Histoire géographique, naturelle, ecclésiastique et civile du





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Histoire géographique, naturelle, ecclésiastique et civile du

diocèse d’Embrun (1783)

Antoine Albert

(Chantemerle 17 octobre 1717 - 15 août 1804 Seyne-les-Alpes)

Docteur en théologie, curé de Seyne

Extraits relatifs aux communautés

DE CHATEAUROUX
CHATEAUROUX, est une des grandes paroisses & une des grandes communautés du diocèse d'Embrun. On y compte dix sept cent âmes, trois quarts de feu pour les biens nobles, dix un tiers & un quarante huitième de feu pour les fonds taillables.

Cette paroisse est composée de quarante trois hameaux, dont plusieurs sont très éloignés de l'église paroissiale. Le Chef-lieu & celui des Aubergeries où le chemin royal passe, sont des plus considérables. Le chef-lieu est situé sur une élévation, où les maisons sont bâties et arrangées en forme d'amphithéâtre.

On croit que le nom de Châteauroux vient de castrum Rodulphy, qui était le château & la ville capitale du petit royaume de Raoul, qui vivait vers l'an 999.

Ce petit royaume s'étendait depuis Châteauroux jusqu'au Pont-Roux, qui est par dessus le village de Saint Martin de Queyrières qu'on appelait Pont-Rodulphy.

Il y avait autrefois à Châteauroux, une forteresse que les huguenots du temps du duc de Lesdiguières, détruisirent ; mais les habitants y conservèrent toujours la foi, & les calvinistes ne purent jamais s'y établir.

Les autres hameaux sont la Moulins, Saint Alban, la Begüe, les Chamousses, la Touisse, Serre Buzzard, le Goûtât, Saint Etienne, l’Olivier, Fonfouranne, les Preyts, la Rouvière, les Phasis qui composent le quartier de la droite, les Restes, les Girauds, les Roustans, les Chastias, les Rouzans, les Albrands, … qui composent le quartier de Lubac.

Le terroir de Châteauroux regarde directement le levant & le midi, & confine au couchant celui d'Embrun; à l'orient celui de Saint Clément, & au pied de la Durance. On y voit du coté de Saint Clément, un des plus beaux vignobles que l'on puisse trouver : le grand chemin que Ton vient de faire, le traverse en droite ligne.

Autrefois le chemin était au dessus du nouveau, à quelques pas du chef-lieu, & il y avait de rudes montées & descentes, que l'on évite maintenant par ce nouveau chemin : les montagnes de cette communauté qui sont vastes, & qui fournissent d'abondants pâturages, confinent avec celles de Fressinières et de l'Argentière dans le haut Embrunais, & d'Orcières dans le Gapençais.

L'église paroissiale qui est sous le titre de Saint Marcellin est grande & vaste, quoiqu'elle ne soit pas encore assez pour contenir tous les paroissiens.

Il y a dans la paroisse un curé & deux vicaires : on a encore établi un troisième vicaire ou chapelain qui réside au hameau des Aubergeries : les chapelles qui ne demandent pas résidence sont celles de Notre Dame des Anges, de Saint Marc, de Saint Jean-Baptiste de Saint Antoine, de Notre Dame de Janselme, celle qui a été fondée par Antoine Gautier.

II y a entre la ville d'Embrun & Châteauroux par dessus le grand chemin, les terres du prieuré de Ste Croix, qui dépendait de l'Abbaye de Boscodon. 0n y voit encore au pied d'un rocher, les masures du prieuré où résidaient le prieur & quelques religieux Bénédictins.

Anciennement c'était même une Abbaye que Raymond de Mévouillon, Archevêque d'Embrun, réunit en 1293 à celle de Boscodon, parce qu'elle était beaucoup obérée, & hors d'état de payer ses dettes. Ce prieuré appartient aujourd'hui au séminaire d'Embrun.

En avançant le long de la Durance du côté d'Embrun, on trouve le prieuré des Baumes qui est encore sur le terroir de Châteauroux.

La ville d'Embrun l'affecta en 1583 aux Jésuites pour avoir soin du collège & les revenus annuels furent estimés à mille livres : il y a une belle maison & une petite chapelle, à la réparation desquelles le Cardinal de Tencin archevêque d'Embrun, avait contribué ; l'endroit est gracieux, & l'on y voit de jolies promenades environnées d'arbres de haute futaie.

