Ce dossier sur la fête et les manifestations sportives, a été réalisé par Madame Mickal ropolo, professeur certifié de Lettres modernes au lycée Jean Perrin à Marseille





titreCe dossier sur la fête et les manifestations sportives, a été réalisé par Madame Mickal ropolo, professeur certifié de Lettres modernes au lycée Jean Perrin à Marseille
date de publication19.05.2017
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Epreuve de culture générale et expression

Ce dossier sur la fête et les manifestations sportives, a été réalisé par Madame Mickal ROPOLO, professeur certifié de Lettres modernes au lycée Jean Perrin à Marseille.


  1. Synthèse:


Vous ferez une synthèse objective, concise et ordonnée des documents ci-joints consacrés à la fête et aux manifestations sportives.

Document 1 : Pierre DANINOS, Les carnets du Major Thompson
Document 2 : François Dufay, «  L’union, l’émotion, le ballon rond », article paru dans

Le Point, n° 1348, 18 juillet 1998
Document 3 : Robert REDEKER, Le geste de Zidane, paroxysme de la communion

footballistique, article paru dans Le Figaro, 13/07/2006

Document 4 : photos parues dans Le Point, numéro 1348, 18 juillet 1998

  1. Ecriture personnelle: au choix:



Sujet 1 : Vous répondrez d’une façon argumentée à la question suivante en vous appuyant sur les textes du corpus et sur vos lectures personnelles:
Pensez-vous que les événements sportifs vécus comme des fêtes favorisent le lien social?
Sujet 2 : Vous répondrez d’une façon argumentée à la question suivante en vous appuyant sur les textes du corpus et sur vos lectures personnelles:
Peut-on, selon vous, participer à une fête à travers la télévision?

Document 1 : Pierre DANINOS, Les carnets du Major Thompson

LE TOUR DE FRANCE
Un touriste étranger manifeste son étonnement au passage du Tour de France qu’il ne connaît pas.
Venant de Gibraltar, j'avais traversé les Pyrénées et poursuivais ma route vers Paris lorsque, à un croisement, deux gendarmes arrêtèrent ma course.

« On ne passe pas! » me dirent-ils.

Ayant encore, à cette époque, 1'habitude anglaise de ne jamais poser de questions, j'obtempérai sans demander pourquoi. La vue d'un grand déploiement de forces policières m'incita d'abord à pen­ser que 1'on était sur le point de cerner un bandit de grand chemin. Cependant, apercevant sur la Nationale un nombreux public qui conversait joyeusement avec la maréchaussée (1), j'en déduisis que 1'évé­nement était moins dramatique. Une colonne de blindés à 1'arrêt de 1'autre côté de la route, sur un chemin de traverse, me fit croire un instant à un défilé militaire. Mais non : car, bientôt, j'entendis le capitaine de gendarmerie dire au jeune lieutenant qui commandait les chars et manifestait son impatience en se donnant de petits coups de badine (2) sur les bottes :

« Manoeuvres ou pas manoeuvres, on ne passe pas! »...

Je conclus de ces prémices (2) que tout trafic était interrompu pour laisser la voie libre au Président de la République et à sa suite, lorsqu'un cri jaillit des poitrines : « Les voilà »...

Quelle ne fut donc pas ma surprise de voir surgir deux individus se dandinant sans grâce sur leur bicyclette, curieusement vêtus de boyaux et de maillots aux couleurs criardes, à peine culottés, pour ainsi dire nus, crottés, et, dans 1'ensemble, assez choquants à voir. On voulut bien m'expliquer - sans que j'aie rien demandé - que ces gens, faisant le tour de France à bicyclette, gagnaient Paris le plus vite possible par les voies les moins rapides, ce qui me parut étrange! Mais, après tout, ce sont là des choses au sujet desquelles un Anglais, ne s'étonnant de rien, n'a pas à manifester de surprise déplacée.
Pierre Daninos, Les carnets du major Thompson, éd. Hachette.


  1. les gendarmes

  2. petite baguette

  3. début, commencement



Document 2 : François Dufay, «  L’union, l’émotion, le ballon rond », article paru dans

Le Point, n° 1348, 18 juillet 1998


Pour les Français, la Coupe du monde s’est terminée en apothéose et a révélé des vérités enfouies. Une France «  multicolore et tricolore » qui a pris de court les rabat-joie. Une France qui s’aime à nouveau.
Un beur, fils d’immigré et idole des cités de banlieue qui embrasse avec jubilation le maillot tricolore devant deux milliards de téléspectateurs. Démultiplié sur tous les écrans du monde, le geste de Zinedine Zidane après son second but contre le Brésil restera une des images fortes de la Coupe du monde de football qui vient de s’achever en apothéose pour la France ; Ce n’est qu’une image, bien sûr, une simple image, déjà prête pour l’album photo souvenir.

