Scénario : Robert Guédiguian et Jean-Louis Milesi inspiré du poème de Victor Hugo «Les pauvres gens»





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Fiche pédagogique pour le film
Les Neiges du Kilimandjaro
Loes Verheyen et Michèle Vanleke

Semaine du film français 2012-2013



Présentation du film

Fiche technique


Réalisation : Robert Guédiguian

Scénario : Robert Guédiguian et Jean-Louis Milesi (inspiré du poème de Victor Hugo « Les pauvres gens »)

Durée: 1h 47mn

Sortie en France :2011

Genre : drame social
Principaux interprètes :

Ariane Ascaride (Marie-Claire)

Jean-Pierre Darroussin (Michel, le mari de Marie-Claire, depuis 30 ans)

Gérard Meylan (Raoul, l'ami d'enfance de Michel, et collègue cégétiste)

Marilyne Canto (Denise, la sœur cadette de Marie-Claire et la femme de Raoul)
Synopsis

Michel, la cinquantaine, vit heureux avec sa femme Marie-Claire depuis 30 ans. Alors qu'il est représentant syndical CGT, son entreprise est frappée par un plan de licenciement. La CGT décide alors d'effectuer un tirage au sort pour désigner les personnes qui seront licenciées. Vingt noms sont tirés au sort, parmi lesquels figure celui de Michel.
Il retrouve ses anciens collègues pour fêter ses 30 ans de mariage. À cette occasion, ses amis et sa famille offrent au couple un voyage en Tanzanie, là où se trouve le Kilimandjaro, et on chante le tube des années 1960 : ‘Les Neiges du Kilimandjaro’.
Peu de temps après, le bonheur du couple va voler en éclats, lorsque deux jeunes hommes armés et masqués entrent chez eux, les frappent, les attachent et s’enfuient avec leur argent. Ils apprennent par la suite que cette brutale agression a été organisée par l’un des jeunes ouvriers licenciés avec Michel.
Thèmes

Le monde du travail, le chômage, les valeurs humaines et sociales, la solidarité, la criminalité, la justice, la politique, l’empathie, la famille
Public cible du film

à partir de 16 ans
Présentation des activités

Objectifs

Objectifs affectifs


  • Créer un horizon d’attente

  • Exprimer ses émotions (face à une œuvre)

  • Identifier les valeurs inhérentes au film : la famille, la loyauté, la confiance


Objectifs socio-linguistiques


  • Faire connaissance avec le vocabulaire du monde du travail et l’argot

  • Utiliser l’impératif


Objectifs culturels


  • Comprendre les points de vue des différentes générations


Actes de parole


  • Donner son avis



Niveau des activités

B1 et B2

Activités avant le film

Activité 1 | Le titre et l’affiche
1 Remue-méninges (expression orale avec toute la classe)

Consigne 1 :

A quoi pensez-vous rien qu’en entendant le titre ?
2 Concevoir une affiche. Travail en petits groupes. Eventuellement faire écouter la chanson pendant le travail des élèves : http://www.youtube.com/watch?v=Mf1vBzl6ei4

Consigne 2 :

Concevez votre propre affiche du film « Les Neiges du Kilimandjaro ».
3 Mise en commun. Montrer l’affiche officielle du film.

Consigne 3 :

Comparez votre affiche et l’affiche officielle du film. Commentez les différences.

Activité 2 | L’affiche te révèle un secret
Consigne 1 :

Répondez aux questions suivantes pour trouver dans quelle ville a été tourné ce film. Il s’agit de la ville natale du réalisateur qui y revient régulièrement pour y filmer ses histoires.





Vrai

Faux

Le film a été présenté au festival de Cannes.

M

D

Robert Guédiguian est un des acteurs principaux du film.

U

A

La ville dans laquelle se situe le film est un port.

R

N

Tous les personnages regardent dans la même direction.

K

S

Le ciel est nuageux.

E

E

La ville est en chantier.

I

R

A l’arrière-plan, on devine le mont Kilimandjaro.

Q

L

La famille est composée de trois générations.

L

U

Le personnage central de l’affiche est triste.

