Littérature québécoise





télécharger 317.49 Kb.
titreLittérature québécoise
page2/30
date de publication18.05.2017
taille317.49 Kb.
typeLittérature
h.20-bal.com > loi > Littérature
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   30

La police il y a trente ans – Des égards pour les pochards – Les vétérans – David-le-laid.


Ce matin, jour de fête publique, la plus grande tranquillité régnait au poste central. Le reporter de la Patrie a profité de la circonstance pour obtenir, d’un des plus vieux sergents, quelques détails sur la police de Montréal, il y a trente ans.

La police municipale était alors sous le commandement de M. Hayes et le poste central [se trouvait] dans le soubassement de l’extrémité ouest du marché Bonsecours. Il n’y avait que deux postes, le deuxième étant à l’encoignure des rues Bleury et Craig. Au service de la corporation, en 1852, le constable n’était pas riche, il ne recevait qu’un salaire de 50 sous par jour, pendant que les ouvriers du bord de l’eau gagnaient entre quatre et cinq dollars par jour. Ce prix élevé de la main d’œuvre s’expliquait par le fait que les ouvriers de Montréal, redoutant le typhus, n’aimaient pas à travailler au déchargement des navires d’outre-mer. C’était aussi avec beaucoup de difficulté que M. Hayes pouvait maintenir [l’effectif du corps des agents de police].

Il lui arrivait très souvent, le matin, d’ouvrir les cellules et de recruter les constables parmi les pochards arrêtés la veille1. Si le prisonnier consentait à faire partie de la [police], on lui faisait immédiatement endosser l’uniforme et on l’armait du bâton bleu réglementaire.

Les nouvelles recrues n’étaient pas des modèles d’ordre et de sobriété.

Ils partaient le soir pour faire le service et on ne les revoyait plus au poste. Ils prenaient la clef des champs avec leur uniforme et leur bâton.

* * *

La police de 1852 à 1855 avait des égards tout particuliers pour les ivrognes.

La corporation était trop pauvre pour transporter les pochards au poste dans une voiture de place. Ce service se faisait avec une civière. Il ne se passait guère une journée sans que l’on n’amenât sur cette civière un constable endormi dans les vignes du Seigneur.

L’ivrognerie, chez le policier, était une peccadille des plus pardonnables.

Le recorder, M. Joseph Bourret2 prononçait d’ordinaire contre les pochards, la sentence de dix chelins ou huit jours. Le niveau de la moralité de la ville n’était pas plus élevé qu’aujourd’hui, car la liste du recorder contenait, règle générale, 15 à 20 noms.

L’effectif de la police de Montréal n’a été porté à cent hommes qu’après l’affaire Gavazzi1. Aujourd’hui, le plus ancien policier est le sergent Maher, dont les états de service datent de 1847. Le sergent Ménard a été engagé en 1850, le constable Galarneau en 1852, et les sergents Bouchard et Burke en 1853. Le « député » chef Naegelé est entré dans la police en 1854.

Pendant la mairie du docteur Nelson, la police avait dans ses rangs un constable d’une laideur hyperphysique. Il était tellement laid qu’il avait été surnommé par ses collègues David-le-laid. Il était de service sur la rue Notre-Dame et sa présence était un épouvantail pour les femmes et les enfants. Un jour, les contribuables du quartier centre présentèrent au chef Hayes une requête demandant que David-le-laid fit son service sur une autre rue. La requête fut accordée et David fut transféré à un poste plus éloigné. David était un homme honnête, sobre et respectable, il n’y eut que sa laideur qui entravât son avancement dans la police.

6 novembre 1884

L’auberge des trois rois – Le prix des vivres il y a cinquante ans – Comment on se chauffait – Une vilaine débâcle.


Une auberge célèbre, dans le bon vieux temps, était celle des Trois-Rois, une maison à deux étages, située à la l’encoignure de la rue Saint-Paul et de la place de la vieille douane [aujourd’hui le département du Revenu], à l’angle en face du magasin de ferronnerie de MM. Frothingham et Workman. Dans une niche, pratiquée dans la mansarde de l’auberge, il y avait une grande horloge. Trois statues en fer, représentant des rois du moyen âge, se tenaient sur le cadran et frappaient les heures sur des timbres fixés au dessus de leurs têtes.

