La Bibliothèque électronique du Québec





télécharger 398.19 Kb.
titreLa Bibliothèque électronique du Québec
page7/11
date de publication19.05.2017
taille398.19 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > loi > Documentos
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   11
s’enfonçant, il prenait plaisir à s’appuyer le bras sur son épaule avec toutes les chatteries de l’amitié pour y peser et le faire disparaître plus tôt, car il était jaloux de l’éclat avec lequel s’affichait la duchesse pour d’Esgrignon, quand elle avait réclamé le huis-clos pour lui. C’était, d’ailleurs, un de ces rudes goguenards qui se plaisent dans le mal comme les femmes turques dans le bain. Aussi, quand il eut remporté le prix de la course, et que les parieurs furent réunis chez un aubergiste où ils déjeunèrent, et où l’on trouva quelques bonnes bouteilles de vin, de Marsay dit-il en riant à d’Esgrignon : – Ces mémoires dont tu t’inquiètes ne sont certainement pas les tiens.

– Et s’en inquiéterait-il ? répliqua Rastignac.

– Et à qui appartiendraient-ils donc, demanda d’Esgrignon.

– Tu ne connais donc pas la position de la duchesse ? dit de Marsay en remontant à cheval.

– Non, répondit d’Esgrignon intrigué.

– Hé ! bien, mon cher, repartit de Marsay, voici : trente mille francs chez Victorine, dix-huit mille francs chez Houbigant, un compte chez Herbault, chez Nattier, chez Nourtier, chez les petites Latour, en tout cent mille francs.

– Un ange, dit d’Esgrignon en levant les yeux au ciel.

– Voilà le compte de ses ailes, s’écria bouffonnement Rastignac.

– Elle doit tout cela, mon cher, répondit de Marsay, précisément parce qu’elle est un ange ; mais nous avons tous rencontré des anges dans ces situations-là, dit-il en regardant Rastignac. Les femmes sont sublimes en ceci qu’elles n’entendent rien à l’argent, elles ne s’en mêlent pas, cela ne les regarde point ; elles sont priées au banquet de la vie, selon le mot de je ne sais quel poète crevé à l’hôpital.

– Comment savez-vous cela, tandis que je ne le sais pas ? répondit naïvement d’Esgrignon.

– Tu seras le dernier à le savoir, comme elle sera la dernière à apprendre que tu as des dettes.

– Je lui croyais cent mille livres de rente, dit d’Esgrignon.

– Son mari, reprit de Marsay, est séparé d’elle et vit à son régiment où il fait des économies, car il a quelques petites dettes aussi, notre cher duc ! D’où venez-vous ? Apprenez donc à faire, comme nous, les comptes de vos amis. Mademoiselle Diane (je l’ai aimée pour son nom !), Diane d’Uxelles s’est mariée avec soixante mille livres de rente à elle, sa maison est depuis huit ans montée sur un pied de deux cent mille livres de rente ; il est clair qu’en ce moment, ses terres sont toutes hypothéquées au-delà de leur valeur ; il faudra quelque beau matin fondre la cloche, et l’ange sera mis en fuite par... faut-il le dire ? par des huissiers qui auront l’impudeur de saisir un ange comme ils empoigneraient l’un de nous.

– Pauvre ange !

– Eh ! mon cher, il en coûte fort cher de rester dans le Paradis parisien, il faut se blanchir le teint et les ailes tous les matins, dit Rastignac.

Comme il était passé par la tête de d’Esgrignon d’avouer ses embarras à sa chère Diane, il lui passa comme un frisson en pensant qu’il devait déjà soixante mille francs et qu’il avait pour dix mille francs de mémoires à venir. Il revint assez triste. Sa préoccupation mal déguisée fut remarquée par ses amis, qui se dirent à dîner : – Ce petit d’Esgrignon s’enfonce ! il n’a pas le pied parisien ; il se brûlera la cervelle. C’est un petit sot, etc.