E

E


Le film a été tourné à ………
Consigne 2 :

Dites à quel genre de film vous vous attendez : une comédie, une tragédie, un documentaire, un drame, un film de science-fiction, un film historique, un film d’espionnage, un policier, un thriller, ….. . Motivez votre réponse.
Remarque : activité conçue par Hugues Denisot
Activité 3 | Quelques photos
Consigne :

Regardez les photos et imaginez le synopsis du film.
les neiges du kilimandjaro : photo robert guédiguian les neiges du kilimandjaro : photo robert guédiguian les neiges du kilimandjaro : photo robert guédiguian les neiges du kilimandjaro : photo robert guédiguian les neiges du kilimandjaro : photo robert guédiguian les neiges du kilimandjaro : photo robert guédiguian les neiges du kilimandjaro : photo anaïs demoustier, ariane ascaride, jean-pierre darroussin, robert guédiguian les neiges du kilimandjaro : photo ariane ascaride, jean-pierre darroussin, robert guédiguian
(Source : Allociné)
Travail en petits groupes, puis mise en commun. Donner ensuite le synopsis officiel du film.

Activités après le film

Activité 1 | Moments positifs et négatifs
Donner la grille suivante aux élèves. Cette grille devra permettre de refléter le déroulement du film avec ses moments positifs et négatifs. Les élèves doivent compléter la grille à deux. Ils doivent indiquer aussi comment ils perçoivent la fin du film.


Consigne 1 :

Repérez les moments positifs (agréables) et négatifs (désagréables) du film et mettez-les dans la grille. Ajoutez une boule pour chaque événement. Mettez les événements dans l’ordre chronologique.

Consigne 2 :

Et le dénouement du film? Le mettriez-vous en haut (positif) ou plutôt en bas (négatif) ? Motivez votre réponse. Comparez avec votre voisin.

Activité 2 | Les émotions
Demander aux élèves s’ils ont ressenti les émotions suivantes dans le film. Par rapport à quelles scènes du film ?

Expression orale. Travail en petits groupes, puis mise en commun. .
Consigne :

Regardez les notions suivantes et dites à quel moment du film vous avez ressenti ces émotions. Expliquez.


  • Tristesse

  • Optimisme

  • Mélancolie, nostalgie

  • Tension et conflit

  • Colère

  • Contentement, euphorie

  • Mélange d’émotions



Activité 3 | Les citations
Enoncés de Michel et Raoul, Denise et Marie-Claire. Faire quatre groupes. Chaque groupe reçoit une citation. Par groupe, ils situent la citation dans le film et ils préparent des arguments. Ensuite, ils jouent le débat.
Consigne :

Formez des groupes. Votre professeur vous donnera une citation tirée du film.

Situez-la dans le film. Mettez-vous dans la peau du personnage. Cherchez des arguments pour défendre votre point de vue. Jouez le débat.



  • «  C’est un gars comme nous… » (Michel)

  • « Je suis contente de le savoir en prison… » (Denise)

  • « C'était la seule chose à faire, Michel ! » (Marie-Claire)

  • « Ce Christophe doit payer pour ce qu’il nous a fait subir. » (Raoul)



Activité 4 | Le comportement et les valeurs (expression orale)
1 Dans le film chaque personnage a ses propres valeurs et réagit différemment.
Consigne 1 :

Comprenez-vous les comportements suivants des personnages principaux ? Qu'auriez-vous fait à leur place ? Expliquez votre point de vue.


  1. Michel place son nom dans l’urne comme tous les autres travailleurs, alors qu’il pourrait s’en abstenir vu son statut de représentant syndical.

  2. Lorsqu’il découvre l’identité de son agresseur, Michel va immédiatement le dénoncer à la police.

  3. Avec l’argent volé, Christophe s’empresse d’aller rembourser ses dettes auprès de son agence immobilière ainsi qu’auprès de son amie.

  4. Marie-Claire s'occupe des petits frères de Christophe quand ils rentrent de l'école.

  5. Le commissaire tend une matraque à Michel lorsqu’il va parler à Christophe.

  6. A la fin du film, les enfants de Michel et Marie-Claire refusent d'accepter la décision de leurs parents.


Consigne 2 :

Regardez la scène de 00:46:12 à 00:47:47 ou relisez le dialogue. Situez la scène dans le film et commentez les paroles des personnages.
Transcription de la scène :

  • Bonjour les inconnus !

  • Tu me parles ?

  • Non, rien

  • Qu’est-ce que tu as dit ?

