Bibliographie introduction s'interroger sur la mort c'est s'interroger sur la vie. Or, comme le disait Xavier Bichat, médecin biologiste et physiologiste français, «la vie est l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort»





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Master Droit de la famille

Pratique judiciaire

Mort et Science





SOMMAIRE
INTRODUCTION
I- Le combat de la science contre la mort
A- La mort comme condition de vie
1- Qu'est ce que le don?
2- Le problème du consentement
B- Les progrès de la médecine pour la vie
1- La recherche médicale : instrument du progrès
2- L'acharnement thérapeutique : la vie à tout prix
II-La science au service de la mort
A'- La volonté d'une mort digne
1/ L'euthanasie ou comment la science donne la mort

2/ Les soins palliatifs ou comment la science accompagne la mort
B'- La mort avant la vie
1/ IVG

2/ IMG

3/ Eugénisme
BIBLIOGRAPHIE

INTRODUCTION

S'interroger sur la mort c'est s'interroger sur la vie.

Or, comme le disait Xavier Bichat, médecin biologiste et physiologiste français, « la vie est l'ensemble des fonctions qui résistent à la mort ».

A contrario donc la mort survient quand ces fonctions ont cessé de résister. Autrement dit, la mort correspond tout simplement à la fin de la vie.
Ce qui nous intéresse ici c'est quand et selon quel critère pour la science, entendue comme la science médicale, la vie cesse et donc que la mort survient. Notre étude exclue l'approche de la mort par les autres sciences telles que les sciences humaines. Seule l'approche scientifique de la médecine sera envisagée.

De façon traditionnelle la mort médicale correspond à un arrêt cardiaque et respiratoire qui se caractérise par trois critères lesquels sont l'absence totale de conscience et d'activité motrice spontanée, l'abolition de tous les réflexes du tronc cérébral et enfin l'absence totale de ventilation spontanée.

Progressivement cette définition s'est élargie, élargissant par la même occasion le concept même de mort. Le problème était celui des personnes assistées par ventilation mécanique et qui ont conservé une fonction hémodynamique. En ce cas la science impose de vérifier le caractère irréversible de la destruction encéphalique par deux électroencéphalogrammes nuls et aéractifs effectués à une heure d'intervalle minimal de quatre heures ou par un angiographe objectivant l'arrêt de la circulation encéphalique. En effet, la communauté scientifique s'accorde à dire que la destruction du système nerveux central est un stade irréversible et à l'heure actuelle aucun médecin n'a jamais pu rétablir une activité cérébrale. Ces personnes ne vivent plus elles survivent artificiellement. Sans la science et ses techniques la mort serait survenue naturellement depuis longtemps.
Et donc, si pendant longtemps la définition médicale de la mort était cardiovasculaire, elle est devenue principalement aujourd'hui cérébrale. En effet, si autrefois c'était le cadavre qui faisait la mort aujourd'hui ce n'est plus le cas. La mort ne se montre plus, elle se démontre scientifiquement par un coma dépassé qui traduit la perte totale et irréversible de l'activité du cerveau et du tronc cérébral. La frontière entre le vivant et le mort s'estompe. Le coeur peut battre, le corps resté chaud, l'homme est pourtant déjà mort pour les médecins comme pour la loi. Le critère de la mort par la destruction du cerveau étant aujourd'hui le critère unique et invariable au sens médicale comme juridique.

C'est pourquoi il faut essayer d'appréhender la mort dans son acception médicale et scientifique c'est à dire au regard de la façon dont la médecine s'en préoccupe. A cet égard il faut observer deux courants, deux approches. Une science qui va lutter et combattre cette mort pour la repousser encore et encore et une science qui au contraire va l'aider, l'accompagner voire la provoquer.

A ces approches, il faut intégrer nécessairement tous les problèmes moraux posés par l'avancée de la science, sa capacité à repousser les limites du vivant et du mort.

