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VI


Deux jours se passèrent, pendant lesquels je consacrai toutes mes heures libres à courir la ville. Comme un vrai Magyar, je faisais aussi de longues stations sur le pont qui unit les deux rives du Danube à l’île Svendor, et ne me lassais pas d’admirer ce magnifique fleuve.

Je dois l’avouer, malgré moi, le nom de ce Wilhelm Storitz me revenait fréquemment à l’esprit. Ainsi, c’était à Ragz qu’il demeurait d’habitude et, je l’appris, avec un seul serviteur, connu sous le nom de Hermann, ni plus sympathique ni plus abordable, ni plus communicatif que son maître. Il me sembla même que ce serviteur me rappelait par sa tournure et sa démarche l’homme qui, le jour de mon arrivée, paraissait nous suivre, mon frère et moi, pendant notre promenade sur le quai Bathiany.

J’avais cru devoir ne rien dire à Marc de cette rencontre que le capitaine et moi nous avions faite sur le boulevard Téléki. Peut-être cela l’eût-il inquiété de savoir que Wilhelm Storitz, qu’il croyait absent de Ragz, y était revenu, et pourquoi obscurcir son bonheur d’une ombre d’inquiétude ! Je regrettai pourtant que ce rival éconduit n’eût pas quitté la ville, tout au moins jusqu’au jour où le mariage de Marc et de Myra serait accompli.

Le 27, dans la matinée, je me préparais à ma promenade habituelle. Mon intention était d’excursionner aux environs de Ragz, à travers la campagne serbienne. J’allais donc descendre, lorsque mon frère entra dans ma chambre.

« J’ai fort à faire, mon ami, me dit-il, et tu ne m’en voudras pas si je te laisse seul...

– Va, mon cher Marc, lui répondis-je, et ne te préoccupe pas de moi...

– Est-ce que Haralan doit venir te prendre ?...

– Non... il n’est pas libre... J’irai déjeuner dans quelque cabaret de l’autre côté du Danube...

– Surtout, mon cher Henry, aie soin d’être revenu à sept heures !...

– La table du docteur est trop bonne pour que je puisse l’oublier !

– Gourmand... Ah ! il est aussi question d’une soirée qui sera donnée dans quelques jours à l’hôtel, et tu pourras étudier la haute société de Ragz...

– Une soirée de fiançailles, Marc ?...

– Oh ! il y a longtemps que ma chère Myra et moi nous sommes fiancés... Il me semble même que nous l’avons toujours été...

– Oui... de naissance...

– Peut-être bien !

– Adieu donc, ô le plus heureux des hommes...

– Attends pour me dire cela que ma fiancée soit ma femme ! »

Après m’avoir serré la main, Marc sortit, et je descendis à la salle à manger.

Ce premier déjeuner achevé, j’allais partir, lorsque le capitaine Haralan parut. Je fus assez étonné de le voir, car il était convenu que, ce matin, je ne devais pas l’attendre.

« Vous ? m’écriai-je. Eh bien, mon cher capitaine, voilà une agréable surprise ! »

Me trompais-je ? mais il me sembla que le capitaine Haralan était soucieux et il se contenta de me répondre :

« Mon cher Vidal... je suis venu...

– Je suis prêt, vous le voyez... Le temps est beau, et si vous ne vous effrayez pas de quelques heures de promenade...

– Non... une autre fois, si vous voulez...

– Alors qu’est-ce qui vous amène ?...

– Mon père désire vous parler, et il nous attend à l’hôtel...

– Je suis à vous ! » répondis-je.

En suivant le quai Bathiany, marchant l’un près de l’autre, le capitaine Haralan ne prononçait pas une parole. Qu’y avait-il donc, et qu’est-ce que le docteur Roderich pourrait avoir à me dire ?... S’agissait-il du mariage de Marc ?...

Dès que nous fûmes arrivés, le domestique nous introduisit dans le cabinet du docteur.

Mme et Mlle Roderich avaient déjà quitté l’hôtel, et, probablement, Marc les accompagnait dans leur course matinale.

Le docteur était seul dans son cabinet, assis devant sa table, et, lorsqu’il se retourna, il me parut aussi soucieux que son fils.

