Radio, histoire de la, étapes et caractéristiques de l’extension des réseaux de radiodiffusion en France





télécharger 134.39 Kb.
titreRadio, histoire de la, étapes et caractéristiques de l’extension des réseaux de radiodiffusion en France
page1/4
date de publication07.11.2017
taille134.39 Kb.
typeDocumentos
h.20-bal.com > loi > Documentos
  1   2   3   4
histoire de la radio

1




PRÉSENTATION

radio, histoire de la, étapes et caractéristiques de l’extension des réseaux de radiodiffusion en France.

Née au début du siècle, la radio prend son essor dans l’entre-deux-guerres, dans une situation marquée par le monopole de l’État sur le droit à la diffusion. Les années d’après-guerre et la période 1960-2000 voient, parallèlement à la modernisation des techniques de radiodiffusion, la disparition de ce monopole, qui donne naissance à un paysage radiophonique extrêmement diversifié.

2




AUX ORIGINES DU MONOPOLE




2.1




Les premières stations

Après son expérimentation militaire (avec les puissantes stations radiotélégraphiques de l’Empire colonial, puis pendant la Première Guerre mondiale), la TSF (télégraphie sans fil) n’est offerte au grand public qu’à partir de 1921-1922. Dès l’origine, à cause de son usage militaire, la radio est considérée par les pouvoirs publics comme une nouvelle technologie, non comme un nouveau moyen d’information. Elle ne bénéficie donc pas, comme la presse, du régime très libéral de la loi de 1881 et elle est placée sous la juridiction du ministère des PTT, conformément à une tradition monopolistique sur les postes et le télégraphe.

En 1921, un an après les premières émissions américaines, l’émetteur militaire de la tour Eiffel diffuse météorologie, nécrologies et cours de la bourse. En 1923, la Station radioélectrique d’essai de l’École supérieure des PTT émet à son tour. Parallèlement, un premier opérateur privé, Émile Girardeau, est autorisé à créer, en 1922, une station privée : Radiola. Elle diffuse des annonces, de la musique, des dépêches et cherche à promouvoir les récepteurs Radiola.

À cette date, rien encore ne régit le régime de la diffusion radiophonique. Mais, dès 1923, la loi du 30 juin en précise le statut juridique en affirmant la liberté de réception, sous réserve de déclarer la possession d’un poste à la mairie de son domicile, pour des motifs touchant à la défense nationale. Ce texte législatif consacre le monopole d’État sur l’émission, mais permet la création de postes privés, soumis à une autorisation administrative et à des contrôles périodiques. Créé en 1926, le Service de la radiodiffusion est chargé de cette surveillance.

Dès lors, le réseau national connaît un développement important : par le biais de postes régionaux appartenant à l’État, mais gérés, d’une part par des associations d’auditeurs issues des clubs « sans-filistes » ou « galénistes » (de poste à galènes) qui favorisent l’expansion du parc radiophonique ; et d’autre part par le biais de postes privés. Aux côtés des radios parisiennes, comme le Poste parisien (propriété du quotidien le Petit Parisien) ou Radio Vitus, il existe de nombreuses radios provinciales (Radio Lyon, Radio Toulouse…) nées sur l’initiative de collectivités locales, d’organisations agricoles, de journaux. Les programmes de ces postes donnent une large part à l’actualité locale, aux langues régionales, aux événements culturels ou folkloriques. Leur financement est essentiellement publicitaire. Mais il est encore très difficile de les capter : « Il faut savoir régler les cadrans du récepteur au quart d’angle près, savamment orienter le cadre antenne avant de parvenir à entendre les premiers crachotements signalant la proximité d’une émission » (Agnès Chauveau, Philippe Tétart, 1999).

2.2




Le tournant des années 1930

D’expérimentale, la radio devient bientôt un média à part entière, source d’information et de divertissement, qui éveille les appétits politiques, financiers et industriels.