C'est toute la question éthique qui s'est traduit par une réaction législative sans précédent en 1994 réitérée en 2004. Ces lois dites lois de bioéthiques sont le fruit de l'ensemble des recherches qui portent sur les problèmes moraux suscités par l'emploi de nouvelles techniques biomédicales. Les interventions sur le patrimoine génétique, l'euthanasie, les soins palliatifs, le prélèvement d'organes et l'expérimentation sur l'être humain sont autant de problèmes, qui nécessite une réflexion pluridisciplinaire, portant sur les pratiques de la biologie et de la médecine, en vu de leur assigner des limites éthique, qui relèvent donc de l'ordre social de la morale constituant des règles d'action et des valeurs qui fonctionnent comme normes dans une société1. A cet égard a été crée un comité national consultatif éthique pour les sciences de la vie et de la santé composé de personnalité éminentes des mondes médical, scientifique, philosophique et religieux qui émettent des recommandations qui font autorité.

La question qui se pose est alors de comprendre comment la science utilise la mort et plus précisément comment elle essaie de la combattre pour repousser l'inéluctable (I). Pour ensuite, voir comment la mort se sert de la science, autrement dit comment la science peut devenir le bras armé de la mort (II).

I- Le combat de la science contre la mort

Grâce à la science, la mort a pu devenir un allié pour la vie (A) tout en restant l'ennemi de toujours qu'il faut vaincre (B).
A- La mort comme condition de vie
Par nature la vie n'est pas conditionnée par la mort. La vie procède d'elle-même, même si à l'origine un matériel biologique est nécessaire, elle n'a besoin que d'elle même pour se maintenir par la suite. De sa poursuite ne nécessite pas en principe la perte d'une autre vie. C'est l'homme qui a introduit un tel « échange » en dehors de tout devoir de responsabilité d'un individu envers un autre. Et si la nature n'exige pas de payer une vie d'une mort, l'homme a introduit cet enchevêtrement de situations. Ainsi la mort se met au service de la vie au travers du don d'organes qui a pu se développer grâce aux avancées de la science quant à la technique de la greffe. Le don ici envisagé est celui qui procède d'une personne décédée pour une personne dont la vie est en sursis. La mort devenant alors condition de vie grâce à la science2.
1- Qu'est-ce que le don?
D'un point de vu juridique, le droit associe don et donation qu'il définit comme étant un contrat par lequel une personne (le donateur) transfère la propriété d'un bien à une autre (le donataire) qui l'accepte sans contrepartie et avec intention libérale. De ce point de vu la donation peut se faire entre vif, elle est alors conventionnelle et irrévocable ou par testament, elle est alors unilatérale et librement révocable.

Mais la question qui se pose est comment le droit appréhende cette notion lorsqu’elle l'envisage dans la sphère de la médecine et de la recherche.

A cet égard le terme de don désigne l'acte de prélèvement d'une partie du corps humain sur une personne en vue de le transplanter sur une autre. Le don constitue alors un prélèvement. L'organe étant indispensable à la vie le don d'organe est conditionné par la mort d'un autre individu. Il était donc indispensable que la société pose un cadre à cette pratique.

Gratuité, volontariat, anonymat sont les trois caractéristiques revendiquées par les lois dites bioéthiques de 1994 pour rendre possible le don d'organe.

La gratuité tout d'abord, qui traduit la volonté de soustraire les pratiques de transplantation du domaine économique. Il est clair que sont évités ainsi les dérives et les abus entrainé par l'appât du gain ou l'exploitation de la misère d'individu qui n'aurait comme unique ressource que leur propre corps.

L'anonymat, ensuite, qui protège les individus de tout abus et tout génération de situation pathologique consécutive à la douleur d'avoir perdu un proche pour les familles des donneurs ou à la culpabilité d'avoir bénéficié de la mort d'une personne pour le receveur.

Et pour finir, le volontariat qui pose la reconnaissance de la liberté d'un individu à déterminer par lui même ce qu'il choisit de faire ou de ne pas faire. C'est ce que certains auteurs appellent le respect de l'autodétermination du sujet3.

Mais, sur ce point la loi se contredit dans ses principes lorsqu'elle substitue à la volonté non exprimée d'une personne décédée le consentement présumé.
2- Le problème du consentement
En effet, les donneurs d'organes les plus nombreux sont des personnes en état de mort cérébrale. C'est de leur état que se trouve la source principale de difficultés puisque ces personnes ne peuvent par essence exprimer aucun consentement.

Cependant, il est un principe posé par la loi Caillavet de 1976 qui veut que toute personne non inscrite sur le registre national automatisé des refus de prélèvement d'organe est potentiellement donneurs dés lors que sa mort cérébrale est constatée. Et ce au nom du principe de solidarité. Ce principe vient empiéter sur les droits fondamentaux de chacun en déclarant toute personne en état de mort cérébrale consentante.

