Marx, engels, lenine, trotsky, staline, mao, kroutchev, gromyko, souslov, brejnev, sekou toure, castro, ulbricht, kadar, brecht, jdanov, boumedienne





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Harkis ne désignait pas. C'était une insulte, aussi grave que collabos. Ils avaient choisi le mauvais camp. Ils s’opposaient au cours juste de l’Histoire. C’était des nervis. Ils avaient fait cause commune avec l'armée française. Ils combattaient le communisme. Ils avaient basculé dans la contre-révolution. Ils soutenaient l'ordre colonial.

Que faisaient ces salauds en France ? Leur place était ailleurs, pas ici, surtout pas ici, car leur seule présence vous souillait les banlieues, même s’ils étaient enfermés dans des camps. Pourquoi fallait-il qu’ils payent pour les loger, pourquoi fallait-il qu’ils payent pour les nourrir, pourquoi fallait-il qu’ils payent pour les chauffer, pourquoi fallait-il qu’ils payent pour les vêtir, alors qu’ils n’avaient pas assez d’argent pour loger, nourrir, chauffer, vêtir leurs propres enfants et pour leur mettre matin, midi et soir du pain sur la table ? Il n'y avait pas de raison que l'Etat dépense des milliards (ils comptaient encore en centimes) pour ces gens-là. Y avait qu’à s'en débarrasser. Y avait qu'à les charger, avec leurs moukères et leur marmaille, dans les soutes de gros cargos. Direction Alger. Et hop, y avait qu’à les décharger sur les quais et les livrer aux autorités FLN, qui sauraient leur faire avouer leurs crimes. Et puis, après les aveux, y avait qu’à trancher la gorge à tout ça. Ils ne méritaient rien d'autre.

Il y avait pire que les harkis. C'était les Pieds noirs. Ils ignoraient pourquoi ces gros colons étaient appelés ainsi et ne voulaient même pas le savoir. Ce qu’ils comprenaient immédiatement dans « pieds noirs » et qui ne leur posait pas de question, c’était l’adjectif noirs, qu’ils interprétaient comme un synonyme de « diable » (puisque le Diable était aussi noir que le cirage et que les nègres) ou de « fascistes » et de « nazis », puisque ceux-ci et ceux-là se vêtaient de chemises brunes. Pendant quelques années, les Pieds noirs ont pris dans leur démonologie la place des tsaristes, des Chouans, des Russes blancs, des collabos, des blancs, des émigrés, des gaullistes, des fascistes, des nazis, des contre-révolutionnaires, des curés, jusqu’à ce que, au milieu des années 60, à leur tour, les « gauchistes » les remplacent comme ennemis du peuple et du communisme. Même s’ils n’en connaissaient pas et qu’aucun Pied noir ne leur avait jamais fait le moindre tort, ils avaient des choses à leur reprocher et surtout tant de crimes à leur mettre sur le dos. C’est qu’ils avaient osé s'opposer à la Révolution algérienne, qui était aussi belle, aussi grande, aussi radieuse que la russe. Ils étaient à contre-courant de l’Histoire. Ils n’avaient comme ambition que de conserver leurs privilèges. Ils avaient volé aux burnous leur sueur. C'était de leur faute si la guerre avait duré huit ans, soit trois ans de plus que la deuxième guerre mondiale.