Le jeune comte fut consolé promptement. Son valet de chambre lui remit deux lettres. D’abord une lettre de Chesnel, qui sentait le rance de la fidélité grondeuse et des phrases rubriquées de probité ; il la respecta, la garda pour le soir. Puis une seconde lettre où il lut avec un plaisir infini les phrases cicéroniennes par lesquelles du Croisier, à genoux devant lui comme Sganarelle devant Géronte, le suppliait à l’avenir de lui épargner l’affront de faire déposer à l’avance l’argent des lettres de change qu’il daignerait tirer sur lui. Cette lettre finissait par une phrase qui ressemblait si bien à une caisse ouverte et pleine d’écus au service de la noble maison d’Esgrignon, que Victurnien fit le geste de Sganarelle, de Mascarille et de tous ceux qui sentent des démangeaisons de conscience au bout des doigts. En se sachant un crédit illimité chez les Keller, il décacheta gaiement la lettre de Chesnel ; il s’attendait aux quatre pages pleines, à la remontrance débordant à pleins bords, il voyait déjà les mots habituels de prudence, honneur, esprit de conduite, etc., etc. Il eut le vertige en lisant ces mots :

« Monsieur le Comte,

» Il ne me reste, de toute ma fortune, que deux cent mille francs ; je vous supplie de ne pas aller au-delà, si vous faites l’honneur de les prendre au plus dévoué des serviteurs de votre famille et qui vous présente ses respects.

» Chesnel. »

– C’est un homme de Plutarque, se dit Victurnien en jetant la lettre sur sa table. Il éprouva du dépit, il se sentait petit devant tant de grandeur. – Allons, il faut se réformer, se dit-il.

Au lieu de dîner au Restaurant où il dépensait à chaque dîner, entre cinquante et soixante francs, il fit l’économie de dîner chez la duchesse de Maufrigneuse, à laquelle il raconta l’anecdote de la lettre.

– Je voudrais voir cet homme-là, dit-elle en faisant briller ses yeux comme deux étoiles fixes.

– Qu’en feriez-vous ?

– Mais je le chargerais de mes affaires.

Diane était divinement mise, elle voulut faire honneur de sa toilette à Victurnien qui fut fasciné par la légèreté avec laquelle elle traitait ses affaires, ou plus exactement ses dettes. Le joli couple alla aux Italiens. Jamais cette belle et séduisante femme ne parut plus séraphique ni plus éthérée. Personne dans la salle n’aurait pu croire aux dettes dont le chiffre avait été donné le matin même par de Marsay à d’Esgrignon. Aucun des soucis de la terre n’atteignait à ce front sublime, plein des fiertés féminines les mieux situées. Chez elle, un air rêveur semblait être le reflet de l’amour terrestre noblement étouffé. La plupart des hommes pariaient que le beau Victurnien en était pour ses frais, contre des femmes sûres de la défaite de leur rivale, et qui l’admiraient comme Michel-Ange admirait Raphaël, in petto ! Victurnien aimait Diane, selon celle-ci, à cause de ses cheveux, car elle avait la plus belle chevelure blonde de France ; selon celle-là, son principal mérite était sa blancheur, car elle n’était pas bien faite, mais bien habillée ; selon d’autres, d’Esgrignon l’aimait pour son pied, la seule chose qu’elle eût de bien, elle avait la figure plate. Mais ce qui peint étonnamment les mœurs actuelles de Paris : d’un côté, les hommes disaient que la duchesse fournissait au luxe de Victurnien ; de l’autre, les femmes donnaient à entendre que Victurnien payait, comme disait Rastignac, les ailes de cet ange. En revenant, Victurnien, à qui les dettes de la duchesse pesaient bien plus que les siennes, eut vingt fois sur les lèvres une interrogation pour entamer ce chapitre ; mais vingt fois elle expira devant l’attitude de cette créature divine à la lueur des lanternes de son coupé, séduisante de ces voluptés qui, chez elle, semblaient toujours arrachées violemment à sa pureté de madone. La duchesse ne commettait pas la faute de parler de sa vertu, ni de son état d’ange, comme les femmes de province qui l’ont imitée ; elle était bien plus habile, elle y faisait penser celui pour qui elle commettait de si grands sacrifices. Elle donnait, après six mois, l’air d’un péché capital au plus innocent baisement de main, elle pratiquait l’extorquement des bonnes grâces avec un art si consommé qu’il était impossible de ne pas la croire plus ange avant qu’après. Il n’y a que les Parisiennes assez fortes pour toujours donner un nouvel attrait à la lune et pour romantiser les étoiles, pour toujours rouler dans le même sac à charbon et en sortir toujours plus blanches. Là est le dernier degré de la civilisation intellectuelle et parisienne. Les femmes d’au-delà le Rhin ou la Manche croient à ces sornettes quand elles les débitent, tandis que les Parisiennes y font croire leurs amants pour les rendre plus heureux en flattant toutes leurs vanités temporelles et spirituelles. Quelques personnes ont voulu diminuer le mérite de la duchesse, en prétendant qu’elle était la première dupe de ses sortilèges. Infâme calomnie ! La duchesse ne croyait à rien qu’à elle-même.

