1. Saint Vincent de Paul, t. XII p. 437. 2





titre1. Saint Vincent de Paul, t. XII p. 437. 2
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2. Saint Vincent de Paul, t. II, p. 527.

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Les frais furent considérables ; la reine en prit une partie à sa charge ; la Compagnie procura le reste (1).

Saint Vincent eut à déplorer une autre profanation ; celle du nom de Dieu par le blasphème. Ce mal était d’autant plus répandu que les fautes, malgré d’anciens édits, restaient toujours impunies. L’inertie de l’autorité révoltait le P. Bernard. Entendait-il un juron ou un blasphème, il sentait un frisson lui courir le corps, s’élançait sur le coupable, même en pleine rue, le saisissait et le terrassait. “ N’est-il pas pitoyable, disait-il, que je sois seul, moi pauvre prêtre, à faire observer les ordonnances du roi et les commandements de Dieu (2) ? ”

Saint Vincent insista auprès de la reine pour que fussent renouvelées les anciennes ordonnances contre le blasphème et suggéra diverses mesures pour en assurer l’efficacité (3). Il fut écouté. Le 7 septembre 1651, le roi se rendit au Parlement pour y déclarer solennellement, en présence des princes, des pairs, des grands officiers de la couronne et des présidents des chambres, qu’il prenait la conduite de l’Etat. Cette déclaration faite, il lut deux édits, qui furent enregistrés sur l’heure : l’un contre le duel, l’autre contre le blasphème. Des peines sévères étaient portées contre les blasphémateurs : les cinq premières fois, le juge se contentait de l’amende et de la prison ; venait ensuite, à chaque faute nouvelle, une mutilation : de la lèvre supérieure d’abord, puis de la lèvre inférieure, enfin de la langue.

La Compagnie du Saint-Sacrement, M. Olier, le marquis de Fénelon avaient uni leurs efforts à ceux de saint Vincent dans cette lutte contre le blasphème. Ils se retrouvèrent ensemble pour combattre le déplorable et absurde
1. D’ARGENSON, op. cit., p. 106 et suiv. ; ABELLY, op. cit., l. II, chap. XIII, sect. IX, p. 467.

2. FAILLON, Vie de M. Olier, t. II, 1. VII, p. 264.

3. ABELLY, op. cit., l. II, chap. XIII, sect. IX, p. 465.

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usage du duel, alors si répandu dans les hautes classes de la société.

C’est à la Compagnie du Saint-Sacrement de Poitiers que semble revenir l’initiative du mouvement. Emue des nombreux duels qui décimaient la noblesse du Poitou, elle attira sur ce point l’attention de la Compagnie de Paris (1). Le mal venait, non d’une lacune dans la législation française, mais de ce que les sanctions n’étaient pas appliquées. Les rois fermaient les yeux. Sous le règne d’Henri IV, en six ans seulement, sept ou huit mille gentilshommes périrent dans des combats singuliers, et, sur la fin de 1608, le nombre des lettres de grâce accordées par le roi et vérifiées à la chancellerie dépassait sept mille (2). La sévérité de Richelieu provoqua, pendant quelques années, une heureuse réaction, puis ce fut une nouvelle période d’indulgence, avec les conséquences que l’on devine (3). A Paris, sur la paroisse Saint-Sulpice, il y eut, en une semaine, jusqu’à dix-sept personnes tuées (4).

Les préjugés en faveur du duel avaient pris si fortement racine qu’il était difficile d’obtenir des seigneurs, même à leur heure dernière, un acte de regret ; le point d’honneur les touchait plus que le salut éternel. M. de la Roque-Saint-Chamarant, maréchal de camp, soupirait et gémissait sur son lit d’agonie. Le prêtre qui l’assistait lui en demanda la cause. “ Hélas ! répondit le malade, faut-il qu’un La Roque-Saint-Chamarant meure ainsi dans un lit, après avoir témoigné son courage en tant d’occasions (5) ! ”

La campagne contre le duel, commencée en 1646, fut menée avec une énergie et une habileté que le succès vînt couronner. Y eurent une part prépondérante, dans les rangs du clergé, saint Vincent et M. Olier ; dans ceux
1. D’ARGENSON, op. cit., p. 99.

