Archives départementales : cote : 9 j 14





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Vendredi le 14 juillet 1945

Depuis longtemps on n’avait vu un 14 juillet si fêté que celui-ci. Surtout à Paris, c’est inimaginable. Ca ne nous rend pas les nôtres. Les gens de tous les villages sont venus en processions leur apporter des gerbes de fleurs, des couronnes, faire des discours. Puis ils danseront quand ils seront rentrés chez eux.

Fin juillet 1945

Il fait une sécheresse très grande, tout grille, les prunes et les mirabelles ne sont pas grosses. Il y a queue d’acheteurs.

Toujours les mines. Dans tous les villages, sauf à Etobon, des gens sont tué.

Vendredi le 1er août 1945

Fête nationale de nos amis Suisse. Après le feu de camp, ils ont fait une Kolossale fondue. Je ne trouve pas cela à mon goût, c’est trop fort.

Pétain passe en jugement. Laval attend son tour, il est à Paris.

L’Angleterre vient de voter. Grand coup de barre à gauche.

Lundi le 4 août 1945

Le traitre de Stuttgart, Ferdonnet a été fusillé ce matin.

Vendredi le 10 août 1945

La Russie a déclaré la guerre au Japon et ça cogne fort.

Samedi le 11 août 1945

Grande et terrible nouvelle. La fameuse arme secréte sur laquelle Hitler comptais pour vaincre, vient d’être découverte et mise en service par les Américains. C’est la bombe atomique. Deux de ces engins qui ne pesaient guère plus de quelques kilogrammes ont été lancées sur deux villes japonaises. Des centaines de milliers d’habitants ont été anéantis, pulvérisés.

Si les Américains avait fait des bombes atomiques de 10 tonnes, ils n’auraient pas eu besoin d’aller les lancer sur le Japon, ils auraient pu les faire éclater chez eux ! Le Japon aurait détruit et nous aussi et le monde entier.

On a déjà parlé de la fin du monde. Voila le moyen de détruire la Terre qui est trouvé, il n’y a plus qu’à mettre en application. S’y trouvera-t-il des fous pour tenter l’aventure ? Il n’est pas dit « non ! ».

En attendant ces deux bombes atomiques ont fichu la frousse au Japon et il demande à capituler. La guerre va donc finir !

Samedi le 1er septembre 1945

Les démineurs de Chenebier viennent de faire sauter les mines qui étaient au dessous de mes sapins du pré la Grive. Une des explosions avait 34 mines antichars. Heureusement que toutes les fenêtres du village étaient ouvertes car la secousse a été terrible. Je suis allé avec Philippe jusqu’à la Goutte Churiot pour voir les dégâts, c’est terrible.

Mardi le 2 septembre 1945

Un des démineurs de Chenebier a été tué. C’était un Allemand. Il était avec le chef démineur, par maladresse il a laissé tomber la mine qu’il tenait dans ses mains. Il aurait pu se jeter de côté, se coucher à terre et peut-être éviter la mort. Il s’est couché sur la mine et a sauvé le chef.

Samedi le 25 septembre 1945

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30 démineurs sont à l’école de déminage à Etobon. Dans quelques jours ils vont être envoyés comme chefs avec des équipes de prisonniers. Dans une année la moitié de ces hommes auront été tués !

Cela n’a pas tardé. 15 jours après avoir quitté Etobon, Potiquet était tué. Il était en pension chez Ridard, il avait fait venir sa femme et… son chat.

Lundi le 27 septembre 1945

Nous revivons une journée bien triste. Il ya une grande cérémonie au temple présidée par Mr Lovy. Mr Marlier est venu, il a pris la parole pendant quelques instants et il a fait pleurer tout le monde. Visite au cimetière, visite à Chenebier, des fleurs, des fleurs à profusions.

8 heures du soir – Jean nous quitte, il repart avec sa famille à Valentigney.

Mardi le 8 septembre 1945

Je rentre de Dijon où j’étais appelé par le capitaine Sauvageot, juge d’instruction au tribunal militaire.

Grande est ma déception. Je croyais que c’était pour reconnaître les criminels d’il y a un an.

