Epistemologie, epistemologie des aps et constitution des savoirs en E. P. s





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- Antiquité classique (7e siècle AJC → fin 4e s. AJC)


C’est la période grecque marquée par une volonté de rationaliser, de systématiser, tant dans le domaine scientifique que philosophique (fondement d’une science abstraite, argumentative).

Socrate (-470, -399) ; Platon (v. -428, -348) et l’Académie (-387) ; Aristote (-384, -322) et le Lycée (-335) : cosmologie, la terre au centre de l’univers.

- Époque hellénistique (- 305 → + 640)

Ptolémée Sôter, roi grec d'Égypte, fonde le Musée à Alexandrie, appuyé par une fantastique bibliothèque et doté de fonds importants, de laboratoires et d'un observatoire.

Mathématiques : géométrie : Euclide (-322, -285), Archimède (-287, -212) ;

Astronomie : Aristarque de Samos (-310, -230), Ptolémée, Strabon (-58, +25) ;

Physique : Archimède.

- Science arabe (fin 7ème - 14e siècle)

La science arabe, sous le règne florissant des Omeyyades (661-752) et des Abassides (750-1258), prolonge la science hellénistique et incorpore les apports perses et indiens, principalement, d'abord par la traduction puis selon un développement original. C'est grâce à ses échanges avec la civilisation arabe que la science naîtra dans le moyen-âge chrétien.

- La science expérimentale « classique » (XVIème - début du XXème siècle)

A la renaissance, en Europe, les sciences de la nature se développent corrélativement à l’abandon du dogme théologique.

- Le modèle la science est une référence mathématico-physico-chimique.

- Recourt à l'expérimentation.

- C’est une science "positive"1 qui remplace une science métaphysique.


QUESTION

ETAT THEOLOGIQUE

ETAT METAPHYSIQUE

ETAT POSITIF

Pourquoi est-ce qu’une pierre tombe?

C’est la volonté de

Dieu (d’un esprit)

Il est dans la nature des objets lourds de tomber

A cause de la loi de

gravité

Pourquoi y a-t-il des

maladies ?

En punition à un péché

La vie est dure, brutale et courte

A cause de virus,

bactéries, …



- Époque contemporaine (20ème siècle…)

Depuis le 19e siècle la science fait face à une explosion considérable de son savoir qui bouleverse la manière de voir le monde : théorie de l’évolution, biologie moléculaire, relativité, anthropologie, psychologie...

Une accélération qui s’accompagne par des effets néfastes (vache folle, grippes, dégradation de l'environnement, etc.). La Science n'apparaît plus comme une panacée (la notion même de progrès est contestée).
Mais le quotidien est baigné d'éléments technologiques issus de la science de pointe (technologies numériques, télécommunications, etc.).
II- Questions d’épistémologie générale

Terminologie et définition:

Le terme épistémologie est formé par le mot grec épistémè signifiant science et du suffixe logie, signifiant théorie, étude critique sur… C’est la science du savoir, le savoir sur la manière dont les savoirs se construisent.

L’épistémologie est « essentiellement l’étude critique des principes, des hypothèses et des résultats des diverses sciences, destinée à déterminer leur origine logique, leur valeur et leur portée objective. »2
Mais il est possible de distinguer deux critères pour classer les définitions disponibles : normatif ou descriptif

  • Exemple d’une définition normative (qui indique quelle est la "bonne" démarche scientifique) :

« L'épistémologie est la théorie de la connaissance. Dans nos investigations épistémologiques, nous réfléchissons sur les critères auxquels une connaissance véritable devrait se conformer » (Harre, 1984).

  • Exemple d’une définition descriptive (qui décrit la démarche effectivement suivie par les scientifiques) :

« L'épistémologie est la partie de la philosophie des sciences qui considère la manière dont les savoirs s'organisent » (Fourez, 1988).
Ces deux critères dessinent deux tendances en épistémologie :

1- Nomologique : elle consiste à énoncer les lois des sciences (normative) ; elle se fixe pour objectif de définir les conditions à respecter pour produire une connaissance scientifique.

L’empirisme logique se situe dans cette tendance. La démarche scientifique démarre par des observations. Ayant observé des régularités dans les phénomènes étudiés, on en tire, par induction, des lois qui serviront de points de départ à des théories, qui permettront de formuler de nouvelles hypothèses qui devront être à leur tour vérifiées par expérimentation pour nourrir des théories plus générales. Ainsi, les connaissances scientifiques se construisent, se développent, s’enrichissent et se corrigent par un va-et-vient permanent entre théories et expériences.

