Résumé Avec le développement très rapide du commerce électronique depuis les années 2002-2003, les consommateurs européens, notamment en France, en Allemagne,





télécharger 240.47 Kb.
titreRésumé Avec le développement très rapide du commerce électronique depuis les années 2002-2003, les consommateurs européens, notamment en France, en Allemagne,
page2/4
date de publication18.05.2017
taille240.47 Kb.
typeRésumé
h.20-bal.com > loi > Résumé
1   2   3   4

2. Le développement des points-relais et des consignes automatiques
2.1 Des points-relais qui offrent une alternative à la livraison à domicile en zone urbaine
En France, 28 % des achats réalisés à distance sont d'ores et déjà livrés dans des points-relais (FEVAD, 2008). A Cologne, un sondage mené en 2003 a montré que 15 % des résidents avaient déjà utilisé ces points ou des consignes automatiques. C’est aussi dans les centres urbains que l'intérêt pour ces solutions alternatives aux traditionnelles livraisons à domicile est le plus fort. Dans le centre de Cologne, 61 % des consommateurs préfèrent une livraison en point-relais alors que dans l’agglomération, ce taux est de 34 %, et tombe à 27 % dans la région urbaine au sens large (ESSER et KURTE, 2005). En 2005, une étude de La Poste a montré que les points-relais arrivaient en deuxième position après le domicile comme lieu de prédilection des ménages pour leurs livraisons, suivis par les bureaux de poste, les gardiens d’immeuble et le lieu de travail (COLIPOSTE, 2005). Une série d’entretiens détaillés semi-directifs auprès de 50 résidents de grandes villes françaises (De CONINCK et FEBVRE, 2007) ont montré une grande diversité de réactions face aux points-relais et aux consignes de type Cityssimo. Dans l’ensemble, les personnes intéressées, notamment pour les consignes ouvertes 24 heures sur 24, présentent « des profils marqués » : célibataires, jeunes et très urbains.

Nous avons identifié 31 expériences de points-relais et consignes automatiques ces dernières années. Elles sont décrites dans l'annexe 1. Selon le CREDOC (CREDOC, 2006), ces points alternatifs sont préférés aux livraisons à domicile quand le client n’a pas de surcoût à payer (tableau 1).
Tableau 1: Attitude des clients vis-à-vis des alternatives à la livraison à domicile





Vous choisissez plus fréquemment l’achat à distance si la livraison peut se faire en 24h, sans frais supplémentaires, dans un point de retrait du colis proche de chez vous

Avant de commander, vous regardez toujours la possibilité d’être livré en 24h, sans frais supplémentaire, dans un point de retrait du colis proche de chez vous

Une livraison à votre domicile en 24h ou 48h ne vous intéresse pas si elle entraîne des frais supplémentaires

La livraison en 48h à votre domicile, avec des frais supplémentaires réduits, cela vous donne envie d’acheter à distance

Peu importe les frais supplé-

mentaire, ce qui compte c’est la possibilité d’être livré à mon domicile en 24h

Tout à fait

39%

34%

38%

16%

16%

Plutôt

33%

25%

17%

28%

16%

Source : CREDOC, 2006
Les points de livraison constituent également, en théorie, un choix optimal pour les opérateurs de transport. A partir des études de PUNAVIKI et alii (2001) menées en 2001, qui ont modélisé le coût de différents systèmes de livraison, CAIRNS et alii montrent que le système des relais-livraisons (par exemple les points-relais, les consignes automatiques) est la solution la plus économique (en nombre de kilomètres) pour les opérations de transport. La livraison à domicile dans des plages horaires spécifiques, même si celles-ci sont très larges, est beaucoup moins avantageuse pour les transporteurs.
2.2 Les points-relais, une nouvelle forme de distribution dans les années 1980
Les années 1980 ont vu le développement de réseaux de points de livraison alternatifs à la livraison à domicile, à la fois pour répondre aux nouveaux besoins de la clientèle et dans une logique de réduction du coût du dernier kilomètre. Les points-relais, créés par les entreprises de vente à distance, en ont été la première forme.