Mais, il faut noter que la pratique médicale a du mal à se résoudre à prélever sans l'accord de la famille à défaut de pouvoir obtenir celui du défunt. Mais si ce recours à la famille paraît le plus direct pour obtenir la position du défunt à l'égard du prélèvement, il n'est pas toujours le plus légitime, les relations de la personne avec sa famille n'étant pas toujours facile à appréhender.

Par ailleurs, la famille se trouve dans une situation délicate. En effet, qu'elle refuse ou accepte le prélèvement elle prend le risque d'aller à l'encontre de la volonté du défunt; et si elle refuse elle prive un individu d'une chance de survie. Rappelons que cette décision se prend dans un contexte de douleur et de deuil.

Le problème majeur vient de la définition même de la mort cérébrale, en effet, si elle a comme principal intérêt de pouvoir prélever des organes pour rendre possible des greffes et donc pouvoir sauver d'autre vie, elle remet en cause la vision traditionnelle de la mort puisque la personne respire toujours, son cœur bat encore!!Des questions éthiques se posent alors : à partir de quand est-il moralement possible au médecin de mettre un terme à la vie du patient dont le cœur bat encore mais dont le cerveau est définitivement mort ? A partir de quand est-il moralement acceptable de prélever des organes ?

C’est pourquoi, il semble nécessaire d'informer dans le but non pas d'obtenir des organes à tout prix mais d'alimenter une réflexion suffisamment documentée pour permettre une prise de décision face aux dons d'organes bien antérieure au décès. Ainsi, le choix qui serait pris en amont permettrait aux soignants comme aux familles de se libérer d'un choix à faire en lieu et place de l'intéressé.
Ce qu'il faut comprendre c'est que pour la famille du donneur admettre le prélèvement revient alors au sens le plus fort du terme accepter la mort de l'être aimé, ce qui expliquerait les réticences des familles qui viennent d'apprendre le décès d'un proche qui pourtant respire encore grâce à la technique de la ventilation artificielle mais dont le cerveau est définitivement mort sans aucun espoir d'amélioration avec le temps.

La difficulté est là, la science permet de maintenir en vie des personnes qui naturellement sans l'intervention de l'homme serait mort. La science repousse ainsi les limites du vivant mais cela pose d'innombrable question sur le devenir de ces Hommes. En effet, car même si la personne est médicalement considérée comme morte, son cœur ne cessera de battre qu'une fois que son assistance respiratoire sera débranchée. Dans ce cas « débranché quelqu'un » est-ce lui ôter la vie ? Quelle signification ce geste prend t-il alors ? Tout simplement cela revient à se demander si maintenir en vie c'est maintenir la vie ?

Ainsi, la science par ces progrès créée de nouvelles situations qui posent des problèmes auxquels chacun peut avoir sa propre réponse en fonction de ses convictions personnelles.
Mais, il reste indéniable que la mort grâce aux progrès de la science est devenu un moyen de sauver des vies tout en posant le problème de savoir ce qu'est la vie et quand cesse t-elle ?

Mais la science médicale ne s'est pas arrêté là, elle continue encore et toujours à vouloir reculer le plus possible le moment de la mort par le biais de la recherche.
B- Les progrès de la médecine pour la vie
Ils sont l'outil premier de l'augmentation de notre espérance de vie. Ils nous permettent de vivre plus longtemps dans de meilleure condition physique. Mais jusqu'où peut aller la recherche pour nous sauver chaque jour un peu plus ? Jusqu'où ira t-on ? Jusqu'où avons-nous le droit d'aller ?
1- La recherche médicale : instrument du progrès
Tout d'abord, il convient de définir exactement ce qu'il faut entendre par recherche médicale.

La recherche médicale est un travail scientifique qui permet à l'homme d'améliorer ses connaissances dans le domaine de la santé. Mais, ce qui nous intéresse plus particulièrement c'est surtout la recherche biomédicale qui recouvre tout essai ou expérimentation organisé ou pratiqué sur l'être humain en vu du développement des connaissances biologiques et médicales. Le plus souvent cela consiste à observer les effets d'un nouveau traitement par comparaison avec un traitement classique ou une absence de traitement.

