Programme : L’extension de la citoyenneté à la Gaule romaine : étude des tables claudiennes





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Fiche leçon : classe de 2nde

Chapitre 2 : Citoyenneté et empire à Rome (Ier-IIIè siècle)


PROGRAMME :
L’extension de la citoyenneté à la Gaule romaine : étude des tables claudiennes.

L’extension de la citoyenneté à l’ensemble de l’Empire : étude de l’édit de Caracalla.
« Venant après le travail sur la démocratie à Athènes, le premier objectif de cette question est de

confronter deux approches très différentes de la citoyenneté, au niveau conceptuel et territorial. A

une vision restreinte et fermée dans le cadre étroit de la cité pour Athènes s’oppose une vision

universaliste et intégratrice dans celui d’un vaste empire de plus de 3 millions de Km2 pour Rome.

Pourtant, la citoyenneté est fondée sur le principe d’égalité à Athènes, déterminée par la naissance et le

niveau de richesse à Rome. La conception et le sens de cette citoyenneté sont très différents.

Dans le cas de Rome, les historiens mettent en évidence que la pérennité de l’empire tient pour

beaucoup à l’octroi de la citoyenneté romaine aux peuples conquis, ce qui constitue un cas unique

dans l’Antiquité, voire dans l’histoire.

Mais cette extension fut progressive entre le discours de l’empereur Claude à Lyon, en 48 qui amorce

l’attribution aux habitants de la Gaule « chevelue » et l’édit de Caracalla en 212 qui généralise la

citoyenneté aux habitants libres de l’empire. Dans cette perspective, il convient de montrer qu’il s’agit

d’un long processus passant par exemple par l’octroi de la citoyenneté aux auxiliaires de l’armée après

24 ans de service ou par l’essor du droit latin. La décision de Claude suscita cependant des débats en

particulier au Sénat, les Romains s’avérant jaloux d’un privilège qui, avant 48, leur était réservé. Ainsi

Sénèque fustige-t-il cette réforme dans Apothéose burlesque du César Claude.

La signification de la citoyenneté romaine s’est profondément modifiée entre le début du Ier

siècle et la fin du IIIe siècle : les citoyens participent de moins en moins au pouvoir politique avec

l’augmentation du rôle de l’empereur dont les pouvoirs sont de plus en plus monarchiques et qui n’est

plus choisi par le Sénat. Les citoyens sont devenus des sujets mais ils bénéficient d’un statut juridique et

social privilégié. Être citoyen est un symbole de réussite sociale et d’intégration culturelle : il s’agit d’un

« civisme concret, improvisé, informel, individuel, un mélange d’inégalités économiques et de

solidarisme civique » selon Paul Veyne. L’étude doit donc être menée en liaison avec le processus de

romanisation et d’intégration. » Eduscol


MISE AU POINT SCIENTIFIQUE SUR LA CITOYENNETE ET L’EMPIRE A ROME (Ier-IIIè siècles) :
-Rome est fondée en 753 av.J.-C. par Romulus. A partir de la fin du IVè siècle av.J.-C., Rome apparaît comme une cité au sens grec du terme : c’est une communauté d’hommes obéissant aux mêmes institutions, sous la protection des dieux. Le populus est bien présent, à côté des anciens magistrats, du Sénat, des magistrats annuels et des tribuns militaires élus aux consuls.
LA CITOYENNETE ROMAINE :

-Le citoyen romain est avant tout un homme libre et fier de l’être : la présence d’esclaves est là pour le rassurer. Il porte un habit qui lui est propre, la toge, inconnue des Grecs. Il est identifié par un nom et un prénom, parfois un surnom, par l’indication du prénom de son père et par son appartenance à une tribu civique. Il est très attaché à sa langue, le latin, même si les élites pratiquent la langue grecque considérée comme culturellement supérieure. Il dispose de nombreux droits civils et civiques qui assurent la cohésion familiale, avec égalité devant la loi.
Le citoyen romain est d’abord celui de Rome, mais le territoire romain s’étend par la création de nouvelles tribus, dans un premier temps à l’intérieur de la péninsule italienne, puis en Gaule et en Afrique.
Chaque citoyen appartient à l’une des 135 tribus et, suivant son cens, est affecté à l’une des 5 classes, elles-mêmes réparties en 193 centuries. C’est au sein des tribus et des centuries qu’il participe aux différentes assemblées populaires et qu’il vote pour élire les magistrats inférieurs (tribuns militaires, questeurs aux responsabilités financières, édiles veillant à l’entretien des bâtiments publics, etc).

