Quatre africains pour la France. Entre morceaux de bravoure et pédagogie, les acteurs transcendent les stéréotypes du film de guerre





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date de publication14.05.2017
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Quatre africains pour la France. Entre morceaux de bravoure et pédagogie, les acteurs transcendent les stéréotypes du film de guerre


Au festival de Toronto, où Indigènes a été présenté il y a quelques jours, après ceux de Cannes et de Locarno, plusieurs critiques américains faisaient la même réflexion : « Les français se mettent à faire des films Hollywoodiens » A l’appui, ils citaient Mon meilleur ami, de Patrice Leconte, pour sa ressemblance avec un scénario de Preston Sturges, et surtout Indigènes qui leur apparaissait comme « un film sur les droits civiques », évoquant tour à tour Glory d’Edward Zwick (sur les soldats afro-américains de la Guerre de Sécession), ou Soldier’s Story, de Norman Jewison (sur le procès fait à un sergent noir).

Le compliment est à double tranchant. Il est vrai que le scénario de Rachid Bouchareb et Olivier Lorelle repose sur l’emploi de stéréotypes. Chacun des personnages principaux se voit assigner une origine, une personnalité qui en fera l’incarnation de l’une des attitudes possibles face à la situation qu’Indigènes veut ramener à la lumière. Quatre jeunes hommes, donc, qui en 1943, laissent derrière eux leur famille et leur vie quotidienne en Zfrique du Nord pour rejoindre les troupes du Gouvernement provisoire de la République et faire la guerre sur des terres de plus en plus lointaines : l’Italie, la Provence, l’Alsace.

Chacune de ces figures est incarnée par un acteur de renom, et l’on dirait bien que les rôles ont été dessinés au plus près de l’image que chacun a acquise au long de sa carrière. Jamel Debbouze est Saïd, paysan analphabète, vulnérable et naïf qui révèle peu à peu son courage et son agressivité ; le Yassir de Samy Naceri est un soldat qui se contente de faire son métier, sans réfléchir, avec panache te efficacité, jusqu’au jour où il est obligé de se poser des questions ; Messaoud (Roschdy Zem) croit, parce qu’il est beau gosse, qu’il est un français comme un autre ; et Abdelkader, le caporal (Sami Bouajila), tente de mettre la hiérarchie militaire face aux mensonges des proclamations d’égalité et de fraternité que bat en brèche le traitement réservé aux troupes indigènes.

Ce quatuor est confronté à un enchaînement de situations qui voudraient épuiser toute la problématique, à la fois historique et contemporaine, qu’a fait naître l’histoire et le souvenir du rôle de l’Armée d’Afrique dans la seconde guerre mondiale. Et pour servir cet effort pédagogique, le scénario et la mise en scène recourent aux figures obligées du film de guerre.
Indigènes procède en grande partie de cette idée utilitaire et spectaculaire du cinéma, et c’est sans doute pour cette raison que les critiques américains lui ont conféré la citoyenneté d’honneur évoquée plus haut. On ne peut réduire le film à cette dimension. Le symptôme le plus manifeste se trouve dans une addition au quatuor des indigènes en la personne du sergent Martinez, pied noir coincé entre l’enclume de la troupe et le marteau des officiers. Bernard Blancan, second rôle familier, développe ici un personnage complexe qui entretient une relation passionnante avec la Saïd de Jamel Debbouze. Celui-ci, et il n’est pas le seul, donne par ailleurs de l’épaisseur, de la violence à son personnage, pour le porter au-delà de sa condition de symbole.

Dans les longs intervalles entre les scènes militaires (très inégales – la première bataille, filmée de loin, dans la confusion, promet plus que ne tient le final, dans une ferme alsacienne, qui évoque sans l’égaler le Soldat Ryan de Spielberg), dans les interstices entre les morceaux de bravoure politiques et historiques (la mutinerie des troupes privées de tomates fraîches), les comédiens et le metteur en scène installent ainsi, en mode mineur, un contrepoint à l’héroïsme affiché.
Thomas Sotinel



Film français, marocain, algérien te belge de Rachid BOuchareb avec Jamel Debbouze, Sami Bouajila, Roschdy Zem, Samy Naceri, Bernard blancan (2h 08.)

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