Les prémices. Au tout début des années 1980, afin de réduire leurs coûts, les entreprises de vente par correspondance imaginent une nouvelle forme de vente inspirée de la vente par réunion largement développée dans les pays anglo-saxons. En France, la société 3 Suisses est la première à utiliser ce modèle, en employant des « ambassadeurs » (clients privilégiés) servant d’interface entre la société de vente à distance et sa clientèle. Véritables agents commerciaux, ils permettent alors une diminution des investissements commerciaux (baisse du nombre de catalogues distribués) comme des frais d’animation et de livraison (relances réalisées par les ambassadeurs, groupage des livraisons…).

Toutefois, sur le long terme, l’« ambassadeur » éloigne l’entreprise de VPC de ses clients finaux. Pour cette raison, la Sogep, filiale logistique de La Redoute et principal concurrent des 3 Suisses, décide de modifier son plan logistique plutôt que commercial en développant un réseau de points de livraison. A la différence des 3 Suisses, les « hôtesses locales » constituant ce réseau ne sont rémunérées que pour réceptionner les colis et recevoir les destinataires pendant leurs heures d’astreinte, sans assurer de service commercial. Mais devant les contraintes financières (coût du dernier kilomètre peu réduit), commerciales (gêne de certains clients à retirer leurs colis chez un particulier) et sociales (heures d’astreinte des hôtesses difficiles à respecter), ce schéma n’a pas réussi à se généraliser.

Le concept du point-relais. Devant ces difficultés, la Sogep a décidé de substituer des commerces de proximité aux hôtesses. Le pari est alors que le commerçant, en proposant ce service, y trouve un intérêt financier en augmentant son chiffre d’affaires. Pour intégrer le réseau, le contrat signé entre les deux parties est assez simple. Les commerces de proximité doivent à la fois respecter une clause de non concurrence, présenter une bonne image, posséder une surface de stockage d’au moins 3-4 m² et avoir des heures d’ouverture assez étendues. De plus, le stationnement aux abords du magasin doit être facile pour les chauffeurs-livreurs comme pour les clients. Enfin, la motivation du commerçant et sa capacité d’accueil sont primordiales, bien que particulièrement difficiles à mesurer.

C’est ce concept de point-relais qui sert aujourd’hui de modèle. Les entreprises traditionnelles de VPC (qui préfèrent aujourd’hui se dénommer « VADistes ») ont d’ailleurs développé un maillage tel que 85 à 90 % de la population française a accès à un point-relais en moins de 10 minutes. Pour cela, la Sogep propose 4000 « Relais Colis » et les 3 Suisses, 3500 « Points-relais ». En Allemagne, Hermes compte, quant à lui, plus de 13 000 « PaketShops ».

Les années 2000 : une nouvelle approche. Depuis 2000, la croissance du e-commerce (chapitre 1) a favorisé le développement de solutions alternatives à la livraison à domicile. Parallèlement, les entreprises déjà implantées ont souhaité densifier leurs réseaux et de nouveaux prestataires ont investi le domaine.

Né de cette tendance, Kiala, qui n’est ni une entreprise de vente à distance, ni un logisticien à proprement parler, a développé un « réseau indépendant de points-relais ». L’idée est alors de « proposer aux commerçants, VPCistes et aux sociétés faisant du télé-achat, une alternative à la livraison en 48 heures à domicile grâce à un réseau de relais de proximité » (D. Payre, co-fondateur de Kiala, Journal du Net, 24 octobre 2002). Pour cela, l’entreprise s’appuie sur une automatisation des livraisons des colis et de leur suivi. Parallèlement, la gestion des commerçants partenaires a été professionnalisée, et le cahier des charges de sélection des points-relais renforcé. Cependant, le poids de l’investissement technologique a imposé à Kiala un déploiement géographique rapide pour assurer une augmentation constante de ses volumes. Son déploiement en France et aux Pays-Bas a eu lieu en 2002, en Grande-Bretagne en 2006, en Autriche en 2007 et en Espagne en 2008. En France comme au Benelux, cette expansion s’est faite via un partenariat avec une grande entreprise, Mondial Relay. Aujourd’hui, Kiala représente presque 160 enseignes et compte 4700 points-relais (chapitre 3).