Ce prieuré des Baumes ou de Saint André des Baumes, avait appartenu auparavant à des chanoines réguliers de l'ordre de Saint Augustin qui étaient venus d’Oulx dans le XIIe siècle, & qui n'avaient pas voulu rester à Boscodon avec les religieux Bénédictins.

Guillaume de Montmirail, gentilhomme d’Embrun, leur donna cette terre, qui fut érigée en prieuré, qu’ils ont gardé jusqu'à ce que différentes révolutions survenues dans le pays les obligèrent à l'abandonner. Il fut ensuite pendant près de trois siècles, possédé on commande par des séculiers : le collège d'Embrun en jouit aujourd'hui.

En entrant dans Châteauroux par le grand chemin, M. Roux de la Mazelière, Juge archiépiscopal, lieutenant de police, a fait rebâtir une maison que son frère le chanoine se plait à embellir tous les jour de même que le jardin qu'il y a pratiqué, au moyen de deux sources très pures & très abondantes, qui sortent devant bâtiment de la grange & de l'écurie contigus à la maison & qui servent encore à arroser les prés qui lui appartiennent & ceux de ses voisins.

M. Bougard, avocat au bailliage d'Embrun, a aussi une belle maison qui borde le grand chemin & des biens considérables dans cette paroisse quoiqu'il fasse sa résidence ordinaire à Embrun.

L'Archevêque d'Embrun est seigneur temporel & spirituel de Châteauroux; c'est à dire qu'outre ses droits seigneuriaux, il est encore gros décimateur de la paroisse.

Il y a trois consuls dans cette communauté qu'on appelle vulgairement les trois bréoux : le premier consul ou breou suivant la tradition du pays, était celui des familles nobles qu'il y avait dans Châteauroux : il n'en reste qu’une seule qui se soit maintenue dans son droit de noblesse quoiqu'elle soit bien déchue de son premier état. C'est la famille des Bérards.

Ce premier consul, ou premier breou, ne se peut prendre que dans certaines familles qu'on appelle encore les familles des nobles. En concurrence des deux autres consuls il a toujours la préséance sur eux, quand même ils auraient été plusieurs fois consuls avant lui : le second consul ou breou, se tire également de certaines familles : il y en a d'autres pour le troisième consul ou bréou. Cet ordre des familles s'observe exactement lors de l'élection consulaire.

Il y a peu d'endroits où la police soit mieux exercée : les consuls, avec les principaux habitants de la ville au nombre de douze, composent un conseil dont 1'établissement a été homologué au Parlement de Grenoble. On y termine en peu de temps, & sans frais, bien des différents qui occasionneraient souvent de grands procès. Lorsque l'on convoque le conseil, tous les conseillers sont obligés de s'y rendre sous peine d'une amende pécuniaire, & là, ils traitent des affaires de la communauté & de celles qui regardent la police.

Je ne dois pas omettre dans l'article de Châteauroux, ce qui a fait la merveille de ces années dernières, & qu'on aura de la peine à croire dans les siècles à venir, quoique toute l'Europe en ait été informée par les nouvelles publiques.

C'est un jeune homme qui vit & qui a passé quatre années & quelques jours sans manger ni boire, voici le fait.

Guillaume Gay, âgé de dix à onze ans, perdit totalement au mois d'avril 1760 l'usage du manger & du boire dans une maladie qu'il fit. On eut beau dans la suite le forcer à lui faire avaler quelque chose pour prolonger ses jours, il lui fut impossible quelques efforts qu'il fit. Ses parents le voyant dans cet état craignaient que chaque jour ne fut le dernier de sa vie, mais leur crainte quoique fondée, n'a pas été suivie d'un mauvais effet. Le jeune homme se remit insensiblement de sa maladie, & sa petite santé s’est toujours maintenue; il marchait, il agissait, il aimait même à s'amuser avec ceux de son age. Il est vrai que ses chairs allaient toujours en diminuant, que son corps devint comme un squelette & qu'il n'avait plus de ventre ; les peaux de devant & de derrière étaient presque collées ensemble.

