Le vote n'a pas toujours été libre et démocratique au Canada. Par exemple, les femmes n'ont pas toujours eu les mêmes droits que les hommes en matière de vote





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Introduction

 

Le vote n'a pas toujours été libre et démocratique au Canada. Par exemple, les femmes n'ont pas toujours eu les mêmes droits que les hommes en matière de vote. Si aujourd'hui le droit de vote des femmes semble un acquis, ceci est une illusion, car ce n'est que tout récemment que les Canadiennes l'ont obtenu. Les femmes ont réussi à l'obtenir grâce à leur ténacité et à leur persévérance par des campagnes intenses et originales.




 

Les restrictions du droit de vote

 

Depuis la confédération, en 1867, le droit de vote au Canada, à l'instar de ce qui se passe dans d'autres colonies britanniques d'Amérique du Nord, les femmes ont connu la restriction de leur droit de vote jusqu'au début du XXe siècle. De 1886 à 1851, des lois privent explicitement les femmes du droit de vote dans toutes les colonies britanniques d'Amérique du Nord. De 1886 à 1918, pour voter, il faut être un homme, être blanc, avoir des revenus et posséder une propriété. Cet accès limité s'appelle le suffrage censitaire, c'est-à-dire le mode de suffrage dans lequel seules les personnes qui payent un impôt précis appelé cens sont électeurs ou éligibles. Pour les partisans d'un tel système, le vote est une fonction importante, et par conséquent doit être réservé aux seuls individus ayant les capacités (intelligence, éducation, classe sociale, revenu) d'exercer cette activité. Bien entendu, un tel système écarte non seulement les femmes, considérées comme des mineures par la loi, mais aussi les Amérindiens, les Asiatiques, etc. En 1867, seuls 16 % de la population totale ont le droit de vote.




 

Le mouvement des suffragettes au Canada

 

Le mouvement pour les droits civiques des femmes prend sa source en Angleterre, vers 1860, où les militantes se font appeler péjorativement « suffragettes ». Par la suite, elles adopteront fièrement ce nom. Le mouvement suffragiste au Canada connaît ses débuts en 1876, avec la création du Toronto Women's Literacy Club (WLC). Ce groupe est créé par la première femme médecin au Canada, Emily Howard Stowe. C'est un « club de discussion » qui se penche sur les problèmes sociaux. Le groupe devient la Women's Suffrage Society (WSS) en 1883. La WSS essaie d'étendre le mouvement dans plusieurs provinces du Canada et de rassembler les efforts d'autres groupes suffragistes.

Le mouvement suffragiste et les suffragettes au Canada et au Québec sont encouragés par une vague de réformes sociales qui déferle sur le Canada et l'ensemble de l'Amérique du Nord. Ce mouvement veut résoudre les problèmes liés à l'industrialisation et à l'urbanisation: pauvreté, travail des enfants, alcoolisme. Ces suffragettes convaincues de l'égalité entre hommes et femmes désirent obtenir le droit de vote afin de mieux remplir leurs rôles de mère et d'épouse dans la société. Il s'agit d'un mouvement de revendication qui se manifeste dans l'ensemble des provinces du Canada, sauf au Québec, où l'Église freine considérablement l'émancipation des femmes.




 

Le droit de vote accordé aux élections fédérales

 

C'est en 1885 que l'on discute pour la première fois au Parlement fédéral la question du droit de vote des femmes. Une partie de la discussion est axée sur le droit de vote basé sur le principe de propriété et sur le suffrage féminin. Lors de ce débat, le gouvernement fédéral retient des arguments en faveur du suffrage féminin. Pour le gouvernement du premier ministre Macdonald, si les femmes paient des taxes à l'État, il est normal qu'elles aient leur mot à dire sur les décisions que prend l'État, et ce, par le biais du droit de vote. De plus, le suffrage féminin pourrait assainir le monde politique. Enfin, le gouvernement utilise un argument très fataliste, à savoir que la femme obtiendra le droit de vote de toute façon un jour ou l'autre : « Alors, pourquoi ne pas le lui accorder maintenant? » Les forces antisuffragettes (contre le droit de vote des femmes) ne s'inquiètent pas de ces arguments, étant sûres que ce droit ne sera jamais accordé aux femmes. Ce qui est le cas, puisque le débat stagne jusqu'en 1917.