En vingt ans, ces différents réseaux de points-relais européens ont progressivement développé de véritables innovations technologiques et commerciales en s’adressant d’une part aux particuliers (via les vendeurs à distance) et d’autre part aux professionnels (Kiala, à2pas, ChronoRelais). Toutefois, ils ne répondent plus totalement à l’ensemble des besoins actuels d’une clientèle de plus en plus importante et hétérogène.
2.3 Un nouveau service proposé : la consigne automatique
Au cours de ces toutes dernières années, un autre type de point de livraison hors domicile s’est développé : la « consigne automatique ». Elle peut prendre la forme de consignes indépendantes ou groupées, gérées à distance par un réseau informatique performant. Ces consignes peuvent être installées dans des espaces publics ou privés, en intérieur comme en extérieur. Mais leur implantation est exclusivement urbaine à ce jour.

Le premier modèle de consignes automatiques implantées à grande échelle en Europe est la Packstation. Cette consigne a été lancée par la poste allemande au début des années 2000. Offrant de nombreux services (dépôt, envoi et récupération de colis, achat de timbres et d’emballage, gestion du paiement…), elle a rapidement rencontré un certain succès, notamment en ville. Nous en détaillons les principales caractéristiques dans le chapitre 3.

En France, ce modèle a été développé par E-box en 2000, Homeport (extension de la société anglaise du même nom) et Consignity en 2004, puis Cityssimo (groupe La Poste) à partir de 2005. E-box fait alors référence à des « consignes automatisées mutualisées », Consignity parle « d’automate logistique intelligent », Homeport offre un service de « consignes mobiles » et Cityssimo préfère le terme d’« espaces colis ». Pour DHL, partenaire de Consignity, le choix du vocabulaire est très important. « Nous avons éliminé volontairement le mot « consigne » qui est très négatif dans l’esprit de nos clients. (…) Le mot automate a été choisi pour montrer qu’il y avait de la technologie » (C. Arvis, DHL France, entretien du 25 juillet 2006). Sous des appellations diverses, ces consignes offrent toutes des services similaires, tout en cherchant à présenter une image valorisante et moderne. Les prestataires proposent un service qui s’appuie sur quatre éléments : la proximité, l’accessibilité (ouverture permanente), la sécurité des clients et des colis (vidéosurveillance, codes, scanners…), la traçabilité des colis.

En résumé, le fonctionnement de ces consignes est le suivant : le client commande sa marchandise sur internet ou par correspondance en donnant l’adresse de la consigne comme lieu de livraison. Le livreur, après s’être identifié, dépose le colis et obtient un numéro de transaction. Le client est alors prévenu de l’arrivée de son colis par email ou SMS. Il peut ainsi le récupérer auprès de l’espace de consignes muni de son code barre et de son code d’accès personnel. Les consignes peuvent être louées en permanence ou bien être attribuées au colis.

Le choix des clients « cibles » peut être très différent d’un prestataire de consignes à l’autre : uniquement les professionnels (c’est le cas de Consignity), les particuliers (Cityssimo) ou bien les deux (E-box). Les « professionnels » sont des techniciens réalisant du service après-vente ou de la réparation, des artisans et commerçants, des transporteurs de fret, des laboratoires ou entreprises expédiant des échantillons… Ce service aux professionnels était déjà très présent dans les pays anglo-saxons avec notamment les réseaux de certains intégrateurs (UPS via UPS Store et Mail boxes, FedEx via FedEx Kinko’s Office et Print Center…) dont les points offraient à la fois des services aux entreprises et des espaces sécurisés de boîtes postales. En France, ce concept est plus récent. E-box a été le premier à proposer des services complémentaires tels que la domiciliation des entreprises, des adresses postales… en plus de ses consignes.

