Le Parapet Paris IL y a 100 ans





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Le Parapet

Paris il y a 100 ans


septembre 2006 n°50
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PARIS il y a 100 ans

Comment justifier la présentation dans Le Parapet d’extraits du livre d’Elizabeth Hausser paru aux éditions de Minuit, Paris au jour le jour de 1901 à 1919, si ce n’est par le plaisir que nous avons eu à le parcourir en tous sens, passant de tel jour “historique“ – la réhabilitation de Dreyfus – à telle année aux liens plus personnels – que se passait-il à Paris à la naissance de mon père ? C’est Laurence Lefèvre qui m’a fait découvrir et s’est astreinte à recopier les larges extraits que vous pourrez lire. Il est abondamment illustré, mais pour des raisons techniques, nous avons ici reproduit des images saisies sur internet, notamment sur le site www.delcampe.net d’une richesse incomparable (publicité gratuite !). Il y a 100 ans, donc, en 1906…

JANVIER

« C’est la danse nouvelle

Mademoiselle

Il faut cambrer la taille

D’un air canaille » : une nouvelle danse fait fureur, la mattchiche, on la danse en costume espagnol avec force coups de reins, mais dans les salons les jeunes filles de bonne famille ne font qu’esquisser leurs déhanchements.ecranbio

Le lundi 15 le journal « La Revue » publie cet article : « Les romans féminins sont le plus souvent faibles, mal composés, dépourvus d’art. Comment donc en expliquer le succès ? Il doit tenir à ce que nous apprenons de piquant sur la psychologie d’un sexe encore peu connu. »

Le mercredi 17 le Parlement désigne le nouveau président de la République : c’est Armand Fallières, sénateur radical Lot-et-Garonne, qui l’emporte par 449 voix contre 371 à Paul Doumer. Le président a 64 ans, c’est un Gascon, il est gourmand et généreux, il succède à Emile Loubet.

Le vendredi 19 a lieu une interpellation à la Chambre sur l’appréciation de la loi de séparation de l’église et de l’état, en particulier sur les inventaires des biens d’église.

Le dimanche 28 commencent les inventaires des biens du clergé à Paris. Mgr. Richard demande aux fidèles de se trouver dans leur église quand les agents chargés de l’opération se présenteront « afin de protester par leur présence passive ».

Le mercredi 31, à Saint-Roch, l’arrivée de l’agent des domaines interrompt un cantique. « Au voleur ! A la porte ! » crie la foule. Suit une bagarre, l’agent doit se réfugier dans une maison voisine, la police effectue 44 arrestations. Incidents aussi à Saint-Etienne-du-Mont, mais dans la plupart des autres églises et à Notre-Dame, tout se passe dans le calme.

FEVRIER

Le jeudi 1er, inventaire à Sainte-Clotilde, l’église est pleine, le parvis noir de fidèles. Le préfet de police arrive, met ses troupes en place, le tocsin sonne, puis le glas, et l’assaut est donné. A coups de hache, les pompiers brisent les portes et, après 35 mn de lutte, la police pénètre dans l’église. Nombreux blessés, 16 arrestations fermes.

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Le vendredi 2 inventaire à Saint-Pierre-du-Gros-Caillou, les grilles sont fermées, sous le péristyle se tiennent Léon Daudet, Drumont, la marquise de Mac-mahon. Lépine paraît, se fait insulter et, après trois sommations, fait donner l’assaut. Quand la police pénètre, tout est dévasté. 47 manifestants sont arrêtés. Le pape télégraphie à l’épiscopat pour conseiller de ne pas s’opposer aux inventaires.

Le dimanche 4, réunion organisée par la « Ligue contre la licence des rues » à la Sorbonne. L’assistance est violemment hostile. Le sénateur Bérenger termine difficilement sa harangue. L’abbé Sertillanges, flétrissant « les obscénités immondes, les cartes postales immorales, les illustrations lubriques qui, sous le masque de l’art, courent librement les rues », se fait huer. La salle est évacuée.

Mardi 6. Mme Colette Willy débute sur la scène du théâtre des Mathurins. Elle joue le rôle d’un faune dans la pantomime Le désir, la chimère et l’amour. On note « son aisance spirituelle, son jeu original, sa souplesse charmante servie par des muscles d’acrobate.