2. FÉLIBIEN, Histoire de la ville de Paris, 5 Vol. in-f°, Paris, 1725, t. II, p. 1279.

3. FAILLON, op. cit., t. II, 1. VII, p. 276.

4. Ibid., p. 258.

5. Ibid., p. 258.

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de la noblesse, le marquis de Fénelon et le maréchal de Fabert. La Compagnie du Saint-Sacrement se signala aussi par son activité.

Un des premiers actes fut l’engagement écrit, pris par tous les maréchaux de France, de ne jamais plus se battre en duel. La déclaration qu’ils signèrent, répandue à profusion, recueillit de nombreuses adhésions parmi les gentilshommes de Paris et de la province (1).

Les prédicateurs tonnèrent contre les duellistes ; les confesseurs interrogèrent les pénitents et exigèrent la promesse orale de ne plus se battre ; les autorités ecclésiastiques mirent le duel au nombre des cas réservés ; la communion et l’inhumation en terre sainte furent refusées à ceux qui n’en étaient pas absous (2).

Des militaires, réputés par leur bravoure, formèrent une association, que présidèrent le marquis de Fénelon et le maréchal de Fabert.

Le jour de la Pentecôte de l’année 1651, les associés se trouvaient réunis dans la chapelle du séminaire de Saint-Sulpice pour une touchante cérémonie. M. Olier leur présenta la formule suivante, qu’ils signèrent tous de leur nom : “ Les soussignés font, par le présent écrit, déclaration publique et protestation solennelle de refuser toute sorte d’appels et de ne se battre jamais en duel, pour quelque cause que ce puisse être, et de rendre toute sorte de témoignages de la détestation qu’ils font du duel, comme d’une chose tout à fait contraire à la raison, au bien et aux lois de l’Etat, et incompatible avec le salut et la religion chrétienne ; sans pourtant renoncer au droit de repousser, par toutes voies légitimes, les injures qui leur seront faites, autant que leur profession et leur naissance les y obligent ; étant aussi toujours prêts, de leur part, d’éclairer de bonne foi ceux qui croiraient avoir lieu de ressentiment contre eux et de n’en donner sujet à personne. ”

On parla beaucoup de ce serment, à la cour surtout.
1. D’ARGENSON, op. cit., p. 99.

2. FAILLON, op. cit., t. II, l. VII, p. 259-260.

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“ Nous verrons ! ” disaient les sceptiques. Ils n’attendirent pas longtemps avant de voir. Le marquis de Fénelon, provoqué en duel quelque temps après, refusa d’aller sur le terrain.

Le grand Condé approuva publiquement l’acte des associés ; ce qui lui valut un bref de félicitations du Souverain Pontife.

La formule de Saint-Sulpice circula un peu partout et se couvrit de signatures. Le prince de Conti en répandit de nombreux exemplaires dans le Languedoc ; Alain de Solminihac, dans le Quercy. Le roi demanda au marquis de Fénelon de la présenter lui-même aux seigneurs de la cour. Les membres de l’Assemblée du Clergé de 1651 et cinquante docteurs de Sorbonne approuvèrent les mesures d’ordre ecclésiastique prises contre les duellistes. Les Etats de Bretagne et de Languedoc privèrent du droit de séance dans les assemblées les gentilshommes qui se battraient en duel (1).

Saint Vincent et M. Olier ne se tenaient pas encore pour satisfaits. Ils demandèrent à la reine que le duel fût solennellement prohibé par un acte officiel accompli au milieu d’un appareil grandiose propre à frapper les esprits. Anne d’Autriche y consentit. L’édit de prohibition fut rendu, en même temps que l’édit contre le blasphème, le 7 septembre 1651, jour où le roi déclara sa majorité, devant les personnages les plus éminents de la cour, de la magistrature et de l’armée. “ Nous jurons et promettons en foi et parole de roi, ajoutait Louis XIV, de n’exempter à l’avenir aucune personne, pour quelque cause et considération que ce soit, de la rigueur du présent édit ; et si des lettres de rémission étaient présentées à nos cours souveraines, nous voulons qu’elles n’y aient aucun égard, quelque clause de notre propre mouvement et autres dérogations qui puissent y être apposées. Défendons très expressément à tous princes et seigneurs
1. FAILLON, op. cit., t. II, l. VII, p. 261-263 ; Saint Vincent de Paul, t. V, p. 619.