Dès la fin des années 1920, plusieurs facteurs déterminent une tentative de reprise en main du secteur de la radiodiffusion par l’État, conscient de son poids : 4 millions de postes en 1937 et 5 millions en 1940 (contre 1,3 million en 1933) touchent une part grandissante de la population. L’observation de l’usage de la radio aux fins de propagande par le régime nazi en Allemagne et le durcissement des affrontements politiques en France ne sont pas étrangers à cette reprise en main : la radio divertit, informe, mais elle apparaît aussi comme un éventuel outil de contrôle de l’opinion. Pour autant, les tergiversations législatives des années 1920 se clôturent sur un texte de mars 1928 consacrant l’existence d’un double secteur : privé et public.

Nonobstant, traduisant ce changement de perspective de l’État, la loi crée la redevance radiophonique en 1933, tandis qu’un décret de 1935, dû à Georges Mandel, ministre des PTT, prévoit que les pouvoirs publics nommeront une partie des membres des conseils d’administration des stations publiques, auxquels s’ajoutent des représentants des auditeurs ayant payé la redevance. Les premières élections radiophoniques sont démocratiques, mais, progressivement et malgré de vigoureuses protestations, l’État s’emploie à vider les conseils d’administration de l’essentiel de leurs pouvoirs. En juillet 1939, un décret met fin à la gestion collective des postes : ils passent sous la coupe administrative de la présidence du Conseil.

Il n’en reste pas moins que, dès le début des années 1930, la radio du « double secteur » étend sa toile.

Le réseau d’État comprend une quinzaine de stations provinciales (Radio Rennes, Radio Limoges, Radio Strasbourg…) et parisiennes (Paris PTT, station de la Tour Eiffel, Poste Colonial et Radio Paris). D’autre part, on compte treize postes privés, répartis entre neuf stations provinciales (Agen, Béziers, Bordeaux et Toulouse notamment) et quatre postes parisiens (Radio Paris ex-Radiola, Poste Parisien, Radio Vitus, Radio-Cité).

Le réseau des postes innove : les « radio-crochets » (qui révèlent notamment Édith Piaf ou Charles Trenet), l’émission la Course au trésor (animée par Pierre Dac sur le Poste parisien), la retransmission de concerts, de pièces de théâtre, l’introduction sur Radio Cité des premières émissions en direct faisant participer les auditeurs, les retransmissions sportives (Tour de France en premier lieu) sont autant de facteurs qui contribuent à asseoir l’audience populaire et à l’inscrire comme une nouvelle pratique culturelle. En tant que moyen de diffusion et de communication de masse, la radio joue donc durant l’entre-deux-guerres un rôle de désenclavement du territoire national comparable à celui qu’a joué la télévision depuis les années 1960. Elle influence les mentalités et la représentation de l’information et du divertissement médiatique.

Les hommes politiques, tels André Tardieu ou Gaston Doumergue, découvrent les possibilités de ce moyen de communication et développent, à partir de 1932-1934, le principe des causeries radiodiffusées. En 1936, pour la première fois, les élections législatives (qui voient la victoire du Front populaire) se déroulent en partie à la radio. Parvenu au pouvoir, le gouvernement Léon Blum n’hésite pas, d’ailleurs, à concevoir la radio comme un outil d’éducation populaire avec, notamment, les émissions scolaires voulues par le ministre de l’Éducation nationale, Jean Zay.

À la veille de la guerre, la radio a donc non seulement pris une place importante dans le quotidien des Français, mais elle est aussi devenue un fort enjeu politique.

3




LA « GUERRE DES ONDES »

La « guerre des ondes » constitue une étape forte de l’histoire de la radio.

Dès le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, la radio, directement rattachée à la présidence du Conseil, par le truchement d’un Commissariat général chargé d’organiser et de coordonner les services de propagande, est soumise à un étroit contrôle.

Sous l’Occupation, ce contrôle échoit aux autorités allemandes. Celles-ci imposent Radio Stuttgart et soumettent les postes français à une étroite surveillance tout en assurant directement la gestion de Radio Paris. Cette dernière, outre la diffusion d’émissions de variétés et la retransmission de concerts et de pièces de théâtre, attribue un temps d’antenne régulier à Philippe Henriot et à la milice.

Dans la Zone libre, le gouvernement de Vichy fait peser la censure sur les radios publiques et privées. De gré ou de force, elles deviennent de fidèles relais de la Révolution nationale du maréchal Pétain, qui n’hésite pas à intervenir sur les ondes à des fins de propagande.

