Archives départementales : cote : 9 j 14





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Mardi le 20 avril 1943

Ça se gâte sérieusement en Tunisie. Les Allemands sont sur le point d’être jeté à la mer. Ils ont eu 63 avions de transport abattus et 22 chasseurs. Le même jour les Allemands disent avoir abattu 108 avions russes et eux-mêmes seulement 8. Et les Finlandais ont abattu 22 russes sans en perdre un seul.

Pour ce coup de Tunisie les Anglais ne s’occupaient que de contre battre les avions de chasse allemands pendant que les Américains combattent les gros transports. Ce fut un véritable massacre.

Les Allemands ne savent plus où donner de la tête ! Même ici ils sont impuissants à lutter avec efficacité contre les réfractaires. Ici même contre les conspirations, contre les francs-tireurs qui s’organisent ici sous leur nez.

Il parait qu’ils auraient essayé une offensive de paix par la voie de Franco. Il leur a été répondu : oui mais capitulation inconditionnelle. Ce n’est pas encore mûr pour cela, ils ne le feront que quand on sera prêt à entrer sur le sol allemand.

On craint qu’en réponse à cela, ils préparent la guerre des gaz. Ce serait un gros malheur, il y a trop d’étrangers en Allemagne, mais ce serait leur ruine encore plus certaine.

Cette nuit les Anglais ont déversé sur Stettin 300 tonnes de bombes de 200 kg et des dizaines de milles incendiaires.

Samedi 24 avril 1943

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Eugène Pochard

Il est bientôt minuit. Eugène est venu. On a bien discuté même sans pouvoir nous comprendre.

Mes idées pacifistes d’autrefois ! Certes je les ai encore, et plus que jamais, mais qu’on ne me parle pas de pardon pour ces forbans coupables de si grands crimes. Ils doivent être unis, bien punis.

Eugène ne comprend pas comme moi, il faut tout pardonner pour nous montrer supérieur à eux.

Oui il faut pardonner, je veux bien, mais pour pardonner il faut que le coupable se repente et qu’il demande pardon. Et ce n’est pas le cas.

Ici une jolie photo qu’Eugène nous a donnée.

J’ai fait cet après midi 22 km à cheval avec Philippe. J’ai conduit la Margot à Coisevaux pour chercher un autre poulain.

Il y a fait un bel après midi et il faisait bien bon à cheval dans ces bois.

Philippe s’est bien amusé chez Nanon. C’était une curiosité de le voir dans son petit fauteuil assis devant moi.

La photo ci-contre n’a pas été prise aujourd’hui.

La tirelire et les rasoirs sont arrivés. C’est un joli travail et les rasoirs m’on l’air bien. Je mettrai à la retraite celui dont je me suis toujours servi depuis le jour où je l’ai fait en 1905 ou 1906.

Et lui qui a envoyé ces choses (sont fils Jacques, prisonnier), quand le verrons-nous ? Oh! qu’il me tarde. Aura-t-il une permission ?

Ah ! s’il revenait il ne repartirait pas !


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trois heureux

J’ai reçu une invitation du sous-préfet pour je crois me nommer maire. Notre maire Bouteiller, soit à cause de la maladie de sa femme soit à cause du surmenage que les maires ont depuis la guerre, a donné sa démission.

A présent dans l’état Français les maires ne seront plus nommés par voie d’élection, ils seront nommés par les préfets. Une commission de Lure était ici ces jours-ci pour enquêter sur le meilleur à nommer. Et je prévois que c’est pour moi qu’on décrochera la cocarde !

Eh bien ils peuvent toujours courir. Si j’avais voulu être maire je l’aurais presque certainement été à la place de Bouteiller quant mon beau-père était là, il voulait que j’accepte. Il aurait fait le travail. J’ai catégoriquement refusé. Ce n’est pas pour accepter une pareille charge dans les temps si tragiques. Surtout que l’adjoint Charles Suzette (Charles Nardin, dit « Suzette ») fait les fonctions de maire depuis un mois, qu’il s’en tire bien et surtout qu’il a envie de cette place (il en a gagné la mort, il a été fusillé le 27 septembre 1944 parce qu’il était maire d’Etobon).

Lettre de Jean du 25 avril 1943 (avec une jolie fleur)

« J’ai en main la lettre du 27 juillet 1940 reçue dans mitan. Déjà loin ce temps là mais pas oublié, rappelle mes souvenirs. Oui je vois c’était dur pour nous tous. Heureux pour le Pierre Perret a passé entre les gouttes comme Alsacien. Il y en aura d’autres. Tout va bien. Prosper sera bientôt comme le Tarrot de Glaude à la Pitote. Tout émarkotâ. La Sagne tentera peut-être un jour (les mots en patois doivent être un code avec son père pour déjouer la censure, la Sagne est le village de Suisse d’où la famille Perret est originaire, vers 1650, donc le fils prévoit certainement de s’évader par la Suisse). Oui papa dit moi tout. Même mauvais jour, ça aguerrit. Ah ! Oui le passage à Champagney, dur, dur. Rebout industriel à Plancher-lès-Mines, je lui dois beaucoup car m’a nourri quelquefois, beau cœur. Aujourd’hui Pâques, j’ai fait soupe de haricots, jambon de la maman, nenni pour tout. Confiance.