La comparaison des points-relais et des consignes automatiques montre que les services qu’ils proposent ne sont pas véritablement positionnés sur les mêmes segments. Si le principal atout de la consigne est son accès 24 heures sur 24, ceux du point-relais sont la couverture territoriale, la faible consommation d’espace et la présence humaine. Aujourd’hui, il n’y a pas véritablement de concurrence et certains acteurs utilisent les deux de façon complémentaire, comme c’est le cas pour DHL.

Une multiplicité d’espaces utilisés. Comme pour les points-relais, les espaces de consignes répondent à des critères d’accessibilité, de stationnement et de surface. Toutefois, les espaces utilisés sont beaucoup plus hétérogènes.

Des espaces privés. Ces espaces appartiennent ou sont loués par les prestataires et peuvent avoir une configuration de « boutique ». C’est le cas pour E-box et Cityssimo. E-box disposait ainsi à Paris d’un local de 22 m² répartis en 12 m² dédiés aux 60 consignes et 10 m² de bureau utilisés par le réceptionniste. Ce modèle semble d’ailleurs être spécifique à la France, la plupart des autres consignes urbaines étant directement accessibles. Ces espaces peuvent aussi être plus atypiques. C’est le cas de Tower24, un prototype fonctionnant comme une tour sécurisée entièrement automatisée de 10 mètres de haut (Allemagne).

Les parkings. L’implantation dans les parkings, aériens comme souterrains, est stratégique en terme d’accès, en particulier pour les consignes s’adressant aux professionnels (Consignity). Cette localisation évite à la fois la perte de temps, le stationnement illicite, la congestion et la verbalisation pour le livreur comme pour les destinataires des marchandises.

Les espaces commerciaux. Plus utilisés en Angleterre, les espaces commerciaux permettent de bénéficier à la fois de l’accessibilité et d’une fréquentation régulière des clients. ParcelXchange, spécialisé dans le service aux professionnels, a choisi de s’implanter dans les stations-services (4000 points en Angleterre dans les stations Tesco, Texaco, BP…), de même que Bearbox (200 points). D’autres ont choisi les centres commerciaux comme POD de la Jersey Post (4 sites), ou les supermarchés (Cityssimo dans des supermarchés Casino à Paris et Lyon).

De nouvelles boîtes aux lettres. Certaines consignes peuvent être installées n’importe où, très facilement et très rapidement. Elles peuvent être « mobiles » comme celles de Homeport, la consigne est alors reliée à un boîtier fixé dans le mur qui commande l’attache de la « boîte ». Mais elles peuvent aussi prendre la forme de boîtes aux lettres sécurisées de grande dimension (Bearbox, Hippobox…).

Sur voirie. Seul le service Packstation l’utilise. Ses consignes sont présentes partout et en particulier sur la voirie. Ce cas n’existe qu’en Allemagne où les municipalités donnent leur accord pour l’implantation de nouveaux mobiliers urbains.

Dans les gares et stations de métro. Un premier espace Cityssimo souterrain a été inauguré fin 2007 dans la salle d’échange de la station Châtelet-les Halles à Paris, imposant au client d’être muni d’un titre de transport pour avoir accès à son colis.
2.4 Quelles réussites aujourd’hui?
Bien que différents, les deux systèmes de points-relais et de consignes automatiques ont tous les deux connu des succès. Ces prestataires n’ont cependant pas tous rencontré le même niveau de réussite. En ce qui concerne les consignes, la Packstation se développe de façon satisfaisante, même si, pour l'instant, seules 1000 stations ont été installées dans les villes allemandes (chapitre 3). En France, E-box n’a pas connu le décollage attendu (le service de consigne a été arrêté en novembre 2007 - chapitre 3), Consignity a un bilan positif mais minime (en terme de volume d’activité) après deux années d’exploitation et Homeport a mis un terme à ses activités après plusieurs essais. Dans le cas des points-relais, Kiala montre aujourd’hui un succès grandissant alors que d’autres expériences ont échoué, comme Alvéol et Zendis (filiale de Hachette Distribution en collaboration avec les nouvelles messageries de la presse parisienne). Pour ce qui concerne Cityssimo (chapitre 3), le service se développe progressivement. Le taux d’échec de livraison (pourcentage de colis qui ne sont pas retirés par les clients) est seulement de 4 %, ce qui représente, pour La Poste, l’un des indicateurs majeurs de réussite, même si la rentabilité économique du nouveau système n’est pas encore assurée.