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d’intercéder près de nous pour les coupables, sous peine d’encourir notre indignation. Protestons que ni en faveur d’aucun mariage ou naissance de princes de notre sang, ni pour quelque autre considération générale ou particulière que ce puisse être, nous ne permettrons sciemment être expédiées aucunes lettres contraires au présent édit, duquel nous avons résolu de jurer expressément et solennellement l’observation au jour de notre prochain sacre et couronnement, afin de rendre plus authentique et plus inviolable une loi si chrétienne, si juste et si nécessaire. ” .

Louis XIV fut fidèle à sa promesse ; sous son règne, aucune grâce ne fut accordée en matière de duel.

Cependant saint Vincent tournait les yeux du côté de Rome. Après l’acte solennel de Louis XIV, il se plaisait à espérer que le Saint-Père interviendrait à son tour publiquement. Pour l’y inviter, il adressa, le 19 mai 1656, à M. Jolly, supérieur de la maison de Rome, un récit détaillé de la campagne entreprise en France, depuis dix ans, contre le duel, et des résultats obtenus. Une lettre accompagnait le mémoire ; elle précisait en ces termes ce que le saint désirait : “ Il ne reste, pour la conclusion de cette bonne oeuvre, sinon qu’il plaise à Notre Saint-Père le Pape de la couronner de sa bénédiction par le bref qu’on lui demande. Je vous en envoie le projet, qui en a été si bien concerté de deçà, qu’on estime qu’il n’est pas possible d’y rien changer sans ruiner le bon dessein qu’on a. Prenez la peine de bien vous mettre au fait de tout pour en instruire quelque cardinal qui puisse et qui veuille représenter à Sa Sainteté l’importance de la chose. Monseigneur le nonce donne la même commission et envoie la même dépêche à son agent... Il faudra que vous fournissiez aux frais et je vous en prie. Nous vous rendrons ce que vous avancerez. Vous m’écrirez exactement ce qui se passera (1). ”
1. Saint Vincent de Paul, t. V, p. 619.

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Pour des raisons qui nous sont inconnues, probablement parce qu’on jugeait inutile de renouveler des prohibitions antérieures toujours en vigueur, les démarches de M. Jolly restèrent sans résultat. Rome ne rompit le silence qu’en 1665. Appelée alors à se. prononcer sur les propositions les plus avancées de l’école laxiste, la Sacrée Congrégation de l’Inquisition condamna celle-ci : “ Un gentilhomme provoqué en duel peut accepter, afin de ne pas passer pour lâche. ”

Bien qu’il n’ait pas eu la joie de voir le Souverain Pontife répondre à son appel, saint Vincent put constater avant sa mort l’efficacité des mesures prises par l’autorité civile, et ce fut, pour lui, une grande consolation. Confiant en la piété de la reine régente et en l’énergie du nouveau roi, il regardait l’avenir d’un oeil confiant. Le succès lui était dû en grande partie. S’il ne prit pas lui-même l’initiative du mouvement, du moins il l’aida de son mieux par “ ses remontrances et sages conseils, par ses sollicitudes et entremises (1)”. Sa présence au Conseil de Conscience et son influence sur Anne d’Autriche furent d’un grand poids pour la réussite d’une entreprise que beaucoup jugeaient d’avance vouée à un échec certain, tant elle semblait difficile.

La feuille des bénéfices rentrait spécialement dans ses attributions. Ce fut sur ce terrain surtout que se déploya son activité. Pour ne pas nous répéter, nous ne dirons rien ici des nominations épiscopales ; contentons-nous de parler des autres bénéficiers.

A sa fondation, le Conseil des affaires ecclésiastiques
1. ABELLY, op. cit., l. II, chap. XIII, sect. IX, p. 468. Voir aussi la Vie de la Mère Gautron, Saumur, 1690, in-12, 1. III, p. 508. Fénelon, archevêque de Cambrai, écrivait, le 20 avril 1706, au Pape Clément XI : Patruus, Olerio charus, Vincentium fami1iarissime novit. Utroque autem propositum confirmante, ipse juvenis dux et auctor fuit ut multi secum viri, bello et genere clari, impium duelli furorem in Sancti Sulpitii seminario, solemni die Pentecostes, jurarent. Qua quidem tot fortium nobiliumque militum pollicitatione scripta, opus tam felicibus auspiciis incæptum, piissima regina, suadente Vincentio, amplecti ac fovere numquam destitit.