Bien entendu ces essais sont réalisés par l'homme sur l'homme. Dès lors, il faut poser les limites de ce qu'il peut se faire. Et il semble nécessaire de trouver un juste équilibre entre la liberté de la recherche, les droits des malades et le respect des valeurs essentielles de notre société4.

C'est ce qui a été recherché dés 1947 avec le code de Nuremberg issus du procès des médecins nazis qui a introduit la nécessité d'affirmer des principes éthiques clairs qui doivent s'imposer à tous chercheurs et médecins lors de recherches et ceci en réaction aux expérimentations faites par les nazis dans les camps qui ont profité de la « chair humaine disponible à volonté » pour procéder à toutes sortes d'expériences au gré de leurs fantaisies souvent sadiques qui ont aboutit à la mort ou bien ont fait de la vie de « ces cobayes humain » un véritable enfer.

L’une des premières règles affirmées et réaffirmées depuis est le consentement volontaire, libre et éclairé du sujet humain. Ce principe bien qu'affirmé depuis 1947, réaffirmé par la déclaration d'Helsinki de 1964 formulée par l'association médicale mondiale, a dû être rappelé avec force en 1966 date à laquelle sont révélées au Etats-Unis une série d'expérience réalisée au mépris de toutes règles éthiques.

Par exemple, l'injection de cellules cancéreuses vivantes sur des personnes âgées et séniles placées en institution pour analyser les résistances immunologique ou encore l'injection du virus de l'hépatite B à de jeunes résidents d'une institution psychiatrique de l'état de new-york pour voir comment se développe la maladie.

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La recherche ne peut se permettre au nom du progrès de dénigrer la vie de certaine personne. Elle se doit de protéger au maximum la santé des participants bien avant les intérêts de la science.

L'éthique doit s'imposer à tous chercheurs et permettre d'assurer la protection des personnes tout en permettant des découvertes scientifiques essentielles pour faire reculer la mort.

Il faut préciser qu'une fois de plus, c'est la loi qui en 1988 a fixé des règles pour ces essais et qui a surtout mis en place des comités devenus depuis 2004 des comités de protection des personnes qui ont pour mission de protéger les personnes en s'appuyant sur l'analyse et la validation des procédures d'information et de consentement puis sur les critères de sécurité et d'indemnisation des personnes se prêtant à la recherche sans avoir à se prononcer sur l'intérêt scientifique de la recherche envisagée.
Il faut bien comprendre que si les personnes sont autant protégées c'est qu'incontestablement la recherche comporte des risques non négligeables rappelés par l'accident londonien de 2006. En effet, au cours d'un essai médicamenteux mené dans un service de recherche clinique, six des huit volontaires ont présentés d'intense douleur (céphalée et douleurs abdominales) puis rapidement des vomissements suivis d'une perte de connaissance nécessitant des transferts en réanimation et soins intensifs. Les deux personnes indemnes sont celles ayant reçu le placebo. Des risques existent.

Mais ils sont, cependant, mis en balance avec le bénéfice retiré par l'expérience. Autrement dit, l'importance de l'objectif recherché doit être médicalement et humainement supérieure aux contraintes et risques encourus par le sujet.
En conclusion, la recherche ne peut pas tout se permettre mais reste indispensable aux progrès de la médecine, c'est elle qui aujourd'hui nous permet de vivre plus longtemps, c'est elle qui sans doute nous permettra de vaincre des maladies aujourd'hui incurable et qui nous a permis de trouver les remèdes aux maladies autrefois mortelles.

Et qui pourquoi pas pourrait nous offrir un jour l'immortalité grâce à la cryonie, procédé de cryoconservation (conservation à très basse température) d'humains ou d'animaux dont la subsistance ne peut plus être médicalement assurée, dans l'espoir de pouvoir les ressusciter ultérieurement. Dans l'état actuel du savoir-faire médical, le procédé n'est pas réversible. Mais aux Etats-Unis des sociétés commerciales proposent très légalement à leurs clients cette nouvelle forme d'embaumement par congélation en caisson pour une résurrection dans un futur capable de n’assurer rien de moins que l'immortalité. Parmi les militants, se trouvent bon nombre de chercheurs qui espèrent de grandes avancées dans la médecine, notamment dans les nanotechnologies, qui pourraient permettre la régénération des tissus et des organes au niveau moléculaire, voire inverser les effets du vieillissement ou des maladies.

