Cours du 31 mars 2006 : (suite de l’argumentation autour de la discrimination positive) = la discrimination positive : un obstacle à la «suprématie blanche»





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COURS DU 31 MARS 2006 :

(suite de l’argumentation autour de la discrimination positive)

= la discrimination positive : un obstacle à la « suprématie blanche » ?

 Le type d’affirmation identitaire – l’emploi d’une langue vernaculaire brandie comme facteur de différenciation – que nous venons de voir rencontre l’hostilité des opposants au multiculturalisme (c'est-à-dire à un mouvement qui exalte les valeurs multiculturelles), notamment chez des défenseurs de la « supériorité » et donc de la suprématie blanche ( dans ces milieux, des études sont menées sur les variations du QI en fonction des classes et de composantes génétiques et même les différences de langage sont attribuées à une incapacité à manier les règles de la langue et les concepts de l’anglais-américain !)


en fait approche raciste sous des allures de scientificité.

Certains sont favorables à un retour à la ségrégation.

MAIS les white supremacists sont aussi dispersés que convaincus ; audience limitée, mais savent utiliser médias et scandales :

cf. O.J. SIMPSON : Le 3 octobre 1996, Orenthal James – O. J. – Simpson, ancienne vedette noire du football américain, est acquitté du meurtre de son ex-femme (et de son amant), perpétré en juin 1994.

Les réactions de la population reflètent les préjugés raciaux traditionnels: 63 % des Blancs le pensent coupable et 83 % des Noirs le considèrent innocent. 

Bien plus, un journal antisémite et raciste Jew Watch – le journal s’y intéresse car l’amant était juif - , voit dans l’épouse assassinée le prix payé par celle-ci pour avoir trahi sa race et s’être liée à un Noir forcément violent

De plus les white supremacists sont parfois relayés par certains représentants de minorités : le leader noir de la Nation de l’islam, Louis Farrakhan, favorable à la séparation des communautés raciales, réunit plus de 400 000 personnes à Washington en octobre 1996, dans la foulée de l’annonce du verdict du procès Simpson.

= la discrimination positive : un facteur de ghettoïsation ?

  • certains intellectuels (Richard BERNSTEIN : Dictatorship of Virtue : Multiculturalism and the Battle for America’s Future (1994)) : les opposants au multiculturalisme dénoncent risque de ghettoïsation, de fractures encore plus grandes (par une simplification des identités à un critère unique) et de racisme

Certains craignent en effet nouvelles formes d’apartheid.

La situation d’ailleurs peut être inversée : ainsi aux Etats-Unis les Blancs se plaignent du monopole jalousement gardé des Noirs sur les études afro-américaines (un historien noir, John HOPE dénonce à ce sujet un anathème de type vaudou !)

IDEM pour Blacks Blancs Beurs (pas représentatif d’ailleurs, car dans le foot meilleur métissage, mais pas forcément ailleurs) qui met le doigt non sur la nation unie, dont les membres sont égaux, mais sur les différences => racialisation du discours

  • pour d’autres, encore le problème est la limitation qu’impose la politique de quotas : cf. Thomas SOWELL, Noir américain, dit qu’on doit expliquer la place des groupes ethniques, noirs en particulier, pas seulement par race (pour théories raciales) ni seulement par racisme et discrimination (théories situationnistes, type BARTH (Ethnic groups and Boundaries, 1969 : le Juif devient juif du fait de l’antisémitisme, cf. SARTRE, même combat dans Réflexions sur la question juive, en 1946)

(Parmi ses nombreux ouvrages de SOWIELL : Ethnic America. A History, 1981 ; Race, politique et économie, 1986…) cf. extraits texte photocopié L’Amérique des ethnies, Editions L’Age d’Homme, 1983.

Pour SOWELL, ce qui détermine la place sociale des immigrés = 2 facteurs :

= histoire et traditions familiales : Sowell pense que chaque groupe ethnique a, quel que soit l’endroit où il vit, un même comportement, des mêmes modèles de participation sociale.

