I- le programme : Thème 4 Nouveaux horizons géographiques et culturels des Européens à l’époque moderne





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Thème 4 : Nouveaux horizons géographiques et culturels des Européens à l’époque moderne.

Question au choix : Les hommes de la Renaissance (XVème-XVIème siècles).

I- Le programme :


Thème 4 – Nouveaux horizons géographiques et culturels des Européens à l’époque moderne 10– 11 h :


Les hommes de la Renaissance

(XVe-XVIe siècle)


Durée conseillée 3-4 heures.



Une étude obligatoire :

- un réformateur et son rôle dans l’essor du protestantisme ;

et une étude choisie parmi les deux suivantes ;

- un éditeur et son rôle dans la diffusion de l’Humanisme;

- un artiste de la Renaissance dans la société de son temps.



Lien vers les ressources EDUSCOL : http://media.eduscol.education.fr/file/lycee/77/7/LyceeGT_Ressources_HGEC_2_Hist_09_T4RenaissanceHommes_148777.pdf
II- Mise au point sur la question : un réformateur et son rôle dans l’essor du protestantisme : M. Luther.
1) Un contexte troublé :
La Réforme protestante naît dans le contexte troublé d’une chrétienté européenne traversée par de multiples préoccupations spirituelles.

La chrétienté des XIVème et XVème siècles connaît en effet une angoisse profonde, collective comme individuelle, née des malheurs du temps comme des interrogations des populations. La Peste noire ou Grande peste du milieu du XIVème siècle (1347-1351) a tué entre le tiers et la moitié de la population européenne, la Guerre de Cent ans (1337-1453), la prise de Constantinople (1453) et l’expansion de l’islam turc, le Grand schisme d’Occident entre 1378 et 1417, sans parler de disettes aggravées par des conditions climatiques difficiles instillent non seulement le doute mais plus largement une culpabilité et une mauvaise conscience qui débouchent sur un fort pessimisme.

La mort est omniprésente dans les représentations artistiques : chez Dürer, chez Bosch, comme dans les danses macabres1 qui marquent profondément les représentations du XVème siècle. Les thèmes de l’Apocalypse, de l’Antéchrist deviennent récurrents dans les œuvres d’art. La conception communautaire de l’Eglise qui prévalait encore au XIIIème siècle fait place à une conception plus individuelle que traduit l’évolution de la figure christique. Le temps du « Beau Dieu » de la Résurrection des cathédrales du XIIème siècle est révolu, c’est l’image du Christ souffrant, martyrisé, celui de la Passion qui s’impose alors1.

Cet inconfort spirituel autant que l’incapacité du clergé à répondre aux angoisses de la population, « ...pléthore de prêtres, et pourtant on manquait de pasteurs »2 poussent celle-ci à rechercher de multiples intercesseurs afin de rendre Dieu moins « lointain » cela se traduit par l’expansion du culte marial (Notre-Dame de Lorette,...), de la dévotion à Ste Anne comme la vénération des reliques de saints. La vénération des reliques passait pour permettre d’obtenir des indulgences, se développe alors l’une des dérives majeures de l’Eglise d’alors, l’idée qu’une transaction, même financière, peut racheter les péchés quitte à négliger la confession et la communion. Par exemple l’église du château de Wittenberg contenait 17413 reliques différentes susceptibles de rapporter 128 000 années d’indulgences.3

Plus globalement la piété du XVème siècle s’éloigne de la liturgie traditionnelle. Celle-ci apparaît à beaucoup comme trop exclusive et donc inaccessible, les processions prennent le pas sur la messe, le recours au chapelet sur la communion. Une évolution qui témoigne également du développement de l’individualisme qui accompagne les mutations sociales du Moyen-âge finissant.