Cette absence d'action est associée à la prospérité économique que connaît le Canada. La rencontre du Conseil international des femmes en 1909 relance les activités des suffragettes. Le National Council of Women du Canada, créé par Lady Aberdeen, l'épouse du gouverneur général, se joint à la cause en 1910, avec une équipe sur le droit de vote. Les suffragettes québécoises du Montreal Suffrage Association se rallient aussi à la cause et militent de 1912 à 1919. C'est la Première Guerre mondiale qui entraîne les plus grands changements dans le droit de vote fédéral. Les femmes considèrent que, depuis la guerre, les relations sociales entre les deux sexes ont changé.

En 1915, le droit de vote par correspondance est accordé aux militaires en service. En 1917, le Parlement adopte la Loi des élections en temps de guerre et la Loi des électeurs militaires. La première permet aux femmes de voter à la place d'un autre individu en service militaire et parti au loin, si elles ont un quelconque lien de parenté avec celui-ci. Ensuite, le droit de vote est accordé à tous les sujets britanniques, hommes ou femmes, qui sont membres actifs ou retraités des Forces canadiennes, y compris les Amérindiens (au sens de la Loi sur les Indiens) et les personnes de moins de 21 ans. Environ 2 000 infirmières militaires, surnommées les Bluebirds, sont les premières Canadiennes à exercer ce droit. En 1916, pendant que la guerre fait rage en Europe, le Manitoba devient la première province à adopter une loi qui accorde aux femmes le droit de vote aux élections provinciales. Cette percée ouvre la voie à de nouvelles lois sur le suffrage partout au Canada, où les groupes de pression sont actifs.

En 1918, le suffrage aux élections fédérales est étendu à toutes les femmes de 21 ans ou plus. En 1919, le mouvement des suffragettes remporte une victoire importante : les femmes deviennent éligibles à la Chambre des communes. L'adoption en 1920 de l'Acte des élections fédérales marque le début de l'ère moderne dans l'histoire du vote au Canada. À titre de comparaison, les Françaises n'obtiennent le droit de vote qu'en 1944. Agnes Macphail est la première femme canadienne élue à la Chambre, en 1921. Les groupes de suffragettes se dissolvent dans les provinces anglophones peu de temps après l'obtention du droit de vote. Malgré ces progrès, la discrimination fondée sur l'origine ethnique et religieuse permet encore pendant longtemps l'exclusion des Autochtones, des personnes d'origine orientale et divers groupes religieux.




 

L'évolution du droit de vote des femmes dans les provinces

 

Après l'obtention graduelle du droit de vote aux élections fédérales de 1917 à 1919, la bataille se poursuit pour faire reconnaître le même droit dans les provinces. Au cours des neuf années qui suivent l'obtention du droit de vote par les Manitobaines (1916), le gouvernement fédéral et la plupart des provinces adoptent des lois donnant le droit de vote aux femmes. C'est le cas de l'Alberta (1916), de la Saskatchewan (1916), de la Colombie-Britannique (1917), de l'Ontario (1917), de la Nouvelle-Écosse (1918), du Nouveau-Brunswick (1919), de l'Île-du-Prince-Édouard (1922) et Terre-Neuve (1925). Seul le Québec résiste à ce mouvement d'émancipation politique des femmes.

Les actions effectuées en vue de l'obtention du droit de vote diffèrent entre le mouvement suffragiste canadien et le mouvement québécois. En effet, les suffragettes canadiennes bénéficient d'un contexte beaucoup plus favorable à leur cause que les Québécoises. Les féministes anglophones ont effectué des recours auprès du gouvernement, tels que des projets de loi et des référendums. Elles ont fait signer des pétitions. Elles ont organisé des manifestations et mené des campagnes publicitaires afin de sensibiliser la population.




