Au fil de sa biographie s’inscrivent ses œuvres





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joindre La farce italienne à ce drame espagnol» ;

- page 141-142 : «comme un lierre obscur qui circonvient un tronc

Et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce,

Grimper par ruse au lieu de s'élever par force?[…]

Bref, dédaignant d'être le lierre parasite,

Lors même qu'on n'est pas le chêne ou le tilleul,

Ne pas monter bien haut, peut-être, mais tout seul» ;

- page 143 : «Ia molle amitié dont vous vous entourez

Ressemble à ces grands cols d'Italie, ajourés

Et flottants, dans lesquels votre cou s'effémine

La Haine est un carcan , mais c'est une auréole !»

- page 147 : «La lune, dans le ciel, luisait comme une montre,

Quand, soudain,je ne sais quel soigneux horloger

S'étant mis à passer un coton nuager

Sur le boîtier d'argent de cette montre ronde,

Il se fit une nuit la plus noire du monde» ;

- page 157 : les lettres : des «oiseaux errants» ;

- page 186 : la métaphore suivie :

Christian : «L'amour grandit bercé dans mon âme inquiète...

Quece cruel marmotprit pourbarcelonnette !

Roxane : C'est mieux ! Mais, puisqu'il est cruel, vous fûtes sot

De ne pas, cet amour, l'étouffer au berceau !

Christian : Aussi l'ai-je tenté, mais. tentative nulle :

Ce ... nouveau-né, Madame, est un petit ... Hercule.

Roxane : C'est mieux !

Christian : De sorte qu'il ... strangula comme rien...

Les deux serpents ... Orgueil et ... Doute

- page 190 : «étoile […] fleurette[…] l'eau fade du Lignon» (allusion à Honoré d'Urfé)

- page 192 : «Ton nom est dans mon cœur comme un grelot

Et comme tout le temps, Roxane, je frissonne,

Tout le temps le grelot s'agite, et le nom sonne

- page 197 : «Un baiser, mais à tout prendre, qu'est-ce?

Un serment fait d'un peu plus près, une promesse

Plus précise, un aveu qui veut se confirmer,

Un point rose qu'on met sur l'i du verbe aimer,

C'est un secret qui prend la bouche pour oreille,

Une communion ayant un goût de fleur,

Une façon d'un peu se respirer le cœur,

Et d'un peu se goûter, au bord des lèvres, l'âme !»

- page 264, Roxane définit Christian : «Oiseau qui saute avant tout à fait qu'il s'envole»

- page 285 : «Sois satisfait des fleurs, des fruits, même des feuilles,

Si c'est dans ton jardin à toi que tu les cueilles

- page 310 : «Une robe a passé dans ma vie»

- page 314 : «botté de marbre, Ganté de plomb»

- page 315 : «le laurier et la rose», symboles de la gloire et de l’amour.

- oxymorons : «adorable carogne» (vers 91 8)

- hyperboles : «Les mots d'amour, je vais vous les jeter, en touffe», dit Cyrano à Roxane avec une fausse affectation, sans les mettre en bouquet
Les figures de style se déploient en particulier dans la tirade des nez (page 73), le passage le plus connu de l'oeuvre mais aussi le point culminant de l'acte, le moment où le héros tient son grand monologue bien organisé entre un exorde et une fin où il revient à son interlocuteur et à la situation conflictuelle ; c'est «la scène à faire» dont rêve tout acteur, véritable scène de théâtre dans le théâtre où Rostand se livre à un exercice de style à la Queneau.

Au début de la tirade, Cyrano annonce sa manière de procéder : «En variant le ton». Ce choix rhétorique se manifeste dans la suite du texte où sont mis en scène des commentateurs, chacun par une didascalie, sous la forme d'un adjectif (il y en a vingt) suivi de deux points et de guillemets, présentant les différents tons et prononciations. Cela devient une leçon de diction, Cyrano se conduisant comme un maître avec un élève.