Au commencement de l’hiver, entre les années 1823 et 1824 Victurnien avait chez les Keller un débet de deux cent mille francs dont ni Chesnel, ni mademoiselle Armande ne savaient rien. Pour mieux cacher la source où il puisait, il s’était fait envoyer de temps à autre deux mille écus par Chesnel ; il écrivit des lettres mensongères à son pauvre père et à sa tante qui vivaient heureux, abusés comme la plupart des gens heureux. Une seule personne était dans le secret de l’horrible catastrophe que l’entraînement fascinateur de la vie parisienne avait préparé à cette grande et noble famille. Du Croisier, en passant le soir devant le Cabinet des Antiques, se frottait les mains de joie, il espérait arriver à ses fins. Ses fins n’étaient plus la ruine mais le déshonneur de la maison d’Esgrignon, il avait alors l’instinct de sa vengeance, il la flairait ! Enfin il en fut sûr dès qu’il sut au jeune comte des dettes sous le poids desquelles cette jeune âme devait succomber. Il commença par assassiner celui de ses ennemis qui lui était le plus antipathique, le vénérable Chesnel. Ce bon vieillard habitait rue du Bercail une maison à toits très élevés, à petite cour pavée, le long des murs de laquelle montaient des rosiers jusqu’au premier étage. Derrière, était un jardinet de province, entouré de murs humides et sombres, divisé en plates-bandes par des bordures en buis. La porte, grise et proprette, avait cette barrière à claire-voie armée de sonnettes, qui dit autant que les panonceaux : ici respire un notaire. Il était cinq heures et demie du soir, moment où le vieillard digérait son dîner. Chesnel était dans son vieux fauteuil de cuir noir, devant son feu ; il avait chaussé l’armure de carton peint, figurant une botte, avec laquelle il préservait ses jambes du feu. Le bonhomme avait l’habitude d’appuyer ses pieds sur la barre et de tisonner en digérant, il mangeait toujours trop : il aimait la bonne chère. Hélas ! sans ce petit défaut, n’eût-il pas été plus parfait qu’il n’est permis à un homme de l’être ? Il venait de prendre sa tasse de café, sa vieille gouvernante s’était retirée en emportant le plateau qui servait à cet usage depuis vingt ans ; il attendait ses clercs avant de sortir pour aller faire sa partie ; il pensait, ne demandez pas à qui ni à quoi ? Rarement une journée s’écoulait sans qu’il se fût dit : où est-il ? que fait-il ? Il le croyait en Italie avec la belle Maufrigneuse. Une des plus douces jouissances des hommes qui possèdent une fortune acquise et non transmise, est le souvenir des peines qu’elle a coûtées et l’avenir qu’ils donnent à leurs écus : ils jouissent à tous les temps du verbe. Aussi cet homme, dont les sentiments se résumaient par un attachement unique, avait-il de doubles jouissances en pensant que ses terres, si bien choisies, si bien cultivées, si péniblement achetées, grossiraient les domaines de la maison d’Esgrignon. À l’aise dans son vieux fauteuil, il se carrait dans ses espérances : il regardait tour à tour l’édifice élevé par ses pincettes avec des charbons ardents et l’édifice de la maison d’Esgrignon relevé par ses soins. Il s’applaudissait du sens qu’il avait donné à sa vie, en imaginant le jeune comte heureux. Chesnel ne manquait pas d’esprit, son âme n’agissait pas seule dans ce grand dévouement, il avait son orgueil, il ressemblait à ces nobles qui rebâtissent des piliers dans les cathédrales en y inscrivant leurs noms : il s’inscrivait dans la mémoire de la maison d’Esgrignon. On y parlerait du vieux Chesnel. En ce moment, sa vieille gouvernante entra en donnant les marques d’un effarouchement excessif.

