Cours 1 : L’interview en France «l’entrevue»





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part du présent pour analyser le passé, qui est vu comme une cause, et pour conclure sur le futur.
6. Le plan analytique.

On expose un évènement et on analyse causes et conséquences. On décrit avec rigueur et maîtrise, évitant à tout prix les expressions familières (super, extra). Il y a des grilles qui permettent de présenter des analyses intelligentes. Ce sont des schémas de pensée efficaces, tels que :

a. le principe / l’application

b. la théorie / la pratique

c. le hasard / la nécessité

d. hier / aujourd’hui

e. pourquoi / comment

f. élément important / élément insuffisant

g. éléments d’opposition / élément de conciliation

h. valable aujourd’hui / valable demain

i. nature / culture
Ce genre de catégories crée un dynamisme d’esprit pour le lecteur qui se souviendra mieux et plus clairement ce qu’il a lu.
7. Le plan libre.

Original et parfois en mosaïque.
Conseils pour l’écriture journalistique
1. L’attaque

C’est le premier paragraphe, après le chapeau. La première phrase est la plus importante. Souvent, c’est une citation qui doit accrocher notre attention. Il ne faut jamais négliger l’aspect humain, donc on doit avoir une image attractive, une comparaison, une métaphore, une citation qui se repère facilement grâce aux guillemets, donc le visuel est sollicité. Il faut savoir surprendre.

Ex : « du trottoir où je me trouve fut tirée la balle qui tua 5 millions de personnes » - Albert Londres.
2. Les exemples doivent être accrocheurs :

« Il y a des gens, on se sait comment ils font, ils arrivent, ils s’installent, ils parlent et tout le monde se tait, les écoute, les regarde, appelons ça la grâce ».
3. Le balancement, l’opposition.

« D’un côté il y a Line, 19 ans, belle mais presque inconnue, de l’autre il y a Liz, 64 ans, célébrissime » - Paris Match 1996.

« Il y a l’homme le plus riche du monde, le plus fort du monde, et puis il y a Jean Yves Haberer, l’homme qui perd le plus d’argent au Crédit Lyonnais » - Nouvel Obs.
4. L’anecdote brève.

Elle est significative :

« Avant que Médecins sans frontières ne vienne, on mourrait à tort à travers, comme des poulets : ils sont nos sauveurs ». Dieudonné est l’un des 7000 détenus de la prison d’Abidjan, construite pour 1500 personnes. Il témoigne une reconnaissance infinie à l’équipe de médecins sans frontières qui l’a sauvé d’une occlusion intestinale.

Exemple de phrases :

« Après avoir été servis en boulettes dans des restaurants, les rats récidivent et attaquent » (Libération ).

Pour vérifier si une attaque est réussie, comparer ces 2 phrases :

« Compte tenu de la défiance commune dans l’opinion à l’encontre d’un personnel politique trop éloigné, les français s’interrogent » / « Les français ne croient plus en leurs hommes politiques ».
5. La Chute

Ce sont les derniers mots du texte. Il faut s’avoir s’arrêter, c’est aussi important que de savoir débuter. C’est un lieu stratégique : l’émotion forte de l’attaque revient, les mots et images résonnent en écho à ceux de l’attaque. La chute renforce l’angle général, propose une ouverture, c’est une réflexion personnelle qui peut être une note d’humour ou un rappel de l’essentiel, une courte morale. Il ne faut pas donner d’informations capitales dans une chute.
6. La relance.

Dans le cours de l’article, il faut savoir maintenir l’intérêt et alterner phrases longues et courtes pour varier le rythme. Aller à la ligne et choisir des intertitres prenants.
7. La légende de l’image ou du dessin est le premier niveau de lecture. Le lecteur la lit avant l’article.
8. Le hors-texte.