« Il y a quelque chose, pensai-je, et assurément Marc ne savait rien quand je l’ai vu ce matin... On ne lui a rien dit, et sans doute, on n’a rien voulu lui dire... »

Je pris place dans un fauteuil en face du docteur, tandis que le capitaine Haralan restait debout, devant la cheminée, où brûlait un reste de bois.

J’attendais que le docteur m’adressât la parole, non sans quelque anxiété.

« Tout d’abord, monsieur Vidal, me dit-il, je vous remercie d’être venu à l’hôtel...

– J’étais à vos ordres, monsieur Roderich.

– J’ai désiré vous faire une communication en présence d’Haralan...

– Une communication relative au mariage ?...

– En effet.

– Grave ?...

– Oui et non, répondit le docteur. Quoi qu’il en soit, je n’en ai informé ni ma femme, ni ma fille, ni votre frère, et je préfère leur laisser ignorer... Vous allez en juger, du reste ! »

Instinctivement il se fit un rapprochement dans mon esprit entre cette communication et la rencontre que le capitaine Haralan et moi nous avions faite la veille devant la maison du boulevard Téléki.

« Hier, dans l’après-midi, reprit le docteur, alors que Mme Roderich et Myra étaient sorties, à l’heure de ma consultation, le domestique m’a fait passer la carte d’un visiteur que je ne m’attendais plus à revoir. En lisant le nom inscrit sur cette carte, j’éprouvai un vif mécontentement... Ce nom était celui de Wilhelm Storitz. »

Je pris la carte et je la tins quelques instants devant mes yeux.

Ce qui attira mon attention, c’est que ce nom, au lieu d’être gravé ou imprimé, était autographié, de l’écriture même de ce personnage inquiétant, avec sa signature ornée d’un paraphe compliqué, une sorte de bec d’oiseau de proie.

En voici du reste le fac-similé :

Wilhelm Storitz1

« Peut-être ne savez-vous pas, me demanda le docteur, quel est cet Allemand ?...

– Si... Je suis au courant, répondis-je.

– Eh bien, il y a trois mois environ, avant que la demande de votre frère eût été faite et accueillie, Wilhelm Storitz vint solliciter la main de ma fille. Après avoir consulté ma femme, mon fils et Myra, qui partagèrent mon éloignement pour un tel mariage, je fis savoir à Wilhelm Storitz qu’il ne pourrait être donné suite à sa proposition. Au lieu de s’incliner devant ce refus, il renouvela sa demande en termes formels, et je lui répondis non moins formellement de manière à ne lui laisser aucun espoir. »

Tandis que parlait le docteur Roderich, le capitaine Haralan allait et venait à travers la chambre et s’arrêtait parfois devant l’une des fenêtres pour regarder dans la direction du boulevard Téléki.

« Monsieur Roderich, dis-je, j’avais eu connaissance de cette démarche et je sais qu’elle s’est produite antérieurement à la demande de mon frère...

– À peu près trois mois avant, monsieur Vidal.

– Ainsi, repris-je, ce n’est pas parce que Marc était déjà agréé que Wilhelm Storitz s’est vu refuser la main de Mlle Myra, mais bien parce que ce mariage n’entrait pas dans vos vues...

– Assurément. Jamais nous n’aurions consenti à cette union qui ne pouvait nous convenir sous aucun rapport, et à laquelle Myra eût opposé un refus catégorique...

– Est-ce la personne... Est-ce la situation de Wilhelm Storitz qui vous a dicté cette résolution ?...

– Pour sa situation, répondit le docteur Roderich, on croit volontiers que son père lui a laissé une belle fortune, due à de fructueuses découvertes. Quant à sa personne...

– Je le connais, monsieur Roderich...

– Vous le connaissez ?... »

Je racontai dans quelles conditions j’avais rencontré Wilhelm Storitz sur le dampfschiff, sans me douter alors de qui il s’agissait. Pendant quarante-huit heures, cet Allemand avait été mon compagnon de voyage entre Pest et Vukovar, où je pensais qu’il avait débarqué, puisqu’il ne se trouvait plus à bord lors de mon arrivée à Ragz.