L’éligibilité aux magistratures inférieures ou supérieures dépend du montant du cens. L’immense majorité des citoyens n’a aucune possibilité d’accéder aux postes de responsabilité dans l’Etat.

-En tant que propriétaire, le citoyen est mobilisable, car l’on ne peut combattre que si l’on a un bien à défendre. Or la mobilisation est également fonction de la fortune : plus on est riche, plus on est requis, sachant que les futurs magistrats ont à accomplir 10 années de service.

Avec la paupérisation d’une partie du corps civique, ce dispositif constitua un verrou, qui sauta en deux temps : en 107 av. J.-C., Marius décida d’accepter tous les volontaires sans tenir compte de leur fortune ; en 90-88, les alliés italiens furent intégrés dans la cité romaine, ce qui augmenta considérablement le vivier civique où étaient puisés les légionnaires.

L’Etat romain attribuait souvent des lots de terre aux vétérans lors de leur démobilisation, lots taillés dans le « territoire public », confisqué aux peuples vaincus. Des centaines de milliers de citoyens furent ainsi enrichis par de telles distributions. De plus, l’impôt direct sur la fortune (tributum) ne fut plus levé après 167 av. J.-C.

Dans le bassin méditerranéen, les citoyens romains apparaissent comme une catégorie de vainqueurs jouissant des bénéfices de la conquête : en Italie, des esclaves les remplacent dans la plupart des travaux, ce qui les rend disponible pour un service militaire qui, à terme, les enrichit, ou pour exploiter les provinces.
-A la différence des cités grecques, Rome se montra généreuse dans l’octroi du droit de cité. Les esclaves des citoyens, lorsqu’ils ont été affranchis, deviennent des citoyens et non des métèques comme à Athènes. Ils demeurent frappés de certaines incapacités et redevables de certains services envers leurs anciens patrons, mais leurs enfants sont pleinement citoyens.

De même, Rome agrège également au corps civique des communautés entières au fur et à mesure de son expansion territoriale.

-A l’époque impériale, la qualité de citoyen ne connut pas de dégradation. Etre citoyen romain sous l’Empire, c’était toujours appartenir à une catégorie juridique privilégiée et pouvoir, en appel, recourir au jugement de l’empereur. C’était également organiser son existence quotidienne dans une ville italienne ou provinciale qui essaie d’être une « petite Rome », avec son Sénat local, ses magistrats annuels, son corps électoral, son calendrier, ses bâtiments publics et ses loisirs. La qualité de citoyen avait aussi ses obligations : celle d’acquitter des impôts spéciaux (comme le 5% sur les héritages), celle de participer à la religion d’Etat (ce qui plaçait les chrétiens aux marges de la cité). En revanche, les magistratures supérieures furent désormais réservées aux sénateurs (la majorité des citoyens était en fait déjà écartée de cette fonction) et surtout, le peuple perdit la possibilité d’accéder aux magistratures inférieures. Les citoyens restèrent toutefois des témoins attentifs des élections consulaires et ils ont toujours maintenu leur intérêt pour les évènements politiques (crises dynastiques, etc). Le problème, c’est que progressivement, la législation fut édictée par le prince, et le choix de l’empereur passa du Sénat aux soldats-citoyens, ce qui marqua peut-être un progrès de la souveraineté populaire, même si les désaccords ne manquent pas entre militaires et civils.

Pour faire partie de la classe dirigeante (administration impériale, fonctionnaires..), il fallait d’abord être citoyen.
Pour les citoyens habitant Rome, l’empereur se conduisit comme le magistrat efficace qu’ils attendaient, construisant pour eux de grandioses édifices (forums, thermes, temples…) pourvoyant à l’approvisionnement en eau, en grains, en huile, organisant des cérémonies à grand spectacle. Leur mécontentement pouvait aller jusqu’à l’émeute.
Dans l’Empire, on ne connaît la part de la population citoyenne que pour l’époque de Claude (41-54) : 6 millions, soit moins d’1/10è de la population totale. Cette proportion alla en augmentant avec l’affranchissement des esclaves de citoyens, le service militaire, l’octroi de la cité par faveur impériale et par l’essor du droit latin qui gagna la majeure partie de l’ouest de l’Empire.