Mardi 13. L’Académie de médecine demande une réglementation sanitaire plus rigoureuse pour les émigrants en transit. Les massacres d’Arménie, les pogroms de Russie précipitent vers les Etats-Unis un grand nombre de malheureux dont beaucoup s’embarquent au Havre.

MARS

Jeudi 1er. La Seine en crue atteint 4m71 au Pont-Royal (cote moyenne : 2m48).

Samedi 3. Le service des bateaux omnibus est interrompu sur la Seine. A Bercy, 25 000 fûts de vin sont dans l’eau.

Dimanche 4. Recensement de la population. Paris compte 2 763 393 habitants, la Seine 3 848 618 (soit une augmentation de 129 363 en cinq ans), la France 39 252 245 sur lesquels 1 009 415 sont étrangers. Chaque année environ 2100 étrangers sont naturalisés : ce sont principalement des Italiens (35%), des Belges (20%), des Alsaciens-Lorrains. Le mois de mars est celui où l’on meurt le plus…

Mardi 6. La Seine atteint 5,35 m. Le lendemain, la décrue s’amorce lentement.courrieres4

Mercredi 7. Chute imprévue du ministère Rouvier, après une séance incohérente à la Chambre, à propos des inventaires.

Dimanche 11. L’annonce de la catastrophe de Courrières (1200 mineurs victimes d’un coup de grisou) provoque une profonde émotion suivie d’un bel élan de solidarité.

Mercredi 14. Présentation du cabinet Sarrien. Pour la première fois Clémenceau, le « tombeur de ministères », a accepté un portefeuille, à 65 ans, il est à l’Intérieur. Le nouveau ministère se trouve devant une situation difficile : les mineurs du Nord sont en grève, les inventaires continuent de provoquer des incidents, et les socialistes préparent des manifestations pour le 1er mai.

Lundi 19. Fête aux magasins du Printemps complètement transformés ; le grand escalier central, œuvre de Binet, est très admiré.

Samedi 31. 20 jours après la catastrophe de Courrières, 13 hommes sortent de la mine, épuisés. Cinq jours plus tard, un quatorzième rescapé apparaîtra.

AVRIL

Jeudi 5. Deux survivants de Courrières sont à Paris, invités par le Matin, qui publie leurs souvenirs. Ils sont reçus à la gare du Nord comme des souverains, on les embrasse, on les acclame.

Dimanche 8. Rameaux. La foire aux jambons et à la ferraille s’ouvre jusqu’au 12 sur le boulevard Richard-Lenoir.

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Mercredi 11. Un fin brouillard sec et jaune obscurcit le ciel, formé de cendres amenées par le vent depuis le Vésuve en éruption (communication à l’Académie des sciences).


Photo de mariage de Pierre et Marie Curie (1895) ©ACJC
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Vendredi 13. 300 facteurs en grève sont révoqués et immédiatement remplacés (les postulants sont nombreux pour ce genre d’emploi).

Mardi 17. La grève des facteurs tire à sa fin. Clémenceau se rend dans le Nord où, à la suite des grèves, ont lieu des émeutes sanglantes.

Mercredi 18. Arrivée d’une mission chinoise chargée d’étudier l’organisation politique, économique et militaire des puissances européennes et de s’initier aux découvertes scientifiques. Elle séjournera en France jusqu’au 9 mai.

Jeudi 19 Deux heures et demie, rue Dauphine. Il pleut. Un passant traverse en courant, évite un fiacre, et butte contre l’attelage d’un lourd camion ; le cheval se cabre, l’homme glisse et tombe, une roue lui écrase la tête. Pierre Curie est mort, il avait 46 ans. On transporte son corps à son domicile, 108 bd Kellermann ; sa femme et collaboratrice ferme sa porte, devant laquelle s’accumulent les témoignages de sympathie. Deux jours plus tard, elle l’enterre sans aucune pompe, en présence de quelques amis et de ses élèves. Sur le cercueil une seule gerbe de fleurs, que Marie Curie effeuille jusqu’à la dernière.

Samedi 21. Le Penseur de Rodin, acheté par souscription, est mis en place devant le Panthéon.

Mardi 24. Mise en service de la ligne n°6 du métropolitain, des stations Trocadéro à Porte-d’Italie. La plus grande partie de cette « circulaire sud » est aérienne, le trajet effectué en 28 mn. Sujet de plaisanterie : le nom de la station Cambronne que le chef de train annonce à voix haute.