= attitudes / au travail : idem. Des traits propres à chaque groupe ethnique (cf. évocation par Sowell de l’ardeur, la persévérance et la discrétion des groupes asiatiques et chinois en particulier)

 c'est-à-dire le capital humain au sens de l’économie politique : pour lui, affirmative action risque de dissuader les individus d’exploiter leur capital humain

  • cette vision présente cependant le risque de dériver vers la sociobiologie, qui d’ailleurs a tendance à ressurgir ces derniers temps 

[avec par exemple quelqu’un comme Pierre Van Den Berghe The Ethnic Phenomenon, 1981, NY : pour lui, point de vue sociologique est insuffisant pour expliquer le phénomène ethnique => ethnicité  liens de parenté étendus (enraciné dans le népotisme)]


Le débat sur le multiculturalisme est un débat qui s’est déplacé des Etats-Unis vers l’Europe et une grande partie du monde occidental dans son ensemble. La France n’est pas épargnée
Certains semblent envisager sereinement le multiculturalisme : cf. texte de Mondher KILANI, L’Imbroglio ethnique, pp. 10-11 (PHOTOCOPIES)

Dans le texte, KILANI il faut souligner l’accent mis sur ce qui différencie intégration et assimilation : pour Kilani, l’intégration semble d’autant plus facile que les liens communautaires au sein d’un groupe minoritaire sont forts (il différencie ainsi les Chinois, Vietnamiens… des Maghrébins, qui n’ont pas de réel projet communautaire. )

Pour d’autres, le cas américain doit servir de contre-exemple ou en tout cas inciter à la vigilance :

d) le cas américain, un contre-exemple (un repoussoir) ?

cf. n° 97 Le Débat, novembre-décembre 1997, « L’avenir du multiculturalisme », débat autour du livre de Denis LACORNE datant de 1997, Fayard : La crise de l’identité américaine. Du melting pot au multiculturalisme


Dans cet ouvrage, Lacorne rapproche la discrimination, notamment celle pratiquée à l’encontre des Juifs en Europe dans la 1e moitié du XXe siècle à la politique d’affirmative action : l’une s’opère à l’encontre de, tandis que l’autre est en faveur de…

  • pour lui, politique de discrimination positive doit être circonscrite dans le temps, limitée à certaines ethnies (en fait principalement aux Noirs) et socialement (aux couches les plus basses de la société)

  • cette politique ne peut s’exporter d’Amérique car elle répond à la culture spécifique des Etats-Unis, à l’héritage du pluralisme en un mot et à une histoire spécifique, le legs de l’esclavage + spoliation et massacres des Indiens

  • problème de la généralisation de la politique préférentielle : il n’y a plus que des groupes victimisés

 au Etats-Unis, l’affirmative action contestée, notamment en Californie où elle a été mise de côté après 20 ans de bons et loyaux services

 de plus en plus de discours mettent en avant plutôt que le droit à la différence, le droit à l’INDIFFERENCE, ce que réclament depuis très longtemps d’ailleurs d’autres groupes qu’on peut qualifier de minorités parce qu’elles sont sous-représentées, femmes et homosexuels (ce qui n’empêcherait pas d’afficher sa différence)

Les activistes multiculturalistes luttent d’ailleurs en général contre sexisme, esclavagisme, impérialisme, homophobie…

Un des articles du Débat de fin 1997, est clairement intitulé « La régression multiculturaliste » (Christian JELEN, écrivain)

Dans ce dernier article, il y a, comme chez LACORNE, le refus de l’importation par la France du modèle américain

  • car la France est une nation non ethnique (contrairement aux Etats-Unis), et « la seule de cette espèce en Europe » (JELEN cite curieusement CHevènement , d’ailleurs à ce propos) ; c‘est une NATION CIVIQUE

  • car JELEN défend idées que aujourd'hui, « les guerres civiles frappent moins les sociétés universalistes que les sociétés fondées sur les particularismes, les ethnies, les religions les couleurs de peau »

  • enfin JELEN rappelle le rapprochement opéré par les multiculturalistes entre américanisation (melting pot) et assimilation à la française, les deux phénomènes étant considérés par de nombreux observateurs comme aussi contraignants l’un que l’autre, et représentant des formes d’oppression.

