Le registre lyrique





télécharger 140.25 Kb.
titreLe registre lyrique
page7/7
date de publication18.05.2017
taille140.25 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4   5   6   7

Le registre tragique



Il manifeste le sentiment de l’homme face aux forces (divines, sociales, morales) qui le dominent et l’écrasent malgré la résistance qu’il leur oppose.


BUTS

Inspirer terreur et pitié : l’expression de la douleur provoque la stupeur du angoissée du lecteur.

THEMES

-Déchirement intérieur (dilemme) face à un choix douloureux mais inéluctable

-Sentiment d’être écrasé par une force supérieure

-Impression de devoir mener un combat voué à l’échec

-Interrogation sur la responsabilité de celui qui éprouve le malheur ou sue la raison d’être de ce malheur.


PROCEDES

-Champs lexicaux souffrance, malheur, plainte ; mort, passion, obligation

-Niveau langue soutenu

-Ponctuation : rythme syntaxique ample

-Modalités ! et ? pour exprimer le désarroi

-Utilisation d’interjections : Ah !

-L’apostrophe : solliciter la compassion des autres

-L’imprécation : appel à la colère divine contre qun ou que chose. Souhaiter ruine, malheur, malédiction, ou exprime une révolte contre la cruauté des dieux. ..

-La supplication : implorer avec insistance un être ou une divinité. Forme de prière.
Procédés d’insistance : figures pour renforcer l’expres° des sentiments

-métaphores et comparaisons exprimant déchirement, accablement, souffrance

-personnifications

-parallélismes de construction, répétitions, gradations

-hyperboles

Procédés d’opposition :

-antithèses, oxymores, chiasmes

Procédés d’analogie :

-comparaisons, métaphores, allégories pour exprimer violence et intensité des émotions


THERAMENE

J'ai vu, Seigneur, j'ai vu votre malheureux fils

Traîné par les chevaux que sa main a nourris.

Il veut les rappeler, et sa voix les effraie ;

Ils courent. Tout son corps n'est bientôt qu'une plaie.

De nos cris douloureux la plaine retentit.

Leur fougue impétueuse enfin se ralentit.

Ils s'arrêtent non loin de ces tombeaux antiques

Où des Rois nos aïeux sont les froides reliques.

J'y cours en soupirant, et sa garde me suit.

De son généreux sang la trace nous conduit.

Les rochers en sont teints ; les ronces dégouttantes

Portent de ses cheveux les dépouilles sanglantes.

J'arrive, je l'appelle, et me tendant la main,

Il ouvre un oeil mourant qu'il referme soudain.

Le ciel, dit-il, m'arrache une innocente vie.

Prends soin après ma mort de ma chère Aricie.

Cher ami, si mon père un jour désabusé

Plaint le malheur d'un fils faussement accusé,

Pour apaiser mon sang et mon ombre plaintive,

Dis-lui qu'avec douceur il traite sa captive,

Qu'il lui rende... A ce mot ce héros expiré

N'a laissé dans mes bras qu'un corps défiguré,

Triste objet, où des Dieux triomphe la colère,

Et que méconnaîtrait l'oeil même de son père.
THESEE

O mon fils ! cher espoir que je me suis ravi !

Inexorables Dieux, qui m'avez trop servi !

A quels mortels regrets ma vie est réservée !
Jean Racine, Phèdre, V, 6, 1677



ANDROMAQUE de RACINE, 1667


ACTE V, Scène première.

Hermione, seule.
Où suis-je ? Qu’ai-je fait ? Que dois-je faire encore ?

Quel transport me saisit ? Quel chagrin me dévore ?

Errante et sans dessein, je cours dans ce palais. v.1395

Ah ! ne puis-je savoir si j’aime ou si je hais ?

Le cruel ! de quel œil il m’a congédiée :

Sans pitié, sans douleur au moins étudiée !

L’ai-je vu se troubler et me plaindre un moment ?

En ai-je vu tirer un seul gémissement ? v. 1400

Muet à mes soupirs, tranquille à mes alarmes,

Semblait-il seulement qu’il eût part à mes larmes ?

Et je le plains encore ! Et, pour comble d’ennui,

Mon coeur, mon lâche cœur s’intéresse pour lui !

Je tremble au seul penser du coup qui le menace ! v. 1405

Et, prête à me venger, je lui fais déjà grâce !

Non, ne révoquons point l’arrêt de mon courroux :

Qu’il périsse ! aussi bien il ne vit plus pour nous.

Le perfide triomphe et se rit de ma rage :

Il pense voir en pleurs dissiper cet orage ; v.1410

Il croit que, toujours faible et d’un cœur incertain,

Je parerai d’un bras les coups de l’autre main.

Je juge encor de moi par mes bontés passées.

Mais plutôt le perfide a bien d’autres pensées :

Triomphant dans le temple, il ne s’informe pas v. 1415

Si l’on souhaite ailleurs sa vie ou son trépas.