Vendredi 27. Clémenceau, qui a annoncé son intention de maintenir l’ordre le 1er mai, fait venir 6000 cavaliers et 20 000 fantassins pour renforcer la garnison de Paris (15 000 hommes). Les transports de troupe arrivent dans les gares, tandis que les Parisiens fuient vers la campagne ou poursuivent le siège des épiceries (on a vendu cette semaine 30 000 jambons). A 11 heures du soir, une charge de dynamite manque de faire sauter le viaduc d’Argenteuil. Le lendemain, ponts, gares, réservoirs d’eau et usines à gaz sont gardés militairement.

Dimanche 29. Il y a des soldats partout : à la galerie des Machines (2000 hommes, 1000 chevaux), dans chaque bastion des fortifications, chez l’habitant, au Tivoli-Vauxhall et autres salles de réunion. Les Parisiens se promènent, regardent les soldats et essayent de se rassurer. Aux dernières « nouvelles », les grévistes auraient l’intention de bourrer les tunnels du métro de dynamite et de tout faire sauter.

Lundi 30. Le préfet Lépine met ses 50 000 hommes en place. Chacun d’eux reçoit deux paquets de cartouches. Les grévistes terminent leurs préparatifs.

MAI

Mardi 1er. Paris s’éveille dans un calme étrange. Les rues, les boulevards sont vides ; peu ou pas de voitures ; les magasins sont fermés ou entrouverts sous la protection de leurs grilles. Dans plusieurs quartiers les poubelles n’ont pas été vidées. Les banques sont gardées, mais nul n’y entre. Les écoles ont un tiers d’absents. Les chantiers du métro sont fermés, boulons et cailloux ont été enlevés pour ne pas servir de projectiles. Aux alentours de la République, point crucial (la Bourse du travail est toute proche, rue du Château-d’eau), du sable a été répandu pour faciliter les charges de cavalerie, de nombreux postes de secours établis, toutes les boutiques sont closes. Les agents patrouillent, sur la place les dragons tournent comme au manège. Vers 11 heures, une manifestation est dispersée. A 5 heures, les réunions sont terminées à la Bourse du travail et des heurts se produisent : injures, jets de pierres, la troupe charge, la foule se disperse. Faubourg du Temple, les manifestants font voler les vitres d’une voiture du funiculaire de Belleville et renversent un omnibus. Dans la soirée, nouvelles collisions. A 10 h 30, tout est calme. 665 arrestations, 200 blessés, dont 28 conduits à l’hôpital, une seule (un officier) est gravement atteinte. La plupart des théâtres sont fermés mais à l’Opéra le festival Beethoven-Berlioz réunit une salle des plus brillantes.manif 1er mai 03manif 1er mai 01

Jeudi 3. Explosion au bois de Vincennes dans le massif des Quinconces : deux anarchistes russes sautent avec une bombe que l’un d’eux transportait dans sa poche. Ils préparaient un attentat contre un grand-duc de passage à Paris.

Mardi 8. Au cours d’un orage, une explosion rue des Plante : deux anarchistes français confectionnaient des bombes sur le marbre d’une cheminée, ils sont trouvés grièvement blessés.

Jeudi 10. vente de la collection de tableaux Eugène Blot. Fleurs de Tahiti de Gauguin est adjugé 2900 fr., Tournesols de Van Gogh 4000 fr, Maison abandonnée de Cézanne 6100fr, Au Moulin Rouge de Toulouse-Lautrec 920fr.om4855103824

Vendredi 11. Incendie de la halle aux cuirs, 15 000 m2 en ruines sous lesquelles le feu va couver pendant une semaine, 10 millions de dégâts mais pas de victime.

Mardi 15. La comtesse Greffulhe a créé une Ligue des petits chapeaux pour détrôner l’édifice empanaché qui orne le chef des dames, même au théâtre. Aidé de femmes du monde, elle a confectionné quelques modèles qu’elle vend en son hôtel de la rue d’Astorg.

Mercredi 16. Fondation par le prince Albert de Monaco de l’Institut océanographique qui s’élèvera rue Saint-Jacques.

Dimanche 20. Pendant le deuxième tour de scrutin des élections législatives, un groupe de fiacres chargés de femmes parcourt les boulevards, de larges pancartes proclament : « La Femme doit voter ; elle subit les lois, elle paye les impôts. Nous voulons le suffrage universel et non le suffrage unisexuel ».

Dimanche 27. Inauguration d’une statue de Corneille place du Panthéon.