Cependant des auditeurs se reconnaissant dans l’esprit de la Résistance et lassés, au début de la guerre, par la langueur peu combative des postes d’État, s’emploient à capter les émissions françaises de la BBC, où se côtoient messages confidentiels et émissions d’information, animées notamment par Maurice Schumann et Pierre Dac, qui figurent parmi les plus connues des « voix de la France » avec le général de Gaulle. Ce dernier incite les Français à la résistance dans son célèbre discours radiodiffusé du 18 juin 1940.

La radio joue donc un rôle capital dans la guerre des propagandes, plus que ne le laisse entrevoir cet étroit panorama. En 1944 cependant, après que les postes compromis, comme la presse écrite, ont subi une draconienne épuration, Albert Camus peut affirmer qu’« à énergie égale, la vérité l’emporte sur le mensonge ». En effet, la radio n’a pas eu raison du libre-arbitre des foules et le principe d’une réception critique s’impose chez les analystes de l’influence radiophonique (voir quatrième pouvoir).

4




L’IMPOSSIBLE ÉMANCIPATION




4.1




Un statut introuvable

Après la Libération, l’ordonnance du 23 mars 1945 révoque toutes les autorisations accordées aux radios privées et rétablit le monopole absolu de l’État. La Radiodiffusion française, devenue RTF (Radiodiffusion-télévision française), est confiée successivement à Claude Bourdet, puis à Wladimir Porché, tandis que s’organise la reconstruction des émetteurs (de très nombreux postes, provinciaux en particulier, sont détruits). En 1947 sont créés le programme Paris Inter (émissions musicales), le Programme national (vocation culturelle) et le Programme parisien (informations et variétés). Parallèlement, le taux d’équipement des ménages progresse : en 1952, 65 % des ménages français possèdent une radio et la couverture du territoire (achevée au milieu des années 1960) permet de combler le retard et les dégâts dus à la guerre.

Jusqu’en 1958, l’acuité des clivages partisans, l’impuissance politique, la quasi-permanence des conflits coloniaux font cependant échouer à une quinzaine de reprises le projet de donner un véritable statut à la radio, tandis que le pluralisme de l’information bute sur la volonté récurrente des gouvernements de la IVe République de contrôler précisément l’information.

4.2




Modernisation et diversification



Francis Blanche et Pierre Dac

Partenaires au music-hall, Francis Blanche (à gauche) et Pierre Dac (à droite) ont fait rire la France avec leurs feuilletons radiophoniques Malheur aux barbus et Signé Furax, réalisés par Jean-Marie Amato. Créé en 1957, le sketch « le Sar Rabin-Dranath Duval » (ici représenté sur la photographie) est l’un des plus célèbres du duo ; l'une de ses versions les plus réputées a été enregistrée lors de l’émission Musicorama de Europe 1, en 1960.

Pierre Fournier/Sygma/Corbis

Pour autant, la radio évolue et se modernise, notamment grâce à la stéréophonie (1950), à la modulation de fréquence (1954), aux postes à transistors (1956) qui, parce qu’ils sont sans fil, en élargissent considérablement les lieux et les modalités d’utilisation.

Dans le même temps, l’État autorise des entorses au monopole en encourageant la création de radios périphériques (émettant depuis l’étranger). À la différence de la radio publique, ces dernières peuvent diffuser de la publicité. La première dérogation concerne Radio Luxembourg (1931), station qui touche un public familial avec des émissions comme la Famille Duraton ou le jeu Quitte ou double. Son dynamisme tranche avec l’atonie des programmes officiels, ce qui lui permet, à partir de 1956, de s’installer au premier rang de l’audience nationale.

L’État devient actionnaire de deux radios privées, par le biais d’un holding, la Sofirad. L’offre en matière de radio connaît donc une diversification avec Radio Monte-Carlo (1942), qui émet depuis le sud de la France, et Europe 1 (1955), station qui, outre des émissions attractives et populaires comme Signé Furax de Francis Blanche et Pierre Dac, devient un vecteur de la modernité musicale, avec Pour ceux qui aiment le jazz de Frank Ténot et Daniel Filipacchi, et les premiers programmes consacrés à la musique « yé-yé », dont la fameuse émission Salut les Copains (1959). Après Radio Luxembourg, Europe 1 crée une petite révolution radiophonique en transformant en profondeur la culture et la dynamique radiophoniques. Cette fois, la radio est plus que jamais en prise directe avec la société.