L'argument de base en faveur de la cryonie est que la mémoire, la personnalité et l'identité sont stockées dans la structure chimique du cerveau. Mais bien que cette hypothèse soit communément acceptée en médecine, et que l'on sait que l'activité cérébrale peut rester un moment à l'arrêt et reprendre ensuite, l'idée de pouvoir conserver un cerveau avec les méthodes actuelles de façon suffisamment satisfaisante pour permettre sa résurrection reste mal acceptée et surtout impossible. Les partisans de la cryonie mettent pourtant en avant des études qui laisseraient à penser que les fortes concentrations en cryoconservateurs circulant dans le cerveau avant son refroidissement peuvent empêcher son endommagement et feraient se conserver la structure fine des cellules qui seraient le siège supposé de la mémoire et de l'identité. Pour les opposants, la pratique actuelle de la cryonie ne devrait pas pouvoir se justifier, compte tenu des limitations actuelles de la technologie: à l'heure actuelle, on n'arrive à cryoconserver de façon réversible que les cellules, les tissus, les vaisseaux sanguins et de petits organes d'animaux. Ce procédé impossible aujourd'hui et sans doute jamais réalisable poserait néanmoins de grave questionnement quant à la définition même de la mort et quant aux statuts de « ces ressuscités »5.

En attendant la mort est toujours inéluctable et passe nécessairement par la vieillesse qui grâce à la médecine est une période de la vie de plus en plus longue. En effet, avec les progrès de la médecine, l'utilisation des antibiotiques pour combattre les infections l'espérance de vie rallonge.

Le vieillissement massif de la population est le témoin de la faculté pour la science à repousser le moment de la mort. Mais si la vie est allongée il faut se demander à quel prix. La vieillesse est le témoin d'une dégradation lente et irrémédiable de la vie qui se traduit par une perte d'autonomie et d'indépendance. Ainsi, il faut prendre en considération cette réalité scientifiquement possible dans notre société pour une meilleure considération et prise en charge de « nos vieux ».

Si comme il a été dit, il est évident que la science par ses progrès a repoussé et repousse encore la mort, cette dernière reste inéluctable. Se pose alors la question de ce qui est appelé la fin de vie qui renvoie au caractère incurable d'une maladie dont la mort sera quoiqu'il sera fait l'issue finale.

La problématique est de savoir s'il faut maintenir la vie à tout prix ? Le débat ici est celui de l'acharnement thérapeutique.
2- L'acharnement thérapeutique : la vie à tout prix
L'acharnement thérapeutique consiste à utiliser systématiquement tous les moyens médicaux dont on dispose pour maintenir une personne en vie. L'expression a d'abord désigné des tentatives de réanimation dans les cas de coma dépassé, c'est à dire un état dans lequel se surajoute à l'abolition totale des fonctions de vie relationnelle (conscience, mobilité, sensibilité, réflexes), une totale absence des fonctions de la vie végétative. L'emploi s'est étendu aux traitements appliqués dans le seul but de prolonger la vie, mais sans améliorer la qualité de celle-ci : on peut ainsi obtenir une rémission, mais au prix d'une souffrance qui n'a rien apportée de positif. Le caractère agressif de ces traitements explique la présence du terme acharnement, qui décrit habituellement l'ardeur de l'animal sur sa proie. L'acharnement thérapeutique désigne une action qui n'a en réalité plus rien de thérapeutique. Il n'existe plus de moyen d'améliorer l'état du patient, dont on prolonge la vie de manière artificielle au prix de souffrances pour le patient et son entourage accompagné souvent d'une perte de conscience et d'une vie végétative pour un résultat médiocre ou nul si l'on intègre durée et qualité de survie. En d'autres termes, l'acharnement thérapeutique constitue le fait de poursuivre un traitement lourd qui devient disproportionné par rapport au bénéfice du patient. Mais, dans le monde médical on rencontre souvent la notion d'obstination ou de persévérance thérapeutique. C'est là, la difficulté du pronostic qui rend fragile la frontière entre l'acharnement répréhensible et l'obstination louable. Dans bien des cas c'est seulement a posteriori que l'on sait ce que l'on aurait dû faire. En effet, l'acharnement thérapeutique ne pose de problème que parce que parfois cet acharnement peut devenir sur le long terme bénéfique pour le patient. Pour le médecin, la position est délicate, s'il ne fait rien on lui reprochera son inaction mais s'il fait quelque chose et qu'au final l'état du patient n'est pas améliorée voir pire encore on lui reprochera aussi.

