Don Garcia Hurtado de Mendoza mit donc sur pied une expédition commandée par l'





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1.
Don Garcia Hurtado de Mendoza mit donc sur pied une expédition commandée par l'adelantado Arias Pardo Maldonado, à laquelle il confia la mission de conquérir, au nom de la Couronne d'Espagne, le royaume de Tralalanda, Trapalanda, Trapananda ou comme on voudra.

Nul historien n'a pu prouver qu'Arias Pardo Maldo­nado avait foulé les terres au sud du Reloncavi - Patago­nie continentale - mais dans les Archives des Indes, à Séville, on peut lire des actes rédigés par l'adelantado :

« Les habitants de Trapananda sont grands, monstrueux et velus. Leurs pieds sont aussi longs et démesurés que leur démarche est lente et maladroite, ce qui fait d'eux une cible facile pour les arquebusiers.

« Les gens de Trapananda ont les oreilles si grandes qu'ils n'ont pas besoin pour dormir de couvertures ou de vêtements protecteurs, car ils se couvrent le corps avec leurs oreilles.

« Les gens de Trapananda dégagent une telle puanteur et pestilence qu'ils ne se supportent pas entre eux, de sorte qu'ils ne s'approchent, ne s'accouplent ni n'ont de descendance. »

II importe peu de savoir si Arias Pardo Maldonado découvrit Trapananda et s'il foula le sol de la Patagonie. Avec lui naît la littérature fantastique du continent américain, notre imagination débridée, et cela suffit pour lui accorder une légitimité historique.

Peut-être arriva-t-il en Patagonie et, séduit par ses paysages, a-t-il inventé ces histoires d'êtres monstrueux pour éviter d'autres expéditions. Si telle fut son intention, il a pleinement réussi, car la Patagonie chilienne resta un territoire vierge jusqu'au début de notre siècle, où commença sa colonisation.
Luis Sepulveda, le neveu d’Amérique, ed Métailié,1996

2.
À Paris, il ne subsistait rien des engagements qu'avait pris l'adjoint du gouverneur à Nouméa. Nous n'avons pas eu droit au repos ni visité la ville. Un officiel nous a expliqué que la direction de l'Exposition était responsable de nous, et qu'elle voulait nous éviter tout contact avec les mauvais éléments des grandes métropoles. Nous avons longé la Seine, en camion, et on nous a parqués derrière des grilles, dans un village kanak reconstitué au milieu du zoo de Vincennes, entre la fosse aux lions et le marigot des crocodiles. Leurs cris, leurs bruits nous terrifiaient. Ici, sur la Grande-Terre, on ne se méfie que du serpent d'eau, le tricot rayé. Et encore... les gamins s'amusent avec. C'est rare qu'il arrive à ouvrir sa gueule assez grand pour mordre! Au cours des jours qui ont suivi, des hommes sont venus nous dresser, comme si nous étions des animaux sauvages. Il fallait faire du feu dans des huttes mal conçues dont le toit laissait passer l'eau qui ne cessait de tomber. Nous devions creuser d'énormes troncs d'arbres, plus durs que la pierre, pour construire des pirogues tandis que les femmes étaient obligées de danser le pilou-pilou à heures fixes. Au début, ils voulaient même qu'elles quittent la robe-mission et exhibent leur poitrine. Le reste du temps, malgré le froid, il fallait aller se baigner et nager dans une retenue d'eau en poussant des cris de bêtes. J'étais l'un des seuls à savoir déchiffrer quelques mots que le pasteur m'avait appris, mais je ne comprenais pas la signification du deuxième mot écrit sur la pancarte fichée au milieu de la pelouse, devant notre enclos: « Hommes anthropophages de Nouvelle-Calédonie ».

Didier Daeninckx Cannibale

ed. Verdier 1998 (folio pp. 20-22)
3.

Exhibitions. L’invention du sauvage.