À la fin des années 1950, RMC, Europe 1 et Radio Luxembourg ont largement pris le pas sur les stations publiques.

4.3




La création de Radio France

Avec l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle, en 1958, la question des liens entre l’État et l’information ne change pas fondamentalement de nature. Ministre de l’Information, Alain Peyrefitte exerce une véritable censure sur le contenu des bulletins d’actualité (on est en pleine guerre d’Algérie et la censure sévit aussi à la télévision). Mais cette situation ne saurait durer sans affaiblir durablement le secteur public. C’est pourquoi, dans la paix retrouvée, est lancée une vaste réforme : en 1963 est inaugurée la Maison de la radio, et, en juin 1964, est fondé l’Office de la radiodiffusion-télévision française (ORTF), vaste organisme coiffant l’ensemble du secteur d’État de ses stations modernisées et rebaptisées : France Inter, France Culture et France Musique. La réforme paie : dès 1966, France Inter caracole en tête des sondages d’audience.

La problématique de l’indépendance du secteur audiovisuel est réveillée avec la crise de Mai 68, à l’issue de laquelle 50 des 120 journalistes de la rédaction de France Inter sont licenciés. Sous le septennat de Georges Pompidou, l’ORTF, structure pléthorique, qui présente un taux important de syndicalisation, entre fréquemment en conflit avec le pouvoir à propos de la définition et du contenu de l’information. En 1974, officiellement inspiré par un souci de rationalisation, le gouvernement de Jacques Chirac fait voter une loi consacrant l’éclatement de l’ORTF en sept sociétés, et créant, parmi celles-ci, la société Radio France.

5




LA LIBÉRALISATION DES ONDES




5.1




Le forcing des radios libres

Dès la fin des années 1970, sur le modèle des radios pirates étrangères (Radio Caroline, en Grande-Bretagne), l’apparition des radios pirates hexagonales (telles Radio Campus ou Radio Verte, qui émet pour la première fois le 20 mars 1977) repose la question du monopole, dont la violation expose les contrevenants à des poursuites. En 1978, les radios libres sont déjà une quinzaine et le nombre de « radioteurs » amateurs et bricoleurs s’accroît, au point qu’une Fédération nationale des radios libres est fondée (juin). En 1981, leur nombre s’élève à 350.

À son arrivée au pouvoir, en 1981, François Mitterrand soutient la loi du 29 juillet 1982 qui consacre l’abandon du monopole de l’État sur la diffusion. Les radios libres deviennent alors des radios locales privées (RLP). Parmi elles, promues à un brillant avenir : NRJ (la Nouvelle Radio des Jeunes), Radio Nova, Radio Nostalgie, RFM ou encore Skyrock. Une Haute Autorité de la communication audiovisuelle (remplacée par le voir CSA en 1989) est mise en place : instance indépendante de l’État, elle assure la régulation et l’organisation du secteur. En 1984, 1 240 radios privées possèdent une autorisation d’émettre. Toutefois, l’interdiction qui leur est faite de recourir à la publicité et la faible puissance de leurs émetteurs posent des problèmes techniques (la trop grande affluence de stations encombre les fréquences et gêne l’audition, voire l’empêche) et de survie (l’impossibilité de professionnaliser le contenu des émissions et le recrutement des collaborateurs n’assurent à ces radios qu’une audience infime).

5.2




Des radios associatives aux radios commerciales

Pour faire face à leurs difficultés, beaucoup de radios décident de recourir à la publicité, en toute illégalité. De nombreuses autres disparaissent, faute de moyens. Pour consacrer par la législation le fait que de plus en plus de radios au départ associatives masquent déjà des entreprises privées, la loi du 1er août 1984 autorise la publicité, cependant qu’un fonds d’aide est destiné aux radios associatives (qui ont également droit à la manne publicitaire). Dans un second temps, la course à l’audience des nouvelles stations finit par gêner, sur les ondes, la diffusion des stations publiques. Il s’ensuit une période de tension et de manifestation à l’issue de laquelle les ex-radios libres s’imposent définitivement (décembre 1984).