Une base solide. Dans la mise en place des réseaux de points-relais comme de ceux des consignes urbaines, certains principes fondamentaux sont essentiels à la réussite des projets. Comme pour toute création d’entreprise, une étude de marché bien ciblée est indispensable. Pour les plus petits prestataires, elle est en effet un signe de crédibilité lors de la prospection de partenaires et de clients. Par exemple, si Consignity a bien affiché son orientation vers les professionnels dès le début (ce qui a suscité l’intérêt de DHL), les réorientations successives d’E-box lui ont probablement nui.

La seconde étape consiste à créer des partenariats. Ils peuvent prendre plusieurs formes et être conclus avec des partenaires très différents (les municipalités, les e-commerçants, les intégrateurs…). Les municipalités peuvent jouer un rôle important en matière d’implantation, surtout pour les consignes automatiques comme ce fut le cas avec les villes allemandes qui ont très rapidement donné leurs accords pour l’implantation de la Packstation. En France, le principe de non discrimination (ainsi que d’autres raisons comme la volonté de certaines villes de limiter le mobilier urbain et le refus des Architectes des Bâtiments de France) rend très compliquée l’utilisation de la voirie publique par des prestataires de consignes urbaines. Toutefois, la ville de Paris a fortement soutenu Consignity en l’autorisant à s’implanter à titre quasiment gratuit dans ses parcs de stationnement. En plus de cette aide directe, l’affichage du soutien d’une ville joue un rôle important en termes d’image. Un autre type de partenaire est bien sûr le partenaire économique. Il apporte les volumes, donc un chiffre d’affaires et une stabilité nécessaires pour que le prestataire de relais-livraison atteigne une taille critique. Plusieurs types de partenariats existent : entre un grand groupe et une petite structure (Consignity/DHL, Kiala/VADistes, Tower24/Otto), entre grands groupes (Sogep/TNT, UPS/Mail Boxes, …), entre structures du même groupe (Packstation/Deutsche Post et Cityssimo/La Poste).

Les freins au développement. Même avec de bonnes bases, il existe de réels freins au développement. La question de la confiance est particulièrement difficile à gérer pour ces prestataires, pour qui la lenteur à atteindre l’économie d’échelle est souvent fatale.

Cette question peut être traitée à plusieurs niveaux : le client initial, le transporteur et le client final. Le changement est très difficile pour le client initial (l’entreprise de vente à distance) parce que l’utilisation des consignes ou des points-relais nécessite parfois des modifications profondes de son mode de fonctionnement. Ainsi, il faut tout d’abord convaincre le comité de direction de l’entreprise, puis réorganiser les parcours, la gestion des magasins et les stocks… Ces changements dans l’organisation sont souvent synonymes d’une démarche longue, lourde, mais aussi risquée, avec des négociations à la fois en interne comme en externe pour que le système fonctionne bien et rapidement. La question de la sécurité est aussi une préoccupation majeure pour les entreprises qui ne peuvent s’appuyer sur des expériences antérieures.

Pour les points-relais, parce que les VADistes ont déjà une bonne connaissance de l’organisation de ces réseaux, le recours à des prestataires extérieurs a été assez naturel. Mais pour les consignes, ces mêmes entreprises sont beaucoup plus sceptiques : « On peut l’envisager dans une logique de niche vis-à-vis de certains clients, et plus particulièrement les clients qui privilégient l’horaire d’ouverture. On y viendra probablement, mais pour l’instant ce n’est pas une priorité … Le schéma économique est quand même très difficile » (R. Coms, PDG - Sogep, entretien du 5 juillet 2006). Et il en est de même pour le directeur logistique de Hermes : « Au lieu de l'anonymat des distributeurs automatiques, nous avons fondé notre développement sur l’humain, et cela fonctionne bien avec nos clients » (H. Schneider, directeur logistique - Hermes, communiqué de presse du 20 novembre 2006).