Aussi appelé « encadré », c’est un court passage annexé à l’article principal, il enrichit l’article sans l’alourdir et présente un portrait, des statistiques, une fiche documentaire. Le hors texte est souvent lu avant l’article. Il doit donc être compris sans avoir à lire l’article.
Conseils pour la lisibilité

▪ Ne pas faire trop long (pas plus de 120 lignes pour un texte moyen)

▪ Plusieurs paragraphes

▪ Eviter le passé simple et les mots abstraits

▪ Trouver le mot exact

▪ Préciser sa pensée mais avoir en sortir pour envisager d’autres façons de voir

▪ Hiérarchiser l’information

▪ IL faut un fil logique, conducteur

▪ Relire son texte

▪ Bannir les tics de langage

▪ Essayer de faire intéressant

▪ Eviter les redites et les clichés.

L’écriture de presse subit une évolution ces dernières années en fonction de la société. Une mythologie se construit, selon Barthes, autour du sport, de la musique, du sida, d’Internet, du terrorisme, des banlieues, du chômage, de la pédophilie, de l’humanitaire.
Le Titre
La titraille est constituée par le titre de la rubrique, le surtitre, le titre, le sous-titre, les intertitres.

Le titre est le visage de l’article, il est impossible d’écrire un article sans titre. Environ la moitié des lecteurs ne lisent que le titre. Il constitue la seule information que le lecteur gardera, d’où l’intérêt majeur de bien le rédiger, pour donner envie de lire l’article. Le tire a deux rôles :

Attirer l’attention

Donner une information

Comme il est gros, le titre relève parfois de l’image. Il résume l’article et peut être de 2 types : informatif ou incitatif.
Le Titre INFORMATIF

Il donne l’information essentielle, répond aux questions qui/quoi/où/quand/comment/pourquoi. Si un même titre peut aller sur plusieurs articles, ce n’est pas bon.

Ex : « Voleur pris en flagrant délit » n’est pas assez précis. Il faut faire ressortir la spécificité :

« Le PDG détournait des millions grâce à Internet » ou « La vieille dame fut arrêtée avec un sac volé dans un bus ».

Il faut privilégier la voie active à la vois passive, éviter les adverbes, les mots difficileset les sigles.
Le Titre INCITATIF

Il cherche à éveiller la curiosité. Libération et le Canard Enchaîné en sont des spécialistes. Ce sont des titres difficiles à trouver car ils doivent répondre à deux exigences :

► Informer

► comporter le clin d’œil qui révèle l’orientation du journal

Exemples :

« Marchais, l’adieu aux urnes » fait référence à l’adieu aux larmes d’Hemingway, et crée de la connivence culturelle avec le lecteur.

«  La faute de l’abbé Cottard » est un clin d’œil à « la faute de l’abbé Mouret » de Zola.

Ces titres sont brillants car culturels, mais il faut éviter les clichés et les passe-partout. Si possible, essayer de faire des rimes.

« Ah Sahara, ça ira »

Essayer autant que possible de faire des jeux de mots (« leurre d’été ») ou des paradoxes (« la force de la fragilité »).
Tout titre répond aux 6 fonctions du langage, recensées par Jakobson
Rappel du schéma de Jakobsonsans titre

1. la fonction EXPRESSIVE

Elle se définit par rapport à l’émetteur du message. Lorsque l’émetteur se met en scène, il s’implique, il formule des opinions, des jugements, c’est une tentation pour les jeunes journalistes mais si le journaliste est acteur volontaire ou non, il pourra s’impliquer. Ex : « j’accuse » de Zola, plaidoyer en faveur du Capitaine Dreyfus. Cet article aurait-il eu le même succès sans le pronom « je » ?

Ex : « Edouard m’a tuer » : l’ancien PDG de canal plus, interpellant Edouard Balladur. On voit bien que le titre relève de la fonction expressive.
2. la fonction CONATIVE ou IMPRESSIVE

Elle est tournée vers le destinataire du message, centrée sur le lecteur, le message rencontre une attente majeure, qui est parlez-moi de moi. C’est ainsi que fleurissent les titres à la 2ème personne :

« rubrique santé – apprenez à gérer votre stress » ; « vie pratique – économisez jusqu’à 30% sur vos envois de courrier ». La fonction conative est de plus en plus importante car les lecteurs aiment les informations sur-mesure, faites pour eux.
3. la fonction REFERENTIELLE

C’est celle qui évoque le sujet dont on parle, c'est à dire l’information à transmettre au lecteur.