5.3




Les réponses du secteur public

Le secteur public n’est pas en reste. FIP, radio parisienne lancée en 1971, trouve son souffle avec la libéralisation des ondes. Au début des années 1980, Radio France, afin de résister à la concurrence des radios libres, développe un réseau régional pérennisé par les lois de décentralisation. Le groupe hérite des stations de radios locales publiques jusqu’alors gérées par FR3 (loi de juillet 1982) et développe un réseau d’une quarantaine de stations émettant 24 heures sur 24 pour répondre aux nouvelles pratiques privées — avec de nouvelles stations nationales comme Radio Bleue pour les seniors, Radio 7 pour les jeunes — et tout en poursuivant le travail entamé, au plan international, avec RFI (1975) et RFO (1983). En 1987, elle innove en créant la première radio française d’information en continu, France Info.

6




UN NOUVEAU PAYSAGE RADIOPHONIQUE




6.1




Concentration et mesure de l’audience

En 1985, une société interprofessionnelle indépendante, Médiamétrie, est créée afin d’assurer la mesure scientifique de l’audience des principaux médias audiovisuels. Dans ce nouveau contexte fortement concurrentiel, les principales radios commerciales (musicales) opérant sur des réseaux nationaux et adossées à de grandes régies publicitaires (telles NRJ, Skyrock ou encore Fun Radio) connaissent des audiences parfois supérieures à celle des radios publiques et périphériques, et évidemment plus fortes que celle des radios locales commerciales ou associatives. Tandis que les années 1980 ont été marquées par une multiplication des stations, les années 1990 amènent un vaste mouvement de concentration (caractérisant l’ensemble des médias), qui voit de nombreuses radios privées entrer dans le giron de quelques grands groupes (tels que RTL Group, Lagardère Active, NextRadioTV, NRJ Group), autour des grandes radios périphériques, rebaptisées « radios généralistes nationales » (RTL, Europe 1 et RMC). Le paysage radiophonique français est ainsi dominé par quelques grands leaders (NRJ, France Inter, France Info et Europe 1). En réaction, les radios locales et régionales « indépendantes » tendent à s’unir et à mutualiser leur offre publicitaire. Si l’offre radiophonique demeure riche et pluraliste (avec environ un millier d’opérateurs au milieu des années 2000 et près de 6 000 fréquences disponibles, dont environ la moitié occupée par les stations du service public), l’offre par auditeur est très inégale, avec par exemple une surcharge de la bande FM dans les grandes villes, et une couverture très faible dans certaines régions.

6.2




Le tournant numérique

Les chiffres de l’équipement radio (près de 6 appareils par foyer en 2006) et de l’audience (entre 70 et 80 % de la population française de 13 ans et plus) montrent que le média radio a su résister à la concurrence de la télévision. Il doit toutefois faire face au seuil du xxie siècle à l’accélération des évolutions technologiques, qui modifient les modes d’écoute (en particulier auprès des jeunes auditeurs, essentiellement consommateurs de radios musicales), et à la concurrence de l’Internet. La plupart des stations nationales ou régionales ont fait leur « révolution Internet » : diffusion des programmes en ligne et en direct (selon le procédé du streaming, qui permet de lire un flux audio ou vidéo à mesure qu’il est diffusé), archivage de sujets, podcasting (procédé permettant à l’utilisateur de télécharger un programme au format MP3 et de l’écouter plus tard). Elles prennent désormais le virage de la radio numérique terrestre (RNT), chantier lancé au milieu des années 2000 par le CSA, qui doit permettre notamment de remédier au problème de la rareté de la ressource hertzienne et d’assurer une couverture optimale du territoire. Outre l’amélioration de la qualité du son, le passage de la diffusion analogique à la diffusion numérique est également synonyme d’une offre de services diversifiée et personnalisée pour l’auditeur, avec la possibilité d’ajouter du contenu multimédia à la radio.
radio

1




PRÉSENTATION

radio, système de communication utilisant la propagation dans l'espace des ondes électromagnétiques.