Et pourtant, ils sont nombreux à espérer que le rêve éveillé que vient de vivre le pays ne reste pas sans prolongements. Un espoir fou ? Sans doute. Les jours de gloire ont ceci de cruel qu’ils laissent un goût d’inachevé, même s’ils infléchissent le cours des choses. Au vu des foules fêtant la victoire sur les Champs- Elysées, on a évoqué, sans trop de décence, la Libération. Dans la transe qui a saisi les Français en ce mois de juillet 1998, il y eu tout autant du Mai 68 ou du décembre 1995. L’événement sportif, en effet, a fait place à un de ces moments rares où l’inattendu se matérialise, où des vérités enfouies se révèlent. Au miroir flatteur de ses footballeurs, la France s’est étonnée de se voir si belle, de se trouver si conquérante et si tolérante. Etonnée, surtout, de s’aimer elle-même, elle, la championne du monde de l’autoflagellation. Qui avait vu venir ces forêts de drapeaux tricolores, ces visages noirs ou bruns peints de bleu-blanc-rouge, cette fierté d’un bout à l’autre du pays, ce patriotisme sans honte et sans haine ? Trois buts marqués au Brésil auront suffi pour faire craquer le vernis des discours médiatiques obligés – morosité, négativisme, mais aussi éloge sans nuance de la différence, de la division de la société en « communautés », exaltation de l’Europe, de la région, au détriment de la nation. On croyait le sentiment national submergé par la mondialisation, écartelé par des forces centrifuges, en voie de dissolution dans l’Europe de Maastricht ? Voilà qu’une France jeune, multicolore, qui n’a pas appris l’hymne national à l’école et n’a sucé le lait d’aucun «  Malet-Isaac » (1) entonne de vibrantes «  Marseillaises », comme on disait du temps de Déroulède (2), et communie dans l’amour du maillot tricolore, devenu le dernier vêtement à la mode.

(…) dans l’ensemble, l’unanimité autour du Onze tricolore a été impressionnante. Ce microcosme réunissant sous un même maillot des Marseillais et des Dieppois, des Basques et des Antillais, des Français d’origine maghrébine ou arménienne a projeté l’image idéale d’une communauté nationale ressoudée et complémentaire, tendue vers le même objectif. Chacun a pu y trouver son compte, et, peut-être à son insu, faire un peu de chemin vers l’autre. Quittant leur masque d’agressivité, les jeunes des cités ont trouvé en Zidane issu du quartier de la Castellane, ou en Thierry Henry, des Ulis, en banlieue parisienne, un modèle de réussite et une occasion de fierté, se reconnaissant pour ce qu’ils sont, Français de carte d’identité mais aussi de langue, et finalement de cœur. De leur côté, les «  Français de souche » ont mis entre parenthèses leurs préjugés, prenant acte de la France de 1998 telle qu’elle est, dans son irréversible bigarrure.

(…) Et maintenant ? Après la fête, la France entre en chambre de dégrisement. L’union sacrée autour du ballon rond, ce patriotisme festif qui n’a exigé de ses célébrants d’autre sacrifice que de se peinturlurer le visage, va d’elle-même trouver ses limites dans la réalité quotidienne. « Ce n’est pas parce que les beurs et les blacks chanteront ‘La Marseillaise’ qu’ils cesseront de se sentir exclus », a justement prévenu le sociologue Zaki Laïdi. Jouant lui aussi le rôle du rabat-joie, le philosophe Alain Finkielkraut souligne que l’intégration par le sport ne remplacera jamais l’intégration par l’école, la seule qui vaille. « Zizou président », comme le réclament les supporters, ce n’est pas pour tout de suite…

Et les rabat-joie ont raison, bien sûr : l’épopée des Bleus n’aura été qu’une fable, un mythe, une belle histoire, qui ne résoudra aucun problème structurel de la société. Faut-il pour autant ignorer son incidence sur les mentalités ? Après tout, les sociétés se nourrissent autant de mythes et de symboles que de faits positifs. Et si, précisément, la belle histoire écrite par Aimé Jacquet et son équipe a eu tant de force, tant de résonance, ce n’est pas seulement parce qu’elle coïncide avec un frémissement de la consommation des ménages. C’est aussi et d’abord parce qu’elle a réactivé un des mythes fondateurs de notre société.


  1. auteurs d’un manuel d’histoire utilisé pendant de nombreuses années

  2. écrivain et homme politique français, fondateur et président de la Ligue des patriotes (1882)


François Dufay, «  L’union, l’émotion, le ballon rond », article paru dans Le Point,

n° 1348, 18 juillet 1998

Document 3 : Robert REDEKER, Le geste de Zidane, paroxysme de la communion

footballistique, article paru dans Le Figaro, 13/07/2006
Evidemment, l’'incident Zidane ce n'est rien (…)