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se trouvait en présence d’un monde d’abus contre lesquels une lutte impitoyable s’imposait.

La responsabilité. d’un tel état de choses retombait presque entièrement sur les rois et leurs ministres. Les prélèvements faits par eux sur les revenus des bénéfices pour créer des pensions en faveur des blessés de guerre ou autres qu’ils voulaient récompenser, ou des grands qu’ils désiraient s’attacher, avaient créé une confusion d’où naissaient mille querelles et mille procès. Les évêques de Navarre étaient tributaires de l’archevêque de Tours ; l’évêque de Mende, des chevaliers de Malte. Une dette annuelle de 4.400 livres grevait l’évêché de Luçon ; les revenus de l’évêché de Pamiers tombaient également en différentes mains. Les prélats, ainsi dépouillés des biens qui auraient dû normalement leur revenir, recevaient une compensation par l’union à leur évêché de bénéfices situés souvent hors de leur diocèse.

Ce désordre n’était rien comparé à d’autres. Signalons d’un mot la simonie, la pluralité des bénéfices, le défaut de résidence, l’abus de la commende, qui permettait de mettre à la tête des abbayes des étrangers, seigneurs de la cour, gentilshommes huguenots, enfants au berceau, le choix déplorable des bénéficiers, basé, non sur leurs qualités morales ou administratives, mais uniquement sur la faveur, la transmission des bénéfices dans une même famille, comme s’il se fût agi d’un legs héréditaire, enfin l’abus qu’on désignait du mot de “ confidence ”.

A un âge déterminé, les enfants bénéficiers étaient mis canoniquement dans l’obligation d’opter entre l’état ecclésiastique et la résignation de leur bénéfice. En fait, ils s’arrangeaient de manière à rester dans l’état laïque sans rien perdre de leurs biens. Il suffisait pour cela d’un contrat en vertu duquel le titre de bénéficier passait à un clerc qui, moyennant une honnête pension, touchait les revenus, mais s’engageait à les verser intégralement entre leurs mains. C’est ce qu’on appelait : jouir du temporel des bénéfices par confidence.

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Si les abbés commendataires pensaient aux revenus de leur abbaye, ils oubliaient trop facilement leurs devoirs : devoir d’entretenir les bâtiments du monastère, devoir de loger et nourrir convenablement les religieux qui s’y trouvaient. Economiser sur les dépenses, c’était grossir les revenus. On vendait le plomb ou l’ardoise de l’église du couvent pour la recouvrir de tuiles ; on laissait les édifices sans réparations ; on empêchait ou limitait le recrutement des moines pour avoir moins de bouches à nourrir ; on diminuait la pension alimentaire faite aux religieux.

En vain tribunaux, conseils de villes, Etats de provinces intervenaient-ils sans cesse pour rappeler les clauses des traités de fondation, les grands bénéficiers, ou du moins leurs parents, étaient assez puissants pour tenir tête aux autorités locales, ou même pour les empêcher de protester. Ils s’appelaient Richelieu, Mazarin, Bourbon, Soissons, Conti, Lorraine, la Rochefoucauld, Sourdis ; ils étaient enfants naturels de rois ou membres de la famille royale ; ils occupaient une haute situation à la cour ou au Parlement ; ils portaient les titres glorieux de princes, de ducs, de comtes, de présidents. Entre les mains de ces grands seigneurs, le droit dit de dévolution, établi pour réparer les négligences, ou combattre les injustices, atteignait un but contraire. Si le collateur ordinaire d’un bénéfice négligeait de le conférer pendant les six mois qui suivaient la vacance, ou si l’élu était reconnu notoirement incapable ou indigne, il appartenait au supérieur immédiat de porter remède au mal en nommant lui-même de sa propre autorité une personne digne de sa confiance ; et dans le cas où le supérieur immédiat était lui-même en faute, le droit de collation passait de degré en degré aux supérieurs plus haut placés et pouvait monter ainsi jusqu’au Pape.