Pour en parler, ils disposaient d'une liste d'injures : putschistes, fascistes ou, mieux, fachos, OAS, plastiqueurs, complices de Challe, Salan, Jouhaud, Zeller, moins que rien, fainéants qui avaient un poil dans la main et avaient toujours fait travailler les autres à leur place, richards, tortionnaires, gros propriétaires terriens, anticommunistes primaires. Leur vinasse qui dépassait les 14° concurrençait déloyalement les vins de table du Languedoc, dont le mérite n’était pas d’être bons, mais d’être produits par des viticulteurs, tous membres ou électeurs du Parti. Dans l'Echo, ils avaient lu qu'ici un Pied noir avait acheté un domaine de 350 ha, là un château et ses 25 ha de vignes, ailleurs un élevage de plus de mille bêtes, plus loin tout un terroir d’arbres fruitiers. Ils allaient acheter la France ! réprouvaient-ils. On les avait persuadés que, s’ils débarquaient (c’était une invasion, pas un exode), ils allaient abolir la République pour instaurer un ordre nouveau, tout noir, comme les émigrés en 1815, et que, puisqu'ils avaient fait suer le burnous pendant des siècles, ils venaient faire subir le même sort aux malheureux prolétaires de chez nous. Y avait qu’à les expulser. Y avait qu’à les renvoyer d'où ils venaient. Y avait qu’à les rejeter à la mer. Y avait qu’à les livrer au FLN qui savait comment s’y prendre avec les salauds. Y avait qu’à les proscrire. Qu’ils aillent au Diable, auquel ils ressemblaient comme deux gouttes d’eau. Y avait qu’à les expédier ailleurs, en Amérique ou au pôle Nord. Y avait qu’à leur faire subir ce qu’ils avaient fait subir aux burnous. S'ils en avaient eu un devant eux, ils l'auraient étranglé de leurs mains. Ils ne voulaient pas que leurs enfants soient inscrits dans nos écoles. Ils rêvaient de les guillotiner en place publique ou de rétablir, pour eux seuls, la question, la roue, le pilori, le gibet. Ils auraient approuvé qu'on les déclare « étrangers » pour toujours : « ça, des Français, s'indignaient-ils, jamais ! » Y avait qu’à en finir avec ça.


Mao

De Mao, ils n’avaient ni photo, ni portrait officiel encadré et ils ne savaient pas grand-chose, sinon qu'il était chinois (mais la Chine était pleine de mystères et si loin : aucune ligne de chemins de fer ne reliait la gare de P* à Pékin) et jaune, ce qui n'était pas bon signe, vu qu’ils haïssaient les jaunes qui brisaient les grèves. Pourtant, Mao les fascinait. C'est qu'il était communiste et maître d'école, quelque chose d’aussi bien qu’instituteur : c'était bon signe, ça. Il avait donc lu - nécessairement - les quelque 1000 pages (ou plus) du Capital, les milliers de discours prononcés par Lénine, les dizaines de volumes des Oeuvres Complètes de ce Phare toujours allumé qu'était Staline. Ils l'imaginaient instruit et très calé, surtout en histoire et géographie, capable de répondre sans hésiter aux questions rouges du Jeu des Cent Mille francs. Quelqu'un qui savait par coeur les capitales des républiques socialistes et soviétiques ou qui récitait la litanie des fleuves qui arrosaient les grandes villes d'URSS, même si c'était un Chinetoque, ne pouvait pas être mauvais.

Bien entendu, ils n'ont pas voulu croire à la « rupture » (comme l’appelait la presse bourgeoise) entre l'URSS et la Chine. Ou bien cette nouvelle était un mensonge que les Amerloques diffusaient pour démoraliser les prolos de la Cité Bel Air (mais le Parti veillait et la contre-propagande annulait la désinformation), ou bien c'était un piège que Mao et de Kroutchev tendaient aux Amerloques et où ceux-ci tombaient les yeux fermés et à pieds joints.

Plus tard, quand il a été évident que la rupture n'était pas pour du beurre, que les ponts étaient coupés entre Moscou et Pékin et que les armées soviétiques massées sur les rives du fleuve Amour (désormais le mal nommé) étaient près d'envahir la Chine, les cadres leur ordonnèrent de se méfier de tout ce qui venait de Chine et d'oublier ce traître de Mao Tsé Toung (prononçant ce nom barbare dans son intégralité, ils creusaient davantage l'abîme qui, désormais, séparait le vrai communisme - celui qui fleurissait dans la patrie de Staline - du faux communisme - celui de Mao - et qui n'était que le masque de l'impérialisme pour maintenir au pouvoir à Paris la réaction blanche). Chinois, désormais, signifiait contre-révolutionnaire, donc traître ou jaune. Les Chinois étaient fidèles à leur apparence et à ce que la couleur de leur peau les destinait à être.