En raison de leurs caractéristiques spécifiques, les ondes radio de différents domaines, correspondant à des plages distinctes de longueur d'onde, servent à des applications diverses ; elles sont habituellement identifiées par leur fréquence. On sait que, dans le vide, les rayonnements électromagnétiques se propagent à vitesse constante d'environ 300 000 km par seconde : cela reste vrai, en première approximation, dans l'atmosphère. Il s'ensuit que l'on peut aussi bien caractériser les ondes électromagnétiques par leur longueur d’onde (distance parcourue par le rayonnement dans le temps, ou période, nécessaire à un cycle) que par leur fréquence (nombre de cycles par seconde). Les ondes les plus courtes ont la fréquence la plus élevée ; les ondes les plus longues ont la fréquence la plus basse. Le nom de Heinrich Hertz, pionnier allemand de l'étude des ondes électromagnétiques, fut adopté pour désigner l'unité de fréquence : un cycle par seconde (hertz, abréviation Hz). Un kilohertz (kHz) représentera 1 000 cycles par seconde, 1 mégahertz (MHz) correspondant à 1 million de cycles par seconde et 1 gigahertz (GHz) à 1 milliard de cycles par seconde. Le domaine des ondes radio (dites encore ondes hertziennes) s'étend de quelques kilohertz (longueurs d'onde kilométriques) à plusieurs gigahertz (ondes centimétriques).

Les ondes radio sont utilisées non seulement pour la diffusion d'émissions radiophoniques mais aussi pour la télégraphie sans fil, la transmission des communications téléphoniques (voir Téléphone), la télévision, le radar, les systèmes de navigation et les communications spatiales. Dans l'atmosphère, les caractéristiques physiques de l'air entraînent de légères variations dans le mouvement ondulatoire et dans sa propagation, ce qui génère des erreurs dans des systèmes comme le radar. Les orages ou les perturbations électriques produisent également des irrégularités dans la propagation des ondes radio.

Dans une atmosphère uniforme, la propagation des ondes électromagnétiques s'effectue en ligne droite ; la surface de la Terre étant approximativement sphérique, les communications radio sur de longues distances sont permises par réflexion sur la couche de l'ionosphère. Les rayonnements hertziens de longueur d'onde inférieure à 10 m — que l'on répartit en hautes, très hautes et super hautes fréquences (VHF, UHF et SHF) — ne sont normalement pas réfléchies. La réception de ces ondes très courtes ne sera donc possible, en pratique, qu'en des points visibles en droite ligne de l'émetteur (portée optique). Les longueurs d'onde inférieures à quelques centimètres sont absorbées par les gouttelettes d'eau en suspension et par les nuages.

Un système typique de radiocommunication comprend deux composants principaux : un émetteur et un récepteur. L'émetteur génère des oscillations électriques à une fréquence radio dite fréquence porteuse : c'est l'onde porteuse, qui sera modulée en amplitude ou en fréquence. On sait qu'un signal ondulatoire quelconque se décompose en série de mouvements sinusoïdaux, dont l'ensemble constitue le spectre du signal : si la répartition des fréquences est continue ou quasi continue, celles-ci se répartissent sur un intervalle, la bande passante, dont la largeur sera déterminée par les valeurs minimale et maximale de la fréquence. Un signal modulé en amplitude se composera de la fréquence porteuse et de deux bandes latérales produites par la modulation, le signal modulateur venant s'ajouter aux crêtes et se retrancher aux ventres de l'onde porteuse ; il s'ensuit que l'onde porteuse devra présenter une fréquence supérieure à la bande passante du signal à transmettre. En modulation d'amplitude, chaque bande latérale présente précisément la même largeur que le signal servant à moduler l'onde porteuse. La modulation de fréquence (MF) produit plus d'une paire de bandes latérales pour chaque fréquence de modulation, finissant par constituer deux bandes latérales de grande largeur. Les variations complexes ainsi produites seront restituées à la réception d'une émission radiophonique sous forme de sons, et, pour une émission télévisée, sous forme de changements d'intensité lumineuse.