OR pour JELEN, « les immigrés sont les principales victimes du rejet de l’assimilation » et explique que le rejet de l’école républicaine conduit à la ghettoïsation. Pour lui, école républicaine laisse subsister la diversité en même temps qu’elle permet intégration (France assimilatrice et particulariste)

+ (reprise arguments de FURET : « idée multiculturelle veut défaire le lien historique qui a uni les peuples modernes au cadre national »  le multiculturalisme constituerait ainsi pour quelqu’un comme JELEN, une idéologie faisant le lit du FN

De plus, pour JELEN, la France n’est pas un pays de racisme d’envergure, qui justifierait une politique ouvertement multiculturaliste. Evidemment, cette hypothèse est très largement discutable :

  • problème vote Le Pen présidentielles 2002 mais aussi élections précédentes (toujours un flot continu vers FN) + élections régionales de 2004 : forts scores du FN au premier tour + multiplication des manifestations d’islamophobie et d’antisémitisme.

  • Conseil d’Etat lui-même en 1997 a préconisé la mise en place de discriminations positives.

  • on fait, en fait, en France déjà de la politique multiculturelle sans le savoir explique LACORNE dans l’extrait cité : concours interne (« petite porte ») pour l’ENA par exemple, on peut ajouter IEP qui s’ouvre aux banlieues

Pour que le multiculturalisme soit acceptable, il faut donc globalement permettre la coexistence de communautés différenciées ayant des droits strictement égaux, des institutions démocratiques ouvertes au débat, non répressives

 le débat doit fonder la société multiculturelle et promouvoir la valeur de cultures diversifiées

 le principe fondamental de cette approche développée par l’universitaire canadien Charles TAYLOR (Multiculturalisme. Différence et démocratie, 1994) : c’est le RESPECT qui repose sur la possibilité de discuter, mais en fixant au départ un certain nombre de valeurs communes

Cette approche est reprise et clarifiée à travers la position de Michel Wieviorka (La démocratie à l’épreuve. Nationalisme, populisme, ethnicité, 1994) entre multiculturalisme et assimilationnisme à la française : il propose une reconnaissance et une valorisation de la différence ethnique dans les limites des principes universalistes : assurer accès à citoyenneté et égalité sociale et existence d’un pôle communautaire (solidarités tissées par histoire, traditions…)
e) Comment mettre en pratique le multiculturalisme ?
Dans la réalité des choses, la structure politique qui permet une approche multiculturelle peut se présenter sous différentes formes : L’Etat multinational de jure  (c'est-à-dire qui reconnaît la multinationalité dans le droit : constitution et institutions) peut exister sous différentes formes :

* le fédéralisme, on l’a vu : fondé sur reconnaissance d’identités politiques

= système des Etats-Unis, Espagne, Canada.

Mais ce n’est pas une formule miracle car elle ne semble pas capable de contenir logiques nationalistes

(cf. Belgique : le séparatisme n’a pas cessé d’exister avec la fédéralisation et le Vlaams Blok (bloc flamand) met les bouchées doubles : en progrès depuis 1991, 11 sièges au Parlement flamand en 1995 , 15 en 1999 

Lors des élections mai 2003 :

En Flandre toujours, le parti d'extrême droite Vlaams Blok grignote un peu plus de terrain (18,1 % contre 15,4 % en 1999) et conforte sa place de première force politique à Anvers, la principale ville de la région. Le Blok compte désormais 18 députés sur 150 à la Chambre. Plus surprenante est la progression du Front national en Wallonie : 5,6 % des suffrages, un siège de député et le statut de quatrième force politique dans la circonscription ouvrière du Hainaut. Succès également du Vlaams Blok aux élections européennes en 1994 (12,6 %), 9,2 % en 1999 mais dans les deux cas : 2 sièges ; 2004 : 3 sièges.