JUIN

Vendredi 1er. Fête des fleurs au Bois de Boulogne. André Antoine devient directeur de l’Odéon. Installation de la nouvelle Chambre. Henri Brisson est élu président.

Samedi 2. Mise en service de la ligne Paris-Milan par le Simplon.

Dimanche 3. Mise en service de la ligne n°5 du métropolitain, de la place d’Italie à la gare d’Austerlitz.

Mercredi 6. Le conseil municipal émet le vœu que le 1er mai soit considéré comme jour férié.

Lundi 11. La Compagnie générale des omnibus met en service sur la ligne Montmartre-Saint-Germain-des-Prés les premiers omnibus automobiles, presque aussitôt baptisés « autobus » par le public. Le trajet est parcouru en 25mn au lieu de 45. Innovation : les autobus ne s’arrêtent pas au gré des voyageurs mais seulement à des points marqués d’une pancarte.

Vendredi 15. Ouverture des débats du second procès en cassation de Dreyfus.

Dimanche 17. Grand prix cycliste de Paris.

Mardi 19. Arrivée de Sisowath, roi du Cambodge. La gare de Lyon, surchargée de plantes vertes, de tentures rouges et d’agents de police, est noire d’une foule avide d’exotisme.

Le roi paraît, en habit barré du cordon de la Légion d’honneur et pantalon cambodgien de soie violette s’arrêtant au genou. Il est conduit en grand cortège avenue Malakoff où un hôtel a été aménagé pour lui et sa suite (cinq fils, trois ministres, six favorites, onze musiciennes). Il est ensuite reçu par le président Fallières.

Lundi 25. A la Cour de cassation, le procureur général Baudoin annonce qu’il demandera la cassation du procès Dreyfus sans renvoi.

Mercredi 27. Grand émoi au ministère de l’Intérieur. Clémenceau établit la journée effective de sept heures : tout le personnel devra se trouver à son poste de 9h à midi et de 3 h à 7 h. Autre réforme demandée par le ministre : la suppression du « passage à tabac » dans les commissariats après certaines arrestations.

JUILLET

Parution des Désenchantées de Pierre Loti : toutes les femmes sensibles vont pleurer sur le sort des jolies turques rêvant d’amour et de littérature derrière les grilles d’un harem.

Dimanche 1er. Garden-party à l’Elysée. Le roi Sisowath vient avec ses danseuses aux ongles d’or qui interprètent un drame épique – et passablement érotique – au milieu de la pelouse.

Mercredi 4. Départ du Tour de France cycliste, à 5h du matin, porte Maillot : 96 coureurs prennent la route de Lille, pour un circuit de 4478 km.

Mardi 10. Le Sénat vote la loi instituant le repos hebdomadaire. Tous les travailleurs devront se reposer durant 24 h consécutives chaque semaine sans que leur salaire en soit modifié : le jour de repos sera le dimanche, sauf dérogation spéciale.

Jeudi 12. Epilogue du procès Dreyfus. Après trois audiences de délibéré, la Cour de cassation rend son arrêt : la sentence du conseil de guerre est cassée sans renvoi. « L’incident » est vraiment clos cette foi, un incident qui depuis 1894 a fait couler des flots d’encre et de venin. Cependant Alfred Dreyfus va garder d’irréductibles adversaires.5041

Poincaré présente à la Chambre le plan d’un projet d’impôt progressif sur le revenu.

Vendredi 13. Clôture de la session parlementaire. Le gouvernement fait lire un projet de loi réintégrant le capitaine Dreyfus dans l’armée avec le grade de commandant. Silence suivi d’un brusque éclat entre un socialiste et un nationaliste, coups de poing, injures. Suspension de séance. A la reprise, la réhabilitation de Dreyfus est votée par 473 voix contre 42. Albert Sarrault, le jeune sous-secrétaire d’Etat à l’intérieur, assène une gifle au député Pugliesi-Conti, nationaliste qui déclarait « un gouvernement qui laisse inculper l’armée est un gouvernement de lâches et de misér… »

Dans la soirée, Pugliesi-Conti et Sarrault se battent en duel à Ville-d’Avray. Pas de victime.

Samedi 14. Fête nationale ; La Ville fait distribuer 10 000fr aux pauvres de Paris, 20 000 fr. à ceux de banlieue.

Samedi 21. Dans cette même cour de l’Ecole militaire où il avait été dégradé le 5 janvier 1895, Alfred Dreyfus est décoré de la Légion d’honneur, devant une assistance peu nombreuse. L’Affaire est terminée.