2- Interprétative qui procède à partir de l’histoire (sociohistorique) : ici, les sciences modernes sont considérées comme un produit de l’histoire. Ce qui implique que la science est liée au contexte dans lequel elle est produite ; G. Canguilhem souligne en effet : « la science secrète à chaque phase de son histoire ses propres normes de vérité. » Le savoir scientifique est donc évolutif. (cf. Ptolémée : la terre au centre du système solaire : théorie géocentrique vs théorie héliocentrique).
III- La méthode scientifique : Les thèses de K. Popper

A- Critique de l’observation 

Le positivisme logique de Claude Bernard et l’examen de son modèle par la méthode dialectique : pour lui, la méthode (O.H.E.R.I.C.) procède par des étapes : « observation, hypothèses, expérimentation, résultats, interprétation, conclusion ».

En fait cette méthode commence déjà à répondre à quelques critiques qui seront formulées à l'encontre de la méthode inductive. (Inductive, parce que l'observation reste première).

Il s’git de poser la question : peut-on observer un objet objectivement ?

La réponse procède d’une critique de l’observation. A ce propos, on prétend souvent que l’observation est une copie fidèle de la réalité ; mais observer, c’est structurer le monde et la réalité en fonction du contexte et du projet que l’on a. L’information est toujours une interprétation. Observer, c’est interpréter, « c’est se donner un modèle théorique de ce que l’on voit, en utilisant les représentations théoriques qu’on avait » (cf. Le suicide). La notion d’observation concrète n’a aucun sens puisque observer, c’est toujours sélectionner, structurer et donc abandonner ce qu’on ne prend pas. Une observation scientifique n’est pas neutre.

De plus, on parle objectivement d’un objet avec du sens accepté en commun et reconnu dans les échanges culturels. L’objectivité n’est alors pas absolue mais toujours relative à une culture. Être objectif, c’est suivre des règles instituées. C’est donc un phénomène social.
Être objectif, ce n’est pas opposé à "subjectif" : c’est être subjectif d’une certaine façon.
Une observation peut être objective et pourtant c’est par une activité structurante du sujet et par la médiation d’une culture partagée qu’il produit cette observation. Ainsi, dire qu’une observation peut être fidèle, neutre et objective est une proposition qui masque le caractère construit et social de toute observation et participe à l’effacement du sujet (à la fois individuel et social) ; enfin elle donne l’image de l’existence d’une objectivité absolue et indépendante de tout projet humain. Le sujet est donc au centre de l’observation. Celle-ci n’est la découverte de quelque chose qui serait là indépendamment du sujet.
B- Critique de l’induction :

La critique de l’observation conduit automatiquement à celle de l’induction. Celle-ci développe une vision empiriste qui consiste en effet à collecter des faits et en tirer des lois et théories par des procédures logiques : la physique est souvent considérée comme le "paradigme" de l'induction. Selon ce modèle, la science va des faits aux lois par induction. Or, les lois ne peuvent pas être déduites des observations.

En réalité, « vérifier une loi, c’est moins un processus purement logique que la constatation que la loi nous satisfait. De plus, il est possible d’avoir un nombre infini de théories pour un nombre fini de propositions empiriques ; (relativisme de nos représentations scientifiques). Un modèle théorique est alors adopté parce qu’il correspond à des projets particuliers.

Exemple : les cartes géographiques ne sont pas les copies d’un terrain. Le contenu d’une carte est déterminé, tout comme la théorie, par le projet que l’on a en le faisant. Ainsi une carte routière ne donne pas les mêmes indications qu’une carte géologique, et chacune est structurée par un projet différent.
Avant Popper, c’est l’induction qui prévalait. Son apport consiste à considérer qu'il n'est pas nécessaire de passer par l'induction pour former une théorie. Et surtout qu'en aucun cas une théorie ne saurait être absolument vraie. Ainsi, « les pratiques scientifiques ne cherchent pas tant à vérifier les théories qu’à les falsifier» (Popper), c’est-à-dire les infirmer.  Déterminer les limites de modèles utilisés pour les remplacer. Pour ce me même auteur, « Toute théorie qui est capable de tout interpréter, sans contradiction, ne doit pas être tenue pour une théorie scientifique. En d’autres termes, on n’accepte que les discours qui peuvent faire une différence dans la pratique.

Plus précisément, on n’accepte que les discours falsifiables, c’est-à-dire les discours dont on peut dire qu’ils pourraient être faux après être testés. « Selon les critères de falsifiabilité, seules sont scientifiques les théories qu’un test pourrait conduire à rejeter ».
LIMITES :

Toutes les théories ne sont pas falsifiables ou testables. Par exemple :

- Si je dis, "il existe des hommes immortels, il faudrait tuer tous les hommes pour démontrer que cette proposition est fausse". (M. Ripoel, 2008).