Dans l’Empire, l’ouverture de la citoyenneté fut variable et toucha avant tout les élites locales, excluant donc une part non négligeable de la population. Dans cette perspective, il faut donc reconnaître le caractère révolutionnaire de la décision de Caracalla en 212 : donner la qualité de citoyen romain à tous les hommes libres de l’Empire, et par conséquent aux plus humbles.
L’EMPIRE ROMAIN :

- Rome a fait la conquête d’un empire territorial durable. Cette politique de conquêtes peut être qualifiée d’impérialiste dès le IIIe siècle avant J.-C. Elle se caractérise par une conquête violente, l’appropriation des biens des vaincus, l’exploitation économique du territoire conquis, la réduction en esclavage d’une partie de la population et une forme de « romanisation ».

Octave, fils adoptif de César, met fin aux guerres civiles de la République. Il reçoit alors le titre d’Auguste (« élu des dieux ») qui lui donne beaucoup d’autorité. Le principat d’Auguste (27 avant JC – 14 après JC) est le début d’un nouveau régime fondé par lui : l’Empire.

C’est la fin de la République, puisque désormais, l’empereur a presque tous les pouvoirs : c’est un chef politique, c’est un chef militaire, c’est un chef religieux (culte impérial).

Après Auguste, les autres empereurs gardent tous ses pouvoirs, comme Trajan, sous le règne de qui le territoire de l’Empire romain est le plus grand.
Le monde romain a été pacifié et unifié par les réformes d’Auguste. La période de paix, appelée Pax Romana, s’épanouit au IIème siècle et marque l’apogée de la civilisation romaine.

Le concept de ROMANISATION, utilisé pour rendre compte des transformations intervenues dans les sociétés et les territoires dominés par Rome, remonte à la première moitié du XIXe siècle et s’est progressivement imposé. Les historiens ont d’abord privilégié les apports de Rome : la pacification, la diffusion des institutions et de la culture romaines.

Mais pour les historiens anglo-saxons, l’unité de l’Empire décrite par les sources du IIe siècle est en grande partie un leurre : Rome domine un espace très hétérogène. Rome ne mène pas non plus de politique de romanisation volontariste, mais fait preuve de pragmatisme face à des troubles internes. Cependant, le système impérial est stable car Rome se contente de lever les impôts et d’assurer la paix civile, et les élites provinciales acceptent ce système car elles y trouvent leur intérêt.

Un autre courant historiographique voit au contraire dans le Haut-Empire une période de profonde romanisation, qui succède à la phase impérialiste de la République et de mise en place d’un appareil d’État efficace et centralisé. Depuis Rome, l’empereur fixe le cadre juridique et, grâce à la paix et la diffusion de la citoyenneté romaine, des sociétés hétérogènes sont intégrées, cela n’étant d’ailleurs pas incompatible avec une diversité de la vie locale. Toutes les révoltes n’ont pas un caractère identitaire ni un but sécessionniste, mais sont plutôt liées à la fiscalité ou à des disettes.

-Au début du IVè siècle, les temps changèrent. L’Empire, sur la défensive, est confié à des chefs qui ne résident plus à Rome et qui sont de plus en plus perçus comme d’essence divine. Les citoyens glissent vers la condition de sujets en perdant un autre repère : la religion polythéiste, puisque l’Empire devient chrétien, avec un système nouveau de valeurs.

Au Vè siècle, l’installation des barbares en Occident constitue un autre traumatisme : les citoyens romains ne sont plus les maîtres chez eux. Rome, pillée par les goths et les Vandales, s’étiole, définitivement supplantée par Constantinople vers 600.

PROBLEMATIQUE :
Contrairement à la cité d’Athènes au Vè siècle av. J.-C., l’Empire romain n’est pas une démocratie.

Avec l’extension de l’Empire, la citoyenneté romaine est accordée progressivement à tous les habitants, mais elle n’implique qu’une participation réduite à la vie politique.

Que signifie être citoyen dans l’Empire romain du Ier au IIIè siècle ap. J.-C. ?

En quoi la citoyenneté a-t-elle été un outil de la romanisation de l’Empire ?

Quel intérêt les populations autochtones avaient-elles à devenir citoyennes et quels étaient les avantages pour l’Empire romain ?