Dimanche 22. Santos-Dumont fait ses premiers essais en aéroplane. Afin de se familiariser avec son appareil, il l’accroche à un ballon dirigeable et évolue ainsi au-dessus de la pelouse de Bagatelle.

Samedi 28. Au conservatoire Lily Laskine, 12 ans, reçoit un premier prix de harpe.

Dimanche 29. Arrivée du Tour de France au Parc des Princes, le vainqueur est Pottier.

AOUT

Grands travaux dans Paris : la rue de Rennes, la place Saint-Michel, l’avenue de l’Opéra, la place de la Bastille sont en partie défoncées pour la construction du métro ; le pont du Carrousel est en réfection ; on perce le boulevard Raspail entre les rues de Grenelle et de Varenne.

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Mercredi 15. Publication de l’encyclique Gravissimo officii par laquelle Pie X renouvelle sa condamnation de la loi de séparation.

Réaction consternée du public catholique : refuser la loi implique le refus de l’attribution des biens ecclésiastiques et des pensions viagères (11 millions de francs) et allocations temporaires (18 millions) offertes aux prêtres par le gouvernement.

Lundi 20. Mise en service d’une deuxième ligne d’autobus, sur le trajet Hôtel de Ville-Neuilly.

SEPTEMBRE

Dimanche 2. Jour inaugural du repos hebdomadaire et dominical. Les grands magasins sont fermés, les petits en sommeil.

Jeudi 13. Thérèse Humbert, bénéficiant de réductions de peine, débarque à la gare Montparnasse avec 11f 50 en poche.

Mercredi 19. Inauguration de l’hippodrome du Tremblay.

Jeudi 20. Jusqu’au 7 octobre, concours Lépine, à l’Alcazar d’Eté (jardin des Champs-Elysées). Grand succès pour l’ « autocatastrophe », automobile-jouet qui se disloque comme sous le coup d’un accident mais dont les morceaux se rajustent.

Dimanche 23. Les évêques font leur totale soumission au pape, ils ne formeront pas d’associations cultuelles.

Le repos dominical s’organise malaisément. Certains bazars populaires ouvrent le matin, ce qui déplaît aux syndicats ouvriers. Une manifestation devant une boutique de Ménilmontant se termine dramatiquement : le patron meurt d’émotion.

Dimanche 30. Coupe d’aérostation Gordon-Benett. 16 ballons quittent les Tuileries à 5 heures du soir, 9 atterrissent en France, les autres en Angleterre.

OCTOBRE

Vendredi 5. L’Humanité est en difficulté. Jaurès avoue qu’il est à bout de souffle, il a 4000 abonnés et vend 30 000 exemplaires par jour, il lui faut 5000 abonnés et la vente de 10 000 ex. de plus. Une souscription s’ouvre, qui permettra de franchir ce mauvais pas.

Vendredi 12. Pour la première fois, une jeune fille est admise à l’Ecole Normale Supérieure, en section sciences.

Lundi 15. Exposition d’art russe au Grand Palais. Le Tsar et les membres de sa famille ont prêté les plus belles pièces de leurs collections.

Réception du Lord-Maire de Londres. Les fastes britanniques traversent Paris devant une foule sidérée.

Mercredi 17. 45 landaus promènent le Lord-Maire et sa suite des Halles au bois de Boulogne. On déjeune à Bagatelle, on visite les égouts et le métro, on applaudit Faust à l’Opéra.

Vendredi 19. Ferdinand Sarrien remet sa démission de Président du Conseil pour raisons de santé.

Dimanche 21. Le président Fallières offre à Clémenceau de constituer le gouvernement.

Lundi 22 : Premier congrès international d’hygiène alimentaire. A l’ordre du jour, la nourriture des travailleurs : l’ouvrier parisien mangerait trop de viande et pas assez de sucre, l’ouvrière trop de légumes verts et pas assez de farineux.

Mardi 23 : Formation du cabinet Clémenceau.

Jeudi 25. Reprise saisonnière des championnats de lutte au Casino de Paris, aux Folies-Bergère, au cirque Métropole.

Mercredi 31. Le professeur Poirier demande la création d’un institut du cancer « qui éveille et suscite les initiatives en même temps qu’il centralise les résultats des recherches ». Des organismes de ce genre existent en Angleterre et en Allemagne, la France n’a rien. En quelques semaines, les dons dépassent 300 000 fr.