L’histoire des rapports entre les hommes s'est souvent construite au travers de la mise en place de jeux de domination. Ceux-ci peuvent prendre des expressions complexes et diverses, mais le savoir sur autrui comme son exhibition sont deux des formes les plus classiques. Depuis toujours "l'Autre" a questionné, interrogé, étonné. L'exhibition de l'Autre aide à penser et à se situer. C'est pour cela que l'on s'est empressé de le montrer, puis de le mettre en scène. Lorsqu'elles sont montrées, les choses étranges ou nouvelles peuvent susciter à la fois de l'émotion, de l'admiration, de l'inquiétude ou du dégoût. Cette relation à l'exhibition comporte des degrés divers : l'artiste qui se met en scène pour valoriser ses prouesses ; le corps qui s'exhibe dans une perspective érotique, comme dans le cas de la danse ; le vaincu ou l'exclu qui est montré pour symboliser la domination, la défaite ou un châtiment à venir. Lorsque cette exhibition devient l'expression d'une mise à distance de tout un peuple (ou d'une "race" exotique), le reflet d'une identité ou d'une difformité, voire la fusion des deux, alors commence le processus de construction d'une altérité radicale, souvent prélude à l'exclusion.

La Vénus hottentote (au début du XIXe siècle en Europe) ou Ota Benga (au début du XXe siècle aux États-Unis) sont les exemples les plus aboutis de ce principe d'exclusion, fusionnant dans leur corps un double processus de mise au lointain qui les plaçait de facto dans l'anormalité. Ce que nous avons désigné ailleurs à travers le concept de "zoo humain" devient une mécanique mondialisée, opérante tout à la fois à Hambourg (1874), à Amsterdam (1883), à Paris (1889), à Chicago (1893), à Barcelone (1896), à Bruxelles (1897), à Osaka (1903) comme à Wembley (1925). C'est un processus "mondialisé" (sans doute l'un des premiers dans l'histoire avant le sport, la musique ou le cinéma), où le modèle devient générique. C'est une mise en scène qui s'associe à la construction des grands empires coloniaux, à celle des sciences de l'Homme et à l'émergence des théories racialistes, eugénistes ou ségrégationnistes, comme les mécanismes du capitalisme naissant et qui a contribué à faire découvrir ces corps exotiques à des centaines de millions de visiteurs qui n’auraient jamais voyagé dans ces "contrées lointaines" et "mystérieuses" .

[…]

Alors que les premiers "spécimens humains" du Nouveau Monde arrivent en Europe, la passion pour le lointain, l'insolite et le "sauvage" se développe également à travers les exotica présentés dans les cabinets de curiosités. Notons, par exemple, la collection de monstres du duc Guillaume V de Bavière (vers 1580), qui renfermait une étonnante palette de nains et d'estropiés. Avec le Siècle des lumières et la découverte de l'Océanie, l'arrivée du Tahitien ramené par Bougainville en 1769 ou l'exhibition d'Omai, présenté en Grande-Bretagne au roi George III, on assiste à la mise en place progressive de la catégorisation de l’Antre. En France, la Société des observateurs de l'Homme est créée en 1800, dans le sillage de la Révolution française, donnant corps à une première forme d'anthropologie "académique" qui conduit à l'observation d'un "jeune sauvage de l'Aveyron" et du Chinois Tchong A-Sam. Dans le même temps, délégations royales, modèles exotiques, voyageurs-négociants venus des quatre coins du monde se croisent en Occident, donnant à voir un '"exotisme" qui se fixe dans les images. Les délégations du Siam, les ambassadeurs de la Grande Porte ou du sultan, les "princes nègres" et autres représentants de l'Annam et des Indes croisent des "chefs" amérindiens, des ambassadeurs noirs des côtes africaines et d'autres "curiosités orientales" qui entrent dans le paysage familier des cours royales et impériales, mais aussi dans les récits de voyage et les images qui en découlent. Tout au long de cinq siècles, on assiste alors à la constitution d'une sorte de grammaire iconographique qui se développe et se répète, un corpus d'images de l'Autre qui le fabrique et le fixe. L'étrange, le "sauvage" et le "monstre" ont ainsi été de tout temps les objets d’une vive curiosité.


Pascal Blanchard, Gilles Boëtsch et Nanette Jacomijn Snoep

Extrait de l’introduction du catalogue de l’exposition

présentée au Musée du Quai Branly du 29 novembre 2011 au 3 juin 2012

4. « Jamais repos, toujours faire la guerre, toujours tuer Noirs », Les tirailleurs

La liste de ces « morts pour la France », pour la Liberté et pour la Justice pourrait remplir des livres et des livres à elle toute seule. Mais qu'allaient-ils faire dans cet enfer, ces deux cent mille natifs d'Afrique-Équatoriale ou Occidentale, qui ne jouissaient même pas de la nationalité française ? Comment ont-ils pu s'enterrer dans les tranchées infectes et boueuses des régions froides de la France ?