– Est-ce le feu, Brigitte ? dit Chesnel.

– C’est quelque chose comme ça, répondit-elle. Voici monsieur du Croisier qui veut vous parler...

– Monsieur du Croisier, répéta le vieillard si cruellement atteint jusqu’au cœur par la froide lame du soupçon qu’il laissa tomber ses pincettes. Monsieur du Croisier ici, pensa-t-il, notre ennemi capital !

Du Croisier entrait alors avec l’allure d’un chat qui sent du lait dans un office. Il salua, prit le fauteuil que lui avançait le notaire, s’y assit tout doucettement, et présenta un compte de deux cent vingt-sept mille francs, intérêts compris, formant le total de l’argent avancé à monsieur Victurnien en lettres de change tirées sur lui, acquittées, et desquelles il réclamait le paiement sous peine de poursuivre immédiatement avec la dernière rigueur l’héritier présomptif de la maison d’Esgrignon. Chesnel mania ces fatales lettres une à une, en demandant le secret à l’ennemi de la famille. L’ennemi promit de se taire, s’il était payé dans les quarante-huit heures : il était gêné, il avait obligé des manufacturiers. Du Croisier entama cette série de mensonges pécuniaires qui ne trompent ni les emprunteurs ni les notaires. Le bonhomme avait les yeux troublés, il retenait mal ses larmes, il ne pouvait payer qu’en hypothéquant ses biens pour le reste de leur valeur. En apprenant la difficulté qu’éprouverait son remboursement, du Croisier ne fut plus gêné, n’eut plus besoin d’argent, il proposa soudain au vieux notaire de lui acheter ses propriétés. Cette vente fut signée et consommée en deux jours. Le pauvre Chesnel ne put supporter l’idée de savoir l’enfant de la maison détenu pour dettes pendant cinq ans. Quelques jours après, il ne resta donc plus au notaire que son Étude, ses recouvrements et sa maison. Chesnel se promena, dépouillé de ses biens, sous les lambris en chêne noir de son cabinet, regardant les solives de châtaignier à filets sculptés, regardant sa treille par la fenêtre, ne pensant plus à ses fermes ni à sa chère campagne du Jard, non.

– Que deviendra-t-il ? Il faut le rappeler, le marier à une riche héritière, se disait-il les yeux troublés et la tête pesante.