2) La Réforme protestante, une réponse spirituelle à la question du salut individuel :
Martin Luther (1483-1546) incarne ce fort pessimisme, cette inquiétude face au Jugement dernier, comme la primauté du salut personnel. Etudiant à Erfurt il est bachelier en 1502 puis maître en philosophie en 1505, ordonné prêtre en 1507, il est docteur en théologie en 1512. Enseignant et prédicateur à Wittenberg (Saxe-Anhalt aujourd’hui) dès 1514 il y poursuit ses recherches. En cela il incarne un « type » d’homme de la Renaissance, versé dans l’étude, cherchant par la connaissance à atteindre le salut.
Les causes de la réforme4 proposée par M. Luther dès 1517 sont complexes, multiformes et ne peuvent absolument pas se réduire à la question des indulgences et des dérives matérielles de l’Eglise. C’est en effet une réponse avant tout spirituelle que cherche à fournir Luther, elle s’articule autour de six principes, ou doctrines, fondamentaux qui forment le socle commun de la Réforme : Soli Deo gloria : « à Dieu seul la gloire » les intercesseurs - Vierge ou saints divers- n’ont aucun rôle et ne sont donc pas reconnus, Ecclesia semper reformanda  « l’Eglise doit se réformer en permanence », Sola gratia : « par la grâce seule » : il dénie à l'Église le pouvoir d'effacer les peines dans l'au-delà et formule une doctrine de la grâce divine en rupture avec la pratique catholique, Sola fide « par la foi seule », Sola scriptura : «par l’Ecriture seule », le sacerdoce universel. J. Delumeau comme R. Stauffer5 considèrent que les trois dernières sont les plus importantes.


  • Sola fide ou la justification par la foi : pour Luther comme par la suite les autres réformateurs la foi est tout. L’homme est pécheur par nature, cette permanence du péché conduit à une inquiétude constante, mais Dieu, juge compatissant, peut pardonner. Cela implique une foi confiante dans la capacité rédemptrice de celui-ci, en effet les œuvres, actions accomplies par l’homme, n’ont absolument aucun poids si elles ne sont pas soutenues par une foi profonde et sincère. La foi doit être appréhendée comme un don gratuit sans attente de contreparties. il dénie à l'Église le pouvoir d'effacer les peines dans l'au-delà et formule une doctrine de la grâce divine en rupture avec la pratique catholique




  • Sola scriptura : La Bible, révélation définitive contient toutes les réponses. Pour Luther cela conduit à se pencher avec toujours plus d’acuité sur l’ensemble des textes bibliques, y compris un Ancien Testament souvent « négligé » au profit du message évangélique1. Cette importance accordée à au texte rapproche la Réforme de l’humanisme. L’humanisme permet le développement des études philologiques critiques, a le souci de retourner aux sources originelles et donc de s’émanciper du latin et de la Vulgate dont l’autorité est contestée. L’humanisme contribue ainsi à un véritable « retour à la Bible », dans le même temps il insiste sur la religion intérieure contribuant à dévaluer la hiérarchie, les cérémonies, le culte des saints en cela il a préparé la Réforme. Néanmoins sa conception optimiste de l’homme est en opposition complète avec le pessimisme luthérien, comme plus tard calviniste.2




  • Le sacerdoce universel : La question du salut individuel est devenue première dès le XIVème siècle. L’Eglise catholique est confrontée à l’affirmation de la puissance des laïcs qui porte la contestation de sa prétention à guider les populations. C’est le cas des Princes avec l’affirmation des Etats modernes qui entraîne des tensions fortes pour la délimitation des domaines de compétence avec l’Eglise, les souverains laïques assument des responsabilités religieuses croissantes. C’est le cas de cette bourgeoisie marchande et financière qui s’affirme (Fugger, Médicis,..) et participe par la fondation de confréries à une certaine privatisation de la foi. Dans certains cas les laïques se substituent aux religieux (hospices de Beaune par le chancelier Rolin (1443-1457), sécularisation de l’Hôtel-Dieu à Paris (1505),...).

