Histoire géographique, naturelle, ecclésiastique et civile du





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DE LA ROCHE
LA ROCHE, paroisse & communauté du haut Embrunais, situé entre la Bessée & Saint Crépin, pardessus le grand chemin qui conduit d'Embrun à Briançon, à quatre lieues d'Embrun,& à trois de Briançon. On y compte trois principaux hameaux sans le chef-lieu, qui sont Prareboul du côté de Saint Crépin, le Serre & le Château du côté de la Bessée, 114 familles, six cens personnes, trois feux un tiers & un huitième de feu pour les fonds taillables. Il n'y a point de fonds nobles ou exempts de tailles.

L'Archevêque d'Embrun en est seigneur temporel & spirituel. Il y tient un châtelain qu'il nomme lui-même. La Roche ne faisait autrefois qu'une communauté avec Chancella à Freyssinières, qui sont au-delà de la Durance. Mais dans le XIVe siècle, ces trois endroits furent divisés en autant de communautés. Son terroir est on grande partie perché sur des rochers, d'où lui est venu 1e nom de Roche. On n'y voit qu'une plaine assez étroite entre le pied de la montagne & la Durance, qui est souvent inondée par cette rivière.

Au levant du village de la Roche, il y a un grand lac, où l'on pêche de très bonnes carpes. Les habitants de ce pays s’occupent beaucoup de faire de la poix, qui fait la matière de leur principal commerce, de même que le bois, & le charbon, qu'ils vont vendre à Briançon, ou qu'ils apportent à Embrun.

L'église paroissiale de la Roche est sous le titre de Saint Laurens, martyrs. Pelade, archevêque d'Embrun y avait consacré une, à l'honneur de ce saint martyr, & y avait déposé de ses précieuses reliques; mais les Sarrasins qui vinrent ensuite,& qui détruisirent les églises de ce diocèse, n' épargnèrent pas celle de la Roche .L'église actuelle aura sans doute été bâtie sur ses ruines. Il n'en parait néanmoins aucune,& on croit qu'elle a été construite avant l’an 1444, que la paroisse de la ville de Rame fut unie à celle de la Roche .Elle est desservie par un curé & un vicaire. Il n'y a point de chapelle fondée qui soit sujette à payer des décimes. On peut de rendre de la Roche à Arvieux par la montagne de l'Ozon en quatre heures à pied.

Récapitulation des familles & des personnes de la Roche...

On compte au chef-lieu 13 familles, à Prareboul 8, aux Isoards & Coutins 8, au Mas de Gillis & Billis 7, aux Bonnafé 9, au Serre 13, au Château 18, au Mas des Bruns 14, à la Fare 10.

Total 116 familles, 520 personnes.
DE SAINT CREPIN
SAINT CREPIN, paroisse & communauté, située entre la Roche & le Mont-Dauphin, sur le grand chemin d'Embrun à Briançon à trois lieues d'Embrun, à quatre de Briançon, & à demi lieue de Mont-Dauphin. On y a établi l'étape depuis quelques années, pour éviter environ une lieue de chemin aux troupes qui allaient autrefois prendre logement à Guillestre. On compte environ neuf cens âmes, un vingt quatrième & un quatre vingt seizième de feu pour les fonds nobles, six feux & demi pour les fonds taillables, en y comprenant ce qui concerne la paroisse d'Eygliers. Ces deux paroisses sont énoncées au bureau de l'élection de Gap ne composer qu'une même communauté, quoiqu'elles fassent actuellement deux différentes; on croit que le dénombrement d'Eygliers tant pour ce qui regarde la communauté que la paroisse a été fait, avant le XVIIe siècle.

Celle de Saint Crépin est formée de plusieurs hameaux : du chef-lieu, de Chanteloube en delà de la Durance, de l'Adroit dans la montagne du Villard, du Villaron, de Guion, du Gros &.c. Quelques uns de ces hameaux sont fort éloignés de la paroisse comme celui de l'Adroit, où il faut trois heures de marche pour y arriver, car on est obligé de passer par le terroir de la communauté de la Roche, où le chemin est très difficile.

L'archevêque d'Embrun en est le seigneur temporel & il y perçoit la dîme conjointement avec le curé qui prend le titre de prieur, & avec un chanoine de la métropole. Il y avait anciennement plusieurs seigneurs qui étaient obligés de prêter hommage à l'archevêque Hugues de Bardonnèche le lui prêta en 1299. On voit encore les ruines de leurs châteaux au-dessus de l'église, sur un rocher escarpé du côté de la Durance.