Et tout le débat oppose caractère sacré de la vie et respect de la personne.

En effet, il paraît évident que le caractère sacré de la vie motive et justifie le maintien de la vie a tout prix. Le code pénal n'enjoint-il pas de porter assistance à une personne en péril. Et les termes de l'article 2 du code de déontologie médical n'imposent-il pas le principe selon lequel le médecin est au service de l'individu et exerce sa mission dans le respect de la vie et de la personne humaine. La mission du médecin est de guérir par tous les moyens dont il dispose, il travaille à maintenir en vie son patient. Et aujourd'hui il le peut plus que jamais grâce aux progrès de la médecine dans le combat des maladies. On détient les moyens de maintenir en vie les malades en état végétatif chronique, on peut soigner des infections nouvelles qui surviennent dans une agonie due à une autre cause. Cesser d'agir n'est ce pas capituler devant la mort alors qu'on peut encore faire quelque chose pour la vie ? Cependant peut-on réduire le respect du malade au respect de la vie ? En effet mieux vaut-il assurer un confort de vie qui vaille la peine d'être vécue ou de survivre plus longtemps mais dans des souffrances intolérables. Francis Bacon (1561-1626) homme d'état et philosophe anglais charge le médecin d'accorder la bonne mort « J'estime que c'est la fonction du médecin de rendre la santé et d'adoucir les peines et les douleurs, et non seulement lorsque cet adoucissement peut conduire à la guérison mais aussi lorsqu’il peut servir à procurer une mort calme et facile »

Ainsi, une fois affirmer l'irréversibilité du processus de mort imminente il paraît inutile de continuer les traitements en vu d'une amélioration impossible ou en vu de lutter contre les maladies grave qui pourraient survenir6.

C'est au regard de ce débat sur le refus de l'acharnement thérapeutique que sont apparues les revendications au profit de l'euthanasie qui s'inscrit dans une autre logique, ce n'est plus la vie qu'on cherche à protéger mais la mort qu'on cherche à provoquer.
II-La science au service de la mort
Le théâtre de la mort s’est profondément modifié le siècle dernier. Dans les années soixante-dix, la mort, de plus en plus médicalisée, a ouvert un débat passionné sur la puissance de la médecine, l’acharnement thérapeutique, l’euthanasie…Aujourd’hui, le développement du concept d’accompagnement et de soins palliatifs ne manque pas soulever de nouvelles questions quant à la possibilité de mourir dans des conditions dignes. (A’)

La question de l’avortement, bien qu’apparemment entré dans les mœurs, créé aussi la polémique et ce, même hors de nos frontières où certains Etats l’a prohibe toujours ; c’est tout le problème d’une « mort » avant la vie. (B’)

A- La volonté d’une mort digne
Dès lors que les progrès de la médecine dans la préservation et le prolongement de la vie ont connu des avancées décisives, s'est posée la question des limites à poser aux pratiques de «maintien de la vie». Le débat public sur ce sujet a amené la profession médicale, les philosophes et les théologiens à débattre du sujet de la qualité de la vie, et des droits pour un être humain de déterminer le moment où cette qualité s’est dégradée tant qu'il devient acceptable et licite de mettre un terme à son agonie et sa souffrance, et in fine amené les États à légiférer en ces matières, dans le cadre de l'arsenal législatif connu en France comme lois de bioéthique. Il est à noter que ce qui n’est pas éthique aujourd’hui pourrait l’être dans un futur proche, et inversement, puisque les lois bioéthiques sont appelées à être modifiées en 2009.

La volonté d’une mort digne se pose principalement au travers la pratique de l’euthanasie et des soins palliatifs.

1. L’euthanasie ou comment la science « donne » la mort

Histoire et définition

Le mot euthanasie (gr: ευθανασία - ευ, bonne, θανατος, mort) est formé de deux éléments tirés du grec, le préfixe eu, « bien », et le mot thanatos, « mort »; il signifie donc littéralement bonne mort, c'est-à-dire mort dans de bonnes conditions. À l'origine, l'euthanasie désigne donc l'ensemble des moyens et recours permettant de soulager, d'abréger ou d'éviter l'agonie à une personne en fin de vie7[]. Ainsi, il apparaît que dès l’Antiquité, le terme oscille entre deux significations opposées, celle de mort douce8 et celle de suicide9, c’est-à-dire mort bonne sans être douce, jugé préférable à une mort plus pénible10.

