Le sonnet : origine, définition et structure





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Le sonnet : origine, définition et structure.
Le nom provient de l'ancien provençal sonnet, diminutif du mot son devenu en italien sonnetto et revenu en français sous la forme sonnet.
La forme est née en Sicile, au début du XIIIe siècle, d'une poésie rythmée populaire faite pour être chantée. Passée par la Provence, elle se répand en Italie, dans le genre du " canzionere ", recueil de poèmes amoureux (en particulier chez Pétrarque). En France, Maurice Scève fait connaître l'œuvre de Pétrarque
Marot compose le premier sonnet en 1536 ; Du Bellay compose en 1549 un recueil composé unique ment de sonnets, L'Olive ; enfin Ronsard assure la gloire du sonnet dans ses Amours, en 1552. Le sonnet est un poème à forme fixe, répondant à trois séries de contraintes :

- Les strophes se répartissent en deux quatrains formant un huitain( deux fois quatre vers), et en deux tercets, formant le sixain ( deux fois trois vers)

- Les rimes sont embrassées et semblables dans les quatrains (abba-abba). Dans les tercets, trois rimes nouvelles s'organisent de façon diverse. On trouve principalement deux schémas : ccd-ede, et surtout ccd-eed, selon le modèle utilisé par Marot et systématisé par Ronsard ;

- L'alternance entre rimes féminines et rimes masculines est imposé par Ronsard : une rime féminine (f), terminée par un e muet, alterne avec une rime masculine (m), terminée par une consonne. Quatre combinaisons sont principalement utilisées :

. quatrains : deux fois fmmf + tercets : mmfmmf

. quatrains : deux fois mffm + tercets : ffmffm

. quatrains : deux fois mffm + tercets : mmfmfm

. quatrains : deux fois mffm + tercets : ffmfmf
Deux mètres sont utilisés :

- Le décasyllabe ( vers de dix syllabes) est au départ couramment employé : les sonnets de l'Olive de Du Bellay sont écrits en décasyllabes. Il est considéré comme le " vers commun ", vers par excellence poétique, depuis la chanson de geste. La césure ordinaire est à la quatrième syllabe : " Je vous envoie / un bouquet que ma main ", plus rarement à la sixième ;

- L'alexandrin est au contraire senti d'abord comme un vers prosaïque : c'est le vers des récits épiques du Moyen-Age ; l'alexandrin tire en effet son nom du Roman d'Alexandre, écrit à la fin du XIIe siècle. Lorsque Ronsard commence à l'employer, il lui faut convaincre le public d'admettre ce vers nouveau, et Du Bellay, qui publie en 1558 le premier recueil de poèmes en alexandrins, Les Regrets, justifie encore cette invention " moderne. Les deux syllabes supplémentaires donnent plus de souplesse au vers, permettant des coupes plus variées.

Je veux/ me souvenant// de ma/ parfaite amie/ (…)

Apporte/ ces bouquets// que tu / m'avais cueillis/,

Ces roses/, ces œillets//, ce jasmin/ et ces lis/…
Certains alexandrins ont ainsi quatre accents rythmiques, donc quatre coupes qui délimitent quatre mesures de trois syllabes. On les appelle des tétramètres : " décharné, / dénervé, / démusclé /, dépoulpé "