Aucun n’est arrêté !

J’en suis outré et je cesse d’écrire.

Octobre 1945 Jules Perret.


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Jules Tournier et Jules Perret

___________________________________________

Conseil général de la Haute-Saône

Archives départementales : cote : 9 J 6
Liste des prisonniers :

  • Thalemann Yvan : né le 03/07/1920 à Schmolen, nationalité allemande, fait prisonnier sur la route de Belverne, voyageait à bicyclette le 08/09/1944.

  • Radke Bruno : né le 10/07/1921 à Einbeck, nationalité allemande, fait prisonnier sur la route de Belverne le 07/09/1944, voyageait à bicyclette avec deux autres camarades qui ont continué la route.

  • Strein Hermann : né le 04/04/1922 à Airpolsaim, nationalité allemande, fait prisonnier à Etobon le 12/09/1944 avec ses camardes Straub, Grubl et Schott.

  • Straub Gosshilf : né le 24/10/1915 à Tailsfingen, nationalité allemande, voir renseignements Strein.

  • Schott Albert : né le 12/09/1923 à Sttlingen, nationalité allemande, voir renseignements Strein.

  • Crubl Ewalt : né le 19/04/1924 à Aorosetl, nationalité allemande, voir renseignements Strein.

  • Heintz Karl : né le 23/03/1915 à Luchen, nationalité allemande, fait prisonnier sur la route de Belverne avec moto le 11/09/1944 (ignore ce qu’est devenu son camarade Hartwig.

  • Runge Vilhelm : né le 13/02/1915 à Herten, nationalité allemande, fait prisonnier le 13/09/1944 sur la route de Belverne, était seul à bicyclette.

  • Urlichs Gunther : né ….. nationalité allemande, fait prisonnier avec un car sur la route de Belverne le 13/09/1944, avec le deux suivants. Probablement acharné à l’école d’Etobon contre la population.

  • Etzweile Jacob : fait prisonnier avec un car sur la route de Belverne le 13/09/1944, avec Urlichs et Dunke.

  • Dunke Ernest : fait prisonnier avec un car sur la route de Belverne le 13/09/1944, avec Urlichs et Etzweile.

  • Lade Karl : né le …………… , nationalité allemande, fait prisonnier à Etobon le 13/09/1944, voyait avec un G. I. Le lieutenant Melchéa Gunther qui l’accompagnait a été tué. Lade Karl a été très acharné à Chenebier en accusant 23 hommes.

Dans un side-car ont été tués le 13/09/1944 les soldats allemands Ruale Herman et Glasen.
Rapport concernant le décès du chef de section Jules Tournier
Le samedi 9 septembre 1944 a été ramené le corps du chef de section Jules Tournier, tué lors d’un engagement dans la matinée du 9.

La position du cadavre ainsi que le trajet des balles permettent de croire que la mort fut instantanée.

La face portait une blessure sur l’os jugal droit, blessure causée par choc contre un objet dur (sans doute la mitraillette sur laquelle était couché le cadavre). Le corps portait 3 blessures causées par balles. L’une d’elles ayant son orifice d’entrée à 4 cm à droite de la colonne vertébrale à hauteur de la 4e vertèbre dorsale. Le trajet de la balle est en direction du 1/3 externe de la clavicule droite. Il n’y a pas d’orifice de sortie. Le poumon droit parait avoir été atteint. L’autre balle a son orifice d’entrée à 10 cm à droite de la colonne vertébrale à hauteur de la 1ère vertèbre lombaire. L’orifice de sortie se trouve au point de soudure du sternum, de l’appendice xiphoïde et des 7e et 8e côtes à gauche. Le cœur fut vraisemblablement atteint car il y eut une très forte hémorragie. Atteinte probable du rein droit.

Le corps du chef de section Tournier a été inhumé le dimanche 10 septembre au cimetière d’Etobon.

Signature illisible, médecin militaire.
Rapport concernant le décès du chef de groupe Besson Raymond
Le chef de groupe Besson Raymond, 28 ans, a été grièvement blessé le 13 septembre 1944, vers 11 heures, au cours d’un engagement, par une balle de revolver model parabellum.