  • Je me demandais qu’est-ce qu’on aurait pensé de nous, assis là comme ça sur une terrasse en train de boire un coup au soleil couchant.

  • Qui ça ?

  • Nous, on aurait pensé quoi de nous ? Hein, tu t’imagines 30 ans en arrière, passer dans la ruelle, lever la tête et voir deux quinquagénaires l’air paisible, en train de siroter, cracher leur noyaux par-dessus la balustrade, qu’est-ce qu’on se serait dit à propos d’eux ?

  • On les aurait traités de petits bourgeois.

  • Oui, on est des bourgeois. On va à la mer tous les dimanches, on est propriétaire, on regarde la télévision.

  • On est bourgeois, mais pas trop, non, mais je crois qu’on se serait dit : « ils ont l’air heureux », on se serait dit : « pour avoir l’air heureux comme ça, ils n’ont jamais dû faire souffrir personne, ils n’ont jamais dû être indifférent surtout… »

  • Même en ce moment, on est toujours heureux ?



2 Et dans la vie.
Consigne 3 :

Lisez les situations suivantes. Comment réagiriez-vous ?


  1. Un de tes amis t’a fait un sale coup. Tu te promets de ne jamais plus lui faire confiance ni même de lui parler. Quelque temps plus tard, tu le vois à l’arrêt de bus. Il marche avec des béquilles et a du mal à monter dans le bus avec son sac. 

  2. Tu as envie de crier ta joie car tu viens d'obtenir de très bonnes notes pour une interrogation de maths très importante. Ton camarade de classe a eu un échec.

  3. A l'école, un élève de ta classe a fait une (mauvaise) blague au professeur. Celui-ci menace de punir toute la classe si le responsable ne se dénonce pas. Tu sais très bien qui l'a fait.

  4. Tu as vu comment un de tes amis a volé la calculatrice d'un autre élève. Le directeur interroge toute la classe pour trouver le coupable. Ton ami ne dit rien.

  5. Tes parents décident d’adopter un enfant dans le besoin.


Activité 5 | La recette du bonheur
Faire visionner plusieurs fois la scène du barman (de 00:01:00 à 01:02:15). Donner ensuite les questions aux élèves. Travail en petits groupes, puis mise en commun.
Consigne :

Regardez la scène et répondez aux questions.

  1. A quel moment du film cette scène se situe-t-elle?

  2. Comment Marie-Claire se sent-elle? Expliquez.

  3. Pourquoi, selon le barman, un Marie Brizard est une boisson parfaite pour retrouver le bonheur?

  4. Quelle serait votre recette préférée pour retrouver le bonheur ou combattre un chagrin d’amour? Ecrivez une recette et présentez-la devant la classe.


Exemple : la recette de la mousse au chocolat

  • Ingrédients : 180 g de chocolat et 4 œufs

  • Séparez les blancs des jaunes, gardez les jaunes pour une autre utilisation. Fouettez les blancs en neige ferme à l'aide d'un batteur électrique.

  • Cassez le chocolat en morceaux, faites-le fondre sur feu doux, au bain-marie.

  • Incorporez peu à peu, délicatement, le chocolat aux blancs en neige.

  • Placez au réfrigérateur 2 à 3 heures afin que la mousse prenne.


Transcription de la scène :

  • Je vous sers quelque chose ?

  • Un remontant svp.

  • C’est pourquoi ?

  • Pardon ?

  • C’est pour vous remonter quoi ? Un chagrin d’amour, une dispute au boulot, embrouille familiale…?

  • Ça change quoi ?

  • Tout, ça change tout. Pour l’amour, puis pour vous, votre âge, votre ligne, votre beauté, je n’hésiterais pas, je dirais ... Marie Brizard

  • Pourquoi ?

  • Tout ce que je peux vous dire c'est qu'il y a ce petit goût d’anis qui se dépose sur les lèvres, c’est comme un baiser, et puis après, le côté sucré, le sucre qui vous reste en bouche, qui se cache derrière chaque dent, comme deux amoureux qui se courent après ... dans un champ de pâquerettes et puis c'est 25 degrés d’alcool, 25 degrés ce n’est pas trop, parce que trop cela effacerait tout. On n’a jamais vraiment envie de tout effacer dans un chagrin d’amour. Avec tout ça, moi, j’ajoute deux glaçons et là c’est parfait, le froid qui exalte, puis voilà, tout ça prépare le terrain à une autre histoire, parce qu’un chagrin d’amour, c’est quoi ? C’est juste la préparation à un autre bonheur, c’est la porte ouverte à d’autres joies, non ? Une Marie Brizard

  • Non, non ...