La forme au service du sens
Le plan d'ensemble d'un sonnet est généralement dicté par sa composition, le poème s'ouvre sur deux strophes exactement parallèles construites sur un ensemblepair. Les tercets créent une cassure, un changement rythmique, en substituant l'impair au pair.
Par exemple, le sonnet de Du Bellay " déjà la nuit en son parc amassait " s'organise en deux strophes semblables introduites par " déjà " ; leur parallélisme met en valeur la rupture introduite au début du premier tercet, " quand d'occident, comme une étoile vive. On retrouve cette composition dans les sonnets qui font commencer les quatrains par " comme " et le premier tercet par " ainsi. Ainsi le vers 9 d'un sonnet est souvent une charnière importante dans le plan du texte : après les éléments comparants dans les quatrains, le poète introduit l'élément comparé dans les tercets ; ou bien, après une évocation, il introduit une conclusion, comme après l'exposé d'une cause il introduit une conséquence.
La composition interne d'un sonnet peut s'appuyer sur la succession des quatrains et des tercets. Si le plus souvent les quatrains expriment une idée et les tercets une autre, le poète peut aussi faire se répondre un quatrain et un tercet : dans " comme on voit sur la branche au mois de mai la rose ", Ronsard reprend dans le premier tercet les thèmes de la jeunesse et de la beauté évoquée dans les premiers quatrains ; dans le second tercet, l'évocation de la mort fait écho au second quatrain.
Mais le poète peut aussi retarder le plus longtemps possible l'expression de l'idée essentielle. Ronsard, dans " Je mourrais de plaisir voyant par ces bocages " débute chaque strophes par les mêmes mots, " Je mourrais de plaisir " ; Le lecteur attend de connaître la chute de la phrase, qui lui explique la présence du conditionnel " Je mourrais " ; cette explication n'intervient qu'au début du second tercet, ce qui la met en valeur : " je mourrais de plaisir, où je languis d'amour. Le poète peut encore isoler le dernier vers de l'ensemble du sonnet, pour lui conférer un statut de conclusion, de sentence, pour en faire un point d'orgue. C'est ce que fait Du Bellay dans le sonnet XVI des Regrets, mettant en valeur l'image finale " Bien loin sur un étang trois cygnes lamenter. Ce procédé sera souvent utilisé par les poètes du XIXe siècle.
Le jeu des rimes lui-même contribue au sens du texte. C'est un poète du XXe siècle qui commente le mieux cet aspect du sonnet. Louis Aragon explique ainsi l'intérêt de la rime " d " dans les tercets " ccd-eed " : " C'est ici la beauté sévère de deux vers rimant, qui se suivent immédiatement, pour laisser le troisième sur sa rime impaire, demeurée en l'air, sans réponse jusqu'à la fin du sonnet, comme une réponse errante. " Le sonnet " Heureux qui comme Ulysse ", illustre cette idée : Du Bellay oppose " l'ardoise fine " et " la douceur angevine " aux lourdes sonorités qui se répètent en ce suivant, " mes aïeux " / " audacieux ", " Tibre latin " / " mont Palatin. L'oreille est d'autant plus sensible à cette rime en " ine " qu'elle apparaît de façon isolée ; elle reste " suspendue ", comme le suggère Aragon, dans la mémoire du lecteur, jusqu'à la résolution de l'idée : la finesse est liée à la " douceur angevine.
La forme au service de l'inspiration.
Au XVIe siècle, les recueils de sonnets ne font mention d'aucun titre pour chaque poème ; seul un numéro classe le sonnet dans l'ensemble de la composition. Ronsard, en particulier, a le souci de composer des sonnets sur le même schéma rythmique parce que les poèmes sont mis ensuite en musique et chantés. Il suffit donc d'une musique pour les quatrains et d'une musique pour les tercets pour chanter plusieurs poèmes. On comprend alors que Ronsard a veillé à l'alternance entre rime masculine et rime féminine : le e muet permet de chanter une syllabe supplémentaire.
Mais les contraintes formelles sont ressenties au XVIe siècle, et de nos jours encore, comme une véritable source d'inspiration. Pouvoir sur un schéma donné, et à partir d'un sujet donné, écrire autant de sonnet différent prouve non seulement une grande prouesse technique mais aussi les ressources inépuisables du langage. L'utilisation de la forme fixe du sonnet n'étonne pas chez les auteurs de la Défense et de l'illustration de la langue française : jouer sur les richesses de la langue pour dire dans une même forme un message toujours différent répond au désir de Du Bellay et de Ronsard : démontrer que le Français est une langue parfaitement apte à traduire les élans poétiques.

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