Mais, dans leur for intérieur - là où les cadres ne pénétraient jamais -, ils doutaient de la justesse de ces analyses. Mao restait le seul disciple de Staline, il continuait son oeuvre immense, il ne le trahissait pas, lui. Depuis que Staline était mort (Dieu sait s'ils avaient pleuré cette mort injuste), les Russes tiédissaient. Ils aliénaient leur communisme, puisqu’ils tuaient moins qu'avant. Les parasites, les feignants, les bons à rien, les ivrognes et tous les ennemis de la Révolution n'étaient plus envoyés en Sibérie, où des Vopos inflexibles étaient censés leur apprendre le travail manuel et l'éminente dignité de ceux qui maniaient la pioche et la pelle toute la journée, de l'aube au crépuscule. C'en était fini des assassinats de koulaks par millions, des déportations de peuples entiers dans les immensités désertiques de Sibérie par dizaines de millions, des condamnations à mort par centaines de millions. La machine russe à tuer, à éliminer, à broyer, à purifier, à déporter grippait, la locomotive avançait en crachotant et par à-coups, la chaudière n'était plus approvisionnée en chair humaine. En Chine, Mao faisait rouler la locomotive à fond. Lui, il assassinait, il broyait, il éliminait, il déportait, il fusillait, il purifiait. Lui, il chargeait la chaudière de larges pelletées de chair humaine. Il ne craignait pas de débarrasser son pays des parasites, des bons à rien, des binoclards, des feignants, des ivrognes, des bourgeois...

Quand ils surent que Mao déportait les intellos dans les campagnes et que les binoclards pâles et maigres aidaient les paysans à nettoyer les porcheries ou à ramasser les patates, ils jubilèrent. Alors, leurs nuits furent illuminées de visions fleuries. Ah, si c’était pareil en France. Le coeur gonflé d'espoir, ils voyaient le Jean-Paul (dont la famille paternelle était originaire d'un bourg où leurs enfants jouaient au football), qu'ils détestaient, parce qu'il était laid, nabot et bigleux, bêchant la terre, creusant des trous, pelletant des tas de sable, et sa gonzesse, la Simone, marnant à ses côtés, gauillant dans la boue jusqu'aux genoux et préparant la bacade aux cochons sous les risées de Chinetoquesses hilares. Mao leur offrait une revanche inespérée sur les bourgeois, sur les panses pleines, sur les binoclards, sur tous les nantis. Il avait droit à leur reconnaissance secrète. Seul de tous les dirigeants communistes (ils ignoraient qu’ailleurs, en Albanie, à Cuba, en Ethiopie, au Cambodge, en Corée, au Viêt-nam, etc. la chaudière dégageait une fumée aussi noire et aussi âcre), il continuait à casser des oeufs par douzaines de millions, avec lesquels, un jour, il cuisinerait la gigantesque omelette du communisme qu'ils seraient invités à déguster à belles dents, se goinfrant à s'en faire péter la sous-ventrière, jusqu'à ce qu'ils soient complètement guédés et n'aient plus dans le bide la moindre place pour une ultime petite part.

Fusées


« Des fusées russes à Cuba » : ils n’avaient pas appris de meilleure nouvelle depuis 1956, année où les contre-révolutionnaires, stipendiés par la CIA, avaient été écrasés par les chars russes à Budapest. L’histoire s’accélérait, comme un filin qui, tendu trop fort, rompt soudain. La rupture était du même ordre qu’en 1937 (nationalisation des compagnies de chemins de fer), en 1917 (la Révolution d’Octobre), en 1945 (la capitulation des boches). Les fusées les revigoraient. Une ardeur nouvelle les guérissait de la déprime où les avait plongés l’annonce de la mort de Staline.

