Quelle est votre position envers l’Union Européenne ?





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date de publication14.05.2017
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Quelle est votre position envers l’Union Européenne ?
L’Union Européenne est une belle aventure, un beau rêve si on veut bien ne pas oublier qu’il y a seulement 70 ans une guerre déclarée sur ce continent allait embraser le monde avec son cortège d’horreurs. Je fais partie de la première génération qui n’aura pas connu la guerre. L’Union a apporté la paix. Aujourd’hui cette construction, toujours en cours, apparaît sans doute trop technocratique, trop marchande et certainement trop éloignée des préoccupations quotidiennes des citoyens. Je suis d’accord avec François Alfonsi, ancien député européen, lorsqu’il dit « qu’il faut plus de dimensions régionales dans la stratégie de l’Union Européenne ». Il faut globalement rapprocher les institutions des femmes et des hommes des différents pays de l’UE. Chez nous, cela passe sans aucun doute par la modification des circonscriptions pour élire nos députés européens et que le scrutin soit régionalisé afin que les électrices et les électeurs puissent identifier les élus qu’ils envoient à Bruxelles. Si vous demandez aux Bretons le nom de leurs députés européens, la grande majorité aura probablement des difficultés à répondre aujourd’hui. J’ai peur que ce soit un peu la même chose dans toutes les autres régions ! C’est ainsi qu’on suscite de l’abstention à des niveaux inquiétants pour la démocratie.
Croyez-vous que le jacobinisme a atteint ses limites et, d’une certaine manière, a échoué parce qu’il n’a pas réussi à effacer complètement les nations historiques qu’il y a en France ?
Le rouleau compresseur jacobin fonctionne toujours bien et on a pu s’en apercevoir lors du redécoupage des Régions par François Hollande. Comment peut-on oser charcuter ainsi des réalités territoriales millénaires ? Poser la question c’est s’interroger sur la réalité de la démocratie française et dans cette affaire, c’est une évidence, il y a un déni de démocratie. Personne n’a été consulté ! Mais cette machine jacobine, aussi puissante soit-elle, a ses limites. Dans le domaine de la langue par exemple, un domaine où la France est particulièrement réactionnaire, différents peuples de l’Hexagone ont su relever le défi en créant des filières immersives en langue régionale dans des conditions parfois particulièrement difficiles. C’est la preuve que le travail d’éradication des cultures régionales a partiellement échoué et qu’il y a toujours de l’espoir si tant est qu’on veuille bien se battre.
Pensez-vous que le régionalisme politique ou institutionnel est un mur de soutènement contre le Front National ?
Le Front National de Mme Le Pen est contre les régions. Contre toute expression régionale. Le « régionalisme » c’est l’antidote aux idées FN.
Depuis quelque temps, vous cherchez des promesses de signatures pour l’élection présidentielle en expliquant votre projet. Quelle réponse avez-vous trouvée, en général ?
Les échos sont bons et l’idée semble faire son chemin. J’ai débuté un tour de France des régions par l’Alsace qui, comme vous le savez sans doute, est particulièrement frappée par l’humiliation créée par les nouvelles frontières régionales. J’y ai reçu un accueil particulièrement chaleureux de la part d’élus locaux mais aussi d’organisations politiques refusant que l’Alsace soit noyée dans une région bidon purement administrative sans âme, au mépris de l’histoire et du souhait des populations. Concrètement, j’ai eu l’assurance que l’Alsace apporterait sa part de signatures d’élus pour atteindre le nombre de 500 dans 30 départements différents qu’impose la loi électorale pour la présidentielle.
Et en Occitanie, quels appuis et quelles aides avez-vous trouvés ?
L’Occitanie sera ma prochaine destination dans ce tour de France que j’envisage de boucler assez vite. J’ai été sollicité par quelques élus. Bien entendu, nous prendrons des contacts avec le plus grand nombre possible d’organisations occitanistes, mais aussi avec des élus sensibles à la question de la régionalisation. En prenant mon bâton de pèlerin pour cette quête aux signatures, je ne veux ignorer personnes. Mais, l’Occitanie c’est vaste et j’invite les gens ou les associations sensibles à la démarche à prendre contact avec moi sans formalisme.