Le mot a été inventé par l’homme d’Etat et philosophe anglais Francis Bacon11 (1561-1626), et apparaît dans un texte de 1605, The Advancement of Learning dont la forme définitive a été donnée en 162312. Il constate chez les médecins du XVIIème siècle, un total manque d’intérêt pour le traitement de la douleur. Il les invite à un effort de recherche en ce domaine, afin de permettre au malade d’échapper aux affres des derniers moments de la vie et de s’éteindre, l’heure venue, de manière « douce et paisible »13. On voit là la difficulté de cerner les notions puisque les frontières de l’euthanasie embrassent les contours de soins palliatifs.

« L'office du médecin n'est pas seulement de rétablir la santé, mais aussi d'adoucir les douleurs et souffrances attachées aux maladies ; et cela non pas seulement en tant que cet adoucissement de la douleur, considérée comme un symptôme périlleux, contribue et conduit à la convalescence, mais encore afin de procurer au malade, lorsqu'il n'y a plus d'espérance, une mort douce et paisible ; car ce n'est pas la moindre partie du bonheur que cette euthanasie [...]. Mais de notre temps les médecins [...], s'ils étaient jaloux de ne point manquer à leur devoir, ni par conséquent à l'humanité, et même d'apprendre leur art plus à fond, ils n'épargneraient aucun soin pour aider les agonisants à sortir de ce monde avec plus de douceur et de facilité14[]. Or, cette recherche sur l’euthanasie extérieure distincte de cette autre euthanasie, l’euthanasie intérieure qui a pour objet la préparation de l’âme, fait partie de ce qu’il faut souhaiter. »

Il est défini comme «mort heureuse» dans le Dictionnaire de Trévoux (éd. 1771), ce qui atteste de son emploi en français dès ce siècle.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, il garde ce sens d' « adoucissement de la mort », « mort arrivant en milieu de sommeil provoqué afin d’éviter une agonie douloureuse »15.

Dans une acception plus contemporaine et plus restreinte, celle retenue par le Petit Larousse, l'euthanasie est décrite comme une pratique visant à provoquer la mort d'un individu atteint d'une maladie incurable qui lui inflige des souffrances morales et/ou physiques intolérables, spécialement par un médecin ou sous son contrôle16[].

On emploie aussi le mot pour désigner l'acte d'aider une personne qui le souhaite, et quelles que soient ses motivations, à mourir. Dans ce cas, les termes plus appropriés seraient plutôt l'aide au suicide ou le suicide assisté. Un autre usage abusif du mot est son application aux soins palliatifs, qui ne visent jamais à hâter le décès ou éviter le prolongement de l'agonie des patients même si, pour soulager la douleur, il arrive aux soignants d'user de doses d'analgésiques ou d'antalgiques risquant d'anticiper la mort.

Longtemps appliqué à des pratiques destinées aux seuls humains, le mot est désormais employé pour les autres espèces, et l'on parle alors d'euthanasie animale, effectuée dans l'intérêt supposé d'un animal ou de l'un groupe d'animaux, par opposition à l'abattage, effectué dans l'intérêt des humains17[].

Le terme d'euthanasie a aussi été utilisé dans le cadre de certaine théories eugéniques de la première moitié du XXe siècle pour désigner le fait d'éliminer certaines populations jugées inaptes à la vie en société ou défavorables à la destinée du groupe social (malades mentaux, handicapés), notamment dans le programme nazi Aktion T4 [] mis en place par le national-socialiste du Troisième Reich en 1939, et qui s'inscrit dans le programme plus large d'hygiène raciale des nazis, dont l'achèvement est la «solution finale», l'élimination planifiée des juifs au premier chef, mais aussi des tsiganes et autres populations considérées indésirables à qui on donne la « grâce de la mort ».

Après la seconde guerre mondiale, le mot est principalement associé à son emploi de la première moitié du siècle, et à ce titre connoté négativement.

Ce n'est que dans la décennie 1970, et dans le cadre de la lutte contre ce qu'on commence à nommer acharnement thérapeutique que l'on revient à un emploi plus proche du sens initial, tout en lui ajoutant des acceptions nouvelles.

