans cet esprit de rencontre et de proposition que la psychanalyse doit réapprendre à travailler. Nous pourrons ainsi continuer notre voyage vers le développement des profondeurs de l´être humain, où l´existence de chacun n´est qu´un fragment d´un tout plus vaste et inconnu qui s´étend sur des millénaires, éternellement fertile et en perpétuelle évolution. Mais ce fragment doit être considéré et appréhendé dans sa globalité, car tout est lié. Tout est en mouvement. Ne s´intéresser qu´à l´aspect conscient de la psyché en voulant passer sous silence l´aspect inconscient qui est en nous, semble aujourd´hui une grave erreur, et c´est la place très précisément de la psychanalyse que d´assurer cette approche globale réunissant conscient et inconscient individuel et collectif (si l´on se place dans une conception d´origine jungienne de l´appareil psychique).

La lecture d´une phrase avec son sujet, son verbe et ses compléments ne prend son sens réel que lorsque le texte est abordé en entier, il en est de même avec l´ensemble du système psychique.

Aucune structure ne peut être mise de côté. C´est dans un ensemble harmonisé que le devenir psychique de l´individu pourra continuer son cheminement et son accomplissement. La psychanalyse est là pour aider l´individu vers cet accomplissement.

Préface à l’édition italienne

de Angelo Conforti, Professeur de philosophie, membre du Conseil Directif de l’Association Européenne de Psychanalyse (AEP).
“Il n’existe pas de chose ou de fait en soi, mais uniquement des interprétations de choses ou de faits” (F. Nietzsche, La volonté de puissance,Gallimard 1995)
“Le scientisme se base sur l’existence de la science, mais n’est pas scientifique en soi. Son postulat de départ, la transparence intégrale de la réalité, est indémontrable; il en est de même pour son point d’arrivée, la fabrication des fins ultimes par le procédé même de la connaissance. A’ la base comme à la sommité, le scientisme exige un acte de foi (la “foi envers la raison”, disait Renan); en cela il n’appartient pas à la famille des sciences, mais à celle des religions. Pour s’en convaincre il suffit de voir l’attitude adoptée par les sociétés totalitaires, fondées sur des prémices scientistes, dans leurs programmes: tandis que la règle courante de la science est de laisser carte blanche à la liberté critique, ces sociétés exigent de taire les objections et de pratiquer la soumission aveugle – comme on fait avec les religions. Il faut insister sur ce point: le scientisme n’est pas la science, mais plutôt une conception du monde émergeant comme une excroissance du corp de la science”.

(Tzvetan Todorov, Mémoire du bien, tentation du mal, Robert Lafont)
Le scientisme est une figure du nihilisme, qui est lui même l’inéluctable conséquence du dogmatisme: en donnant une valeur absolue à une interprétation de la réalité, tout le restant de la réalité (et toutes ses interprétations) deviennent nulles. Le scientisme élève à dogme la connaissance scientifique objective et anéantit tout ce qui n’entre pas dans les critères et les procédés scientifiques. Toutes les inquisitions et les persécutions, tous les fanatismes et les terrorismes, dérivent du dogmatisme et produisent le nihilisme, surtout quand ils se materialisent en un pouvoir réel par lequel ils peuvent imposer leurs dogmes et détruire leurs adversaires.

Il apparaît donc parfaitement logique qu’un Ordre Régional des Psychologues, ayant la fonction de sauvegarder une profession protégée par la Loi et donc ayant obtenu un pouvoir et se croyant par ailleurs détenteur d’une vérité scientifique, finisse par enquêter et persécuter, de manière fanatique et terroriste (bien qu’il s’agisse heureusement de terrorisme exclusivement psychologique!) les esprits libres qui promouvoient et souhaitent une humanité toujours moins asservie aux dogmes de tout genre, donc en mesure de s’exprimer librement et pleinement. Ces derniers sont comme des lions et luttent courageusement contre les dragons d’une autorité erigée en faveur de valeurs en quelque sorte immuables, pour empêcher le libre court de la pensée et de la personnalité humaines1.

La contribution de la psychologie scientifique à l’étude de la personnalité humaine n’est pas à sous-estimer et les développements que celle-ci a subit après sa fondation advenue dans l’horizon du scientisme positiviste et généralement datée 18782, sont certainement significatifs sous divers points de vue et ne peuvent pas être tous englobés dans la catégorie du réductionnisme3.

Pourtant, à la même époque quelqu’un commençait à mettre en discussion le destin magnifique d’une humanité gouvernée par les lumières de la rationnalité scientifique et à polémiser énergiquement sur certaines thèses non démontrées du positivisme impérant: la thèse de la réductibilité de l’activité psychique à des faits physiques (déja introduite en philosophie naturelle par Thomas Hobbes au septième siècle et posée par Auguste Comte comme fondement de sa “physique sociale”); la “foi” envers le principe de causalité (fondement d’une conception déterministe de la réalité); la valeur méthodologique quasiment indiscutable du principe d’induction qui permet une généralisation des expériences ainsi qu’une formulation objective, universelle et nécéssaire des lois de la Nature.