L'église paroissiale est sous le titre de Saint Crépin. & Crépinien dont la fête se célèbre le 25 octobre. Elle a été bâtie en 1452, ainsi qu'on le lit sur la pierre qui est au-dessus de la grande porte. Avant ce temps-là le service divin se faisait dans une autre église qui était sous le titre de Notre Dame, dont on voit encore les masures à quelques cens pas de Saint Crépin, du côté de Briançon. Les habitants d'Eygliers s'y rendaient également, & l'on y va encore souvent en procession.

II y a dans cette paroisse un curé & deux vicaires, dont l'un a pour revenus le produit de quelques chapellenies qui ont été unies à la vicairie. Il est obligé de résider au hameau de Chanteloube, lorsque le pont qui est sur la Durance a été emporté par les eaux, ce qui arrive assez souvent.

L'air de Saint Crépin est assez bon. Il y fait beaucoup de chaleur pendant l'été, à cause des rochers escarpés qui le dominent, & qui la réfléchissent dans le vallon. Le terroir en est vaste, mais il est défiguré par les torrents qui ont ravagé ce qu'il y avait de plus beau.

Lorsque le Dauphin Guignes André, donna en 1210 à l'archevêque d'Embrun les terres du comté de Embrunais, & qu'il les reprit en fief & se reconnut son vassal, se réservant néanmoins une partie du fief de quelques unes, il fut convenu que le haut fief du château & de la terre de Saint Crépin demeurerait absolument à l'archevêque, avec tous les hommages des chevaliers & des gentilshommes vassaux.

Récapitulation des familles & des personnes de Saint-Crépin

II y a au chef lieu 39 familles, à Chanteloube 30, à l'Adroit dans la montagne 16, au Villard 48, à Guion 7, au Villaron 4, à la Combe 2, à l'Etalie 2, aux Hodouls 4, au Gros en allant à Mont-Dauphin 7.

Total 179 familles, 900 personnes.
D' EYGLIERS
EYGLIERS, paroisse située au-dessus de Mont-Dauphin, qui compose avec cette ville la même communauté. Il y a environ six cens personnes & cinq cens habitants qui sont dispersés en quinze hameaux différents; on appelle communément le chef-lieu la quartier du Roi. Le terroir de cette paroisse est borné au septentrion par la montagne, au levant & au midi par la rivière du Guil qui vient de la vallée de Queyras,& au couchant par la Durance li est formé de plusieurs coteaux. On y voit très peu de plaine, & encore moins des prairies, par le défaut des eaux pour les arroser. Des champs & des vignes, c'est tout ce qu'on y trouve, dont la culture occupe les habitants pendant toute l'année.

Depuis qu'Eygliers avait été démembré de Saint Crépin, il faisait seul une communauté; mais en 1753 il a plu au Roi de l'unir avec Mont-Dauphin, pour ne former entre les deux qu'une même communauté. Le premier consul doit toujours être de Mont-Dauphin, de même que le secrétaire-greffier, le second consul & l'adjoint sont à Eygliers.

L'archevêque d'Embrun en est le seigneur temporel, & il y nomme un châtelain qui réside à Mont-Dauphin. Le pont qui est sur le Guil entre Eygliers & Guillestre, s'appelle le pont du Simoust.

L'église paroissiale d'Eygliers a pour titulaire Saint Antoine abbé. Elle a été bâtie en 1630, ainsi qu'on le voit écrit à la voûte du chœur. Il y a un curé & un vicaire & une chapelle, fondée sous le titre de Saint Jacques, qui ne demande pas résidence. On conserve dans la sacristie de cette église des précieuses reliques d'un Saint Guillaume. C'est une main de ce saint que l'on dit lui avoir été donnée miraculeusement étant né avec une seule main.

Ce saint vivait au commencement du XIIe siècle & s'occupait à garder les troupeaux sur la montagne qu'on appelle le Mont Guillaume au-dessus d'Embrun. Dieu voulut se servir de lui pour préserver les chanoines réguliers qui habitaient le monastère de Notre Dame des Calmes, près de la Durance, dans la plaine de Fazy, d'une inondation qui devait bientôt arriver.

Il les fit avertir par ce saint berger du danger auquel ils étaient exposés; mais ils n'ajoutèrent pas beaucoup de foi à ses paroles. Quelques jours après il se présenta encore à eux pour les en avertir de nouveau. Ils lui virent au bout du bras une main qu'il n’avait jamais eu aussi naturelle que s'il avait eue dès sa naissance. Ils reconnurent le miracle & profitèrent des avertissements qu'il 'leur donnait. Ils quittèrent cette contrée & pillèrent habiter à Boscodon. La main de ce berger a été conservée depuis, dans une châsse d'argent avec cette inscription: Manus de coelo missa.

