Epistemologie, epistemologie des aps et constitution des savoirs en E. P. s





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3- Les relativistes : ils s’inspirent tous de T. Kuhn et vont même plus loin. Ils mettent en évidence la relativité totale entre les théories scientifiques et la dimension sociale. Pour eux, il n’y a pas de vérité scientifique, il n’y a que des consensus sociaux.

  • Des auteurs comme B. Barnes, D. Bloor, D. Mc Kenzie considèrent qu’il n’y a pas de statut privilégié des connaissances scientifiques, ce sont des connaissances comme les autres. Il est inutile de distinguer les propositions universelles valides (la science) et les propositions relationnelles à validité limitée (croyance, idéologie).

Le programme est basé sur le principe selon lequel il n’y a pas de vérité scientifique;
il n’y a que des contextes sociaux favorables à une théorie ou à une autre. On explique les théories scientifiques à partir de facteurs sociaux déterminant les connaissances scientifiques choisies à un moment donné.

  • le constructivisme : B. Latour, M. Callon s’inscrivent dans une perspective relativiste mais en se tournant vers une observation ethnologique du travail de laboratoire, « La vie de laboratoire » (1988).

Pour eux aussi, il n’y a pas de vérité scientifique ; ce qui produit la science, c’est l’activité concrète des laboratoires. L’affirmation ou l’infirmation d’une théorie scientifique tient des processus sociaux de recrutement d’alliés, à des questions de pouvoirs.

Toutes ces théories n’analysent pas les connaissances scientifiques elles-mêmes ; elles ne se centrent que sur l’activité scientifique.

EPISTEMOLOGIE des STAPS
L’importance des questions épistémologiques pour l’EPS, les STAPS découle de plusieurs raisons:

  • ce sont des disciplines en quête de scientificité ;

  • mais demeurent sous la tutelle de plusieurs disciplines scientifiques hétérogènes, soumises à la supériorité de certaines d’elles, à partir du critère de l’objectivité.

C’est pourquoi ce cours traitant d’épistémologie, peut être considéré, comme un appel l’interdisciplinarité.
EPISTEMOLOGIE des S.T.A.P.S. (Cf. L. Jarnet, 2004).

Depuis les débuts des années 80 (les S.T.A.P.S. [enseignement et recherche] sont à la quête d’identité, d’unité et de scientificité. Leur institutionnalisation, en tant que section universitaire en France (74ème section) a eu lieu avant même que le consensus soit acquis au sujet de la pertinence épistémologique de l’appellation et du domaine auquel celle-ci correspond.
Peu à peu, s’est installée auprès du corps des universitaires une quête dont l’objet est un questionnement sur l’objet spécifique éventuel des STAPS et les possibilités offertes pour qu’il leur soit réservé un domaine scientifique propre.

On peut distinguer plusieurs conceptions :

S.T.A.P.S. = une science avec son objet propre

S.T.A.P.S. = savoirs rattachés à des sciences-mères

S.T.A.P.S. = suivent des rationalités hétérogènes qui s’unifieraient autour d’un objet commun

S.T.A.P.S. = une science plurielle, des objets propres à construire.
Les épistémologies des S.T.A.P.S.

1- L’épistémologie de Parlebas: une science avec son objet propre

Cet auteur est animé par le refus de la vassalisation des S.T.A.P.S. à une autre science.

Pour lui, les STAPS peuvent prétendre au statut épistémologique de science, en mettant en évidence l’objet des STAPS, objet qui situe ensuite le champ de recherche propre. Pour cet auteur, cet objet est la conduite motrice. Ensuite en rassemblant méthodiquement des données expérimentales en rapport avec l’objet, ce qui permettrait d’élaborer une science nouvelle (la science de l’action motrice).

Pour lui l’originalité des S.T.A.P.S. passe par là puisque les chercheurs veillent à ne pas reprendre ce que font les autres. C’est même la voie royale pour se doter d’une identité qui les distingue.
La théorie de l’action motrice, qui prône un "monisme théorique", est intéressante mais ne correspond pas à ce qui se passe réellement en STAPS et n’arrive pas à théoriser le polymorphisme de cette discipline.
2. L’épistémologie de Vigarello : des savoirs rattachés à des sciences-mères.