À partir d'un élément commun et qui est signalé de manière récurrente (la taille du nez et son caractère spectaculaire et donc la volonté de le présenter de toutes les façons possibles pour anticiper sur les moqueries et les désamorcer), les diverses illustrations constituent un exercice de rhétorique brillant, un excellent exercice d'identification des tonalités et de leur pertinence par rapport à l'annonce du début du vers. Chaque didascalie est en rapport avec la réflexion qui est attribuée au commentateur, les illustrations du ton choisi sont de longueurs différentes (un, deux ou trois vers au plus, ce qui permet une forte concentration dans un total de trente-huit vers) ; elles sont très variées mais certaines sont plus réussies ; l'invention verbale et la virtuosité de Rostand s'y manifestent particulièrement, il faut remarquer la progression des tons.

Certaines désignent des tonalités littéraires précises :

- «descriptif» (vers 7) : éléments d'un paysage donnés de manière présentative (récurrence de «c'est») et progressive (gradation dans l'allongement : «roc», «cap»,« péninsule») ;

- «pédant» : référence savante à Aristophane et utilisation d'un terme de consonance grecque très long (dix syllabes) et difficile à prononcer ;

- «emphatique» : utilisation de négations valorisantes («Aucun... excepté») et d'hyperboles («magistral», «tout entier»), rapprochement («nez-mistral») ;

- «dramatique»

- «lyrique»

- parodie de la tragédie : l'allusion poétique aux ‘’Amours tragiques de Pyrame et Thisbé’’ (1621), pièce de Théophile de Viau :

«Ah ! Voici le poignard qui du sang de son maître

S'est souillé lâchement, il en rougit le traître

D'autres relèvent de l'affectivité ou sont empruntées à des situations de la vie courante ou de la vie professionnelle («Militaire» : «Pointez contre cavalerie !» où l'allitération traduit bien la rigueur militaire) et on pourrait imaginer leurs auteurs potentiels dans des situations données. La diversité des tons proposés et surtout la richesse et la fantaisie des Illustrations soulignent l'habileté rhétorique de Cyrano.

On a ici quelque chose qui fait penser aux thèmes et variations musicaux : un thème commun, le nez, sur lequel le compositeur ou le poète brode avec une habileté qui vient aussi du respect de la versification (alexandrins très frappés, rimes suivies).

Partant de l'agressivité pour arriver au tragique, Cyrano envisage avec brio un grand nombre de représentations et de mises en situation de son propre nez, prenant les devants sur toutes les formes de critique et privant en quelque sorte d'inspiration tout interlocuteur. C'est ce qu'il souligne à la fin de la tirade, établissant le lien entre l'affirmation d'ouverture («On pouvait dire..».) et la conclusion («Voilà...vous m'auriez dit..».). La formule finale est doublement Insultante : la reprise des mots «lettres» (synonyme ici de culture littéraire) et «esprit» (créativité, humour, ironie, sens de la dérision) suivie d'une négation («jamais un atome») et d'une illustration jouant sur la polysémie de «Iettres» est une ultime provocation et une dernière manifestation d'esprit. La chute de la tirade (le mot sot) fait penser à une passe d'armes brillantes tout à fait semblable à celle qui termine la ballade du duel : «À la fin de l'envoi, je touche !»

La tirade est donc une démonstration du talent et de l'esprit de Cyrano-Rostand d'une part et de sa capacité de dérision et d'ironie d'autre part. Il utilise les mots comme des armes.

La versification, où parut revivre le meilleur de ‘’Ruy Blas’’, est souple et étincelante (page 342), d'une ahurissante virtuosité et parut le comble du poétique. Avec brio et humour, Rostand fit subir à l'alexandrin bien des acrobaties, explorant, contournant, détournant ses mécanismes jusqu'à l'outrance, se jouant de la césure, recourant à de hardis enjambements (vers 4-5), faisant retentir le cliquetis incessant des rimes, passant des belles envolées aux stichomythies (échanges rapides entre les locuteurs) dans un ping-pong vertigineux :

- longues tirades héroïques, comiques ou pathétiques (la tirade des nez [cinquante-cinq vers], la tirade des «Non, merci !» (page 141-142),

- rapides échanges fantaisistes, où le rythme est déchiqueté, le vers comptant jusqu'à cinq coupes (vers 196 à 200).