Du 18… le singe m’a dit que si je voulais faire venir Betty, qu’il avait une chambre pour nous deux et qu’elle ferait le ménage. Je lui ai dit que nous avions deux bonnes à la maison, que ma femme ne voulais pas venir bonne en Allemagne ».

Lettre de Jean à son frère (Jacques son jumeau) pour leur anniversaire du 11 avril 1943

« Cher frère je te souhaite un bon anniversaire. Espoir pour le prochain. Voici ma 3è semaine sans nouvelles, c’est long. Le temps ici est très mauvais. Il y a neigé et il fait froid. C’est drôle de voir la neige sur les pêchers en fleurs. Pour moi tout va bien. Trouve le temps long au garage. Georges me manque beaucoup. Il va partir demain pour notre chère France. Je demande à Dieu qu’il vous préserve toujours comme il le fait pour moi. Mes chéris je vous serre tous bien fort sur mon cœur, comme je vous aime. Jean »

Dimanche le 25 avril 1943

Beau, très beau jour de pâques, du chaud, des fleurs partout et surtout un parfum pénétrant extraordinaire. Nous avons une glycine qui n’est qu’une fleur. Comme les abeilles sont heureuses. Et nous un peu aussi malgré que ce soit toujours la guerre, on s’habitue à tout.

Il y avait deux ans qu’Eugène n’était pas venu à Etobon, je l’ai conduit chez Christen qui sont revenus pour les vacances ici.

Pauvre Jean, il ne peut plus marcher, quel malheur il a eu et son ami Georges Vaisseau qui a perdu son fils. Retournés à Strasbourg pour leur malheur puisque Raoul leur fils arrêté et condamné à mort.

Et l’histoire de ces 12 000 officiers polonais assassinés à Katyn. Les Allemands accusent les Russes et ces derniers accusent les premiers. L’explication d’Eugène à ce sujet nous a assis. Je ne sais pas, mais je crois que les Boches ne valent pas mieux que les Russes, au contraire.

Mercredi le 27 avril 1943

10 H du soir, je viens de faire ma barbe sans doute pour la dernière fois avec mon bon vieux rasoir que j’ai forgé je crois étant en permission depuis Vincennes en 1908 et non pas en 1906. Je ne me servirai que de celui de Jean tant qu’il sera absent.

J’ai fait ma barbe pour aller demain trouver le sous-préfet au sujet de la convocation pour me nommer maire, je n’en veux absolument pas.

J’ai recherché aujourd’hui dans le grenier du Coteau avec Jacques les deux pistolets automatiques que j’y ai caché en 1940. J’ai fait la bêtise de les démonter tout par morceaux et de cacher les morceaux à des endroits différents, le résultat est que le canon de l’un et le ressort de l’autre n’on pu être retrouvés et comme ce n’est pas le même modèle, je me vois désarmé. C’est peut-être voulu.

Le Samuel n’était pas partit en Allemagne comme l’Alfred nous l’avait laissé croire, il était bien partit mais il n’avait pas dit où. Il est depuis 8 jours au Coteau, il travaille au jardin, il l’arrange avec beaucoup de goût, il mange chez nous.

Si seulement ils avaient fait comme ça pour le Mano ( ?).

Jeudi le 28 avril 1943

Eh bien me voilà revenu, le sous-préfet a fait comme j’ai voulu. Je ne serai pas maire. Il veut bien y mettre Charles Suzette mais il me regrette car m’a-t-il dit les renseignements recueillis sur mon compte étaient des plus flatteurs pour moi. Là je crois que c’était lui qui me flattait. Ah qu’il a insisté.
(Lettre de Charles Perret, son cousin, réfugié en Dordogne qui prépare son retour à Etobon)
« les Griffoulets, lundi de Pâques, 26 avril 1943.

Nous avons bien reçu, il y a déjà bon temps, la longue missive du maréchal en France (le maréchal, son cousin Jules Perret, auteur de ce journal), et pour ne pas laisser chômer les relations amicales, voici la suite naturelle dans la série de nos écritures. Bientôt, je l’espère, nous pourrons reprendre de vive voie des conversations plus nourries où l’on pourra traiter, sans crainte des indiscrets, tous les sujets qui nous tiennent à cœur. Déjà nous vivons à moitié à Etobon ; nous parlons à chaque instant du retour et réalisons par imagination les projets les plus scabreux vu l’état actuel des ressources matérielles dont dispose le pays.

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Les Griffoulets
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