Il me laisse, l’ingrat, cet embarras funeste.

Non, non, encore un coup, laissons agir Oreste.

Qu’il meure, puisqu’enfin il a dû le prévoir,

Et puisqu’il m’a forcée enfin à le vouloir. v. 1420

A le vouloir ? Hé quoi ? c’est donc moi qui l’ordonne ?

Sa mort sera l’effet de l’amour d’Hermione ?

Ce prince, dont mon cœur se faisait autrefois

Avec tant de plaisir redire les exploits,

A qui même en secret je m’étais destinée v. 1425

Avant qu’on eût conclu ce fatal hyménée,

Je n’ai donc traversé tant de mers, tant d’Etats,

Que pour venir si loin préparer son trépas,

L’assassiner, le perdre ?Ah ! devant qu’il expire…

Fin de la scène 1 de l’acte V


  1. Quels sont les sentiments exprimés ?

  2. Relevez les éléments qui relèvent du registre tragique dans ce texte.



POUR DIFFERENCIER REGISTRES PATHETIQUE ET TRAGIQUE
Ces deux registres font appel aux mêmes procédés, champs lexicaux et expriment des émotions relatives à la douleur, la souffrance, le malheur, la mort. Toutefois ils ne sont absolument pas interchangeables. Il convient de les différencier.

Le registre tragique présente des personnages hors du commun aux destins marqués par la fatalité. Il multiplie les procédés qui suscitent l’inquiétude et la fascination. Le registre pathétique présente des personnages proches du lecteur, placés dans des situations douloureuses. Il provoque la tristesse et la pitié.






Le registre comique



Le comique recouvre l’ensemble des situations et des procédés qui provoquent le rire. Il repose sur un décalage, une rupture, un écart entre des situations, des gestes ou des effets de langage attendus et ceux qui sont proposés.



BUTS

Faire rire, divertir, critiquer

THEMES

Amour, mariage, moquerie, critique des défauts

PROCEDES

-inversion sonore : de sons ou lettres dans un mot

-anagramme : chien/niche, mirer/rimer

-contrepèterie : sonnez, trompettes !/ trompez, sonnettes !

-calembour : mon père est marinier (mari/niais)

-vocabulaire : langage grossier, patois…

SITUATIONS :

-quiproquo : sur un personnage, objet, lieu

-sous-entendu complice

-répétition

-exagération

FORMES :

-comique de gestes -comique de mots

-comique de situations -comique de caractère

GAMME DES REGISTRES ET EFFETS COMIQUES :

-l’humour : se moquer de soi-même, des défauts, usages

-l’ironie : dire le contraire de ce que l’on veut entendre

-la veine satirique : dénoncer en ridiculisant (cf. caricature)

-la parodie : réécriture qui imite un genre, une oeuvre en la détournant de manière comique

-le burlesque : exploite la discordance entre le sujet et le style adopté : sujet sérieux/langage familier…

-l’héroi-comique : inverse : sujet trivial/style noble

-le comique de l’absurde : situations saugrenues à l’encontre de la logique, tourne en dérision le non-sens de l’existence, la vanité du langage et des êtres humains.



Le registre épique


Le registre du surhumain qui glorifie des héros et des valeurs comme la bravoure, le sens de l’honneur, la lutte pour un idéal. Il est issu de l’épopée, le genre littéraire le plus ancien.

.

BUTS

Représenter situat° exceptionnelles où l’homme est en lutte contre des forces qui le dépassent , combat à valeur symbolique (Bien/Mal, Ombre/Lumière), admiration du lecteur

THEMES

Valeurs de groupe, forces surhumaines, surnaturel, exploit collectif/individuel, affrontement

PROCEDES

-Présence du narrateur, dimension orale, solennelle : indices de l’énonciation, jugement de valeur, effets de reprise et d’amplification

-lexique emprunté à l’Antiquité, combat, violence, puissance

-lexique surnaturel, merveilleux, religieux : présence d’éléments doués d’une volonté mauvaise

-mise en scène de figures héroiques collectives

-adverbes de temps qui soulignent et valorisent l’enchaînement des actions

-intensifs, superlatifs

-phrases longues et complexes qui amplifient l’action représentée

Procédés d’amplification :

-jeu de symétries,parallélismes/antithèses : qui manifeste l’opposition manichéenne et l’affrontement des forces en présence

-anaphores

Procédés d’insistance : figures pour exprimer l’ampleur du sentiment

-comparaisons, métaphores (pour référence au surnaturel) pour ajouter à l’impression de violence, de puissance et conférer à la scène caractère symbolique et exceptionnel

-hyperboles, chiffres pour amplifier

-accumulations, énumérations (verbes de mvt) pour la profusion




EXERCICE 1 : REPEREZ LES PROCEDES LISTES DANS LE TABLEAU DANS CE TEXTE



Ney tira son épée et prit la tête. Les escadrons énormes s’ébranlèrent.

