Atouts des arts de la rue en territoire urbain





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Les contextes de diffusion



Les festivals
Depuis la fin des années 1980, les festivals d’arts de la rue font florès en France. HorsLesMurs recense ainsi 230 festivals consacrés exclusivement aux arts de la rue et 44 dédiés aux arts de la rue et au cirque. Ces festivals représentent un quart des représentations et un tiers du chiffre d’affaires des compagnies. Ce sont donc des débouchés importants notamment pour les créations nouvelles et les spectacles de grand format. Parmi les nombreux festivals existants sur le territoire français, certains se distinguent par leur notoriété et leur portée : le festival d’Aurillac, Chalon dans la rue, à Chalon-sur-Saône, Vivacité à Sotteville-lès-Rouen. Ils offrent visibilité et reconnaissance aux compagnies.

Malgré l’impact essentiel de ces festivals qui perpétuent l’image festive attachée aux arts de la rue, ces derniers ne peuvent être pensés comme la seule forme de diffusion des arts de la rue du fait de leurs limites intrinsèques. Tout d’abord, 71% des festivals d’arts de la rue ont lieu entre mai et septembre c’est-à-dire pendant la période estivale. Ce caractère ponctuel entrave la bonne circulation des œuvres dans le temps et dans l’espace. Les festivals ne permettent pas aux artistes de rue de prendre en compte réellement le territoire dans leurs créations. Enfin, avec le temps, les festivals ont tendance à faire venir un public de connaisseur, accoutumé aux arts de la rue. Cette réalité va à l’encontre d’un principe fondamental propre aux arts de la rue à savoir créer pour un public non convoqué.
Les programmations annuelles
Face à cette problématique, des artistes, des organisateurs, des programmateurs commencent à réfléchir pour travailler ensemble tout au long de l’année et dans une relation étroite avec le territoire concerné. Ainsi de véritables saisons des arts de la rue commencent à s’organiser ; parmi lesquelles l’expérience des Pronomades avec sa saison des arts de la rue sur huit mois en Haute Garonne ou celle de Quelque p’arts… le SOAR en Ardèche. Ces saisons territoriales permettent aux compagnies et artistes de rue de montrer leur capacité à proposer de véritables offres artistiques et culturelles pérennes. Du point de vue des collectivités territoriales, ces formes de diffusion permettent de constituer la base de projets culturels structurants au contact des habitants. Les programmations annuelles d’arts de la rue sont particulièrement avantageuses pour les zones géographiques dépourvues d’équipements culturels permanents et éloignées des pôles culturels en région.
Le réseau artistique institutionnel
Les scènes françaises accueillent peu les arts de la rue. En terme de débouchés, cela représente 5% des représentations pour les compagnies et seule une dizaine de scènes nationales programment des arts de la rue. En règle général, les arts de la rue sont programmés pour l’ouverture ou la clôture d’une saison. Il semble donc urgent d’inscrire plus activement les spectacles de rue dans les programmations des scènes généralistes du réseau d’action culturelle (scènes nationales, scènes conventionnées, CDN, CCN, Centres d’art etc.) et de promouvoir le dialogue entre ce dernier et les lieux de fabrique ou de diffusion des arts de la rue (centres nationaux des arts de la rue, lieux de compagnies, festivals…).
Des cadres de diffusion originaux
Du fait de n’être pas rattachées à des infrastructures et équipements culturels permanents, les compagnies des arts de la rue peuvent inventer des modes de diffusion originaux et alternatifs. Le conte urbain en est un exemple. Pour que le conte urbain prenne tout son sens, il est nécessaire que les habitants s’approprient le contexte de l’histoire en l’intégrant à leur quotidien, leur ordinaire. Ainsi pour l’élaboration de ce type de création, les compagnies doivent travailler en amont, souvent avec la complicité de la municipalité, de la presse locale, des associations, des écoles, afin de sensibiliser la population et d’attirer son attention sur l’arrivée d’un événement d’exception, insolite voire extraordinaire.

Les contraintes d’organisation de spectacles en espace public



Les autorisations
Terrain d'expérimentation des artistes parce qu'il reflète nos modes d'organisation collective, l'espace public n'est pas neutre et librement accessible, son usage est assujetti à des règles.

Son occupation est subordonnée à l'attribution d’autorisations. En effet, afin d'assurer l'égalité et la sécurité d'accès aux espaces, la collectivité responsable astreint l'organisateur de manifestations à la demande d'autorisation d'utilisation, en vertu de ses pouvoirs de police.