Or, il arrivait souvent que les supérieurs jetaient des dévolus sans raison. Les malheureux bénéficiers ou perdaient leur bénéfice, ou, pour se mettre à l’abri des vexations, consentaient à verser une pension annuelle.
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Il y avait encore l’abus des coadjutoreries. Les coadjutoreries n’avaient le plus souvent d’autre but que de conserver un bénéfice dans une même famille. L’abbesse qui avait obtenu un brevet de coadjutrice pour sa nièce pouvait mourir tranquille ; la nièce avait sa succession ; elle usait elle-même plus tard du même stratagème pour aboutir aux mêmes fins. Le mérite, la capacité, la vertu ne comptaient pour rien ; la parenté seule déterminait le choix.

A peine entré au Conseil de Conscience, saint Vincent chercha un remède aux maux qu’il avait sous les yeux. Il présenta un projet de résolutions, que ses collègues approuvèrent et que la reine adopta.

1° Aucune pension ne sera prélevée sur les revenus des évêchés, sinon en. faveur des évêques démissionnaires qui, après un long temps de service, se retireront d’eux-mêmes pour un motif légitime, comme infirmité ou vieillesse.

2° Les biens ecclésiastiques seront réservés aux clercs, aux religieux et aux religieuses. Les laïques ne toucheront aucune pension sur les bénéfices ; s’ils ont droit à quelque récompense, comme c’est le cas pour les blessés de guerre, il leur sera donné une part sur des revenus d’une autre nature.

3° Un certain âge sera exigé, variable d’après la nature des bénéfices : dix-huit ans accomplis pour les abbayes, seize pour les prieurés et les chanoinies des églises cathédrales, quatorze pour les collégiales.

4° Ne seront promus aux évêchés que des prêtres élevés au sacerdoce depuis un an au moins.

5° On ne délivrera de brevet en vue d’obtenir un dévolu, que si le solliciteur présente, avec les pièces justificatives des faits allégués, un certificat de bonne vie, de bonnes moeurs et de capacité.

6° Il ne sera accordé aucune coadjutorerie ou réserve pour les abbayes commendataires.
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7° Quand une abbesse demandera nommément une religieuse comme coadjutrice, cette demande ne sera examinée que si la règle est observée dans l’abbaye et si la religieuse désirée a, au moins, vingt-trois ans d’âge et cinq de profession (1).

Chaque abbaye avait ses usages propres : ici les abbés étaient nommés par le roi ; là ils étaient élus par les religieux, tantôt à vie, tantôt pour trois ans. Toute innovation en cette matière aurait entraîné des plaintes et des procès. Saint Vincent n’en voulait pas ; il entendait que les droits du roi et ceux des monastères, fussent. respectés et il le disait soit aux religieux intrigants qui, plus confiants dans le choix du roi que dans les suffrages de leurs confrères, faisaient des démarches à la cour, soit aux prélats qui, satisfaits de la sagesse d’une abbesse arrivée à la fin de son triennat, auraient désiré lui voir continuer ses fonctions jusqu’à la mort. En ce qui concernait les abbesses, bien qu’il fût d’avis de maintenir les élections à vie là où elles étaient établies, il ne cachait pas ses préférences pour les élections à durée limitée. Il avait remarqué que les femmes auxquelles on mettait le pouvoir en mains pour toujours, glissaient facilement sur la pente où les entraînaient les défauts de leur caractère (2).

Dans sa lutte contre les abus, saint Vincent ne pouvait avoir de meilleurs auxiliaires que les bénéficiers eux-mêmes, évêques, supérieurs généraux, abbés et prieurs. Il importait donc de bien choisir. Là était le vrai remède ; mais ce remède était lent, car, pour l’appliquer, il fallait attendre la démission ou la mort des anciens titulaires. L’attente semblait longue au zèle du saint prêtre. Aussi les suppliait-il de déléguer, pour le gouvernement du monastère, un religieux exemplaire, partisan de la réforme.

Il tenait à jour la liste des personnes qui méritaient d’être recommandées pour des bénéfices ou des pensions. En tête venaient les noms des ecclésiastiques attachés
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