Croyez-vous que vous pouvez atteindre les soutiens nécessaires pour présenter votre candidature ?
Je suis persuadé que nous pouvons atteindre les 500 signatures nécessaires. Il y a une attente réelle dans ce pays que les organisations politiques hexagonales traditionnelles de droite comme de gauche n’ont pas su ou n’ont pas voulu entendre. Nous allons, à travers cette démarche vers l’élection présidentielle, donner l’opportunité aux élus de montrer qu’ils veulent aussi que les territoires puissent disposer de l’autonomie nécessaire pour enfin libérer toutes les énergies et qu’on en finisse avec ce système pyramidal dépassé.
Quelle croyez-vous que peut être la réaction des grands partis politiques français à l’égard d’une opération comme celle que vous menez à bien ? Avez-vous déjà perçu des réactions en ce sens ?
Maire et conseiller départemental régionaliste je connais bien la capacité des « grands partis » à tenter de déstabiliser les élus sortant du rang ou des chemins balisés ainsi que leur capacité de nuisance. Mais je ne suis pas inquiet outre mesure. Sans doute chercheront-ils à diviser « le camp régionaliste », des tentatives existent déjà. Il appartiendra à celles et à ceux qui veulent sincèrement que la cause de la régionalisation avance, et il y a du boulot, de savoir si nous devons avoir notre candidature d’une manière autonome ou si une fois de plus nous devons confier nos espoirs de changement à d’autres dont ce n’est ni la priorité ni le souci.
Voyez-vous une différence entre les deux grands partis français, UMP et PS, et entre leurs dirigeants, par rapport à la reconnaissance des minorités nationales de France ?
Non. Aujourd’hui il n’y a aucune différence ou très peu. Dans les deux partis, les Jacobins règnent en maître et il ne faut rien attendre des années à venir où on verra un renforcement du nationalisme français, à droite comme chez les socialistes à la mode PS. C’est une des conséquences de la montée du FN. On assiste aujourd’hui à une forme de repli identitaire franco-français hypercentré sur Paris qui renforce le jacobinisme déjà puissant et que viennent alimenter les peurs et les inquiétudes savamment manipuler par les pouvoirs en place à Paris.
Vous sentez-vous déçu par le fait que le président Hollande n’a pas respecté ses promesses électorales, par exemple par rapport à la Charte Européenne des Langues Régionales et Minoritaires ?
Que ce soit sur la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, sur la décentralisation, sur la réforme territoriale, sur l’emploi… les raisons d’être déçu par la politique de François Hollande sont réelles et sérieuses. Mais il faut transformer cette déception en force de proposition et d’alternative. C’est le sens de ma démarche pour rendre possible une candidature régionaliste à l’élection présidentielle.
Finalement, que peut offrir une candidature comme la vôtre aux occitanistes, et aussi aux Occitans en général ?
« Vivre, décider et travailler au pays », est un des slogans que nous avons contribué à remettre au goût du jour, chez nous, en Bretagne. La suite se décline naturellement en disant qu’il est urgent de libérer les énergies dans les territoires en remettant en cause la verticalité du pouvoir en France et en redonnant l’initiative à la base. Pour une vraie démocratie. Au niveau de l’économie, de l’emploi, de la culture, des langues régionales… une approche régionaliste aurait des avantages bénéfiques aussi bien pour les Bretons que pour les Occitans, les Alsaciens… Chaque situation régionale est particulière, c’est une évidence, mais toutes se heurtent au même mur du jacobinisme et à l’intransigeance de Paris. À nous de savoir si nous voulons, à travers notre présence à l’élection phare en France, bousculer un peu le paysage politico-médiatique et créer un véritable rapport de force.

Christian TROADEC

Maire de Carhaix

Conseiller départemental régionaliste en Finistère


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