L’orifice d’entrée se trouve au dessus de la bosse frontale droite, dans le cuir chevelu. L’orifice de sortie étant dans la région pariétale droite. Trajet intracrânien d’une douzaine de centimètres. Perte d’une assez grosse quantité de matière cérébrale (environ le volume d’une grosse noix). Im semble que le blessé ait devant l’œil droit un voile qu’il cherche à écarter constamment.

Grosse hémorragie interne.

Le blessé reconnaît par moment ceux qui l’entourent. Transporté à l’ambulance après un premier pansement, il est assez calme jusqu’à 18 heures environ. A partir de ce moment, le blessé devient très agité jusqu‘à deux heures du matin. Puis succède un état comateux qui durera jusqu’au soir du 14 vers 18 heures. Par suite de l’occupation par l’ennemi de tous les centres hospitaliers, il nous a été impossible de faire évacuer le blessé. Il semble cependant qu’une trépanation même immédiate n’aurait pas eu d’heureux résultats.

Le décès du chef de groupe Besson est survenu le 14 septembre vers 18 heures. Le défunt a été inhumé le 15 septembre 1944 au soir au cimetière d’Etobon.
Signature illisible, médecin militaire.
Rapport concernant le blessé Emile Voisin de Frahier -1e cie-
Le samedi 23 septembre 1944, vers 10 heures, la compagnie installée en campement gardé dans les bois de la Côte Veset est attaquée par une patrouille cosaque.

Les dispositions prises aussitôt permettent de les repousser, mais le soldat Voisin Emile de Frahier est blessé d’une balle de mitraillette au niveau du testicule droit.

Toutes les tentatives d’évacuation vers les hameaux de Valettes ou des Terriers sont vaines, les Allemands nous encerclent de toutes parts.

Attaqués de nouveau dans le courant de l’après-midi, la compagnie ayant dû se replier rapidement en direction des bois de Saulnot, nous avons dans l’obligation d’abandonner le blessé aux mains de l’ennemi

Signé : illisible
Renseignements fournis sur l’exécution de 27 FFI fusillés à Banvillars le 10 octobre 1944
M. Ernest Gérard, domicilié à Mulhouse - 3 rue des Mécaniciens - incorporé de force dans le Service du Travail allemand, était employé comme secrétaire au bureau des officiers de Banvillars.

L’intéressé m’a déclaré ce qui suit :

Dans la journée du 10 octobre mes camardes :

  • Kuschoff : 19 ans, originaire de Strasbourg.

  • Jundt : 18 ans, originaire de Strasbourg.

  • Bellicam : 18 ans, originaire de Strasbourg.

M’ont raconté avoir assisté à l’exécution de 27 fusillés le matin même vers 9 heures. Une fosse avait été creusée la veille à l’endroit où devait se faire l’exécution. Le matin un camion transportant 28 civils, dont un prêtre, est arrivé sur les lieux escorté par des miliciens français et quelques SS. Les civils ont été mis en colonne par 2, face à la fosse.

Chaque rang de deux hommes a dû se diriger vers celle-ci. Lorsque les deux condamnés arrivaient près du trou, les miliciens déchargeaient leur mitraillette dans le dos de ces suppliciés qui tombaient dans la fosse.

L’exécution s’est poursuivie ainsi. Au dernier moment, le prêtre fut gracié. Notre chef, lui aussi, qui a assisté à l’exécution est l’unterfeldmeister Mattel. Notre unité était sous le commandement de :

  • Pelaum, obererbeitfürer, colonel, R.A.D. 2/272 Fribourg

D’autre part, j’ai entendu le feldwebel : Haas Emile de l’unité du génie 1 075, témoin lui aussi de la fusillade raconter à ses camarades ce qu’il avait vu et sur un ton gai leur rappoerter ses propres paroles : « Tirez mieux, Nom de Dieu, tirez plus haut !

La présente déclaration a été faite par Ernest Gérard, en présence de M. et Mme Marchand, instituteur à Banvillars.


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