Bien souvent, la collectivité publique (mairie, préfecture) n'est pas seule à devoir être démarchée : on appelle espace public la voirie, les rues, les places. Toutefois des parcelles d'espaces extérieures inscrites dans l'espace public peuvent avoir été concédées et les émergences techniques (candélabres, cabines téléphoniques, mobiliers urbains) peuvent relever de différents propriétaires privés.
Au plan juridique, est réputé organisateur la structure de droit public ou privé chargée de contractualiser avec les artistes. Cet organisateur peut être une collectivité comme une structure de droit privé. Si l'organisateur est une collectivité en régie directe, ou si l'organisateur constitué en structure de droit privé agit pour le compte d'un prescripteur public, la collectivité n'en n'est pas pour autant exonérée de la constitution d'un dossier de demande d'autorisation.
Outre toute information sur le prescripteur, le dossier devra comprendre toutes spécifications techniques du spectacle, du décor employé, de la circulation des publics. Le passage d'une commission de sécurité est requise dans le cas de grands attroupements, de structures recevant le public.

Le dossier et toutes les étapes de mise en œuvre requièrent l'encadrement d'un personnel professionnel disposant de toutes les habilitations pour préparer ses demandes comme pour constituer ses équipes.

Mieux vaut prévenir les risques avec des professionnels, mieux vaut une bonne préparation qu'une annulation pour des questions de sécurité ou de trouble à l'ordre public !
Aspects contractuels
Les responsabilités de chacun s'établissent à travers la contractualisation et la fiche technique.

Différents contrats existent : cession, coproduction, résidence, coréalisation.

Tout peut faire l'objet d'une contractualisation. Pour l'essentiel, les parties conviennent de la déclaration des personnels aux organismes sociaux, de la souscription aux assurances (responsabilité civile d'exploitation au minimum), de la mise à disposition des lieux en ordre de marche (y compris les lieux publics), de la recherche de solution amiable en cas d'intempérie, du montant de la prestation. Les représentations et la coréalisation de spectacles vivants sont assujettis à une TVA différenciée à 5,5% (quand les protagonistes sont assujettis à la TVA).
Les bénévoles
Le bénévole n’étant pas un professionnel, ce n’est pas une personne à qui l’on est en droit de demander des comptes. Le droit du travail ne s’applique pas aux bénévoles. Mais il peut y avoir présomption de salariat : il ne faut pas confier aux bénévoles des tâches qui pourraient et devraient être confiées à un professionnel
Conception et gestion des événements
L'initiative de l'organisation d'événements en espace public n'est pas un domaine réservé. Elle peut revenir aux collectivités comme être impulsée par des structures de production culturelle (une scène culturelle, une compagnie, etc.) avec le soutien de ses partenaires.
Mais dans tous les cas, l'organisateur est confronté aux prérogatives et aux étapes de travail liées à la gestion d'un événement : conception artistique, expertise artistique, achat de spectacles, contractualisation, accueil des artistes, régie technique, communication.
Quand l'initiative de l'organisation revient à la collectivité publique, plusieurs modalités de gestion s'offrent à la commune :

- le cas de l'organisation en régie directe

Dépourvue de licence d'entrepreneur de spectacle, la collectivité est tenue pour la gestion des personnels intermittents de recourir à une structure support.

- Le cas de la délégation de service public

Les procédures de DSP engagent fortement la collectivité dans une logique pluriannuelle avec l'attributaire.

- Le cas de la production déléguée par la voie de l'établissement d'un marché public.

Parfaitement éligibles quelles que soient leur forme de structuration juridique (association, arl, scop, scic…), les producteurs culturels et les équipes artistiques présentent souvent l'atout d'adjoindre aux savoir-faire artistiques les capacités techniques intégrées. Dans le cas de sociétés d'événementiels et de communication, bien souvent ces candidats créent une médiation supplémentaire entre les producteurs culturels et les équipes artistiques. Pour se prémunir, il importe de valoriser le critère "qualitatif" dans la clé d'évaluation des offres pour bien se donner les moyens de considérer avant toute chose l'offre artistique et les capacités techniques.

- Le cas de l'attribution d'une subvention "dédiée" à une structure professionnelle pour les missions d'organisation définies à travers une convention.

L'attribution d'une subvention est la forme la plus souple mais dans les limites légales sous peine de requalification en marché public.

Références :
- Sur les modalités d’accueil d’une manifestation de rue : « Organiser un événement artistique dans l’espace public, Guide des bons usages», José Rubio, Gentiane Guillot, le groupe de travail du Temps des arts de la rue « L’occupation de l’espace public, l’environnement technique, la sécurité », HorsLesMurs, 116 p.

- Sur les règles d'utilisation du domaine public et du domaine privé : voir Lamy association, tome 2, étude 262.

- Sur les pouvoirs de police du maire : voir les articles L 2212-1 et suivants du Code général des collectivités territoriales et l'édition commentée du code, éditions Le Moniteur.

- Sur les commissions consultative de sécurité et d'accessibilité : voir le décret 95-260 modifié du 8 mars 1995.

- Sur la sécurité contre les risques d'incendie et de panique dans les établissements recevant du public : voir le règlement du 25 juin 1980 relatif aux établissements spéciaux (chapiteaux, tentes et structures et établissements de plein air), éditions des journaux officiels.

- Décret n° 97-646 du 31 mai 1997 relatif à la mise en place de services d'ordre par les organisateurs de manifestations sportives, récréatives ou culturelles à but lucratif.