« La France donne 4 millions d’euros pour reconstruire Sarajevo »
4. la fonction PHATIQUE

C’est celle qui permet d’établir ou maintenir le contact entre émetteur et récepteur.

« Hé oui ! vous avez bien lu… »
5. la fonction META-LINGUISTIQUE

Cette fonction vise à décoder le message transmis afin de le rendre intelligible par le récepteur. Le titre doit être immédiatement compréhensible. Ex « l’inventeur du JT est mort » devrait plutôt être écrit : « Pierre Sabbagh est mort ».
6. La fonction POETIQUE

Elle joue sur les sonorités, les mots, les structures. Ex : « Bagbo Coule » (Laurent Bagbo est les président de la côté d’Ivoire). Les titres incitatifs jouent sur cette fonction poétique verbale.
► Loin de s’exclure, ces différentes fonctions du langage peuvent être et doivent se combiner pour donner au titre une efficacité maximum. Ces 6 fonctions sont très présentes dans la communication publicitaire, donc un titre doit informer, donner envie de lire et renseigner sur l’angle du journal.

Se rappeler aussi que les titres constituent la structure du journal.
Conseils :

- Cibler l’essentiel

- Eviter les répétitions

- Eviter les verbes faibles (être, avoir, faire)
Exemples :

« la pollution au beau fixe » ; « le chauffeur s’endort, la camion se couche » ; « Ducros met de grosses légumes dans ses fines herbes » > sous-titre « le 2ème mondial des épices ouvre son capital aux banques ».

Titre c’est choisir, un titre doit être éclatant, fulgurant et impressionnant.
Autres éléments de l’article.
1. Le titre de la rubrique

Ce n’est pas une information, c’est un classement : économie, sport, spectacle, etc.
2. Le surtitre

Imprimé au dessus du titre en caractères maigres, il précise le titre.
3. Le sous-titre

En dessous du titre principal, il apporte un complément d’information.
4. L’intertitre ou « inter »

C’est un élément graphique à l’intérieur de l’article composé en gras qui permet de relancer l’intérêt du lecteur. Il ne résume pas l’information mais il en donne un échantillon qui pique la curiosité. Il prend une ligne au maximum, composé de mots extraits de l’article. Il est fait de mots concrets, images et frappants.
5. Le chapeau ou « chapô ».

Placé entre le titre et le début de l’article, il résume l’information.

- chapeau introductif : il justifie l’article et l’angle choisi, il dit pourquoi on fait l’article et de quel point de vue.

- chapeau rappel : il restitue le texte dans lequel s’introduit une information nouvelle. Tous ces points d’information doivent se retrouver dans le texte.

- chapeau informatif : il indique le sujet et l’angle de l’article. Il doit être très synthétique.

- chapeau incitatif : c’est l’accroche qui donne envie de lire.

6. Les illustrations.

Elles sont indispensables, efficaces et constituent un autre mode de lecture, mais parfois l’interprétation est plus délicate que celle d’un texte car il n’y a pas un décodage unique, mais plusieurs, variés. Donc le visuel doit être accompagné d’une légende. Sur toute photo, il faut faire en sorte de montrer un visage, une silhouette, même s’il s’agit d’une usine, d’une machine, il faut donc cibler le vivant, le mouvement. Par exemple, la photo floue d’une voiture suggère la vitesse du véhicule et cela donne un effet de dramatisation. Avant de confier le document à imprimer, il faut supprimer tout parasite visuel gênant.
7. La légende.

Une légende peut avoir 3 rôles : informer, expliquer, créer un effet.
Différents types d’article
I. Le COMMENTAIRE
Il faut mettre les informations en perspective, tisser des liens, établir des rapports avec le passé, avec l’ailleurs, faciliter la compréhension. Il existe 6 types de documentaires :

L’article de commentaire : court, il se rajoute à une information, il est clair et plein de bon sens. On rappelle les faits, on les analyse, on en envisage la portée. On présente un jugement personnel et d’ailleurs, l’article de commentaire est signé. Donc la subjectivité est présente.