2




L'ÉMETTEUR

Les composants essentiels d'un émetteur radio sont un générateur d'oscillations, servant à convertir le courant électrique distribué commercialement en oscillations d'une fréquence radioélectrique déterminée ; des amplificateurs, permettant d'augmenter l'intensité de ces oscillations tout en conservant la fréquence désirée ; et un transducteur, convertissant l'information à transmettre en tension électrique variable, proportionnelle à chaque instant à l'intensité du phénomène. Pour la transmission du son, le transducteur sera un microphone et, pour les images, un dispositif photoélectrique, comme une caméra de télévision.

D'autres composants importants de l'émetteur radio sont le modulateur, qui applique les tensions de sortie du transducteur à l'onde porteuse pour en commander les variations d'amplitude ou de fréquence instantanée, et l'antenne, qui rayonne une onde porteuse modulée de manière similaire. Chaque type d'antenne présente des propriétés directionnelles particulières, (aptitude à rayonner plus d'énergie dans certaines directions que dans d'autres). On peut cependant modifier cette directivité : le diagramme de rayonnement ira ainsi d'un faisceau relativement étroit à une distribution quasiment uniforme dans toutes les directions (antenne omnidirectionnelle). Ce dernier type de diagramme de rayonnement est retenu pour la radiodiffusion et la télévision.

Les principes de conception et d'assemblage de ces différents composants dépendent des effets recherchés. On privilégie, par exemple, la légèreté du matériel et l'intelligibilité pour des équipements destinés à l'aviation. Pour des applications militaires, le coût est une considération secondaire, et la fidélité du son n'intervient pas. Pour une station de radiodiffusion commerciale, en revanche, si la masse et les dimensions restent sans incidence, le prix des équipements et la fidélité de la reproduction sont prioritaires au moment de l'achat. Pour ne pas risquer de brouiller les autres stations, la précision de la fréquence porteuse est également essentielle dans un espace hertzien de plus en plus encombré.

2.1




Les oscillateurs

Dans une station de radiodiffusion ou de télévision typique, la fréquence porteuse est générée par un oscillateur à cristal de quartz rigoureusement contrôlé. La méthode fondamentale de réglage des fréquences utilise, dans la plupart des montages radioélectriques, des circuits résonnants, ou accordés, présentant des valeurs spécifiques d'inductance et de capacité. Ces circuits favorisent de ce fait le passage de courants alternatifs de fréquence donnée, tout en filtrant les autres fréquences. Mais, dans les cas où l'on veut s'assurer une fréquence extrêmement stable, un cristal de quartz ayant une fréquence naturelle propre d'oscillation électrique sert à stabiliser la fréquence. Les oscillations sont en fait générées à faible puissance par un tube électronique. Elles sont ensuite amplifiées dans une série d'amplificateurs de courant servant de circuits tampons, ou séparateurs, interdisant toute interaction entre l'oscillateur et les autres composants de l'émetteur, ce qui aurait pour effet de modifier la fréquence. Le quartz est taillé avec précision aux dimensions requises pour donner la fréquence désirée, qui admet cependant un léger ajustement par adjonction d'un condensateur pour produire la fréquence précise recherchée. Avec un circuit électrique bien conçu, un tel oscillateur présente des variations de fréquence n'excédant pas 0,01 p. 100. En installant le quartz dans une enceinte sous vide, à température constante, et en stabilisant convenablement les tensions d'alimentation, il est possible d'atteindre une stabilité en fréquence approchant 0,000 001 p. 100. Les oscillateurs à quartz sont surtout utiles dans les domaines des très basses, basses et moyennes fréquences (VLF, LF et MF). Pour les fréquences supérieures à 10 MHz environ, le maître oscillateur est conçu pour générer une fréquence moyenne, qui est ensuite doublée autant de fois qu'il le faut dans des circuits électroniques spéciaux (multiplicateurs). Lorsqu'un réglage rigoureux de la fréquence est superflu, des circuits résonnants peuvent être utilisés avec des tubes électroniques classiques pour générer des oscillations allant jusqu'à 1 000 MHz environ, et des klystrons réflex servent à générer les fréquences supérieures, jusqu'à 30 000 MHz.