 Certains politologues (cf. DIECKHOFF) proposent de réformer le fédéralisme et de donner aux entités fédérées un projet de société spécifique à défendre, des droits et des pouvoirs dont ne jouiraient pas les entités purement territoriales et administratives

  • il s’agirait de transférer alors des pouvoirs fédéraux aux entités à fondement nationalitaire # tandis que les unités fédérées ne sont que des structures régionales décentralisées

problème : la mise en place en semble difficile, et de plus, cette solution peut empêcher à terme une réelle stabilisation politique (cf. cas Espagne avec autres régions qui veulent même condition que Catalogne et Pays Basque) car l’asymétrie génère une aspiration à l’égalité et donc des velléités de redifférenciation

par contre des réussites incontestables du fédéralisme peuvent être observées

= lorsque les divisions ne sont pas trop profondes (# Belgique)

= lorsque les fractures multiples ne se recouvrent pas (Suisse)
ATTENTION pour le cas suisse, notamment mis en avant (cf. DIECKHOFF) et parfois idéalisé  : souligner qu’on a trop souvent confondu multiculturalisme avec système de consociation. Ce n’est pas pareil, dans la mesure où les cantons présentent des populations relativement homogènes.
* la consociation :

cf. ce qu’explique Mondher KILANI dans L’Imbroglio ethnique, p. 12-13

Ainsi, en Suisse, certains milieux politiques et culturels ont tendance à utiliser le terme de multiculturalisme, à la place de celui de fédération, lorsqu’ils décrivent le pays, que ce soit sur un plan sociologique, culturel ou politique.

 c’est un abus de langage : en fait, ce qui est déterminant, dans le cas suisse, c’est le principe de TERRITORIALITE (politique, linguistique, religieuse), reconnue par la Constitution des cantons et par la Confédération

 on ne peut pas parler de véritable principe de COEXISTENCE dans un même espace de plusieurs religions, langues…Le cloisonnement est ce qui est au contraire institutionnalisé :

EX : frontières linguistiques relèvent de la législation et non d’un état de fait un peu aléatoire : elles sont fixées dans les Constitutions des cantons et garanties par les autorités fédérales


  • au niveau fédéral : Langues officielles: allemand (plus de 65 % de la population), français (18 %), italien (près de 10 %) . Le romanche (plus de 1 %) n’est que langue nationale. On parle par ailleurs en Suisse de nombreux dialectes alémaniques et romands.

  • Au niveau cantonal : exemples : au Tessin, l’italien, parlé par une majorité de la population, est la langue officielle du canton. Dans les cantons de Genève, de Vaud, du Jura et de Neuchâtel, le français est majoritaire. Aussi ces quatre cantons sont-ils officiellement francophones. Les cantons du Valais et de Fribourg, s’ils sont majoritairement francophones, voient environ un tiers de leur population parler allemand. Dans ces deux cantons, le français et l’allemand ont tous deux statut de langues officielles. Le canton de Berne, majoritairement germanophone, mais avec une partie non négligeable de francophones, a également reconnu l’allemand et le français comme langues officielles. Le canton des Grisons, tout en étant principalement germanophone, voit une importante partie de sa population parler romanche ou italien. Ainsi, l’allemand, l’italien et le romanche sont les langues officielles du canton des Grisons. Dans les autres cantons, l'allemand, majoritaire, est aussi la langue officielle.


Autre exemple : pas de mélange religieux non plus : il n’y a pas eu d’évêché catholique pendant très longtemps dans canton de Genève, car c’est un canton protestant !