Ce rien a pourtant une impor­tance. Les sociétés contempo­raines développées sont des socié­tés disloquées au sein desquelles les liens sociaux et politiques ont perdu quasi toute leur force constituante. Le service national a disparu, la famille et l’école ne jouent plus leurs rôles de jadis. Le communautarisme croît, dessinant les traits d'un type de société articulant individua­listne et tribalisme. Transcendant ces morcellements, la passion pour la Coupe du monde fait ap­paraître un attachement à 1'équipe de France et une affection pour son capitaine Zinédine Zidane. Voyons dans cette passion autant un remords collectif (celui d’avoir abandonné l’amour vrai pour la patrie tel que Barrès pouvait 1'ex­primer), un moment de mauvaise conscience, que 1'apparition, pro­visoire, d'un revenant, l'orgueil national. En contraste avec 1'indi­vidualisme et le tribalisme, un événement comme la Coupe du monde de football voit apparaître à chaque fois un type nouveau de lien entre les humains le lien footballistique qui vient se substituer aux liens traditionnels.

L'évolution la plus remar­quable, sociologiquement, du spectacle footballistique tient dans la faveur dont jouissent les écrans géants. J'étais en Nouvelle­Zélande et en Australie pendant la durée de cette Coupe du monde; les Alliances françaises des anti­podes installèrent dans leurs lo­caux des écrans géants pour suivre les matchs des Bleus, attirant beaucoup de monde. Éparpillés les francophiles se soudaient en une unité devant ces écrans. L’homme contemporain rechigne à regarder un match de football chez lui, dans sa salle à manger, devant son poste de télévision. Il tient à assister à ce spectacle mêlé à une foule. C'est que la victoire de 1'équipe qu'il supporte a moins de prix quand il y assiste seul chez soi, que mélangé à d’autres hommes. Comme dans une chorale, le bonheur de faire un, de chanter avec d’autres tout en disparaissant dans la totalité explique la puissance du lien qui naît et meurt à l’occaion des grands événements sportifs. A l’instar de la chorale, la participation de chacun au tout, que ce soit sur les gradins ou aux pieds des écrans géants, passe par les corps: une sorte de fluide traverse tous les corps des spectateurs, les agrégeant les uns aux autres, constituant un nouveau corps, celui des supporters vécu comme équivalent au corps de la nation.

Assister à un match de football est donc une activité.Parallèlement à l’action sur le terrain, au déploiement du jeu, une autre action se déroule, dans les gradins ou devant les écrans géants: la constitution d’un lien entre des milliers d’individus atomisés, le lien footballistique. C’est que le lien footballistique n’est pas durable, il est volatil! Il se différencie par cette précarité des appartenances d’autrefois: à la famille, à la patrie, au parti, au syndicat! L’explication de la fugacité de ce lien tient dans la nature des médias, sans lesquels il ne pourrait pas advenir. Chevilles ouvrières de ce lien, les médias ne sont pas des institutions, comme l’étaient l’Eglise, l’armée ou la famille, “appareils idéologiques d’Etat” selon la formule d’Althusser, machineries aptes à nourrir entre les individus des liens définitifs. L’objet des institutions est d’amarrer les hommes les uns aux autres d’une façon durable. Les médias, eux, sont entés (1) sur l’événement, se nourrissant de ce qui sera remplacé sous peu c’est pourquoi les liens qu’ils occasionnent se dissolvent aussi vite qu’ils sont apparus. Le lien footballistique ne prolonge ni n’enrichit les liens traditionnels, il se développe sur leur affaiblissement, finissant par se substituer à eux en les parodiant l’espace de quelques heures.

Pourquoi donc nos compa­triotes contemporains ne condamnent-ils pas 1'agression de Zidane contre Materazzi, geste qui, à sa manière, légitime la ­violence? Le sport est devenu, à leurs yeux, source de légitimité. La souveraineté qu’ils refusent à la politique, ils l’accordent volontiers au sport et aux sportifs, auxquels tout est toujours pardonné à l’exception des mauvaises performances. Loin d’être une boutade, la banderole “ Zidane président” exprimait l’inversion des légitimités, le sportif supplantant le politique. Zidane est l’icône de ce lien footballistique, le grand prêtre de cette communion. Selon René Girard, la fonction de la violence au sein du sacré est d’assurer la cohésion, de maintenir l’unité fusionnelle d’un ensemble d’humains. Le geste de violence de Zidane prolonge la communion footballistique bien au-delà de l’habituel. Grâce à cette brutalité, la fusion des Français en une unité, autour de la figure de Zidane, dure plus longtemps. Rien, sans importance véritable, le coup de tête de Zidane permet cependant aux Français de jouir un peu plus longtemps du lien remplaçant tous les autres, du fantôme du lien social, le lien footballistique.
Robert REDEKER, Le geste de Zidane, paroxysme de la communion footballistique,

article paru dans Le Figaro, 13/07/2006
(1) greffés
Document 4 : photos parues dans Le Point, numéro 1348, 18 juillet 1998
Ou consulter photos similaires sur:

http://www.latribune.fr/Tribune/20-ans.nsf/AllByID/3FAA92F78C887370C12570B500395FCD/$file/1998mondial.jpg







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