Il faut donc absolument que les comédiens respectent le vers qui nécessite une respiration particulière, qu'on arrive à l'oublier mais qui est là en musique de fond :

- respect des « muets dans la prose ;

- respect des enjambements hardis : «aux primes roses / D'aurore» (page 90) ; «Je n'avais pas hier / Tant d'amis» (page 131) ; «C'est Théophraste / Renaudot» (page 132) ; «Votre carrière abonde / De beaux exploits, déjà» ; «Vous servez chez ces fous / De Gascons, n'est-ce pas?» (page 134) ; «Le récit du combat. Ce sera la meilleure / Leçon» (page 144) ; «Je passe / Une mante» (page 162) ; «Ce soir, écoutez, oui, je dois / Être parti ... Il y a, près d'ici, dans la rue / D'Orléans, un couvent fondé par le syndic / Des capucins..». (page 172) ; pages 178, 19 1, 192, 217, 222, 237, 247, 248, 260, 263, 298.

- respect des rimes («fat» avec «mat», page 119) parfois extravagantes, lancées aux quatre vents : «beau» rime avec «bobo» (page 123), «à mes périls et risques» rime avec «astérisques» (page 210), « hum » rime avec « post-scriptum ».
D'autre part, diverses formes poèmes sont inclus :

- la «ballade du duel qu'en l'hôtel bourguignon Monsieur de Bergerac eut avec un bélître» (page 77) et qui se termine par un envoi,

- le poème en octosyllabes à la gloire des cadets de Gascogne (pages 135-136),

- la parodie du récit du Cid par celui de Cyrano (pages 147-150).
Ce texte brillant, où Rostand n’était pas si éloigné de Corneille ou de Muset quand ils préféraient divertir le public, réagissait contre la noirceur du naturalisme.


Intérêt documentaire
Cyrano de Bergerac fut un écrivain du XVIe siècle, libertin, satirique, antireligieux, aux conceptions audacieuses notamment dans les domaines de la physique et de l'astronomie. Certains vers font directement allusion à son ‘’Histoire comique des États et Empires de la Lune’’. D'après certains écrits, Cyrano, que son nez défigurait, «ne pouvait souffrir qu'on le regardât». Rostand se plongea avec délice dans la vie de l'écrivain dont il étudia minutieusement l'époque. C'est en effet le climat du XVIe siècle qui tisse la toile de fond de la pièce. Soucieux, comme les auteurs de drames romantiques, de couleur locale, Rostand fait, tout en s'amusant, un tableau significatif de ce milieu du XVIle siècle français. Faisant. revivre le personnaqe historique qu'est l'écrivaln Cyrano de Bergerac, Rostand s'est appuyé sur une documentation abondante et sérieuse. Il a ainsi découvert que Cyrano eut bien une cousine, surnommée Roxane et mariée à un baron Christophe de Neuvillette. Le comte de Guiche est aussi un personnage historique, comme le comédien Montfleury et même le pâtissier Ragueneau plus tard employé chez Molière.

Est historique aussi le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne (disdascalie, page 31) où le spectateur du film pénètre par le regard émerveillé d'un enfant, le peuple (les laquais, le tire-laine qui vole la bourse de Christian) au parterre, les lustres allumés et levés («Ia salle acclamant l'ascension du premier lustre allumé»), les seigneurs sur la scène (pages 52, 54, 56), le décor grandiose, la fumée, l'apparition de Montfleury, son costume ridicule, sa déclamation ampoulée, la critique de la déclamation par Cyrano (page 65 : était-ce la conception de Rostand?) ; à Montréal, le metteur en scène, Jean-Pierre Ronfard a choisi de faire des comédiens qui répètent des acteurs de «la commedia dell'arte» dont la conception du théâtre est totalement opposée à celle de Montfleury.

A existé réellement la pâtisserie de Ragueneau (didascalie, page 99-100), le mitron et sa hotte.