On la poète processionnellement tous les ans le lundi de Pâques à la chapelle de Saint Guillaume qui est sous le Mont Dauphin où on l'expose à la vénération des fidèles. Cette chapelle eu il y avait un petit ermitage à coté est bâtie dans l'endroit où était le monastère de Notre Dame des Calmes, connu par différents actes du douzième siècle. Par le col d'Eygliers on peut se rendre en deux heures & demi à Arvieux en Queyras, en passant par le col de Furfande.

Récapitulation des familles & des personnes d'Eygliers.

Il y a au chef-lieu 15 familles, à la font d'Eygliers 18, à Gros 16, à Boyère 10, à l'Allemagne 2, aux Oliviers 6, au Balps 13, aux Anselmes 4, aux Morels 4, au Serre 2, à la Frairie 4, aux Clayers 4, aux Oliviers du Gros 3, au Gros 3.

Total 105 familles, 600 personnes.
DU MONT-DAUPHIN
MONT-DAUPHIN, ou le Mont-Dauphin, ville & place forte du haut Dauphiné, située sur un roc escarpé de trois cotés, dont le pied est arrosé par les eaux du Guil. Cette ville est éloignée de trois lieues d'Embrun, de cinq de Briançon, & d'une de Guillestre. Elle le serait encore moins de cette dernière ville si l'on faisait un pont de communication sur le Guil, en droite ligne de Mont-Dauphin à Guillestre, où il y a une bute de roc de chèque coté, sur lesquels on en pourrait poser les fondements. La place de Mont-Dauphin n'est pas bien ancienne. On n’a commencé à la bâtir qu'en 1693.

Victor Amédée, duc de Savoie, passant en 1692 avec son armée sous la plate forme où elle est bâtie pour aller faire le siège d'Embrun, dit à quelqu'un de ses généraux que était -là un bon poste s'il était fortifié. On profita de l'avis. A peine son armée se fut retirée, que le roi louis XIV y envoya le sieur Vauban, son grand ingénieur, avec le maréchal de Catinat & quelques autres célèbres ingénieurs, pour en tracer le plan. On y a fait deux grands corps de casernes dans l'un desquels est placé l'hôpital militaire .On y voit un arsenal très considérable & un nombre de maisons que ces particuliers y ont fait bâtir, toutes alignées au cordeau. Elles sont à droite & à gauche d'une belle & grande rue,

Le Mont-Dauphin n'a qu'une seule porte du côté du village d'Eygliers. Il est entouré de ce côté-là d'un rempart d'un fossé assez profond, d’une contre escarpe & d'un chemin couvert palissadé.

L'église qui a pour titulaire St Louis, roi de France, avait été commencée sur un très beau plan. Mais elle n'a point été achevée. Il n'y a que le chœur qui soit fini, où l'on célèbre le service divin, & une très vaste sacristie qui sert de chapelle à une confrérie de pénitents. Deux aumôniers ayant des brevets de la cour, y font les fonctions de curés.
Il y a un grand état-major, composé d'un gouverneur, d'un lieutenant du roi, d'un major, d'un aide major, d'un capitaine de portes ayant brevet d'aide major. Il y a aussi ordinairement un capitaine d'artillerie de résidence, un ingénieur en chef qui a souvent sous lui plusieurs ingénieurs ordinaires.

On compte à Mont-Dauphin soixante quatre familles qui forment le nombre de trois cens âmes, outre la garnison, qui pour l'ordinaire est composée de deux bataillons.

La place de Mont-Dauphin n'a été proprement érigée en ville qu'en 1733, qu’elle fut unie par un arrêt du Conseil du roi à la paroisse d'Eygliers, pour ne former entre les deux qu'une communauté d'habitants. Le premier consul doit toujours être de Mont-Dauphin, de même que le secrétaire greffier. Il y a un châtelain nommé par l'archevêque d’Embrun, qui est juge de police. Quoique Mont-Dauphin soit située vers le midi & que les montagnes des environs qui sont assez éloignées, ne lui ôtent pas le soleil, on n'y ressent jamais de grandes chaleurs. Il s'y lève tous les jours vers les dix heures, surtout pendant l'été, un vent froid qui ne cesse qu'après le coucher du soleil. C'est pourquoi on appelait autrefois en langue vulgaire le terrain où cette ville a été bâtie mille aures, comme si l’on disait mille vents.
La ville n'est point cadastrée à cause que les habitants sont exempts de tailles. Les marchés s'y tiennent le mardi & les foires le 23 avril & le 29 septembre.

Total 64 familles, 300 personnes.


© 2009 Pays-Guillestrin

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