Dèja en 1843 le “positiviste empiriste” John Stuart Mill soutenait l’impossibilité d’une “dogmatisation des résultats de la science” (Abbagano, 1966: 299) et criticait la valeur absolue du principe d’induction minant ainsi à la base la loi de causalité nécésssaire. En 1874 c’est le tour de Emile Boutroux, avec son oeuvre première La contingence des lois de la Nature, d’attaquer le déterminisme en plein dans le coeur du fort des sciences positives en soutenant l’irriductibilité de la Nature all’uniformité et à la nécéssité des principes explicatifs mathématiques.

Quelques années après, Nietzsche, “inactuel” par définition et par choix, en développant sa critique radicale de toute forme de dogmatisme, écrit dans La gaie science (1882) à propos de la connaissance scientifique: “Construisez vos cités sur le Vésuve”. Un éminent spécialiste du philosophe allemand, Atimo Negri, dans son écrit sur Nietzsche. La science du Vésuve (1994) a souligné la grande valeur prophétique des théories nietzchéennes, en y voyant une anticipation de l’épistémologie contemporaine et une fracture avec cette philosophie de la science reposant sur les bases de la pensée cartésienne.

En effet, le célèbre philosophe français soutenait la nécéssité de construire la science sur la roche, tandis qu’à l’extrème opposé un grand épistémologiste contemporain comme Popper, qui lit Nietzsche et le cite, écrit que la science est construite sur des palafittes enfonçées dans les sables mouvant du marais4.

Le tournant est ainsi la vérité exprimée par la métaphore de Nietzsche: “construire la science sur un terain volcanique signifie se la repprésenter comme un édifice non pas stable et robuste, mais destiné à laisser apparaître des crevasses plus ou moins profondes et même à s’écrouler. De ceci dérive - selon Negri - le bouleversement total de la physique classique ou des mathématiques prétendant exprimer la réalité du monde en termes de proportions universelles et objectives (...) si la maison de la science, de n’importe quelle science, même des sciences naturelles, est construite sur un terrain volcanique toujours prêt à la faire sauter en l’air, cela signifie que les proportions scientifiques, y compris celles des sciences retenues exactes, en tant qu’exprimibles en termes mathémathiques, ne peuvent plus se prétendre exactes, c’est à dire parfaites, en dehors du devenir historique. Non n’avons plus une image unique du monde, mais une infinité d’images du monde” (A. Negri, 1994).

Quelques années plus tard Sigmund Freud, bien qu’ayant comme Wundt une formation de neurologue et de médecin, en constatant les limites de la psychiatrie de l’époque allait operer une profonde rupture épistémologique dans le domaine de ces sciences humaines que les positivistes entendaient assimiler aux sciences de la Nature.

Avec Freud nait un nouveau modèle de science qui ne prétend plus retrouver des lois objectives et générales du comportement humain, une “nouvelle science”, la psychanalyse: désormais le sujet humain est appelé à analyser soi même, à approfondir la connaissance de son univers intérieur et les motivations plus authentiques de ses relations au monde extérieur. Ce n’est certainement pas en vue de trouver une présumée vérité définitive que l’individu est invité à sonder les abîmes de sa propre psyché, mais pour en construire une interprétation par laquelle pouvoir se reconnaître et participer librement à toutes les possibles interprétations du monde.

Le fondateur de la psychanalyse a découvert que la science de la psyché ne peut être objective5 et déterministe, sur le mode par lequel s’étaient développées toutes les autres sciences. Il inaugurait ainsi une nouvelle pratique et un nouveau modèle de connaissance qui dans l’arc d’une moitié de siècle mettra en discussion, malgré tant de résistences, le statut épistémologique même des sciences de la nature.

En quelques décennies seulement, Nietzsche et Freud ont ainsi déchiré le “volie de Maya” qui empêche à nombre d’intellectuels de saisir la complexité du réel, en particulier de l’univers varié et instable de la psyché humaine6. En s’arrêtant en deça de ce voile désormais déchiré, ces intellectuels soutiennent de détenir une vérité absolue et de devoir l’imposer aux autres par la persuasion et la force.

Ainsi, quand un dogmatisme, comme celui scientiste, se transforme en un pouvoir réel, il est presque inévitable d’assister à l’émergence de tendances fanatiques, de l’intollérance, du terrorisme, c’est à dire de toutes ces figures réthoriques du nihilisme qui persécutent et tentent d’anéantir dans la réalité tout ce qui reste en dehors de leur dogme.

Le récit d’Antoine Fratini est en ce sens exemplaire et rappelle de près toutes les grandes narrations ayant donné un visage concret au nichilisme occidental, parmis lesquelles émerge particulièrement l’oeuvre de franz Kafka.
Bibliographie essentielle:
Abbagnano Nicola, Storia della filosofia, III, Torino, 1966

Galimberti Umberto, La casa di psiche, Milano, 2005

Negri Antimo, Nietzsche. La scienza del Vesuvio, Bari, 1994

Negri Atimo, La sentenza di Nietzsche ;non fatti ma interpretazioni, Encicolpedia Multimediale delle Scienze Filosofiche (www.emsf.rai.it/interviste/interviste.asp?d=489), 21 Avril 1994

Popper Karl reimund, Logica della scoperta scientifica, Torino, 1970

Trevi Mario, Per uno junghismo critico, Milano, 1987
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