ORGANISATION DES LECONS :
Introduction: situer le sujet dans le temps et dans l’espace.
I/ Etre citoyen sous l’Empire romain

A/ Les différentes voies d’accession à la citoyenneté

B/ Des droits, des devoirs…et des inégalités

C/ Une faible participation politique
II/ L’extension de la citoyenneté romaine dans l’Empire : un long processus lié à la romanisation

A/ La romanisation : les transformations dans les sociétés et les territoires dominés par l’Empire romain [visite virtuelle de la Vienne antique : HISTOIRE DES ARTS]

B/ Les Tables claudiennes (48) et l’extension de la citoyenneté aux élites des provinces de l’Empire

C/ L’édit de Caracalla (212) : vers la citoyenneté universelle


NOTIONS :
Citoyen, citoyenneté, Empire, droit de cité, pérégrin, cursus honorum, honestiores, humiliores, clientèle, romanisation, Pax romana.

CONNAISSANCES :
L’Empire romain

Le citoyen romain

La romanisation de la Gaule

L’extension de la citoyenneté dans l’Empire romain.

CAPACITES ET METHODES :
Se repérer dans l’espace : carte du monde méditerranéen.

Se repérer dans le temps et situer des évènements.

Mettre en relation des évènements de nature différente.

Lire le plan d’une ville provinciale sur le modèle romain.

Savoir présenter des documents, y rechercher des informations.

Analyser des documents (textes et images) : étude des Tables claudiennes et de l’édit de Caracalla.

Croiser et interpréter des documents.

Analyser une reconstitution virtuelle (la Vienne antique).

BIBLIOGRAPHIE
Nicolet C., Bertrand J-M, Citoyen dans l’Antiquité, Documentation photographique, janvierfévrier

1998

Cécile Giroire et Daniel Roger (dir.), De l’esclave à l’empereur. L’art romain dans les collections du musée du Louvre, Somogy Éditions d’Art, 2008.

François Jacques, John Scheid, Rome et l’intégration de l’Empire (44 avant J.-C.-260 après J.-C.), tome 1 : Les structures de l’Empire romain, PUF, « Nouvelle Clio », 1992.

Claude Lepelley (dir.), Rome et l’intégration de l’Empire (44 avant J.-C.-260 après J.-C.), tome 2 : Approches régionales du Haut-Empire romain, PUF, « Nouvelle Clio », 1998.

Jean-Luc Lamboley, Lexique d’histoire et de civilisation romaines, Ellipses, 1998.

Patrick Le Roux, Le Haut-Empire romain en Occident d’Auguste aux Sévères, Nouvelle histoire de l’antiquité, 8, H219, Seuil, « Points Histoire », 1998.

Inglebert H., (dir), Histoire de la civilisation romaine, Nouvelle Clio, PUF, Paris 2005
Sur la Gaule romaine

Gérard Coulon et Jean-Claude Golvin, Voyage en Gaule romaine, Actes Sud-Errance, 2002.

Christine Delaplace, Jérôme France, Histoire des Gaules, vie siècle avant J.-C.-vie siècle après J.-C.,

Armand Colin, 2007.

Marcial Monteil et Laurence Tranoy, La France gallo-romaine, La Découverte, 2008.

Claude Sintès (dir.), Musée de l’Arles antique, Actes Sud, 1996.


SITOGRAPHIE
– Rome capitale impériale :

http://www.unicaen.fr/services/cireve/rome/index.php (Site réalisé autour de la maquette (échelle 1/400) réalisée par l’architecte Paul Bigot (1870-1942) représentant la ville au ive siècle après J.-C. et exposée à l’université de Caen, visite de Rome par quartier, monument et reconstitution couleur en image virtuelle tenant compte en permanence des progrès de la connaissance archéologique, historique et littéraire (Centre d’Études et de Recherche sur l’Antiquité, Centre Audio-Visuel et Centre de Ressources Informatiques de l’Université de Caen)

– Arles :

http://www.arles-antique.cg13.fr/mapa_cg13/root/index.htm (musée de l’Arles antique)

– Villa gallo-romaine

http://asnapio.villeneuvedascq.fr (Asnapio parc archéologique de Villeneuve d’Asq, reconstitution d’une villa gallo-romaine)