Les cadets de Gascogne, c'est-à-dire les fils cadets de familles aristocrates de Gascogne devaient, selon la tradition, embrasser l'état militaire, commencer par être soldats puis devenir officiers subalternes, leurs, titres (page 249), leur chef, Carbon de Castel-Jaloux, leur fierté, leur vantardise de Méridionaux (les gasconnades, le verbe «gasconner» (pages 125-126,146), leurs jurons (page 129), leur mépris pour le nouveau qui est un septentrional, le poème en octosyllabes à leur gloire (pages 135-136) ; dans le film, leur manège, lieu vaste et magnifiquement conçu, le fifre des Gascons et le poème de Cyrano (page 229), le salut fait à Cyrano par d'Artagnan (page 80), le choix du Sud par le Marseillais qu'était Rostand est siqnificatif : ce fut toujours une terre de faconde, un pôle d'hérésie, d'irrédentisme.

On ne s'étonne pas de la mention qui est faite de l'Académie Française dont des membres sont cités (page 41) avec la moquerie : «Tous ces noms dont pas un ne mourra».

La préciosité, avec sa conception idéaliste de l'amour, réapparition de l'amour courtois, est un mouvement inscrit dans l'Histoire. On retrouve les précieux, avec leurs noms recherchés (pages 41, 49), leur goût des adverbes («Épouvantablement ravissante», page 48), leur discours sur le Tendre (page 162), les allusions à Honoré d'Urfé (page 190, «l'eau fade du Lignon»). Cet élément est plus développé au cinéma puisqu'on y voit un salon précieux, Cyrano réduit les précieuses au rôle de muses, de public (page 65), l'idée que la précieuse qu'est Roxane devienne une héroïne (page 247) est en accord avec l'Histoire puisque la Grande Demoiselle s'est illustrée dans la Fronde ; on voit que, dans la préciosité, s'exprime déjà un romantisme, qu'il fallait savoir parler aux femmes pour conquérir leur coeur ;

- le Paris du temps était encore rendu dans la pièce par la place du Marais où se trouve la maison de Roxane (didascalie, page 161), par le couvent des Dames de la Croix (didascalie, page 283), les religieuses, les novices, la laïque qui vit avec elle (à rapprocher du couvent où se retire la princesse de Clèves).

Surtout, on distingue bien les différentes classes sociales : le peuple, les bourgeois (Ragueneau, Magdeleine Robin n'est qu'une simple bourgeoise que Guiche peut persécuter (page 49), qu'il envisage de faire épouser par le vicomte de Valvert pour pouvoir faire d'elle plus commodément sa maîtresse, mais elle a, suivant la mode espagnole, une duègne (page 48), appelée «duégna» (page 117), les aristocrates (ceux de province, les cadets, ceux de la Cour, les marquis (pages 51, 56), les barons, vicomtes, comtes et duc (de Guiche, véritable grand seigneur méchant homme avec Lignière [page 138], avec Roxane), au-dessus, le cardinal de Richelieu (page 55) qui s'intéresse de très près au théâtre (page 136).

La pièce de Rostand a été encore mieux placée dans son juste contexte par le réalisateur Rappeneau qui dit avoir voulu «montrer le Paris du XVIle siècle, la vie de l'époque». Dans un parti pris de réalisme, il s'est posé des questions très simples : où habitent ces gens? si Cyrano s'est battu toute la nuit, il est normal qu'il monte dans sa chambre et qu'il change sa chemise tachée de sang. On découvre des traits de mœurs : la chaise sur roue, le port de perruques, les duels interdits, d'où l'arrivée du guet, les lettres cachetées, les dessous de Roxane, la tapisserie. Avec le chef décorateur, Ezio Frigerio, il a beaucoup travaillé l'aspect visuel du film, s'étant fixé comme but de varier les décors, de montrer les rues de Paris. Plus exactement, l'action se situant en 1640 (les quatre premiers actes) et en 1655 (pour le dernier), c'est le monde baroque et fantasmagorique du temps de Louis XIII, de la Préciosité et des ‘’
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