« Et enfin, hier, ajoutai-je, pendant ma promenade avec le capitaine Haralan, nous sommes passés devant sa maison, et je l’ai reconnu au moment où il en sortait...

– On disait cependant qu’il avait quitté la ville depuis quelques semaines, observa le docteur Roderich.

– On le croyait, et il est possible qu’il se soit absenté, répondit le capitaine Haralan, mais ce qui est certain, c’est qu’il est revenu dans sa maison, c’est que hier, il était à Ragz ! »

La voix du capitaine Haralan dénotait une vive irritation.

Le docteur reprit en ces termes :

« Je vous ai répondu, monsieur Vidal, sur la situation de Wilhelm Storitz. Quant à son existence, qui se flatterait de la connaître ?... Elle est absolument énigmatique !... Il semble que cet homme vive en dehors de l’humanité...

– N’y a-t-il pas là quelque exagération ? fis-je observer au docteur.

– Quelque exagération, sans doute, me répondit-il. Cependant, il appartient à une famille assez suspecte, et, avant lui, son père Otto Storitz prêtait aux plus singulières légendes...

– Qui lui ont survécu, docteur, si j’en juge par un article du Wienner Extrablatt, que j’ai lu à Pest. C’est à propos de l’anniversaire qui est célébré tous les ans à Spremberg, dans le cimetière de la ville. À en croire le chroniqueur, le temps n’a point affaibli ces superstitieux racontars !... Le savant mort a hérité du savant vivant !... C’était un sorcier... Il possédait des secrets de l’autre monde... il disposait d’un pouvoir surnaturel, et, chaque année on s’attend, paraît-il, à voir quelque phénomène extraordinaire se produire autour de sa tombe !...

– Donc, monsieur Vidal, conclut le docteur Roderich, et, d’après ce qui se passe à Spremberg, ne vous étonnez pas si à Ragz ce Wilhelm Storitz est regardé comme un personnage étrange !... Et c’est un pareil homme qui a demandé la main de ma fille, et qui, hier, a eu l’audace de renouveler cette demande...

– Hier ?... m’écriai-je.

– Hier même pendant sa visite !

– Et, ne fût-il pas ce qu’il est, s’écria le capitaine Haralan, il resterait encore que c’est un Prussien, et cela eût suffi à nous faire repousser une pareille alliance ! Vous le comprendrez, mon cher Vidal...

– Je le comprends, capitaine ! »

Et, dans ces paroles, éclatait toute l’antipathie que, par tradition comme par instinct, la race magyare éprouve pour la race germanique !

« Voici comment les choses se sont passées, reprit le docteur Roderich, car il est bon que vous le sachiez. Lorsque je reçus la carte de Wilhelm Storitz, j’hésitai... Fallait-il l’introduire près de moi ou lui faire répondre que je ne pouvais le recevoir ?

– Peut-être cela eût-il été préférable, mon père, dit le capitaine Haralan, car, après l’insuccès de sa première démarche, cet homme aurait dû comprendre qu’il ne devait sous aucun prétexte remettre les pieds ici...

– Oui, peut-être, dit le docteur, mais j’ai craint de le pousser à bout et qu’il s’ensuivît quelque scandale...

– Auquel j’eusse mis promptement terme, mon père !

– Et c’est précisément parce que je te connais, dit le docteur en prenant la main du capitaine Haralan, c’est pour cela que j’ai agi prudemment !... Et, même, quoi qu’il puisse arriver, je fais appel à ton affection pour ta mère et moi, pour ta sœur dont la situation serait très pénible, si son nom était prononcé, si ce Wilhelm Storitz faisait un éclat... »

Bien que je ne connusse le capitaine Haralan que depuis peu de temps, je le jugeais comme un homme de caractère très vif, et soucieux jusqu’à l’extrême de ce qui touchait à sa famille. Aussi regrettais-je que le rival de Marc fût revenu à Ragz et surtout qu’il eût renouvelé sa demande.