Il nous est difficile de déterminer la date de la fondation de cette hôtellerie. Un citoyen octogénaire nous dit que cette maison a été fondée dans l’autre siècle par un Italien nommé Delvecchio qui a fait une petite fortune. L’auberge des Trois-Rois était fort achalandée parce qu’elle était située en face du marché. Au commencement du [XIXe] siècle, la place de la vieille douane était le seul marché à Montréal.

Il y a environ quarante ans, l’auberge des Trois-Rois était tenue par un Canadien-Français, nommé Captain Leblanc. Vers 1849, l’auberge se ferma et Leblanc qui établit un musée de curiosités sur la rue Saint-Paul, entre les rues Saint-Jean-Baptiste et Saint-Gabriel, y transporta les trois rois qui y continuèrent leur sonnerie sur la façade de la maison jusqu’en 1853 ou 1854. Les curiosités furent alors vendues et dispersées. Nous n’avons rencontré personne qui put nous dire ce qu’étaient devenus les trois rois.

Il n’y avait pas d’abattoirs à Montréal, dans le bon vieux temps, les viandes étaient apportées au marché par les cultivateurs qui les dépeçaient avant de venir en ville et les exposaient en vente par morceaux pesés d’avance. Un bon quartier de mouton se vendait trente-trois sous, on avait une douzaine d’œufs frais pour quinze sous, le boulanger chargeait quinze sous pour un gros pain.

Prolétaires, qui payez, aujourd’hui, $6 le tonneau pour votre charbon et $5 ou $6 la corde pour le bois de chauffage, vos grands-pères chauffaient leurs résidences pour la modique somme de $6 par année. Ils allaient au bord de l’eau et là, pour $3, ils achetaient un « dessous de cage » qui leur donnait assez de bois pour tout l’hiver. Ils dépensaient ensuite $3 pour transporter, scier et fendre ce bois.

Si le combustible était à bon marché dans le bon vieux temps, les poêles étaient beaucoup plus chers qu’aujourd’hui.

Il n’y avait pas de fonderie dans le bas Canada1 et les poêles s’importaient d’Angleterre. Un poêle à deux étages, un poêle à fourneau, coûtait de $40 à $50 et on n’en voyait que chez les riches. Le poêle ordinaire était en tôle.

L’article de la chaussure doit avoir une mention spéciale. Il y a cinquante ans, il n’y avait qu’un cordonnier à Montréal, un nommé Gaudry, qui tenait un magasin sur la rue Saint-Paul2. C’était le seul endroit où il fallait aller pour une paire de bottes françaises.

La classe aisée se chaussait avec les souliers de « beu » et les bottes françaises ne se portaient que le dimanche et les jours de fête. La paire de bottes qu’on achetait à l’âge de quinze ans devait durer toute la vie. Plusieurs citoyens ont inséré dans leur testament une clause par laquelle, ils léguaient une paire de bottes à leurs enfants.

La chapellerie n’était représentée, à Montréal, que par un seul négociant nommé Ricard, de la rue Saint-Paul1.

* * *

Il y a environ quarante ans, il y eut une vilaine débâcle à Montréal. L’eau monta avec beaucoup de rapidité, des banquises de glace énormes furent poussées sur les maisons de la rue des Commissaires, en face du marché Sainte-Anne et au coin de la rue McGill. L’amas de glace était tellement élevé que plusieurs personnes qui se trouvaient dessus écrivirent leurs noms sur les gouttières des maisons ayant deux étages. Un entrepôt fut rasé et le gardien perdit la vie2. L’eau avait complètement submergé la rue Saint-Paul et avait envahi des écuries de louage dans le soubassement du théâtre de Molson. Le théâtre Molson était situé là où est aujourd’hui l’aile est du marché Bonsecours. Pour sauver les chevaux on dût les hisser avec des cordes à travers le plancher du théâtre.

Une belle goélette qui faisait le service entre Montréal et les bords du Golfe avait été surprise par les glaces au commencement de l’hiver précédent. Lorsque vint la débâcle, les glaces la charroyèrent sur la place Jacques-Cartier et elle s’échoua à l’entrée de la rue Saint-Paul, où elle interrompit la circulation pendant environ huit jours. La goélette fut placée sur un lit et relancée dans le Saint-Laurent sans avoir essuyé d’avaries.

7 novembre 1884
1   2   3   4   5   6   7   8   9   ...   30

similaire:

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise

Littérature québécoise iconLittérature québécoise






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com