– Romanisation

http://www.lattara.culture.fr

http://www.arenes-nimes.com/fr/nimes

http://www.pontdugard.fr

http://www.theatre-antique.com/fr/orange

http://www.vienne-tourisme.com

http://www.musees-gallo-romains.com (Vienne et Lyon)

www.educnet.education.fr1 (pour retrouver les textes originaux : table claudienne, Tacite…)

http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/vienne/fr/index.html
MISE EN ŒUVRE

Une proposition documentaire est faite en annexes, mais il y a probablement un choix à faire pour pouvoir faire le chapitre en

3 heures

En introduction : localiser l’Empire romain : CARTE DE L’EMPIRE ROMAIN au IIè siècle ap. J.-C. (doc 1 en annexes)



  • Présenter les territoires contrôlés par Rome au IIè siècle.



  • Définir un Empire.




  • Comparer avec le système politique étudié à Athènes (une démocratie) : A Rome, ce n’est pas le peuple qui a le pouvoir, c’est un seul homme : l’empereur qui concentre tous les pouvoirs.



Texte d’Aristide sur la conception romaine de la citoyenneté , datant du IIè siècle ap. J.-C. (doc 2 en annexes)

  • Conception de la citoyenneté romaine : à partir du moment où l’on appartient à l’Empire, on n’est plus considéré comme un étranger mais comme un citoyen romain = différence fondamentale avec Athènes. La citoyenneté romaine est intégratrice.

  • Les avantages pour l’Empire : éviter les révoltes des peuples dominés puisqu’ils sont ainsi intégrés et s’assurer leur fidélité.



Problématique :

Que signifie être citoyen dans l’Empire romain du Ier au IIIè siècle ap. J.-C. ?

En quoi la citoyenneté a-t-elle été un outil de la romanisation de l’Empire ?

Quel intérêt les populations autochtones avaient-elles à devenir citoyennes et quels étaient les avantages pour l’Empire romain ?
I/ Etre citoyen sous l’Empire romain

A/ Les différentes voies d’accession à la citoyenneté
Extraits de textes montrant comment devenir citoyen romain (doc 3 en annexes)


  • Obtention de la citoyenneté romaine :

-d’abord par la naissance [comme à Athènes, les enfants issus d’un mariage légitime entre des parents déjà citoyens naissent citoyens] ;

-après avoir servi dans l’armée, ou après avoir exercé une magistrature. Dans les 2 cas, il s’agit d’une récompense = c’est le DROIT DE CITE, c’est-à-dire les droits dont bénéficient les citoyens romains. Cela est possible dans les cités de DROIT LATIN = droit concédé par Rome à des régions entières qu’elle domine, et qui permet aux magistrats sortis de charge de devenir citoyens.

Il faut noter que les femmes, les enfants et les petits-enfants de ceux qui obtiennent la citoyenneté romaine deviennent eux-mêmes citoyens ;

- En outre, l’empereur a le pouvoir d’accorder la citoyenneté complète à des étrangers et à leurs familles.

-Il faut aussi savoir que les esclaves une fois affranchis = libérés, reçoivent le statut de leur ancien maître : si celui-ci est citoyen romain, ils le deviennent à leur tour ainsi que leurs enfants, ce qui était inconcevable à Athènes aux Vè-IVè siècles av. J.-C.


  • Les étrangers = PEREGRINS peuvent donc obtenir le droit de cité. Cependant, cette citoyenneté est limitée car ils ne peuvent pas accéder aux magistratures romaines ni au Sénat.

B/ Des droits, des devoirs… et des inégalités


  • Droits des citoyens romains : servir dans l’armée, être jugé et pouvoir en appel recourir au jugement de l’empereur, disposer librement de ses biens, et être élu.




  • La citoyenneté romaine offre également des privilèges en ouvrant au CURSUS HONORUM, ce qui est très prestigieux dans tout l’Empire romain.




  • Des devoirs : le citoyen romain doit payer des impôts, participer aux cultes publics (vie religieuse et culturelle), et défendre l’Empire en combattant ou en finançant l’armée.




  • Mais contrairement à Athènes, les citoyens romains ne sont pas tous égaux devant la loi. Il existe 2 catégories de citoyens :

-les HONESTIORES = les riches magistrats travaillant dans l’administration romaine et qui sont privilégiés. Du coup, ils participent financièrement à l’embellissement de leur cité et distribuent des bienfaits à leurs concitoyens [illustration avec un texte évoquant les dons d’un riche citoyen à Sébastopolis en Turquie à la fin du IIè siècle (doc 4 en annexes)]

-les HUMILIORES = citoyens beaucoup plus modestes, qui constituent la CLIENTELE des honestiores : en échange de la protection matérielle et financière d’un magistrat important, le client vote pour son protecteur et lui assure ainsi sa carrière politique.