Le docteur acheva de nous raconter en détail cette visite. C’était dans le cabinet même où nous étions en ce moment. Wilhelm Storitz avait tout d’abord pris la parole sur un ton qui témoignait d’une ténacité peu ordinaire. Rentré à Ragz depuis quarante-huit heures, M. Roderich ne pouvait s’étonner qu’il eût voulu le revoir. « Si je l’ai fait, dit-il, si j’ai insisté pour être reçu, c’est que j’ai désiré faire une seconde tentative, qui ne sera pas la dernière... – Monsieur, répondit le docteur, j’ai pu comprendre votre première démarche, mais je ne comprends plus celle-ci, et votre présence chez moi... – Monsieur, reprit-il froidement, je n’ai pas renoncé à l’honneur de devenir l’époux de Mlle Myra Roderich, et c’est à ce propos que j’ai voulu vous revoir... – Alors, monsieur, déclara le docteur, votre visite ne saurait être justifiée en aucune façon... Nous n’avons pas à revenir sur notre refus, et je ne vois aucune raison de cette insistance... – Au contraire, reprit Wilhelm Storitz, cette raison existe, et ce qui me détermine précisément à insister, c’est qu’un autre s’est présenté, un autre, plus heureux que moi, que vous avez cru devoir agréer... un Français... un Français !... – Oui, répondit le docteur, un Français, M. Marc Vidal, a demandé la main de ma fille... – Et il l’a obtenue ! s’écria Wilhelm Storitz. – Oui, monsieur, répondit le docteur, et, à défaut d’autre motif, cela aurait dû vous faire comprendre que vous n’aviez plus rien à espérer si tant est que vous eussiez pu conserver un espoir... – Que je conserve encore, déclara Wilhelm Storitz ! Non ! je ne renonce point à cette union avec Mlle Myra Roderich !... Je l’aime, et, si elle n’est pas à moi, du moins ne sera-t-elle jamais à un autre ! »

« L’insolent... le misérable ! répétait le capitaine Haralan. Il a osé parler de la sorte, et je n’étais pas là pour le jeter dehors ! »

Décidément, pensai-je, si ces deux hommes se trouvent l’un en face de l’autre, il sera difficile d’empêcher cet éclat que redoute le docteur Roderich !

« Ces derniers mots prononcés, nous dit le docteur, je me levai et signifiai que je ne voulais pas en entendre davantage... Le mariage était décidé et serait célébré dans quelques jours... – Ni dans quelques jours ni plus tard... répondit Wilhelm Storitz. – Monsieur, dis-je, en lui montrant la porte, veuillez sortir !... Tout autre que lui eût compris que sa visite ne pouvait se prolonger... Eh bien, il resta, son ton baissa, il essaya d’obtenir par la douceur ce qu’il n’avait pu obtenir par la violence, – tout au moins la promesse qu’il serait sursis au mariage. Alors, j’allai vers la cheminée pour sonner le domestique. Il me saisit le bras, la colère le reprit, sa voix retentit au point qu’on devait l’entendre du dehors. Heureusement, ma femme et ma fille n’étaient pas encore rentrées à l’hôtel ! Wilhelm Storitz consentit enfin à se retirer, mais non sans proférer des menaces !... Mlle Roderich n’épouserait pas ce Français... Il surgirait de tels obstacles que le mariage serait impossible... Les Storitz disposaient de moyens qui pouvaient défier toute puissance humaine, et il n’hésiterait pas à s’en servir contre l’imprudente famille qui le repoussait... Enfin, il ouvrit la porte du cabinet, il sortit furieusement, au milieu de quelques personnes qui attendaient dans la galerie, me laissant très effrayé de ses menaçantes paroles ! »

Ainsi que le docteur nous le répéta, pas un mot de toute cette scène n’avait été rapporté ni à Mme Roderich, ni à sa fille, ni à mon frère. Mieux valait leur épargner cette inquiétude. D’ailleurs, je connaissais assez Marc pour craindre qu’il voulût donner une suite à cette affaire tout comme le capitaine Haralan. Celui-ci se rendit cependant aux raisons de son père.