La nouvelle d'un fait aussi singulier, & aussi extraordinaire, se répandit aussitôt, non seulement dans l'endroit mais dans tons les lieux de voisinage. Les étrangers qui passaient à Châteauroux étaient bien aises de voir cette merveille. Médecins, chirurgiens, gens de robe, gens de commerce, tous se détournaient du grand chemin pour se transporter à la maison, de ce jeune homme, afin de voir par eux même si ce que l'on disait était véritable.

L'archevêque d'Embrun, & l'Intendant du Dauphiné voulurent aussi le voir, et on le fit descendre aux Aubergeries, où ils avoient pris leur logement.

L'Intendant craignait qu'il n'y eut de la supercherie de la part des parents, & qu'ils ne lui donnassent à manger en cachette. Pour dissiper ce soupçon que leur probité & que leur droiture ne permettait pas de former, il envoya un frère de l'ordre de la Charité ou de Saint Jean de Dieu, dont il y a une maison à Grenoble, pour observer pendant quelque temps ce jeune homme. Ce frère le garda à vue pendant cinq jours & il fut obligé de certifier que rien de plus vrai que son jeûne constant & perpétuel dont tout le monde était surpris.

Enfin après un jeûne de quatre années & quelques jours infiniment plus rigoureux que celui des anachorètes, Guillaume Gay dit à sa mère le 10 avril 1764 qu'il avait la bouche plus sèche qu'à l'ordinaire. Sa mère lui proposa de se la rincer avec un peu de vin, ce qu'il faisait quelquefois, depuis qu'il avait cessé de manger, mais sans rien avaler. Ce jour-là il en avala trois ou quatre gouttes qui lui occasionnèrent des douleurs si vives qu'on craignit de la perdre.

On appelle un chirurgien qu'il y avait dans le lieu ; il lui fit mettre dans la bouche du lait qu'on avait fait bouillir, le jeune malade en avala quelques gouttes qui ne lui causaient pas la même douleur que la goutte de vin. On continua, & comme on vit qu'il avalait toujours plus facilement, on commença à mêler dans le lait de la mie de pain, allant toujours en augmentant à mesure qu'on le voyait plus disposé à le prendre. De sorte qu'insensiblement il a repris son premier état; il mange & il boit aujourd’hui comme les autres personnes de son âge. On ne s'aperçoit plus en le voyant qu'il ait fait une si longue disette. Son corps paraît aussi robuste que s'il avait toujours usé de nourriture.

Voici une autre particularité de Châteauroux qui est plus ancienne. On découvrit en 1290, dans le territoire de cette communauté une mine d'argent.

L'Archevêque d'Embrun qui était alors Reymond de Mévouillon, se l'appropria comme seigneur de Châteauroux, ainsi que les Dauphins dans les terres de leurs domaines : il la donna a ferme à deux particuliers, avec la permission d'y travailler, en se chargeant de tous les frais.

La portion qui en devait revenir à l'Archevêque, fut réglée à la douzième de tout l'argent que la mine produirait. Cette douzième devait lui être apportée franche, moyennant quoi les fermiers étaient exempts excepté en cas d'invasion des ennemis, des tailles & des contributions que l'Archevêque imposait dans ses terres. On ne sait pas si cette mine a été d'un grand produit, du moins on n'en parle plus aujourd'hui. Il n'y a à Châteauroux que les mines d'ardoises pour les toits des maisons, qui en fournissent à l'Embrunais, au Briançonnais & même à la Provence, que les muletiers y transportent. Manque population de Châteauroux.
DE GUILLESTRE
GUILLESTRE est une petite ville de Dauphiné dans le haut Embrunais, qui est éloignée d'Embrun de deux lieues & demie, d'une bonne demie lieue de Montdauphin, & de cinq lieues de Briançon. On y compte environ mille âmes, un douzième & un trente deuxième de feu pour les fonds nobles, seize feux & un vingt quatrième de feu pour les taillables.

Cette ville est située dans une plaine environnée de montagnes au levant & au midi, elle est en delà du Guil petite rivière qui vient de la vallée de Queyras & qui se jette dans la Durance à une demi lieue de Guillestre. C'est de là qu'elle a pris son nom; comme si l'on disait Extra Guil ou Guil Extra. Quoique cette ville soit petite on y entre cependant par quatre portes, qui sont la porte du Saint Esprit ou d'Embrun, celle de Saint Sébastien ou de Montdauphin, celle de Ste Catherine ou de Queyras, celle de Font-loube.