  • Ce n’est pas un chagrin d’amour ?

  • Non, c’est un peu plus compliqué, c’est la vie.

  • La vie, la vie, la vie, c’est sûr que ce n’est pas une Marie Brizard, la vie.

  • Alors attendez, la vie c’est plutôt ça.



Activité 6 | Lecture d’un article de presse (voir le dossier de presse)
Consigne :

Lisez attentivement l’article « De haute lutte » (TéléObs 19-11-11) et répondez aux questions.


  1. Quel est le rôle du syndicat selon le texte ? Et celui du patronat ?

  2. L’auteur du texte est-il d’accord avec ce qui se passe dans le film ?

  3. Que veut dire « le licenciement est un deuil » ? Donnez des exemples concrets du film.

  4. Est-ce que tout le monde réagit de la même façon face au licenciement ? Donnez des exemples du film.


Activité 7 | Un film réalsite ?
Les élèves complètent la grille. Expression orale. Travail individuel et mise en commun.
Consigne :

Quelles scènes du film vous paraissent réalistes? Lesquelles sont plutôt irréalistes selon vous? Classez-les dans la grille. Puis, justifiez votre réponse.


scènes réalistes

scènes irréalistes








Activité 8 | Le poème de Victor Hugo
Consigne 1 :

Ce film est basé sur le poème "Les pauvres gens" de Victor Hugo. Lisez les extraits du poème (en annexe). Cherchez les ressemblances et les différences avec le film.
Consigne 2:

Jouez la scène entre le pêcheur et sa femme. Ecrivez d’abord le dialogue en vous basant sur l’extrait du poème (en annexe).

Activité 9 | Un peu de vocabulaire
Consigne :

Combinez un verbe de la colonne de gauche avec un complément de la colonne de droite. Utilisez la combinaison dans une phrase.


braquer

une plainte

commettre

une banque

condamner à

un casier judiciaire

avoir

un suspect

retirer

une peine de prison

menotter

un vol à main armée



Activité 10 | Jean Jaurès (pour aller plus loin)
Consigne 1:

A deux, cherchez sur l'Internet des informations sur Jean Jaurès. Ecrivez sa biographie en maximum 5 lignes.
Consigne 2:

Voici quelques citations célèbres de Jean Jaurès. Laquelle vous interpelle le plus? Etes-vous d'accord? Expliquez.


  1. « Le premier des droits de l'homme c'est la liberté individuelle, la liberté de la propriété, la liberté de la pensée, la liberté du travail. »

  2. « La propriété foncière est mère d'inégalité et de brutalité. »

  3. « Le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire. »

  4. « Je n'ai jamais séparé la République des idées de justice sociale, sans laquelle elle n'est qu'un mot. »

  5. « Il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience. »


Les pauvres gens (extrait)

« Tiens ! je ne pensais plus à cette pauvre veuve,
Dit-elle ; mon mari, l’autre jour, la trouva
Malade et seule ; il faut voir comment elle va. »

Elle frappe à la porte, elle écoute ; personne
Ne répond. Et Jeannie au vent de mer frissonne.
« Malade ! Et ses enfants ! Comme c’est mal nourri !
Elle n’en a que deux, mais elle est sans mari. »
Puis, elle frappe encore. « Hé ! Voisine ! » Elle appelle.
Et la maison se tait toujours. « Ah ! Dieu ! dit-elle,
Comme elle dort, qu’il faut l’appeler si longtemps ! »
La porte, cette fois, comme si, par instants,
Les objets étaient pris d’une pitié suprême,
Morne, tourna dans l’ombre et s’ouvrit d’elle-même.

Elle entra. Sa lanterne éclaira le dedans
Du noir logis muet au bord des flots grondants.
L’eau tombait du plafond comme des trous d’un crible.

