Littérature québécoise





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Enterrement d’un ancien chef de police et d’un patriote de 1837 – Le premier millionnaire canadien-français – Son arrivée à Montréal en 1803.


Ce matin, on a porté, au cimetière de la Côte-des-Neiges, les restes d’un patriote de 1837. On remarquait dans le cortège funèbre un groupe d’une vingtaine de septuagénaires et d’octogénaires qui avaient pris une part active à la rébellion. Le défunt s’appelait Ambroise Joubert et il était âgé de plus de quatre-vingts ans.1 Joubert avait été un des « Fils de la Liberté » et il avait plus d’une fois payé de sa personne dans leurs luttes héroïques contre les partisans de l’oligarchie britannique. En 1838, il fut fait prisonnier et exilé aux Bermudes. Après l’amnistie, il revint à Montréal où il fut nommé chef de police en 1842. Le traitement de cet officier était alors tellement maigre qu’il donna sa démission pour devenir huissier de la cour du recorder qui venait d’être établie. Plus tard, il fut nommé huissier du département du trésor, charge qu’il occupa jusqu’au moment de sa mort. M. Joubert laisse une réputation de bon citoyen et de bon chrétien.

Paix aux cendres du vieux patriote.

* * *

Dans le printemps de 1803, un gamin de douze ans portant, dans un mouchoir rouge, toute sa fortune composée d’une couple de chemises, de deux mouchoirs, de deux paires de chaussettes et d’une paire de bottes françaises, descendait la Côte-des-Neiges. Il était exténué par une longue marche sur des routes mal entretenues. Lorsqu’il se fut rendu au pied de la côte, près de la rue Sherbrooke, il s’arrêta et s’assit sur une grosse pierre. L’enfant ôta ses gros souliers de « beu » et se chaussa avec ses bottes françaises. Il mit ses vieux souliers dans le mouchoir qui renfermait toute sa garde-robe. Il regarda, pendant quelques minutes, la ville de Montréal où il s’était décidé de chercher fortune. L’enfant était bien fatigué, car il venait de faire à pied, le trajet entre Saint-Eustache et Montréal. Quelques jours auparavant, un des plus riches négociants de Montréal était venu faire une « partie de sucre » à Saint-Eustache. Le marchand avait demandé à un de ses amis s’il ne pouvait pas lui trouver un jeune homme honnête et laborieux, pour l’engager comme messager dans son magasin. Celui à qui il s’adressait était le parrain de l’enfant et il recommanda chaudement son filleul.

Il fut alors entendu que Joseph [c’était le prénom de l’enfant] aurait la place et qu’il serait envoyé à Montréal la semaine suivante. Il fallait ces huit jours au petit « habitant » pour se monter une garde-robe convenable pour ses nouvelles occupations. Joseph, après s’être reposé quelques instants, reprit sa marche. Il passa par la rue de la Montagne, s’engagea dans la rue Saint-Joseph et se rendit à un magasin de la rue Saint-Paul, près de la rue Saint-Jean-Baptiste. Ce magasin était celui de M. Robertson, importateur considérable. Joseph entra en fonctions immédiatement. C’était lui qui balayait le magasin, allumait et entretenait les feux, faisait les commissions et se rendait généralement utile dans la maison. Son patron ne tarda pas à découvrir chez l’enfant une intelligence extraordinaire. Il était laborieux, et il montrait déjà une aptitude merveilleuse pour les affaires.

L’éducation de Joseph était presque nulle, ses connaissances étant bornées à l’alphabet. Au lieu de s’amuser avec ses compagnons et de contracter des habitudes de dissipation, il donnait à l’étude le temps dont il pouvait disposer, après ses heures de travail. Il fréquentait assidûment les écoles du soir où il puisa les connaissances nécessaires à un jeune homme qui cherche fortune dans le commerce.

À l’âge de quinze ans, Joseph qui possédait la confiance de son patron fut nommé commis. En cette qualité il fit preuve d’un talent et d’un tact extraordinaire comme vendeur. Tous les ans son traitement était augmenté. À vingt ans, il devenait [comptable] de l’établissement. Plus tard, c’était lui qui faisait les achats en Europe.

Un jour, la maison Robertson eut des embarras financiers. Les créanciers d’Angleterre et d’Écosse entrèrent en arrangement avec M. Robertson à condition qu’il prit deux associés. Parmi ces associés était Joseph dont le génie mercantile faisait l’admiration de tous les négociants de Montréal.

Joseph se rendit, ensuite, en Angleterre et paya intégralement tous les créanciers. Cet acte d’honnêteté valut à Joseph un éclatant témoignage d’estime de la part des fournisseurs de sa maison. On lui offrit, en Angleterre, un banquet et un splendide service à thé en argent massif. Depuis ce jour, le crédit de la maison canadienne n’eut plus de limites et ses affaires grandirent tous les ans dans des proportions colossales. Joseph mourut en 1847 laissant à ses enfants une fortune de $300,000.

Le héros de cette histoire était l’honorable Joseph Masson1, père de Son Honneur le lieutenant-gouverneur de la province de Québec L. R. Masson. La maison qu’il a établi sur des bases si solides est aujourd’hui la maison Thibaudeau et Frères.

8 novembre 1884
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