Le Conseil d’Etat approuve la thèse de Briand sur l’application de la loi de séparation.

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NOVEMBRE

Jeudi 1er. Toussaint. 325 061 entrées dans les cimetières. Une Isis de bronze pesant 30 kilos est volée au musée du Louvre.

Vendredi 2. Création aux Variétés de Miquette et sa mère de Flers et Caillavet, avec Eve Lavallière, Brasseur, Max Dearly et Max Linder.

Lundi 5. Rentrée parlementaire. Clémenceau annonce que le gouvernement se propose de séculariser complètement les écoles et de réduire à 10 heures la journée de travail. La confiance est accordée par 376 voix contre 94.


Eve Lavallière
Ouverture du cours de Marie Curie à la Sorbonne, elle succède à son mari dans la chaire de physique générale. Elle est la première femme appelée à professer en Sorbonne. L’amphithéâtre est bondé.

Création au théâtre Antoine-Gémier de Biribi, de Darien et Lauras, et de Chez les Zoaques, de Sacha Guitry.

Lundi 12. L’armée vient d’acquérir un 2ème dirigeable de type Lebaudy, le Patrie.

Mercredi 14. Le divorce est prononcé entre Boni de Castellane et la comtesse, née Gould. Le beau Boni se voit refuser la pension alimentaire de 150 000 fr par an qu’il avait demandée à sa richissime épouse.

Dimanche 25. Concours automobile sur le parcours Paris-Monte-Carlo.

DECEMBRE

Mardi 4. Création à l’Odéon de Jules César de Shakespeare, traduit par Louise de Gramont. Antoine fait jouer les scènes secondaires devant un rideau.110733118059

Vendredi 7. Jusqu’au 23, Salon de l’Automobile et du Cycle au Grand Palais et sur l’esplanade des Invalides. Une déception, les prix sont en hausse du fait des grèves et des récentes lois sociales, une 60 CV vaut de 25 000 à 30 000 fr, l’auto « démocratique » reste un rêve.

Création à la Renaissance du Voleur d’Henri Bernstein.

Samedi 8. Le pape donne au clergé de France l’ordre de continuer, après le 11 décembre, l’exercice public du culte comme par le passé, sans se soumettre aux prescriptions de la loi sur les réunions publiques. Clémenceau rétorque : « L’Eglise veut la guerre. Elle l’aura. »

Vendredi 14. Le prix Goncourt est attribué aux frères Tharaud pour Dingley, l’illustre écrivain, « roman court, cinglant », dont le héros ressemble par bien des points à Rudyard Kipling.

Samedi 15. Mise en service de la ligne n°5 du métropolitain de la gare d’Austerlitz à la rue de Lancry (station Jacques-Bonsergent).134737591092

Ouverture du théâtre Réjane, 15 rue Blanche.

Jeudi 20. Expulsion des séminaristes de Saint-Nicolas-du-Chardonnet (petit séminaire) et de Saint-Sulpice (grand séminaire).

Samedi 22. 4000 petites baraques surgissent sur les boulevards, les sapins apparaissent sur les marchés, c’est bientôt Noël.

Mardi 25. Sauf au Sacré-Cœur (qui n’est pas une paroisse), il n’y a pas eu de messe de minuit, les évêques les ont partout interdites.

Mercredi 26. Brusque chute de neige ; il tombe 10 cm en quelques heures. Le service de la voirie pris au dépourvu ne parvient pas à déblayer les rues avant le lendemain.

Vendredi 28. Première représentation à l’Opéra-Comique de Madame Butterfly de Puccini.

Samedi 29. Sur un discours convaincant de Briand, le Sénat adopte sans modification la loi sur les cultes, qui sera promulguée en janvier.

Lundi 31. Livres d’étrennes : pour les enfants, les Fables de La Fontaine illustrées par Benjamin Rabier, ou, comme chaque année, le Magasin d’éducation et de récréation (relié, 20 fr) ; pour les parents, l’Histoire de France de Lavisse (14 volumes parus, 6fr 50 chaque), le Nouveau Larousse illustré en 7 volumes (250 fr), les Foules de Lourdes de Huysmans et le Shakespeare de Tostoï.

Trimestriel du Syndicat des Bouquinistes Professionnels des Quais de Paris

1, rue de la Basse Roche, 91140 Villebon sur Yvette

01 60 10 35 01 – alapage@9online.fr


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