Quant aux transporteurs, les contraintes urbaines les ont poussés à utiliser (mais encore de façon marginale) ces solutions alternatives via des développements en interne (Packstation) et des partenariats (voir ci-dessus). Toutefois les contraintes de temps que leur impose leur métier laissent peu de place à l’erreur, aussi préfèrent-ils, d’une manière générale, s’appuyer sur des réseaux déjà existants et bien rodés.

Les clients finaux sont les plus faciles à convaincre. Leurs contraintes sont moins fortes et leurs exigences plus simples (par exemple, les économies de temps, de prix, de sécurité). Les difficultés rencontrées avec le client final sont donc totalement différentes. Les prestataires doivent, en effet, s’adapter à un client devenu de plus en plus « imprévisible », sans savoir quels seront les comportements et attentes futurs du consommateur. De plus, pour l’extension d’un réseau, il est très difficile de réappliquer un modèle, en particulier dans le cadre d’un développement international où les cultures et les contraintes varient d’une région à une autre.

En résumé, les services les plus proches de modèles traditionnels sont aussi ceux qui connaissent la plus forte croissance. Quant aux plus innovants, ils cherchent encore leur voie aujourd’hui, et plus particulièrement quand ils s’adressent aux particuliers. Remarquons également que les boutiques de consignes automatiques, comme E-box ou Cityssimo, représentent un poste budgétaire immobilier important, et une consommation d’espace (en centre-ville) peut-être disproportionnée par rapport à leur fréquentation effective. Les consignes de type mobilier urbain (Packstation) ou les relais-livraison de type Kiala sont plus efficaces à ce titre.

La Poste, la référence ? Quels que soient les pays des systèmes que nous avons étudiés, les services postaux traditionnels constituent une référence à plusieurs titres. Ils ont servi de modèle aux nouveaux réseaux, ils sont eux-mêmes prestataires de consignes et de points-relais, et enfin, ils sont perçus par certains prestataires comme « le » service à concurrencer.

Les services postaux des différents pays européens ont en effet commencé à développer leurs propres réseaux. Les premières consignes urbaines ont été opérées par la Deutsche Post avec Packstation, la Jersey Post a aussi utilisé des consignes depuis 2003 avec POD et La Poste a développé Cityssimo. Aux consignes, la Royal Mail a préféré les points-relais avec les Local Collects - bureaux de poste qui offrent un service de points-relais. L’intérêt des services postaux pour ce type d'activités vient en grande partie du fait qu’ils traitent déjà d’importants flux de courrier et de colis. Ainsi Packstation et Cityssimo s’insèrent dans des groupes postaux, la Deutsche Post et La Poste, par lesquels transitent respectivement 2 millions et un million de colis chaque jour. Le service proposé s’inscrit donc directement dans la continuité du métier des postes, en proposant un nouveau service aux clients existants tout en générant des économies (de temps, de transport, d’argent).

Mais cette stratégie a aussi inspiré des concurrents potentiels. Parmi eux se trouvent les intégrateurs. Par exemple, DHL Express en France utilise aujourd’hui trois types de solutions: les « express centers », les automates logistiques et les points-relais. UPS a aussi développé ses propres « bureaux de poste » avec Mail boxes, tout comme Chronopost avec le récent réseau ChronoRelais, mis en place en partenariat avec Altadis (réseau de 3000 buralistes qui, en plus de la vente de cigarettes, timbres et titres de transports publics, offrent un service de point-relais). A une plus grande échelle, Hermes en Allemagne se positionne comme le principal fournisseur de B2C, en concurrence avec la Deutsche Post : « pour la première fois, il y a plus de PaketShops Hermes en Allemagne que de bureaux de poste locaux » (H. Schneider, Hermes). La récente libéralisation du marché du courrier en Allemagne devrait renforcer encore la concurrence.