Pour lui, c’est un mythe de croire que les STAPS puissent relever d’une science spécifique avec son objet propre. Il propose un autre type d’épistémologie basé sur une approche pluridisciplinaire et non une science.

Les STAPS ne sont pas une science, car elles s’appuient sur des modes de théorisation et des professionnalisations très différentes. Il distingue notamment les chercheurs en STAPS qui sont des spécialistes de telle ou telle science (biologie, psychophysiologie, sociologie…) et les techniciens et praticiens STAPS qui exploitent ces données scientifiques et qui travaillent dans une autre situation de terrain.
Il propose d’une part que les futurs praticiens et les futurs chercheurs puissent suivre une formation initiale commune dans une discipline donnée (psycho-physiologie ou sociologie par exemple) afin qu’ils se comprennent, et d’autre part que se constituent au sein des STAPS des équipes de recherche pluridisciplinaires. Selon lui, ce sont sur de telles bases que se construiront une certaine unité et identité des STAPS.

Le programme épistémologique de Vigarello engendre une certaine dispersion disciplinaire et ne permet pas de penser l’autonomie de cette discipline.
Gleyse propose un autre type d’épistémologie qui tend à surmonter ces difficultés théoriques et empiriques.
3. L’épistémologie de Gleyse : un pluralisme théorique unifié par un objet commun.

Pour homogénéiser et rallier la diversité des approches en STAPS Gleyse, préconise la recherche d’un objet, et « il apparaît que le seul objet qui puisse être unifiant, c’est la corporéité, le corps humain ». Cet objet central permettrait de recentrer les approches et de cibler les recherches. Les APS auraient ici le statut d’objet d’étude inclus dans l’objet général qu’est la corporéité humaine
4. L’épistémologie de Prévost

Une science plurielle, des objets propres à construire.

Pour lui, les STAPS comme toutes les sciences, sont un ensemble de savoirs, qui sont essentiellement au pluriel dans leur objet comme dans leur démarche.

Quels objets des STAPS ? L’étude du corps ou de l’EPS, par exemple. Mais il considère qu’il faut attendre que cette discipline soit plus ancienne pour qu’elle puisse dégager ses objets propres.





SCIENCE

OBJET

PARLEBAS


S.T.A.P.S. =

une science avec son objet propre

La conduite motrice


VIGARELLO


S.T.A.P.S. =

Pas une science, mais des savoirs rattachés à des sciences-mères

Des objets (pluridisciplinarité) :

des théoriciens / des praticiens. Equipes pluridisciplinaires

GLEYSE


S.T.A.P.S. =

un pluralisme théorique unifié par un objet commun.

Un objet unifiant : le corps inclus dans l’objet général, la corporéité humaine.

¨REVOST


S.T.A.P.S. =

une science plurielle, des objets propres à construire

Des objets : le corps, l’EPS approchés transversalement.


NOUVELLE ÉPISTÉMOLOGIE DES STAPS



S.T.A.P.S. = Science spécifique, avec ses paradigmes et ses problèmes.

Non pas des objets spécifiques mais des problèmes à résoudre




Conclusion

Une science avec son objet propre, des savoirs et des objets rattachés à des sciences-mères, ou bien des rationalités diverses unifiées par un objet, une science plurielle, des objets propres à construire, tels sont les quatre grands types d’épistémologie des STAPS que nous avons abordés.
Les STAPS peuvent ainsi légitimement se considérer comme une science caractérisée par une pluralité de problèmes théoriques ou empiriques à résoudre, problèmes qui sont liés à des pratiques et des théories qui ont été traditionnellement discutées en STAPS

BIBILOGRAPHIE


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1 - Chez A. Comte : cette méthode positive s’oppose à la théologie et à la métaphysique (sciences positives).

En général, elle désigne toute doctrine qui se réclame de la seule connaissance des faits, de l’expérience scientifique et affirme que la pensée ne peut atteindre que des relations et des lois et non les choses en soi.

2 - André Lalande, Vocabulaire technique et critique de la philosophie, Paris PUF, 10ème éd., 1968.

3 - E. Morin, Science avec conscience, Fayard, 1982, p. 133.

4 - L’implication, renvoie à toutes les appartenances du chercheur : âge, sexe, culture religieuse, nationale, appartenance sociale, position de classe, position institutionnelle, ses valeurs, ses opinions politiques, etc.
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