C/ Une faible participation politique



  • Sous l’Empire, le citoyen romain n’a quasiment plus de rôle politique, car c’est l’empereur qui concentre tous les pouvoirs et qui choisit ses collaborateurs. En échange, l’empereur garantit la paix civile, le pain et les jeux, ce qui censé compenser la perte de pouvoir du citoyen romain.




  • Il n’y a qu’à l’échelon local que le citoyen conserve un rôle politique : en élisant ou en se faisant élire conseiller municipal (= à l’échelle de sa cité).




  • Cependant, les citoyens romains manifestent leurs opinions lors des spectacles et des cérémonies religieuses offerts par l’empereur ou par les honestiores. Et finalement, on peut dire que sous l’Empire romain, la vie civique se déplace dans d’autres lieux que le forum : dorénavant, c’est au théâtre, au cirque, dans les amphithéâtres que les citoyens expriment leur mécontentement ou leur satisfaction envers ceux qui ont financé ces divertissements. [Illustration avec une maquette de reconstitution du centre de Rome sous l’Empire (doc 5 en annexes)].

II/ L’extension de la citoyenneté romaine dans l’Empire : un long processus lié à la romanisation

Carte de « la citoyenneté romaine, un droit qui s’ouvre progressivement » (doc 6 en annexes)
L’extension de la citoyenneté a été permise par la romanisation : les élites des provinces romaines étaient convaincues de l’intérêt à intégrer le mode de vie du vainqueur romain. Mais cette extension s’est faite en plusieurs étapes : sur 3 siècles.


A/ La romanisation : les transformations dans les sociétés et les territoires dominés par l’Empire romain [visite virtuelle de la Vienne antique : histoire des arts]

http://www.culture.gouv.fr/culture/arcnat/vienne/fr/index.html
* Vienne est une cité de la Gaule transalpine, conquise par les Romains en 121 av J.-C. 
* Elle fait partie de la province romaine de Narbonnaise [l’Empire romain était divisé en provinces].
*Comparer les 2 cartes en cliquant sur « Le Rhône avant la conquête romaine » et « Le Rhône après la conquête romaine » =) Rome a contribué à l’agrandissement de cette ville.
*Cliquer sur « Plan comparé des villes… » =) Vienne a été agrandie sur le modèle de la ville romaine.
*Plan de la Vienne antique pour montrer :

-la délimitation de la cité par l’enceinte,

-le forum et le temple, le théâtre,

-le cirque [pour les courses de char],

-les entrepôts [pour les différentes productions, denrées expédiées vers Rome],

-les maisons [sur le modèle de la domus romaine].
SYNTHESE :

Partout dans l’Empire, le modèle romain s’est imposé : les villes sont de véritables « vitrines » du mode de vie romain. On le voit avec le plan des rues en damier, et la présence de tous les monuments caractéristiques romains : forum, amphithéâtre, thermes, cirques…C’est la ROMANISATION = adoption du mode de vie, de la langue, des croyances des romains par les différents peuples de l’Empire.

B/ Les Tables claudiennes (48) et l’extension de la citoyenneté aux élites des provinces de l’Empire
La table claudienne (doc 7 en annexes)

Carte de la Gaule au Ier siècle (doc 8 en annexes)

  • On appelle les tables Claudiennes les deux morceaux parvenus jusqu'à nous d'une plaque de bronze sur laquelle est gravée la retranscription d'un discours de l'empereur Claude. Retrouvés à Lyon dans le quartier de la Croix-Rousse en 1528, les morceaux faisaient partie d'une plaque de bronze originellement brisée en quatre morceaux. Leur appellation au pluriel est traditionnelle[1], mais il serait sans doute plus exact de parler de la table Claudienne.



  • Dans le discours retranscrit, Claude imposait l'ouverture du sénat romain aux notables romanisés des provinces de l'ancienne Gaule chevelue. Or le Sénat romain s’y est dans un premier temps opposé.