LES RESSOURCES

La Fédération des Arts de la rue en Île-de-France


Faisant suite à l’acte fondateur d’Aurillac de l’été 1997, la Fédération nationale des Arts de la Rue est née le 21 septembre 1997 à Châtillon et compte aujourd’hui près de 400 adhérents. Elle poursuit un travail de développement, soutien et structuration du secteur.
Les objectifs poursuivis
En 2000, dans le cadre des actions portées par la Fédération nationale, s’est mis en place, en Île-de-France, un groupe de travail constitué de différents acteurs des arts de la rue franciliens avec pour premier objectif se connaître et créer un réseau.

Dès lors, ce groupe de travail a mené, dès lors, différentes actions autour des politiques culturelles menées sur le territoire. Il a entre autres sollicité des rencontres avec les élus de la Ville de Paris, du Conseil Régional, de la DRAC ; participé à des réunions de travail sur la mise en place d’évènements et de lieux « arts de la Rue » ; mis en place des réunions de travail mensuelles; organisé des rencontres professionnelles sur le territoire francilien.
En 2002, une centaine de militants — comédiens, musiciens, danseurs, scénographes, directeurs artistiques, chargés de production, de diffusion, administrateurs, directeurs techniques, techniciens, directeurs de festivals, directeurs de services culturels municipaux, etc. — se réunissent au sein de la «  Troupe Éphémère ».
Le 22 juin 2005, la Fédération des Arts de la Rue en Île-de-France se constitue en association.

Les objectifs poursuivis par l’association sont les suivants :
► structurer un forum de discussion entre les professionnels des arts de la rue,

► accompagner de façon collective, enrichir et dynamiser le travail de prospection et de maillage initié par les compagnies implantées dans chaque département,

► privilégier la qualité des liens et des relations établies ou naissantes entre les compagnies et les représentants des collectivités de chaque territoire,

► créer les potentiels de collaboration entre les compagnies et les différents acteurs culturels de chaque territoire, par la compréhension réciproque des modes de travail, des enjeux et des problématiques de chacune des parties prenantes

► convaincre les acteurs de la culture, de l’urbanisme, du tourisme et d’autres secteurs, de la richesse de l’apport des compagnies des arts de la rue en tant qu’acteurs de développement culturel local,

► faciliter la mise en place d’évènements, de manifestations des arts de la rue en Île-de-France,

► favoriser la rencontre des œuvres artistiques avec le plus grand nombre d’habitants de chaque département.
Les actions
Afin d’atteindre les objectifs visés, la Fédération des Arts de la Rue en Île-de-France décide en 2003 d’organiser des rencontres départementales dont le but est de privilégier la rencontre entre les différents acteurs des territoires concernés — élus, acteurs culturels des collectivités locales, responsables des équipements culturels et socioculturels, professionnels de l’urbanisme, présidents des comités des fêtes, des syndicats d’initiatives et du tourisme, etc. — et les professionnels des Arts de la Rue.

La Fédération décide de donner un caractère innovant à ces rencontres. Pour chacune d’entre elles est ainsi mis en place un parcours exploratoire et ludique créé par la Troupe Ephémère qui vise à sensibiliser les participants à travers un itinéraire retraçant l’histoire, les chiffres-clés et la cartographie des arts de la rue à l’échelle de chaque département de l’Île-de-France. Une exposition photo vient également enrichir la rencontre. Enfin, des tables rondes portant sur des problématiques propres aux arts de la rue en lien avec les territoires permettent aux participants de connaître les arts de la rue et de réfléchir sur les enjeux du secteur.
En 2007, la Fédération décide de structurer son identité et sa communication autour d’un nouveau cycle de rencontres professionnelles intitulées « Mais que font les artistes ? ». Ces rencontres ciblent les élus de proximité et les partenaires des professionnels et exaltent les singularités des porteurs de projet en Île-de-France. Au seuil des échéances législatives et municipales, la Fédération veut éclairer la diversité des métiers, la vitalité des dynamiques artistiques et culturelles initiées en territoire francilien et les dénominateurs communs aux élus et aux professionnels des arts de la rue. Chaque rencontre est formulée autour d’un professionnel et d’une question thématique. Le lieu et la forme des rencontres sont définis avec chaque intervenant : il peut s’agir d’une conférence en intérieur, avec projection de documents, comme d’une visite commentée d’un site, en situation. La saison des rencontres en région débute en février 2007 au rythme de deux rencontres mensuelles d’une durée de 90 minutes.

Ce cycle est renouvelé en 2009, à travers le cycle « Mais que font les élus ? » interviews vidéo mises en ligne sur le site www.federationartsdelarueidf.org

Par ailleurs, la Fédération IDF développe une activité d’observation, à travers des enquêtes et questionnaires sur les subventions, l’emploi, la diffusion, les moyens de travail (notamment état des lieux des compagnies réalisé en 2009-2010 dans le cadre du chantier d’observation participative et partagée de l’UFISC).
Contact
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