- Si je dis « j’agis ainsi par ce que c’est mon intérêt d’agir ainsi », cela ne constitue pas une proposition réfutable, en ce sens que je peux inventer de multiples intérêts qui font que c’est toujours par intérêt que j’agis. Expérimentation impossible (Fourez, 1996).
Ces notes introductives dont l’objet est une mise en contact avec l’épistémologie du point de vue de la sociologie moderne des sciences d’une part et de celui de la méthode scientifique poppérienne d’autre part, ont pour objectif essentiel de déconstruire les a priori qui imprègnent souvent l’appréhension de la vérité scientifique ; nous avons pu constater que Popper préfère effectivement s'occuper de ce qui est faux, car la fausseté d'une théorie peut être démontrée absolument, contrairement à sa véracité.

A ce propos, E. Morin considère que « la plus grande source d’erreur réside dans l’idée de vérité. »3

Il s’agit aussi dans ce cours de les sensibiliser à une plus grande vigilance critique à l’égard des savoirs constitués et ceux que la communauté aura à constituer eux-mêmes ; une telle vigilance peut devenir possible par la fréquentation du terrain de l’épistémologie.
A présent, nous quittons le domaine de l’épistémologie générale pour nous brancher sur des questions qui relèvent du champ des pratiques corporelles : Education physique, corps, STAPS… C’est une interrogation épistémologique liée au statut scientifique des activités physiques… et sportives.

IV- Le début de la sociologie des sciences modernes :

1- Un 1er courant : MERTON (1973) : s’est intéressé aux pratiques scientifiques. Il s’agit de comprendre les habitudes des chercheurs, leurs façons de s’organiser, leurs carrières, leur manière d’entrer en compétition, leurs ambitions. Il établit ainsi une sociologie de la communauté scientifique (mais le contenu des sciences n’est pas étudié).

Merton définit les normes générales qui structurent la communauté scientifique (C.U.D.O.S.)

  • Communalisme : l’activité scientifique est libre et publique.

  • Universalisme : un jugement scientifique doit  être impersonnel, indépendant des caractéristiques personnelles et sociales du chercheur.

  • Désintéressement : le scientifique ne vend pas un service, il cherche le progrès de la science.

  • OS - Scepticisme organisé : le scientifique doit avoir une disponibilité intellectuelle permanente et faire des examens critiques de son travail et de celui de ses pairs.


L’auteur souligne à travers la norme d’universalisme notamment, la possibilité, voire la nécessité pour un chercheur d’observer la neutralité axiologique dans son activité scientifique ; cette façon de considérer le travail du chercheur contraste avec les thèses développées par Devereux (1980) ou Ardoino (1994) relatives à l’importance de l’implication4 et sa fécondité dans la quête d’objectivité dans le processus de construction scientifique. Ainsi, tenir compte de sa propre subjectivité constitue, paradoxalement, la voie royale menant à l’objectivité du chercheur. Le courant qui suit développe des conceptions dans ce sens.
2- Un 2ème courant : T. KUHN (1972) : d’après ce courant,

  • la recherche scientifique est influencée par la vision du monde du chercheur, ses préjugés, ses projets.

  • les contenus scientifiques sont structurés autour de projets : le paradigme. Celui des mathématiques (à leur début) est lié aux pratiques des marchands (comptabilité, calcul des positions). En Sport : le modèle bioénergétique paraît hégémonique à l’état actuel des STAPS.

L’activité scientifique consiste à résoudre des énigmes en fonction du paradigme dominant.
T. Khun considère qu’il y a incommensurabilité (c’est-à-dire incompatibilité) des paradigmes, donc incommensurabilité des domaines scientifiques. Chaque communauté apparaît comme un bloc informatif, normatif, sémantique et ontologique.

  • Informatif, car il n’y a pas d’accumulation d’informations d’un paradigme à l’autre.

  • Normatif, car les normes de résolutions de problèmes sont différentes.

  • Sémantique, car les réseaux conceptuels sont différents.

  • Ontologique, car la vision du monde global est totalement différente selon les paradigmes.


Khun insiste sur l’indépendance des paradigmes ; ceux-ci sont mutuellement exclusifs. Sa théorie ne peut par conséquent concevoir ni envisager d’espaces de médiation entre les disciplines, ce qui peut poser de sérieux problèmes pour la circulation, la mutation des concepts.
Il distinguera en outre quatre phases dans la construction et le développement des communautés scientifiques (préconstruction, construction, déconstruction, reconstruction) :

  • Phase pré-paradigmatique, où les chercheurs sont en désorganisation sociale, il n’y a pas de consensus de méthodes et de concepts (années 1960 et tout début des années 1970).

  • Phase de science normale, où il y a une structuration de l’activité scientifique et construction et développement du paradigme.

  • Crise du paradigme, car il ne permet pas de tout expliquer.

  • Changement de paradigme.

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