Au Québec, par contre, le mouvement féministe cherche d'abord à obtenir les droits sociaux pour les femmes avant le droit de vote. La résistance au droit du vote des femmes dans la province s'explique aussi par le fait que les hommes politiques, les journalistes, l'Église et les femmes des régions rurales sont opposés au suffrage féminin. Il faut attendre les années 1920 avant que des groupes de femmes axés sur la question se forment. Ainsi, on assiste à la création du Comité provincial pour le suffrage féminin (CPSF) par Marie Gérin-Lajoie et Mme Walter Lyman. Le CPSF est un groupe apolitique qui veut convaincre la population, par le biais d'une campagne, que l'obtention du droit de vote élèverait et améliorerait la position sociale des femmes. La Ligue des droits de la femme (LDF) est créée en 1929 pour soutenir les efforts de la CPSF. Les suffragettes militent jusqu'en 1936, sans succès.

Il faut attendre 1939, avec l'élection d'Adélard Godbout, chef du Parti libéral, pour que la lutte des suffragettes menée par la présidente de la Ligue des droits de la femme, Thérèse Casgrain, aboutisse enfin. Le nouveau premier Ministre est favorable à la cause des suffragettes. Le 18 avril 1940, le projet de loi accordant le droit de vote aux femmes au Québec est adopté, malgré l'opposition du cardinal Villeneuve. L'obtention de ce droit est un événement très important pour les femmes et leur histoire, puisqu'il marque la fin de la mise en tutelle politique qu'elles subissaient, ainsi que le début de l'égalité formelle entre les sexes.

En 1961, Marie-Claire Kirkland-Casgrain devient la première femme québécoise élue, et puis la première à devenir ministre. Depuis l'adoption de la Charte canadienne des droits et libertés en 1982, le suffrage universel est protégé au Canada par la Loi constitutionnelle. Malgré l'accès à l'égalité et au suffrage universel, en ce troisième millénaire, les femmes demeurent toujours minoritaires sur la scène politique.





 

BIBLIOGRAPHIE

 

Yolande Cohen, Femmes et politique, Québec, Éditions du jour, 1981.

Odile Dhavernas, Droit des femmes, pouvoir des hommes, Paris, Éditions du Seuil, 1978.
Secrétariat à la condition féminine, Gouvernement du Québec. Les femmes à l'Assemblée nationale, du droit de vote au partage du pouvoir, Québec, Éditeur officiel, 1990.

Georges Duby et Michelle Perrot. Histoire des femmes, Le XXe siècle,Évreux, Plon, 1992.

Christine Faure, Encyclopédie politique et histoire des femmes, Paris, Presses universitaires de France, 1997.

Diane Lamoureux, Citoyennes? Femmes, droit de vote et démocratie, Montréal, Éditions du Remue-ménage, 1989.

Florence Montreynaud, Le 20e siècle des femmes, Paris, Éditions Nathan, 1992.
Nadeije Laneyrie-Dagen et Jacques Marseille, (dir.), Les grands événements de l'histoire des femmes, Paris, Larousse, 1993.




 

WWW

 

Droit de vote des femmes au Canada :
http://www2.parl.gc.ca/parlinfo/compilations
/ProvinceTerritory/Provincial
WomenRightToVote.aspx?Language=F


Droit de vote des femmes dans le monde :
http://www.journeedelafemme.com
/historique-acces-droit-de-vote-des-femmes.htm


L'histoire du vote au Canada :
http://www.civilization.ca/hist/elections/el_000_f.html

Le Conseil du statut de la femme :
http://www.csf.gouv.qc.ca/fr

L'Institut canadien de recherches sur les femmes :
http://www.criaw-icref.ca

Radio-Canada/Victoire des suffragettes au Manitoba :
http://archives.cbc.ca/IDC-0-17-1443-9427
/politique_economie/droit_vote_canada/clip1


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