Enfin, le communisme progressait à l’Ouest et vite. Il était maintenant à la porte de l’Amérique honnie, prêt à fondre sur elle et à étouffer le serpent Capital qu’elle nourrissait dans son sein. Enfin, les Russes faisaient main basse sur le territoire de Cuba, que leur cédait leur grand ami Castro. Enfin, ils pouvaient détruire en moins d’une seconde Wall Street, New York, Chicago, les usines Ford, Rockfeller, Hollywood, les derricks, ESSO, les usines à westerns, la CIA, les aciéries, le chewing-gum, la télé commerciale, le Pentagone, la Maison Blanche, Washington, les frigidaires, le plastique, les Cadillac, Whirlpool, John Ford, Marylin Monroë, les pin-up, etc. ! Enfin, l’apocalypse tant attendue allait se produire. Enfin, leurs rêves se réalisaient. Enfin, Kroutchev allait venger la mort injuste de Staline. Enfin, l’avenir du monde paraissait limpide. Eux qui disaient haïr la guerre, comme les pacifistes de 1938 criant « plutôt la servitude que la guerre », ils aimaient celle qui s’annonçait, la prédisant rapide, franche, joyeuse, nette. En criant « à New York », ils répétaient le « à Berlin » de leurs pères. Les fusées, parce qu’elles étaient russes, rendaient la boucherie belle et humaine. Ces fusées allaient casser tous les œufs de la terre pour qu’enfin, ils dégustent l’omelette finale. Y avait qu’à faire table rase. Y avait qu’à ne rien laisser debout. Y avait qu’à tout détruire. Une fois l’Amérique à genoux et le capitalisme aboli, y avait plus qu’à établir le communisme à New York, à Chicago, à Detroit : ça leur apprendrait à vivre. Staline, lui, n’aurait pas hésité un instant à appuyer sur le bouton pour débarrasser définitivement le monde des Amerloques. Ils voyaient le drapeau rouge flotter sur Chicago. Ils voyaient les indiens et les nègres brandir la faucille et le marteau. Ils voyaient le secrétaire du minuscule Parti communiste US, clandestin, plus inféodé à Moscou que celui de Bulgarie, devenir président des USA et embrasser sur la bouche le camarade Kroutchev. Ils voyaient les ouvriers américains diriger leurs propres usines en fumant de gros cigares. Ils voyaient des travailleurs regarder, reconnaissants, vers l’Est, où un soleil nouveau, plus brillant encore que celui de Moscou, éclairait les cieux noirs en pleine nuit. Ils voyaient la paix sur la terre, le bonheur universel, partout des stades, l’éclairage public, des femmes coiffées d’un fichu creusant des trous, le tout-à-l’égout, des locomotives fumantes conduire le train de l’humanité jusqu'à la gare du socialisme, des réseaux d’adduction d’eau, des rues goudronnées, des commissaires politiques, des Vopos, des murs de Berlin, des médailles d’or en pagaille aux Jeux Olympiques. L’Amérique du Sud, l’Asie, l’Afrique et même la France, passaient au communisme. Seuls y échappaient Monaco et Andorre.


Colonies
Pour parler savant, leur monde était binaire. L'époque pensait en oppositions appariées inscrites dans des tableaux à double entrée : nature vs culture ; structure vs histoire ; b vs p ; individu vs société ; noir vs blanc ; USA vs URSS ; communisme vs capitalisme ; etc., etc., etc. Le structuralisme triomphait dans les sciences socialo humanitaires. Ils ignoraient tout de Saussure, Troubetzkoy, Lévi-Strauss, ce qui ne les empêchait pas de penser comme ces maîtres-à-penser. Un gogo aurait crié au génie ! Quand le peuple improvise ou qu’il laisse parler son intuition, il en sait plus que tous ceux qui sont du Collège et qui savent. A leur décharge, il faut reconnaître qu’ils n’étaient pas manichéens. A l’opposé des vrais croyants, ils n'opposaient pas Dieu au diable, le christianisme à l’islam, l’ange au démon, puisqu’ils mettaient tout, Dieu, diable, religion, quelle qu’elle soit, ange, démon, dans le même sac.

Dichotomie était leur devise. De même qu'il y avait d'un côté les communistes et, de l'autre, la droite (ou la réaction, le capital, les patrons, etc.), à l'Est les Russes et à l'Ouest les Américains, en haut les richards et en bas les exploités (ou les petits, les pauvres, les prolétaires, les électeurs du Parti), en Algérie les Algériens et en France les harkis, souhaités les immigrés et honnis les Pieds noirs, de même il y avait deux sortes de colonies, qui s'opposaient en ce que les unes étaient le bien, les autres le mal.