(noter que la réglementation des rapports entre Eglise et Etat est du ressort exclusif des cantons)
NOTER un autre abus de langage concernant le cas suisse, KILANI souligne qu’il ne faut pas confondre pluriculturalité et ouverture internationale :  Genève est une ville avec une forte tradition d’ouverture sur le monde, mais

  • d’une part les étrangers n’y sont pas si bien vus que cela. Même établis depuis plusieurs années, ils n’ont pas de droits politiques (ni au niveau communal, ni au niveau du canton)

  • dans les institutions, dans le droit, il n’y a aucune reconnaissance de droits collectifs ou culturels à caractère multiculturel

  • et même, on peut souligner une volonté d’effacer les marques de diversité culturelle : à travers les différents cas d’affaire de voile islamique : en 1996  le Conseil d’Etat finit par demander à l’institutrice concernée de choisir entre porter le foulard et continuer à enseigner. De même, en 1999, interdiction faite à de jeunes étudiantes en médecine de porter le voile à l’intérieur de l’hôpital cantonal

 pour KILANI, ce refus, officiellement motivé par désir de protéger la laïcité, est en réalité dans le cas suisse explicable par la volonté de maintenir un fragile équilibre entre différentes composantes institutionnalisées de la fédération.  impossible selon KILANI de supporter la moindre « surcroît de diversité ou d’hétérogénéité » qui mettrait en cause le modus vivendi de la population
En fait, dans le cas de la Suisse, il s’agit d’un modèle de CONSOCIATION (d’après DIECKHOFF, association librement consentie de provinces, type Pays-Bas. Mode de gestion de sociétés marquées par profonds clivages => large autonomie aux différents groupes et coopération permanente entre élites des « sous-cultures »)

  • CONSOCIATION : modèle suisse : confédération helvétique de 23 cantons :

Suisse : république confédérale (23 cantons). Religions: catholicisme (46,4 %), protestantisme (39,8 %) [1995].

    • Constitution de 1848, comme celle des États-Unis, établit un compromis entre la centralisation et le fédéralisme; révisée en 1874 : instauration du droit de référendum.

    • Le pouvoir législatif (Assemblée fédérale) est représenté par deux chambres: Conseil national (suffrage direct, représentation proportionnelle, 200 membres) et Conseil des États (2 représentants par canton). (les deux chambres doivent adopter même texte législatif)

    • L’Assemblée fédérale élit un Conseil fédéral, qui exerce le pouvoir exécutif. (le gouvernement fédéral a été composé depuis 1959 selon une «formule magique» de 2 + 2 + 2 + 1, à savoir 2 conseillers fédéraux radicaux, 2 socialistes, 2 démocrates-chrétiens et 1 de l’Union du centre démocratique ; actuellement, on assiste à la remise en cause de cette formule et à son évolution)

    • Le président du Conseil, élu pour un an, est en même temps président de la Confédération.

    • Dans chaque canton, un Grand Conseil (SU et très souvent à la proportionnelle) et un Conseil d’État règlent les affaires locales

L’agitation autonomiste des régions jurassiennes francophones (canton de Berne) a abouti, en 1978, à la création d’un 23e canton, la «république du Jura» (chef-lieu Delémont).

 on a un système qui repose sur l’équilibre entre une autonomie régionale et un pouvoir fédéral :

= partage des compétences en ce qui concerne domaine économique et social, la justice et la police, les travaux publics

= mais cantons ont des compétences exclusives dans le domaine de l’éducation et de la culture : les universités, à l’exception des écoles polytechniques de Zurich et de Lausanne, les écoles secondaires et primaires relèvent des autorités cantonales.