Il ne savait comment aborder mademoiselle Armande ni en quels termes lui apprendre cette nouvelle. Lui, qui venait de solder le compte des dettes au nom de la famille, tremblait d’avoir à parler de ces choses. En allant de la rue du Bercail à l’hôtel d’Esgrignon, le bon vieux notaire était palpitant comme une jeune fille qui se sauve de la maison paternelle pour n’y revenir que mère et désolée. Mademoiselle Armande venait de recevoir une lettre charmante d’hypocrisie, où son neveu paraissait être l’homme du monde le plus heureux. Après être allé aux Eaux et en Italie avec madame de Maufrigneuse, Victurnien envoyait le journal de son voyage à sa tante. L’amour respirait dans toutes ses phrases. Tantôt une ravissante description de Venise et d’enchanteresses appréciations des chefs-d’œuvre de l’art italien ; tantôt des pages divines sur le Dôme de Milan, sur Florence ; ici la peinture des Apennins opposée à celle des Alpes, là des villages, comme celui de Chiavari, où l’on trouvait autour de soi le bonheur tout fait, fascinaient la pauvre tante qui voyait planant à travers ces contrées d’amour un ange dont la tendresse prêtait à ces belles choses un air enflammé. Mademoiselle Armande savourait cette lettre à longs traits, comme le devait une fille sage, mûrie au feu des passions contraintes, comprimées, victime des désirs offerts en holocauste sur l’autel domestique avec une joie constante. Elle n’avait pas l’air ange comme la duchesse, elle ressemblait alors à ces statuettes droites, minces, élancées, de couleur jaune, que les merveilleux artistes des cathédrales ont mises dans quelques angles, au pied desquelles l’humidité permet au liseron de croître et de les couronner par un beau jour d’une belle cloche bleue. En ce moment, la clochette s’épanouissait aux yeux de cette Sainte : mademoiselle Armande aimait fantastiquement ce beau couple, elle ne trouvait pas condamnable l’amour d’une femme mariée pour Victurnien, elle l’eût blâmé dans toute autre ; mais le crime ici aurait été de ne pas aimer son neveu. Les tantes, les mères et les sœurs ont une jurisprudence particulière pour leurs neveux, leurs fils et leurs frères. Elle se voyait donc au milieu des palais bâtis par les fées sur les deux lignes du grand canal à Venise. Elle y était dans la gondole de Victurnien qui lui disait combien il avait été heureux de sentir dans sa main la belle main de la duchesse, et d’être aimé en voyageant sur le sein de cette amoureuse reine des mers italiennes. En ce moment d’angélique béatitude, apparut au bout de l’allée, Chesnel ! Hélas ! le sable criait sous ses pieds, comme celui qui tombe du sablier de la Mort et qu’elle broie avec ses pieds sans chaussure. Ce bruit et la vue de Chesnel dans un état d’horrible désolation, donnèrent à la vieille fille la cruelle émotion que cause le rappel des sens envoyés par l’âme dans les pays imaginaires.

– Qu’y a-t-il ? s’écria-t-elle comme frappée d’un coup au cœur.

– Tout est perdu ! dit Chesnel. Monsieur le comte déshonorera la maison, si nous n’y mettons ordre.

Il montra les lettres de change, il peignit les tortures qu’il avait subies depuis quatre jours, en peu de mots simples, mais énergiques et touchants.

– Le malheureux, il nous trompe, s’écria mademoiselle Armande dont le cœur se dilata sous l’affluence du sang qui abondait par grosses vagues.

– Disons notre
1   2   3   4   5   6   7   8   9   10   11

similaire:

La Bibliothèque électronique du Québec iconLa Bibliothèque électronique du Québec

La Bibliothèque électronique du Québec iconLa Bibliothèque électronique du Québec

La Bibliothèque électronique du Québec iconLa Bibliothèque électronique du Québec

La Bibliothèque électronique du Québec iconLa Bibliothèque électronique du Québec

La Bibliothèque électronique du Québec iconLa Bibliothèque électronique du Québec

La Bibliothèque électronique du Québec iconLa Bibliothèque électronique du Québec

La Bibliothèque électronique du Québec iconLa Bibliothèque électronique du Québec

La Bibliothèque électronique du Québec iconLa Bibliothèque électronique du Québec

La Bibliothèque électronique du Québec iconLa Bibliothèque électronique du Québec

La Bibliothèque électronique du Québec iconLa Bibliothèque électronique du Québec






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com