Les mauvaises étaient celles qui, en avril ou en mai 1960, ou plus tôt, ou plus tard (peu importe la date, seule compte l'époque : c'était, comme disaient les historiens, « l'ère des indépendances »), ont cessé d'être françaises. Ils ont appris la bonne nouvelle soit du secrétaire de la cellule, quand il analysait le rapport des forces, soit en écoutant la TSF (le vieux poste à galène grésillant, placé bien haut sur une étagère dominant la table de la cuisine). La France n’avait rien à faire dans ces colonies lointaines. L’exotisme coûtait trop cher et la Corrèze était plus sous-développée que le Zambèze. L'on s’y rendait dans de grands paquebots luxueux (la croisière durait un ou deux mois). Là-bas des colons cupides et sans scrupule gagnaient des milliards en faisant suer le burnous, en triquant le nègre, en essorant le chapeau conique. Là-bas des gouvernants de rencontre envoyaient de malheureux appelés rétablir l'ordre, pacifier, restaurer les libertés. Après avoir colonisé par erreur, il fallait décoloniser le plus vite possible.

Les bonnes colonies n'étaient pas le Siam, ni la Cochinchine, ni la Guyane, ni Madagascar, ni le Soudan, ni l'AOF, ni l'AEF, ni l'Algérie. Elles se trouvaient en France, dans les Pyrénées, dans les Alpes, dans le Massif Central; elles se nommaient Morzay (commune de Vallorcine, Haute-Savoie, près de la frontière suisse), Enveigt (commune de La Tour de Carol, Pyrénées-Orientales, près de la frontière espagnole), Quès, tout à côté, Les Bossons (près de Chamonix, Haute-Savoie), Mauléon (Basses Pyrénées), La Bourboule (Puy de Dôme).

C'étaient les colonies de vacances - familièrement, les « colos » -, là où leurs enfants passaient presque gratuitement (le Comité d'entreprise de la SNCF prenait à sa charge une grande partie des dépenses de séjour) trois semaines ou un mois de vacances l'été, en juillet ou en août. Les colons ne maniaient pas la chicote. C'était les copains âgés de 6 à 15 ans et venus de tous les coins de France avec qui leurs enfants jouaient au ballon prisonnier ou au jeu de piste.

Patrie

Quand a éclaté la guerre froide opposant le communisme aux démocraties, ils ont cessé d’admirer les héros de l’histoire de France, Saint Louis, Jeanne d’Arc, Philippe le Bel, Clémenceau, Gambetta, Foch, Bonaparte, Richelieu, Henri IV, Louis XIV. Les ont remplacés Lénine, Staline, Kroutchev, Brejnev, Souslov, Molotov, Gagarine, les maréchaux de l’armée rouge, l’ouvrier Stakhanov, le KGB, etc. Parmi ces nouveaux héros, celui qu’ils admiraient le plus, après Staline (qui, hélas ! était mort trop tôt), comme étant le plus proche d’eux, parce qu’il était resté paysan, modeste, rustre, plouc, était Kroutchev, le camarade qui avait donné de grands coups de chaussures sur une tablette de tribune à l’ONU. Ce coup d’éclat fit leur fierté pendant quatre ou cinq ans, jusqu'à ce que Kroutchev disparût dans les poubelles de l’histoire.

En changeant d’ancêtres, ils changeaient de patrie. Leur patrie n’était plus la France, avec laquelle commençait un long et pénible désamour, haineux et destructeur. Comme elle avait refusé d’imposer aux bourgeois de P* qu’ils haïssaient le communisme, ils l’avaient biffée de leur mémoire. Ils ne voulaient plus en entendre parler, surtout depuis que le onze tricolore avait perdu 6 buts à 3 contre la petite Belgique.

Ils avaient adopté la Russie, dont ils ignoraient tout, sauf que, là-bas, loin, malgré la neige, le froid sibérien et les fleuves gelés, malgré les chapkas et les cosaques, c’était le Paradis. Ils ne disaient pas URSS, mais Russie. Les habitants de ce vaste pays étaient des Russes, pas des Soviétiques, le système soviétique leur étant du chinois et le système chinois du martien. L’URSS était le plus vaste pays au monde, le plus prospère, le plus riche, le plus fertile, le meilleur. Une grande partie de la population était centenaire (ils lisaient ça dans
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