  • La table Claudienne porte la retranscription du discours que l'empereur Claude fit au Sénat romain en 48. Il répondait à une probable requête du Conseil des Trois Gaules auprès du pouvoir romain, sollicitant l’octroi aux notables de la Gaule chevelue du droit de cité complet, leur ouvrant l’accès aux magistratures romaines et au Sénat. Une réponse positive leur fut donnée.



Il faut savoir que l’empereur Claude était lui-même natif de Lyon : c’est d’ailleurs le 1er empereur romain né hors d’Italie. Il succède à l’empereur Caligula après l’assassinat de celui-ci en 41.

Il possède un esprit original, cultivé, ouvert. Exemple : il confie à ses affranchis (anciens esclaves à qui il a rendu leur liberté) la direction de ce qui équivaut aujourd’hui à plusieurs ministères.

Il protège la frontière de la Gaule des menaces germaniques et associe les Gaulois à la conquête de la Bretagne = Angleterre actuelle.

Enfin, il donne la citoyenneté complète aux notables gaulois, leur permettant ainsi de siéger au Sénat romain voire d’être éligible.

Père adoptif du jeune Néron, il meurt en 54, peut-être assassiné par sa femme Agrippine.
Texte de Tacite qui retranscrit la justification de l’empereur Claude devant le Sénat (doc 9 en annexes).

Au Ier siècle, les citoyens romains sont environ 6 millions, soit 1/10è de la population totale de l’Empire. L’empereur Claude décide alors en 48 d’accorder la citoyenneté aux élites des provinces de la Gaule.

[Il faut savoir qu’il y avait eu une 1ère évolution au Ier siècle av. J.-C. en 89 : les cités italiennes alliées de Rome s’étaient révoltées pour obtenir la citoyenneté romaine.]

C/ L’édit de Caracalla (212) : vers la citoyenneté universelle

L’édit de Caracalla et l’édit expliqué par un contemporain (doc 10 en annexes).


  • Caracalla est né à Lyon et est le fils de l’empereur Septime Sévère. Il a dirigé l’empire romain de 211 à 217. Il était violent et meurtrier et a surtout laissé son entourage gouverner l’Empire.




  • L’édit de l’empereur Caracalla en 212 clôture la série de lois qui depuis le Ier siècle, étendait le droit de cité au fur et à mesure de l’extension de l’Empire. En effet, la citoyenneté est accordée à tous les hommes libres de l’Empire : mêmes les plus modestes sont alors intégrés dans l’Empire. Caracalla achève ainsi le processus de romanisation.



OU 2nde PROPOSITION :
II/ L’extension de la citoyenneté romaine dans l’Empire : un long processus lié à la romanisation
A/ La romanisation : les transformations dans les sociétés et les territoires dominés par l’Empire romain [visite virtuelle de la Vienne antique : histoire des arts]
B/ Une extension progressive de la citoyenneté
La table claudienne (doc 7 en annexes) et l’édit de Caracalla (doc 10 en annexes).

-Présenter les 2 documents.

-Qui sont les auteurs de ces discours ?

-Quelle réforme l’empereur Claude met-il en place en 48 ?

-En quoi cette réforme constitue une avancée ?

-Quelle réforme l’empereur Caracalla met-il en place en 212 ?

-En quoi cette réforme constitue une avancée par rapport aux tables claudiennes ?

Pour contextualiser les 2 documents, on peut reprendre les éléments développés dans la première proposition en II/A et II/B.


  • En 212, l’édit de l’empereur Caracalla clôture la série de lois qui depuis le Ier siècle, étendait le droit de cité au fur et à mesure de l’extension de l’empire : en effet, alors que l’empereur Claude avait décidé en 48 d’accorder la citoyenneté aux élites des provinces de la Gaule, Caracalla accorde, deux siècles après, la citoyenneté à tous les hommes libres de l’Empire: mêmes les plus modestes sont alors intégrés dans l’Empire. Caracalla achève ainsi le processus de romanisation.



Conclusion

  • Contrairement à la cité d’Athènes au Vè siècle av. J.-C., l’Empire romain n’est pas une démocratie. La citoyenneté romaine est ouverte et dynamique mais n’implique qu’une participation réduite à la vie politique.

  • Avec l’extension de l’Empire et la diffusion de la culture romaine, la citoyenneté romaine est accordée d’abord à certains peuples, puis à partir de 212, à tous les habitants libres de l’Empire.

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