Certains laïques apparaissent meilleurs que les gens d’Eglise, la réhabilitation de Jeanne d’Arc en 1456 va ne ce sens. Un laïque de sainte vie peut-il être un meilleur prêtre qu’un ecclésiastique dévoyé ? L’Eglise peut-elle prétendre détenir seule la Vérité et assurer le salut ? Doit-elle filtrer le lien entre les hommes et Dieu ? La réponse de Luther est la théorie du sacerdoce universel, un chrétien isolé peut avoir raison contre l’Eglise s’il est éclairé (dispute de Leipzig 1519) il trouve la justification de celle-ci dans le Premier Epître de Pierre : « Vous (Chrétiens), vous êtes une race élus, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s’est formé, afin que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelé des ténèbres à une admirable lumière ». Premier Epître de Pierre (I, 9).

3) La rupture avec l’Eglise catholique :
La rupture définitive entre Luther et Rome s’opère en plusieurs temps, la date de 1517, habituellement retenue, doit être à cet égard relativisée. La Réforme ne naît pas ex-nihilo lors de l’affichage des 95 thèses sur la porte de l’église du château de Wittenberg (31 octobre). De même les liens avec l’Eglise de Rome et la papauté ne sont pas immédiatement coupés.

  • Chronologie succincte :




  • 1517 : novembre-décembre : diffusion des 95 thèses (rôle de l’imprimerie)

  • 1518 : octobre diète d’Augsbourg, rencontre Luther et représentant du pape, échec.

  • 1519 : dispute de Leipzig, Luther y affirme la théorie du sacerdoce universel.

  • 1520 : censure, débats entre partisans et opposants aux thèses de Luther. Bulle de Léon X somme Luther de se soumettre dans les soixante jours sous peine d’excommunication (publiée en novembre en Allemagne)

  • 1521 : janvier excommunication de Luther.

avril : diète de Worms : Luther refuse à nouveau d’abandonner sa doctrine, il est banni de l’empire (édit de Worms). La rupture est alors consommée entre Luther et Rome.

    • 1529 : nouvelle diète tente d’imposer édit de Worms et entraîne la protestation de 6 princes et 14 villes allemandes.



4) Diffusion, diversification de la Réforme et leurs conséquences :
Le succès de la Réforme protestante et l’impact des thèses de Luther sont très nettement liés au développement de l’imprimerie. L’importance accordée par Luther à l’écrit se traduit par une intense « actualité » éditoriale, ce ne sont pas moins de quatre ouvrage qui paraissent en 1520 dans lesquels Luther présente et défend ses idées1 : le royaume de Dieu est en chacun non dans l’Eglise ; rejet de la supériorité pontificale et réaffirmation du sacerdoce universel ; légitimité de la puissance civile contre la prétention papale ; question des sacrements : seuls le baptême et la cène, communion sous les deux espèces (contre une seule pour l’Eglise catholique) sont conservés2 ; égalité de tous face au salut.