Pour les nouveaux prestataires, le marché de la poste est devenu un véritable leitmotiv. D. Payre disait « Nous sommes en train de réinventer la poste » (FONTAINE, 2006) et A. Mercier, fondateur d’E-box, a, quant à lui, écrit un article intitulé : « Quelles autres postes pour la France ? »… Remarquons cependant qu’il est plus difficile pour ces prestataires de se développer dans les pays où la poste est très présente, et au contraire plus facile pour eux d'investir dans des segments que la poste néglige. « Le marché britannique est très prometteur, non seulement parce qu’il est très mature, mais aussi parce que le principal opérateur postal local s’est retiré de la livraison à domicile de colis » (L. Pirenne, Kiala, Journal du Net, 17 août 2005).
1   2   3   4

similaire:

Résumé Avec le développement très rapide du commerce électronique depuis les années 2002-2003, les consommateurs européens, notamment en France, en Allemagne, iconMessage expédié sur le site de France Inter le 1
«centre d’entrainement» destiné à rivaliser avec les plus grands centres européens du même type, et comportant notamment 18 terrains...

Résumé Avec le développement très rapide du commerce électronique depuis les années 2002-2003, les consommateurs européens, notamment en France, en Allemagne, iconRésumé En partant de l’observation de quatre situations de promotion...
«éthique relationnelle» (Ballet, Carimentrand, 2006), visant l’établissement d’une communauté de destins entre producteurs et consommateurs...

Résumé Avec le développement très rapide du commerce électronique depuis les années 2002-2003, les consommateurs européens, notamment en France, en Allemagne, icon15 Défaite française de 1940
«éclair», inventé par le général allemand Heinz Guderian), les allemands rompent totalement avec les stratégies en vigueur (notamment...

Résumé Avec le développement très rapide du commerce électronique depuis les années 2002-2003, les consommateurs européens, notamment en France, en Allemagne, iconCommuniqué de presse paris, 16/12/2002 L’aepdm* récompense la «success story» HiTechPros
«place de marché verticale» au salon e-commerce b to B, qui s’est tenu les 27 et 28 novembre 2002 au cnit – Paris La Défense

Résumé Avec le développement très rapide du commerce électronique depuis les années 2002-2003, les consommateurs européens, notamment en France, en Allemagne, iconRésumé : Depuis quelques années, les initiatives en faveur de la...

Résumé Avec le développement très rapide du commerce électronique depuis les années 2002-2003, les consommateurs européens, notamment en France, en Allemagne, iconRésumé : L’objet de cette communication porte sur les expériences...
«Zingari» que de «Roms et Sintis», notamment pour souligner une situation plus complexe depuis la fin du xxè siècle. De plus, différents...

Résumé Avec le développement très rapide du commerce électronique depuis les années 2002-2003, les consommateurs européens, notamment en France, en Allemagne, iconL'Organisation Mondiale du Commerce (½) avec Susan George
«Organisation Mondiale du Commerce». C'est jeune, ça existe depuis le 1er janvier 95

Résumé Avec le développement très rapide du commerce électronique depuis les années 2002-2003, les consommateurs européens, notamment en France, en Allemagne, iconRésumé : L’usage des techniques de diagnostic et de dépistage prénatals...

Résumé Avec le développement très rapide du commerce électronique depuis les années 2002-2003, les consommateurs européens, notamment en France, en Allemagne, iconNouveaux horizons geographiques et culturels
«innombrables»»beaucoup» «plusieurs»,) De quels pays sont originaires les étrangers qui vivent à Istanbul?( Espagne, Portugal, Allemagne,...

Résumé Avec le développement très rapide du commerce électronique depuis les années 2002-2003, les consommateurs européens, notamment en France, en Allemagne, iconRésumé Dans le monde de la corrida en France, Alain Montcouquiol...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com