Guillestre est partagé par un petit torrent qu’on appelle Rif-bel ; la partie qui est vers le midi se nomme la ville vieille, celle qui est vers le levant la ville neuve ou le quartier de la place. Au dehors de la ville il y a quelques petits hameaux qui en dépendent, tels que Font-Loube, Pierre-Basse, Pierre-Haute, Rioubel, Grate-loup, Maison-Gauvy, la Maison du Roi, dans la combe du Queyras il n'y a qu'une famille dans ce dernier.

La ville de Guillestre n'est pas bien ancienne. Les trophées des Alpes, l'itinéraire d'Antonin et les tables de Peutinger n'en font aucune mention .Ces différents ouvrages ne parlent que de Rame, petite ville qui se trouvait entre Embrun & Briançon, où logeaient les troupes romaines qui venaient dans les Gaules, mansio ramae ; mais cette ville ayant été abandonnée insensiblement, à cause des débordements de la Durance, qui ont emporté la plus grande partie de son terroir, a donné lieu à la fondation de Guillestre. On l'appela d'abord rama alba, rame blanche. On croit qu' elle a commencé d'être bâtie vers l'an 1000, ainsi qu'on le lit sur le frontispice de l'Eglise paroissiale, où il y a cette inscription : " Hoc opus & societas B. M. d'Aquillone anno 1o1o1 ". Avant cette époque, ce n'était tout au plus qu'un village ou une paroisse comme les autres des environs. Quoiqu'il en soit, on ne trouve aucun auteur avant le XIIe siècle, qui parle de Guillestre .Dans tous les anciens cartulaires on ne voit son nom inscrit pour la première fois qu'en 1180, & c'est dans les registres de l'abbaye de Saint André de la Ville Neuve d'Avignon, à cause que le prieuré de Guillestre, dépendait de cette abbaye.

II y avait alors dans ce prieuré des moines bénédictins de même qu'aux Escouyères, à une lieue de Guillestre : ils percevaient la moitié de la dîme de Guillestre, de Ceillac & de Risoul. Ces trois endroits ne faisaient encore entre eux qu'une seule paroisse & une seule communauté d'habitants. Le Prieur de Guillestre & un Chanoine prébendé d'Embrun en sont actuellement les décimateurs.

Les Empereurs qui donnèrent à l'Archevêque la principauté d'Embrun, avec plusieurs autres privilèges, lui donnèrent aussi le comté de Guillestre, en y joignant la souveraineté & le haut domaine ; les Archevêques d'Embrun y firent bâtir un beau château qui a été démoli depuis quelques années, avec la permission de la Cour ; la plupart y passaient un certain temps de la belle saison : l'Archevêque Jacques Gelu s'y retira en 1427, avant que d'être sacré, en attendant de recevoir ses bulles de Rome.

L'enceinte de Guillestre fut beaucoup augmentée vers l' an 1300, que la ville de Rame fut totalement abandonnée, à cause des continuels débordements de la Durance, & que ses habitants se transportèrent à Guillestre .Ce n'est proprement que dans ce temps là qu'on donna à celle-ci le nom de Ville. En I507 sous l'archevêque Rostan d'Ancedune, & sous le règne de Louis XII, on agrandit considérablement l'église paroissiale : elle était trop petite pour contenir les nouveaux paroissiens qui étaient venus de Rame.

On en fit la consécration en 1532.La paroisse de Ceillac en avait déjà été démembrée, de même que celle de Risoul. On en a encore démembrée vers le milieu du XVIIe siècle, le hameau de Bramousse pour composer conjointement avec les Escouyères, la paroisse du Veyer. Ceillac à Vars sont aussi depuis un certain temps deux communautés différentes de celle de Guillestre, quoique toutes les trois aient encore en commun les bois, les forêts & les pâturages.

