Littérature québécoise





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Le bon vieux temps

par

Hector Berthelot

BeQ

Le bon vieux temps

par

Hector Berthelot

compilé, revu et annoté

par E.-Z. Massicotte

Première série

La Bibliothèque électronique du Québec

Collection Littérature québécoise

Volume 148 : version 1.0

Hector Berthelot (1842-1895), humoriste, journaliste et caricaturiste, a, souvent avec le surnom de Père Ladébauche, signé des textes satiriques dans différents journaux.

Il a aussi publié un roman posthume, Les mystères de Montréal, en 1898.

Le bon vieux temps

Édition de référence :

Librairie Beauchemin Limitée, Montréal, 1924.

Au lecteur


En 1884 et 1885, la Patrie de Montréal publia une série de petits articles non signés qui eurent une grande vogue.

On y racontait sans façon, sous la rubrique : Le bon vieux temps, l’histoire pittoresque des mœurs et coutumes des générations qui vécurent à la fin du 18e siècle ou dans la première moitié du 19e.

L’auteur anonyme de ces articles n’était pas un historien, encore moins un archéologue ; c’était tout bonnement, ainsi qu’on le sut bientôt, un journaliste humoristique, dont les saillies et les portraits-charges faisaient les délices de ses contemporains, nous avons nommé M. Hector Berthelot, l’hilarant fondateur du Canard, du Farceur, du Violon, etc., et le créateur du fameux type de Ladébauche. Par quel hasard notre humoriste s’était-il engagé dans une voie si contraire à ses aptitudes ? Voici :

M. H. Beaugrand, alors propriétaire de la Patrie et grand amateur de folklore ayant imaginé qu’un reporter intelligent, en interviewant les vieux citoyens ou compulsant les anciens journaux et les archives poudreuses, pourrait produire, chaque jour, des bouts de proses qui piqueraient la curiosité du public, songea que M. Berthelot s’acquitterait à merveille d’une semblable tâche et il la lui confia.

M. Berthelot prouva sans tarder qu’on l’avait apprécié justement, mais ainsi qu’il l’avouait volontiers, ses articulets ne sont pas impeccables. Ne pouvant contrôler les renseignements qu’il recueillait, il a commis, parfois, des oublis et des erreurs ; ensuite, comme il écrivait au jour le jour, au fil de la plume, sans se relire, sa phrase est quelconque ; cependant, M. Berthelot a le mérite d’avoir accumulé une quantité de détails qu’on chercherait vainement ailleurs et qui, malgré tout, sont d’une lecture fort attrayante.

M. E. Z. Massicotte, l’archiviste en chef du palais de justice de la métropole, qui collectionnait déjà, à cette époque, tout ce qui concernait l’histoire de Montréal – l’étude de sa vie – ne manqua pas de découper ces causeries remplies d’intérêts et, après trente ans, il nous les remet avec des annotations précieuses, fruit de ses patientes recherches.

Sous sa nouvelle toilette, Le bon vieux temps forme donc un document historique de grande valeur et qui devra obtenir un succès durable auprès de ceux qui savourent les choses du passé.

L’ouvrage est divisé en deux séries ; la première comprend les articles parus durant l’année 1884 et la seconde ceux qui furent publiés en 1885.

Les Éditeurs.

N.B. La plupart des notes, suivant la coutume, sont rejetées au bas des pages, mais lorsque le compilateur s’est contenté de corriger ou d’ajouter des points de suspension remplacent les mots retranchés et les mots nouveaux sont mis entre crochets, afin que le lecteur sache que le texte est modifié.

Première série

La marque et le fouet – Le guet et le coin flambant.


En 1830, la justice de Montréal faisait peu de cas de la vie d’un homme. On pendait celui qui avait volé un cheval, une vache, ou un mouton. Celui qui commettait un vol domestique dont l’objet valait plus de deux louis sterling, montait sur l’échafaud.

Tous les vieillards de Montréal se rappellent l’exécution d’un jeune homme de dix-huit ans, trouvé coupable d’avoir volé, à son maître, une montre d’argent de la valeur de $16.

Le supplice de la marque était infligé dans les cas d’homicide seulement.

Le patient était marqué dans la paume de la main droite avec un fer rouge portant les lettres G. R. [Georges Roi]. Le bourreau procédait à l’opération, immédiatement après la séance de la cour. Le prisonnier passait sa main dans un bracelet à charnière fixé à la cloison de la [pièce] en arrière de la salle des séances de la cour des sessions de quartier. Le bourreau sortait d’une chambre attenante à la première où il avait fait rougir son fer sur un réchaud. Il appliquait trois fois le fer rouge sur la main du prisonnier. À chaque application du fer, le patient était obligé de crier : Vive le Roi ! S’il ne proférait pas ce cri de loyauté sa chair grésillait sous le fer jusqu’à ce qu’il se fut exécuté.1

Le supplice du fouet se donnait aux criminels qui s’étaient rendus coupables de petits larcins. Ceux qui devaient subir la flagellation étaient attachés par les mains à un poteau planté près du monument Nelson2. Le fouet n’était pas administré aussi cruellement que dans l’armée anglaise, car il arrivait rarement qu’il y eut effusion de sang. Le fouet était le châtiment des voleurs, des récidivistes et des propriétaires de maison malfamées. Très souvent, le supplicié, après la cérémonie, chantait le coq devant la populace qui l’acclamait en disant : « Ça c’est un game » !

La police de Montréal se faisait dans le bon vieux temps par trente Watchmen. C’était le guet municipal.

Le constable était armé d’un bâton bleu ayant environ cinq pieds de long. Plusieurs de ces bâtons sont encore conservés dans la cour de police. Le Watchman portait à sa ceinture un fanal et il tenait de la main gauche une crécelle qu’il agitait lorsqu’il voulait appeler un de ses confrères à son secours.

La nuit, le constable criait les heures et les demi-heures. Lorsque Montréal dormait le guet criait l’heure et ajoutait : « All is well. » Le père de M. Schiller, le greffier de la couronne1 était autrefois capitaine du guet à Montréal. Les constables étaient alors souvent appelés à supprimer les désordres au célèbre coin flambant.

On désignait sous le nom de coin flambant l’encoignure des rues Lagauchetière et Saint-Constant (maintenant Cadieux). Deux de ces maisons existent encore aujourd’hui.

Le coin flambant était composé de cinq ou six maisons érigées sur la propriété Scott. Une de ces maisons était une auberge borgne et les autres étaient occupées par des [personnes peu recommandables]. La nuit il y avait toujours des bagarres au coin flambant qui était le rendez-vous des matelots et des hommes de chantier.

On s’y battait à coups de gourdins et à coups de couteaux. Plus d’une fois ces rixes se terminaient par des meurtres.

On y rossait le guet et le désordre régnait en permanence...

5 novembre 1884
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