Au fond était couchée une forme terrible ;
Une femme immobile et renversée, ayant
Les pieds nus, le regard obscur, l’air effrayant ;
Un cadavre ; - autrefois, mère joyeuse et forte ; -
Le spectre échevelé de la misère morte ;
Ce qui reste du pauvre après un long combat.
Elle laissait, parmi la paille du grabat,
Son bras livide et froid et sa main déjà verte
Pendre, et l’horreur sortait de cette bouche ouverte
D’où l’âme en s’enfuyant, sinistre, avait jeté
Ce grand cri de la mort qu’entend l’éternité !

Près du lit où gisait la mère de famille,
Deux tout petits enfants, le garçon et la fille,
Dans le même berceau souriaient endormis.

La mère, se sentant mourir, leur avait mis
Sa mante sur les pieds et sur le corps sa robe,
Afin que, dans cette ombre où la mort nous dérobe,
Ils ne sentissent pas la tiédeur qui décroît,
Et pour qu’ils eussent chaud pendant qu’elle aurait froid.

(...)

«  C’est toi ! » cria Jeannie, et, contre sa poitrine,
Elle prit son mari comme on prend un amant,
Et lui baisa sa veste avec emportement
Tandis que le marin disait : « Me voici, femme ! »
Et montrait sur son front qu’éclairait l’âtre en flamme
Son cœur bon et content que Jeannie éclairait,
« Je suis volé, dit-il ; la mer c’est la forêt.
- Quel temps a-t-il fait ? - Dur. - Et la pêche ? - Mauvaise.
Mais, vois-tu, je t’embrasse, et me voilà bien aise.
Je n’ai rien pris du tout. J’ai troué mon filet.
Le diable était caché dans le vent qui soufflait.
Quelle nuit ! Un moment, dans tout ce tintamarre,
J’ai cru que le bateau se couchait, et l’amarre
A cassé. Qu’as-tu fait, toi, pendant ce temps-là ? »
Jeannie eut un frisson dans l’ombre et se troubla.
« Moi ? dit-elle. Ah ! mon Dieu ! rien, comme à l’ordinaire,
J’ai cousu. J’écoutais la mer comme un tonnerre,
J’avais peur. - Oui, l’hiver est dur, mais c’est égal. »
Alors, tremblante ainsi que ceux qui font le mal,
Elle dit : « A propos, notre voisine est morte.
C’est hier qu’elle a dû mourir, enfin, n’importe,
Dans la soirée, après que vous fûtes partis.
Elle laisse ses deux enfants, qui sont petits.
L’un s’appelle Guillaume et l’autre Madeleine ;
L’un qui ne marche pas, l’autre qui parle à peine.
La pauvre bonne femme était dans le besoin. »

L’homme prit un air grave, et, jetant dans un coin
Son bonnet de forçat mouillé par la tempête :
« Diable ! diable ! dit-il, en se grattant la tête,
Nous avions cinq enfants, cela va faire sept.
Déjà, dans la saison mauvaise, on se passait
De souper quelquefois. Comment allons-nous faire ?
Bah ! tant pis ! ce n’est pas ma faute. C’est l’affaire
Du bon Dieu. Ce sont là des accidents profonds.
Pourquoi donc a-t-il pris leur mère à ces chiffons ?
C’est gros comme le poing. Ces choses-là sont rudes.
Il faut pour les comprendre avoir fait ses études.
Si petits ! On ne peut leur dire : Travaillez.
Femme, va les chercher. S’ils se sont réveillés,
Ils doivent avoir peur tout seuls avec la morte.
C’est la mère, vois-tu, qui frappe à notre porte ;
Ouvrons aux deux enfants. Nous les mêlerons tous,
Cela nous grimpera le soir sur les genoux.
Ils vivront, ils seront frère et sœur des cinq autres.
Quand il verra qu’il faut nourrir avec les nôtres
Cette petite fille et ce petit garçon,
Le bon Dieu nous fera prendre plus de poisson.
Moi, je boirai de l’eau, je ferai double tâche,
C’est dit. Va les chercher. Mais qu’as-tu ? Ça te fâche ?
D’ordinaire, tu cours plus vite que cela.

- Tiens, dit-elle en ouvrant les rideaux, les voilà ! »

Victor Hugo, La Légende des siècles, 1859



Fiche pédagogique: Les Neiges du Kilimandjaro

Loes Verheyen et Michèle Vanleke

Week van de Franse Film 2012-2013 / Formacom

Frans Documentatiecentrum voor Vlaanderen (Gent)



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