Les magnétrons se substituent aux klystrons lorsque la puissance d'émission doit être plus importante.

2.2




La modulation

Afin de transporter le signal, la modulation de l'onde porteuse s'effectue soit à bas soit à haut niveau. Dans le premier cas, le signal de fréquence vocale (ou audiofréquence) du microphone, peu ou pas amplifié, sert à moduler la sortie de l'oscillateur, l'onde porteuse modulée étant alors amplifiée avant de passer à l'antenne. Dans le second cas, les oscillations de fréquence radio (radiofréquence, ou RF) et le signal de fréquence vocale (audiofréquence, ou AF) sont amplifiés indépendamment, et la modulation s'effectue immédiatement avant le passage à l'antenne. L'onde porteuse peut être modulée en fréquence (FM) ou en amplitude (AM) par le signal.

La forme la plus simple de modulation est l'utilisation d'un commutateur, qui interrompt le signal modulant l'onde porteuse à intervalles donnés pour former les points et les traits dans le cas de la radiotélégraphie à onde entretenue.

L'onde porteuse peut encore être modulée en amplitude (et donc en intensité, proportionnelle au carré de l'amplitude) par les variations de fréquence et d'intensité d'un signal sonore, telle une note de musique. Cette forme de modulation d'amplitude (AM) est utilisée pour de nombreux services de radiotéléphonie, dont la radiodiffusion usuelle. La modulation d'amplitude sert également en téléphonie par courants porteurs, où l'onde porteuse modulée est transmise par câble, et pour la transmission d'images fixes, par câble ou transmission radio.


  1   2   3   4

similaire:

Radio, histoire de la, étapes et caractéristiques de l’extension des réseaux de radiodiffusion en France iconU ne petite histoire de la radio française
«Ici la France» qui deviendra «Les Français parlent aux Français». En parallèle, Radio Vichy exerce une propagande d’Etat

Radio, histoire de la, étapes et caractéristiques de l’extension des réseaux de radiodiffusion en France iconHistoire 1re
«Les Français parlent aux Français» est créée. Elle fut diffusée jusqu’en août 1944, s’imposant comme la voix de la France résistante,...

Radio, histoire de la, étapes et caractéristiques de l’extension des réseaux de radiodiffusion en France iconBibliographie Gares 1 France Anonyme, Mission en Allemagne Octobre...
«Extension de la gare pricipale des voyageurs», Revue Générale de Chemin de Fer, 1900

Radio, histoire de la, étapes et caractéristiques de l’extension des réseaux de radiodiffusion en France iconLe programme était très riche et très varié : des expositions comme «la justice et le crayon»
«justice et Révolution», des ateliers Histoire des arts comme «la justice dans le western», des spectacles, des enregistrements d’émissions...

Radio, histoire de la, étapes et caractéristiques de l’extension des réseaux de radiodiffusion en France iconRésumé Cet article questionne l’impact du mode de gouvernance des...

Radio, histoire de la, étapes et caractéristiques de l’extension des réseaux de radiodiffusion en France iconOuverture n°8 – Boucle locale et multimédia Jean-Philippe Allamandy
«boucle locale» s’est progressivement élargie au fil des années avec l’apparition de nouveaux réseaux et de nouveaux services. On...

Radio, histoire de la, étapes et caractéristiques de l’extension des réseaux de radiodiffusion en France iconBac 2015 : révisez la philo, l'histoire, les sciences et l'économie avec France Culture
«Les Nouveaux Chemins de la connaissance», par Adèle van Reeth, diffusée de 10 heures à 10 h 54, du lundi 25 au jeudi 28 mai. Les...

Radio, histoire de la, étapes et caractéristiques de l’extension des réseaux de radiodiffusion en France iconRésumé : Cette chronologie retrace l'histoire de la radio en France...

Radio, histoire de la, étapes et caractéristiques de l’extension des réseaux de radiodiffusion en France iconEmission de radio – France-Culture – 25/1/2005

Radio, histoire de la, étapes et caractéristiques de l’extension des réseaux de radiodiffusion en France iconJean-Louis Riguet en entrevue à la radio de France Bleu Orléans






Tous droits réservés. Copyright © 2016
contacts
h.20-bal.com