Le concept et la pratique de l'euthanasie ne sont pas un problème nouveau et ils ne sont pas aussi liés qu'on le croit souvent aux développements de la médecine moderne. Il suffit en effet d'être gravement malade pour que se pose cette question. L'euthanasie est donc un problème persistant dans lequel s'affrontent des idéologies de différents horizons.

En Grèce antique, le principe ne posait généralement pas de problèmes moraux : la conception dominante était qu'une mauvaise vie n'est pas digne d'être vécue, c'est pourquoi eugénisme (par exposition) et euthanasie ne pouvaient en général pas choquer.

Cependant certains, tel Hippocrate, avaient une conception autre des choses et, dans le serment qui porte son nom, il est interdit aux médecins toutes les formes d'aides au suicide:

« Je m'abstiendrai de tout mal et de toute injustice. Je ne remettrai à personne du poison, si on m'en demande, ni ne prendrai l'initiative d'une pareille suggestion ; semblablement, je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif18.[] »

L'euthanasie a en outre été pratiquée par les Celtes, chez les Gaulois c'est "le dieu au maillet", Sucellos qui, semble-t-il, était le patron de ces pratiques. En Bretagne armoricaine, surtout dans le Vannetais, un « maillet bénit» (Mel Béniguet) a été utilisé jusqu'au début du XXème siècle pour achever ceux dont la mort s'éternisait sur la demande de la famille et sous l'autorité du prêtre et de quelques notables de la paroisse. L'utilisation du "Mel Béniguet" a été attesté à Guénin, Locmariaquer, Carnac, Guern ou encore Brec'h.

• Typologie


Plusieurs formes d’euthanasie sont listées par les auteurs. Il est courant de distinguer l’euthanasie active de l’euthanasie passive.

L’euthanasie active désigne un acte volontaire administré par un tiers en vue d'abréger la vie du patient.

L’euthanasie passive consiste à cesser un traitement curatif ou à arrêter l'usage d'instruments ou de produits maintenant un patient en vie et se distingue de l'euthanasie active par le fait qu'on n'utilise aucun moyen hâtant sa mort. En pratique cependant, cette distinction est confuse. En effet, le crime peut être dissimulé. Plus radicalement, J. Rachels, dans l’article « Active and passive euthanasia », The New England Journal of Medicine, 9 janvier 1975, 292, 2,78-80), a montré que l’omission pouvait être tout aussi coupable que l’action19

D’autres distinctions sont parfois proposées. Par exemple celle de G.D. Lundberg : euthanasie passive, semi passive, active, accidentelle, suicidaire, active ; ou encore celle du Council on Ethical and Juridical Affairs de l’American Medical Association : euthanasie volontaire (lorsqu'un individu a la capacité mentale et physique de demander de l'aide pour mourir et qu'il le demande), non volontaire, involontaire (sans consentement du patient ou du tuteur), suicide assisté20.

Tant de distinctions pointent la complexité d’une définition de cette notion et de cette pratique.

Législation et pratique judiciaire

La majorité des États ne reconnaît pas ou interdit l'euthanasie et les autres formes d'aide à la fin de vie, mais dans beaucoup d'entre eux, notamment en Europe et en Amérique du nord, il existe une tolérance implicite ou explicite à l'encontre de ces pratiques, pour autant qu'elles se déroulent dans un cadre réglementé.

L'euthanasie est autorisée, sous conditions, dans certains pays européens, comme la Belgique et les Pays-Bas, pour certains malades atteints de maladies incurables.

En Suisse, si l'euthanasie reste interdite, le suicide assisté est en revanche autorisé dans les mêmes conditions que pour les deux pays mentionnés, par le biais de l'association Exit Suisse. (Autres Associations : Exit International, Dignitas , La Chrysalide ...)

En France, si la loi réprime formellement l'euthanasie et le suicide assisté, entre 1998 et 2005 les textes réglementaires et législatifs ont cependant élargi les possibilités de cessation de l'acharnement thérapeutique et étendu les droits du malade « à une fin digne »; et dans la pratique judiciaire, la plupart des affaires ressortant de ces questions donnent le plus souvent lieu, depuis le début de la décennie 2000, à des non-lieux ou à des peines symboliques.

Affaires judiciaires
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