« Soit, dit-il, je n’irai pas châtier cet insolent. Mais si c’est lui qui vient à moi... si c’est lui qui s’en prend à Marc... si c’est lui qui nous provoque ?... »

Le docteur Roderich ne put répondre.

Notre conversation prit fin. Dans tous les cas, il fallait attendre, et personne ne saurait rien, si Wilhelm Storitz ne passait pas des paroles aux actes. Et, au total, que pourrait-il ? Comment empêcherait-il le mariage ? Serait-ce en obligeant Marc, par une insulte publique, à se rencontrer avec lui ?... Ne serait-ce pas plutôt en exerçant quelque violence contre Myra Roderich ?... Mais comment parviendrait-il à pénétrer dans l’hôtel, où il ne serait plus reçu ?... Il n’était pas en son pouvoir, j’imagine, d’en forcer les portes !... D’ailleurs, le docteur Roderich n’hésiterait pas à prévenir l’autorité, qui saurait bien mettre cet Allemand à la raison !

Avant de nous séparer, le docteur adjura une dernière fois son fils de ne point prendre à partie cet insolent personnage, et, je le répète, ce ne fut pas sans peine que se rendit le capitaine Haralan.

Notre entretien s’était assez prolongé pour que Mme Roderich, sa fille et mon frère fussent rentrés à l’hôtel. Je dus rester à déjeuner, en sorte qu’il fallut remettre à l’après-midi mon excursion aux environs de Ragz.

Il va sans dire que je donnai un motif quelconque à ma présence, ce matin-là, dans le cabinet du docteur. Marc n’eut donc aucun soupçon, et le déjeuner se passa très agréablement.

Et, lorsqu’on se leva de table, Mlle Myra me dit :

« Monsieur Henry, puisque nous avons eu le plaisir de vous trouver ici, vous ne nous quitterez plus de toute la journée...

– Et mes promenades ? répondis-je.

– Nous les ferons ensemble !

– C’est que je comptais aller un peu loin...

– Nous irons un peu loin !

– À pied...

– Et à pied !

– Tu ne peux refuser, ajouta mon frère, puisque Mlle Myra te le demande.

– Non, vous ne le pouvez pas, ou tout sera rompu entre nous, monsieur Henry !...

– À vos ordres, mademoiselle !

– Et puis, monsieur Henry, est-il donc nécessaire d’aller si loin ?... Je suis sûre que vous n’avez pas encore admiré dans toute sa beauté l’île Svendor...

– Je devais le faire demain...

– Eh bien, nous irons aujourd’hui. »

Et c’est en compagnie de Mme, de Mlle Roderich et de Marc, que je visitai cette île, transformée en jardin public, une sorte de parc, avec bosquets, chalets, et attractions de toutes sortes.

Cependant, mon esprit n’était pas tout à cette promenade. Marc s’en aperçut et je dus lui faire quelque réponse évasive.

Était-ce donc la crainte de rencontrer Wilhelm Storitz sur notre route ?... Non, je songeais plutôt à ce qu’il avait dit au docteur Roderich : « Il surgirait de tels obstacles que le mariage serait rendu impossible... Les Storitz disposaient de moyens qui pouvaient défier toute puissance humaine ! » Que signifiaient ces paroles ?... Devait-on les prendre au sérieux ?... Je me promis de m’en expliquer avec le docteur, lorsque nous serions seuls.

Plusieurs jours s’écoulèrent. Je commençais à me rassurer. On n’avait point revu Wilhelm Storitz. Cependant, il n’avait point quitté la ville. La maison du boulevard Téléki était toujours habitée. En passant, je vis le serviteur Hermann en sortir. Une fois même, Wilhelm Storitz apparut à l’une des fenêtres du belvédère, le regard tourné vers l’extrémité du boulevard, dans la direction de l’hôtel Roderich...

Or, les choses en étaient là, lorsque, dans la nuit du 3 au 4 mai, se produisit cet incident :

Bien que la porte de la Maison de Ville fût constamment gardée par les plantons de service, et que personne ne pût s’en approcher sans être vu, l’affiche de mariage au nom de Marc Vidal et de Myra Roderich fut arrachée du cadre des publications, et on en retrouva les morceaux à quelques pas de là !
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