Entre 1517 et 1520 plus de 300 000 exemplaires des écrits de Luther sont diffusés. La traduction du Nouveau Testament en allemand par celui-ci en 1522 connaît 445 éditions jusqu’en 1540 il s’agit d’une première véritable médiatisation de masse1.
Mais le succès de la Réforme protestante tient aussi à l’adhésion d’hommes de toutes conditions : que l’on trouve chez les artistes tels Dürer ou Cranach, les petits nobles et certains princes allemands, les bourgeoisies urbaines, Nuremberg adopte la Réforme dès 1524. Cette conversion des princes et villes est décisive dans le sens où elle fournit à Luther et ses idées des structures institutionnelles, universités et bibliothèques notamment. Le respect dont Luther témoigne à l’égard de l’autorité civile est un élément majeur de son triomphe. Celui-ci n’hésite pas à soutenir et à s’appuyer sur les princes protestants pour réprimer la révolte paysanne (Guerres des paysans : 1524-1526) soutenue par les anabaptistes de Thomas Müntzer2
La protestation des princes et villes allemands en 1529 marque une étape importante dans la politisation et la territorialisation de la Réforme, en 1531 les Etats allemands ayant adopté la Réforme luthérienne fondent la ligue de Smalkalde. Concurrence, tensions et conflits s’installent entre Etats protestants et catholiques cependant la dynamique est nettement protestante, lorsqu’en 1555 la paix d’Augsbourg est à l’initiative de Charles Quint et de son frère Ferdinand les 2/3 du monde germanique sont acquis aux idées de Luther. Celle-ci consacre le partage de l’Allemagne entre luthériens et catholiques, les populations doivent adopter la religion de leur prince ou s’exiler3 les protestants autres que luthériens (calvinistes, anabaptistes, zwingliens) sont exclus du compromis d'Augsbourg. Malgré le compromis les rapports entre communautés religieuses se détériorent et débouchent sur la guerre de Trente ans (1618-1648).
La Réforme déborde rapidement le monde germanique, dès 1523 la Suède, y compris la Finlande, s’oriente progressivement vers la Réforme, la même année la première église réformée est ouverte à Paris. Entre 1526 et 1536 ce sont le Danemark et la Norvège qui rejoignent la Réforme, la Suisse à peu près au même moment (Genève 1536) l’Angleterre en 1534 (schisme d’Henri VIII), puis l’Ecosse où elle s’impose dès 1560 sous une forme presbytérienne. Cependant la réforme luthérienne par son insistance sur l’individu, son refus de la hiérarchie et l’affirmation du sacerdoce universel portait en elle les ferments de la division. Le protestantisme se divise en de multiples branches, voire « sectes ». Les trois principales branches : luthérienne, calviniste (présente notamment en France, aux Provinces-Unies et en Suisse) et anglicane sont magistérielles, fortement territorialisées elles participent pleinement à l’affirmation des Etats modernes. La pluralité est la marque de la Réforme et de sa capacité d’adaptation4.

Les dynamiques de la Réforme protestante entraînent la réaction de l’Eglise comme des Princes et populations catholiques. L’Eglise de Rome précise un certain nombre de fondamentaux notamment concernant la grâce : contre le protestantisme elle réaffirme que l'homme peut être porté aux bonnes actions salvatrices s'il dispose de la grâce, ce qui lui concède une marge de liberté. Elle fait également un effort réel de rénovation lors du Concile de Trente (1545-1563), forte influence des Jésuites, renforcement de la formation des prêtres (séminaires), nouvelle vigueur artistique à travers l’affirmation de l’art baroque,... C’est pour cela que nombreux sont ceux qui préfèrent parler de Réforme catholique plus que de Contre-réforme, terme trop restrictif : « ... les deux Réformes -celle de Luther et celle de Rome- constituèrent en dépit des excommunications réciproques, deux aspects complémentaires d’un même processus de christianisation.... »1.
En France les idées luthériennes pénètrent fortement le royaume dès les années 1520 cependant progressivement la lecture luthérienne y est supplantée par celle de Calvin notamment à partir de 1555. Les persécutions contre les protestants sont importantes, notamment après l’affaire des Placards de 1534, qui incite François 1er à ordonner des poursuites Celles-ci sont renforcées sous son fils et successeur Henri II (1547-1550) en trois ans, 1547-1549 le Parlement de Paris prononce plus de 500 arrêts contre les « hérétiques ».

Le déchainement de la violence confessionnelle change d’échelle en 1562, le massacre de 74 protestants par les hommes du duc de Guise à Vassy2 marque le début de huit guerres de religion entre 1562 et 1598 3 dont le symbole majeur est bien sûr le massacre de la Saint Barthélémy, 24 août 1572, à l’occasion du mariage d’Henri de Navarre, futur Henri IV, et de Marguerite, fille de Catherine de Médicis. Au moins trente mille protestants furent alors massacrés dans l’ensemble du royaume. La violence extrême fut une constante de ce déchirement interne.
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