L'archevêque d'Embrun est seigneur temporel de Guillestre, où il a plusieurs droits seigneuriaux, comme le fournage, l'albergement des montagnes, bois & pâturages, les droits de chasse, de pêche, etc. En qualité de seigneur haut justicier, il fait rendre aux habitants bonne & prompte justice par ses officiers, non seulement lorsqu'ils siègent, à Embrun, mais encore lorsqu'ils vont aux foires de Guillestre où ils rendent un grand service au public, en décidant sur le champ tous les différents, qui ne sont que trop ordinaires dans ce temps-là, en veillant exactement, afin que le bon ordre soit observer

On a déjà fait remarquer ailleurs, qu'il y a quatre foires à Guillestre ; les deux principales sont celles de Saint Luc en automne, où se rendent plusieurs marchands du Piémont, de la république de Gênes, du comtat Venaissin, de Provence, de Languedoc, & des autres provinces du royaume. Outre les foires, il y a un marché toutes les semaines, qui se tient le lundi, iI y a dans cette ville un bureau de contrôle et un bureau de la ferme, dont le receveur a pour subordonnés ceux de Vars & de Ceillac & qui paye annuellement au fermier environ deux cens livres.(l)

Le prieuré de Guillestre est depuis longtemps possédé par un séculier, & il est de la nomination & de la collation de l'Archevêque d'Embrun : autrefois le Prieur lui prêtait hommage comme à son seigneur, pour les fonds de terre qui en dépendent. Ce prieuré rend annuellement, charges payées, mille livres à celui qui en est pourvus il y a encore un autre prieuré fondé dans cette paroisse, qu'on appelle le prieuré de Notre Dame de la Chalp qui a des droits de dîmes dans les paroisses de Saint Martin de Queyrières, & d'ailleurs.

On y trouve aussi quelques chapellenies que l'on vient de réunir pour l'établissement d’un troisième prêtre, & pour augmenter les revenus du curé qui avait que la portion congrue ; de sorte qu'il y aura à l'avenir dans cette paroisse, un curé & deux vicaires.

La ville de Guillestre a été obligée de soutenir deux sièges. Le premier en 1387 parmi les huguenots : après qu'ils eurent pris la ville d'Embrun, 1e duc de Lesdiguières y envoya le capitaine Jacques le Roure, pour l'assiéger. La Valette, frère du duc d'Epernon, était dans la place avec une bonne garnison ; elle fit une belle résistance. Mais l'artillerie des ennemis tirant continuellement sur la ville, les assiégés furent obligés de l'abandonner & de se retirer au château d'où ils sortirent ensuite d'un traité qu'ils firent avec l'ennemi. Guillestre fut démantelé; le duc de Lesdiguières ne voulant pas garder cette place qu' regardait comme peu importante,

Le second, siège fut en 1692 par le prince Eugène de Savoie. Il n'y avait alors à Guillestre que les milices de Dauphiné & deux compagnies d'irlandais dans le château de l'archevêque. Les assiégés résistèrent vigoureusement six jours : mais n'ayant plus de munitions ils furent obligés de se rendre.

Cependant leur capitulation fut; honorable ; il fut convenu que les cloches de la paroisse seraient conservées, & que la ville jouirait de ses anciens privilèges. On peut remarquer ici au sujet de ses cloches qu'il y en a une assez grande, qui est du XIe siècle.

On peut mettre au nombre des martyrs, un religieux de l'ordre de Saint François, natif de Guillestre, nommé Antoine Carbonatius, ou Charbonnel. Ce bon religieux se retirant en I574 par obéissance de son gardien, de la ville de Salon en son couvent à Marseille, fut rencontré en chemin par les huguenots de Menerbe dans le comtat qui faisaient des courses en Provence. Ces hérétiques exercèrent sur lui les cruautés les plus inouïes : après l'avoir pris, ils le dépouillèrent tout nu, lui coupèrent le nez, les oreilles, & ce qu'on ne doit oser nommer ils l'attachèrent ensuite à la queue d'un furieux cheval qui courant à toute bride, le traîna si longtemps par les ronces & les pierres, qu’il mourut dans cet horrible tourment.

(l) M. de Lévi, archevêque d ' Embrun, avait établi en 1535 des foires à Guillestre, où l'on ne payerait aucun droit d'entrée & de sortie pendant huit jours.
On compte à la Ville environ 180 familles, & à Fontloube 6, à Pierre-Basse 7; à Pierre-Haute 9, à Rioubel 6, à Grate-Loup 2, à Mont-gauvy 2: à la Maison du Roi l, au Martinet l, aux Martins des Faures 2.

Total 126 familles, 1000 personnes.
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