La critique : c’est l’analyse d’une œuvre d’art, d’un ouvrage de l’esprit. La critique n’est pas nécessairement négative. « Critique » signifie « analyse / étude ».

L’éditorial : c’est une prise de position sur un fait d’actualité et qui engage la responsabilité du rédacteur en chef ou du journal. L’éditorial émet un avis mais pour défendre une belle cause. Il est là pour faire prendre conscience d’un abus, épouser le parti des victimes. Il peut revêtir la forme d’une protestation ferme et polie, mais aussi constituer un violent cri d’indignation. Donc le ton est libre, l’éditorial est signé : le titre doit être fort, interpolateur.

L’éditorial n’apporte pas lui-même des informations, il les commente et argumente. On peut commencer un éditorial par la conclusion, c’est la position que l’on défend pour la justifier ensuite et la reprendre sous une autre forme lors de la chute. Il rappelle un peu un exercice universitaire.

Il se déroule en 6 temps :

- il s’est passé tel évènement

- c’est bien ou mal

- parce que, pour telle raison

- par conséquent, cela pose tel problème

- certains pensent que d’autres en revanche

- selon nous, conclusion

L’éditorial appartient à la catégorie des articles relativement courts, qui sont astreints à un calibrage standardisé. Les règles d’écriture sont sévères et il faut s’en tenir à une ou deux idées.

On retiendra les grands éditorialistes Raymond ARON (Le Figaro, l’Express) et Jean DANIEL (Le nouvel Obs).

Dans l’éditorial, la parole est personnelle et elle cherche à convaincre. Une démonstration tend à la généralisation avec le désir inavoué de faire accepter son propos universellement. L’éditorialiste glisse du « je » au « nous » pour transformer le « je pense » en « tout le monde pense ».
Les procédés : Il faut partir d’un point qui n’a pas besoin d’être prouvé pour acheminer la lecture vers un autre point, qui a besoin de l’être. L’astuce est de supprimer une partie du raisonnement en laissant au lecteur le soin de combler l’absence d’un élément. On flatte ainsi son intelligence et on abrège le discours pour le rendre plus vif. Sur le plan technique, l’éditorial se situe à un emplacement privilégié en tête de journal, ou dans les premières pages. C’est un genre noble dans les grands quotidiens mais on le trouve aussi dans un bulletin d’association.
La chronique

Ce mot désignait autrefois les « nouvelles qui circulaient ». Il en reste l’expression « défrayer la chronique ». Dès le 14ème siècle on a les chroniques de Villehardouin, mais le mot a pris un sens plus étroit. Il est réservé à des articles de commentaire personnalisés, rédigés par une plume. La parution est régulière, et caractérisée par une grande liberté de ton.

On a 2 types de chroniques :

> La chronique qui est publiée à intervalle régulier mais pas forcément dans chaque numéro, sous la rubrique « littérature » ou « histoire » …

> C’est un commentaire libre, une réflexion sur l’actualité, produite par une signature célèbre et qui peut dire « je ». La chronique est souvent rédigée par un spécialiste extérieur au journal. Les chroniques ont pour titre : Bloc-notes, le point de vue de …, la lettre de vue de …

La chronique du journal n’est pas réservé à un talent et ne comprend pas de surtitre ni de sous-titre.
La tribune libre ou point de vue

C’est une prise de position qui n’engage pas le journal car elle est rédigée par un auteur extérieur au journal.
La chronique judiciaire

Elle a été rendue célèbre par Frédéric Pottecher avec « Aux marges du palais ». Ce n’est pas un simple compte-rendu car la matière émotionnelle est très solliscitée, c’est le domaine des passions exacerbées Il y a beaucoup de pouvoir dans le commentaire du journaliste. Cette chronique est devenue plus partielle et subjective : elle ressemble à un reportage, le journaliste dispose les acteurs. Il leur donne corps, parole, rôle et il retranscrit l’atmosphère.
II. Les genres informatifs
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