Alors on vit une énorme spectacle .

Toute cette cavalerie, sabres levés, étendard et trompettes au vent, formée en colonne par division, descendit, d’un même mouvement et comme un seul homme, avec la précaution d’un bélier de bronze, qui ouvre une brèche, la colline de la Belle-Alliance, s’enfonça dans le fond redoutabletant d’hommes déjà étaient tombés, y disparut la fumée, puis, sortant de cette ombre, reparut de l’autre côté du vallon, toujours compacte et serrée, montant au grand trot, à travers un nuage de mitraille crevant sur elle, l’épouvantable pente de boue du plateau du Mont-Saint-Jean. Ils montaient, graves, menaçants, imperturbables ; dans les intervalles de la mousqueterie et de l’artillerie, on entendait ce piétinement colossal. Etant deux divisions, ils étaient deux colonnes ; la division Wathier avait la droite, la division Delords avait la gauche. On croyait voir de loin s’allonger vers la crête du plateau deux immenses couleuvres d’acier. Cela traversa la bataille comme un prodige.
Victor Hugo, Les Misérables, 1862

EXERCICE 2 :
Surnommé Gueule-d’Or, le forgeron Goujet montre son savoir-faire d’ouvrier à Gervaise, une jeune blanchisseuse dont il est amoureux.
C’était le tour de la Gueule-d’Or. Avant de commencer, il jeta à la blanchisseuse un regard plein d’une tendresse confiante. Puis, il ne se pressa pas, il prit sa distance, lança le marteau de haut, à grandes volées régulières. Il avait le jeu classique, correct, balancé et souple. Fifine, dans ses deux mains, ne dansait pas un chahut de bastringue, les guibolles emportées par-dessus les jupes ; elle s’élevait, retombait en cadence, comme une dame noble l’air sérieux, conduisant quelque menuet ancien. Les talons de Fifine* tapaient la mesure, gravement ; et ils s’enfonçaient dans le fer rouge, sur la tête du boulon, avec une science réfléchie, d’abord écrasant le métal au milieu, puis modelant par une série de coups d’une précision rythmée ! Bien sûr, ce n’était pas de l’eau-de-vie que la Gueule d’Or avait dans les veines, c’était du sang, du sang pur, qui battait puissamment jusque dans son marteau, et qui réglait la besogne. Un homme magnifique au travail, ce gaillard-là ! Il recevait en plein la grande flamme de la forge. Ses cheveux courts, frisant sur son front bas, sa belle barbe jaune, aux anneaux tombants, s’allumaient, lui éclairaient toute la figure de leur fils d’or, une vraie figure d’or, sans mentir. Avec ça, un cou pareil à une colonne, blanc comme un cou d’enfant ; une poitrine vaste, large à y coucher une femme en travers ; des épaules et des bras sculptés qui paraissaient copiés sur ceux d’un géant, dans un musée. Quand il prenait son élan, on voyait ses muscles se gonfler, des montagnes de chair roulant et durcissant sous la peau ; ses épaules, sa poitrine, son cou enflaient ; il faisait de la clarté autour de lui, il devenait beau, tout-puissant, comme un Bon Dieu.

L’Assommoir, Emile Zola, Ch.6, 1877 *Fifine : nom donné par les ouvriers à une masse de 20 livres
1   2   3   4   5   6   7

similaire:

Le registre lyrique iconL’amour, la nature et la poésie dans un poème de R. G. Cadou; Le...
«Oradour», de Jean Tardieu; La poésie clandestine et la fraternité chez P. Emmanuel, J. Cayrol, P. Eluard et M. Cohn; Chanter la...

Le registre lyrique iconExtrait du registre des deliberations

Le registre lyrique iconExtrait du registre des deliberations

Le registre lyrique iconExtrait du registre des deliberations

Le registre lyrique iconRegistre de la memoire du monde formulaire de proposition d'inscription

Le registre lyrique iconRegistre de la memoire du monde formulaire de proposition d'inscription

Le registre lyrique iconExtrait du registre des deliberations
«d’actualité» déposée au nom du groupe des Elu(e)s écologistes, ades, Verts, Alternatifs

Le registre lyrique iconLittérature Par Vanessa de Hillerin, professeur désormais dans l’académie...
«L'avant-scène Opéra» sur L'Enfant et les sortilèges/l'Heure espagnole de Ravel, n°127, 1990

Le registre lyrique iconAdresse professionnelle
«L’officialité de Châlons d’après son registre des causes, 1471-1475, étude des délits», ss dir. C. Gauvard, Université de Reims...

Le registre lyrique icon«Sara la baigneuse» ou les avatars d’une chanson poétique de la Renaissance
Une strophe lyrique au xvie siècle Mon propos n’est pas de redire ce qui a été dit et bien dit, mais de montrer quelles ont été les...






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com