= par contre, la Confédération a la compétence exclusive des relations extérieures (politique de neutralité, politique commerciale et économique extérieure, traités internationaux), de la politique monétaire, des douanes et des télécommunications.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’augmentation des pouvoirs des autorités fédérales en matière de politique économique, énergétique et de transports.
Un système qui fonctionne d’autant mieux que l’exécutif élu par le Parlement n’est pas responsable devant lui, ce qui assure une certaine stabilité gouvernementale (un gouvernement  une législature) + les Conseillers fédéraux sont en général reconduits dans leur fonction tous les 4 ans, à moins de démissionner.

 de plus il y a prise en considération de la dimension linguistique et également religieuse :

  • 2 sièges au gouvernement sont traditionnellement réservés aux conseillers francophones dont un est parfois dévolu à un conseiller de langue italienne :

  • au sein du gouvernement, on recherche toujours un certain équilibre religieux

  • en ce qui concerne le Tribunal fédéral, sa composition reflète les diverses tendances politiques et confessionnelles de la Suisse et les juges sont élus de manière à ce que toutes les régions du pays soient représentées

  • Enfin le droit d'initiative permet à une minorité de la population (religieuse, linguistique ou autre, pour autant qu'elle parvienne à récolter les signatures de 100 000 citoyennes et citoyens), de proposer, au niveau constitutionnel, une réglementation qui lui serait favorable

 POUR RESUMER : ce qui apparaît dans l’ensemble de ces cas et de cette réflexion : la centralité de la notion de multinationalité et de multiculturalisme


SUR L’ETAT MULTINATIONAL : 2 modes de fonctionnement sont envisagés :

1) Dissocier appartenance nationale et appartenance étatique ou civique :

 il s’agit de promouvoir simultanément une identité civique commune au sein de l'Etat, et parallèlement d’assurer la reconnaissance de nations constitutives.

 cela suppose qu’il n’y ait pas de volonté d’imposer une seule langue, une seule culture et une seule histoire à toute la population composant la multination.

 cela implique de corriger l'absence d'une identité commune suffisamment dense par l'adoption d'une politique de la reconnaissance

  • la multination prend alors la forme d'une identité civique supranationale  la seule identité commune au sein de l'Etat multinational correspondant à l'identité civique proprement dite.

La possibilité d’existence d'un tel projet supposerait seulement une adhésion au même ordre constitutionnel.

 c’est ce que le sociologue et philosophe allemand Jürgen HABERMAS (Ecrits politique, 1985-1990), héritier de l’Ecole de Francfort de sociologie critique, nomme le patriotisme constitutionnel, c'est-à-dire l’attachement et la défense de l’Etat de droit, supranational.

Cette position prolonge celle d’Otto BAUER, dirigeant réformiste du parti social-démocrate autrichien, dans La question des nationalités et la social-démocratie (1907) : pour BAUER, qui avait rêvé d’une organisation politique (sorte d’Etats-Unis d’Autriche), dans laquelle les différentes nations se chargeraient de gérer leurs affaires nationales, tandis qu’un Etat unitaire protégerait leurs intérêts à toutes.  nationalité relèverait d’un choix personnel et se distinguerait de la citoyenneté.
2) un Etat multinational composé d'une population qui aurait une identité culturelle avec des éléments communs :

la multination correspondrait ainsi à une «nation» culturelle composée de plusieurs nations pouvant en même temps avoir des traits caractéristiques spécifiques.

(cf. Grande-Bretagne : rassemblement de nations diverses partageant néanmoins une langue commune, des institutions communes et une certaine histoire commune).

AINSI POUR CERTAINS philosophes, politologues, etc. (Dieckhoff, Charles Taylor) l’avenir consiste à privilégier la coexistence de communautés différenciées

 en fait, le regroupement par origine, par affinités ethno-culturelles de groupes éclatés (cf. les diasporas arméniennes, palestiniennes) se fait naturellement : recherche de solidarité de groupe

 On parle alors parfois de communautarisme.

 Réactions / cette approche : en France, par exemple, cette tendance est perçue comme une résistance à l’assimilation et semble un obstacle au maintien de la nation républicaine, on l’a vu  voir tout le chapitre consacré par D. SCHNAPPER à cette question dans La relation à l’Autre, «Le refus de l’ethnique dans la république française »


Justement, à propos de refus et de méfiance… voir cours suivant !

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