À lire la presse de l'époque, ils se précipitent en métropole, la fleur au fusil, pour jouer aux héros, parce que c'est dans leur nature généreuse, parce qu'ils ont la « vocation guerrière, le sens de l'obéissance, le courage, la rusticité, l'endurance, la ténacité, l'instinct du combat, l'absence de nervosité »...

Affiches et cartes postales les montrent pendant toute la guerre, souriants et débonnaires, même si en cinq ans ils ne rentrent pas une seule fois dans leur pays. Les chansons populaires racontent leurs exploits amoureux et surtout militaires : un brave tirailleur est heureux de mourir.

Car pour eux la plus belle tombe

Est cell' qu 'on creuse au champ d'honneur.

Un an auparavant, ils ont fait un tabac. Lors du défilé du 14 juillet 1913 sur les pelouses de Longchamp, on remet la Légion d'honneur au 1er régiment de tirailleurs sénégalais. Les élégantes habillées en noir et blanc crient : « Vivent les Nègres ! » (…)
Le plus médiatisé de tous ces tirailleurs est « Banania», qui apparaît dans les épiceries en 1914... La « Force noire du chocolat » ! Outre sauver la France, la « force noire » va nourrir les canons. Combien d'hommes sont envoyés mourir en première ligne pour un pays qu'ils ne connaissent pas !
Lilian THURAM, mes étoiles noires, ed ph Rey 2010

Coll Points Seuil
5. Le Chant des Africains


I

Nous étions au fond de l'Afrique,

Gardiens jaloux de nos couleurs,

Quand sous un soleil magnifique

Retentissait ce cri vainqueur :

En avant ! En avant ! En avant !
Refrain

C'est nous les Africains

Qui arrivons de loin,

Nous venons de nos pays (venant des colonies)

Pour sauver la Patrie (pour défendre le pays)

Nous avons tout quitté

Parents, gourbis, foyers

Et nous gardons au cœur

Une invincible ardeur

Car nous voulons porter haut et fier

Le beau drapeau de notre France entière

Et si quelqu'un voulait nous séparer (venait à y toucher),

Nous saurions tous mourir jusqu’au dernier (à ses pieds)

Battez tambours, à nos amours,

Pour le Pays, pour la Patrie, mourir au loin

C'est nous les Africains !
II

Pour le salut de notre Empire,

Nous combattons tous les vautours,

La faim, la mort nous font sourire

Quand nous luttons pour nos amours,

En avant ! En avant ! En avant !
Refrain
III

De tous les horizons de France,

Groupés sur le sol Africain,

Nous venons pour la délivrance

Qui par nous se fera demain.

En avant ! En avant ! En avant !
Refrain
IV

Et lorsque finira la guerre,

Nous reviendrons dans nos gourbis,

Le cœur joyeux et l'âme fière

D'avoir libéré le Pays (d'avoir défendu la Patrie)

En criant, en chantant : en avant 



Le Chant des Africains fut composé en 1943

par le capitaine de l'armée française Félix Boyer (1887-1980),

en reprenant un texte d'une marche de 1915 de la Division marocaine

6.



POEME LIMINAIRE

À L.-G. DAMAS

Vous Tirailleurs Sénégalais, mes frères noirs à la main chaude sous la glace et la mort
Qui pourra vous chanter si ce n’est votre frère d’armes, votre frère de sang ?

Je ne laisserai pas la parole aux ministres, et pas aux généraux
Je ne laisserai pas — non ! — les louanges de mépris vous enterrer furtivement.
Vous n’êtes pas des pauvres aux poches vides sans honneur
Mais je déchirerai les rires banania sur tous les murs de France.

Car les poètes chantaient les fleurs artificielles des nuits de Montparnasse
Ils chantaient la nonchalance des chalands sur les canaux de moire et de simarre
Ils chantaient le désespoir distingué des poètes tuberculeux
Car les poètes chantaient les rêves des clochards sous l’élégance des ponts blancs
Car les poètes chantaient les héros, et votre rire n’était pas sérieux, votre peau noire pas classique.

Ah ! ne dites pas que je n’aime pas la France — je ne suis pas la France, je le sais —
Je sais que ce peuple de feu, chaque fois qu’il a libéré ses mains
A écrit la fraternité sur la première page de ses monuments
Qu’il a distribué la faim de l’esprit comme de la liberté
À tous les peuples de la terre conviés solennellement au festin catholique.
Ah ! ne suis-je pas assez divisé ? Et pourquoi cette bombe
Dans le jardin si patiemment gagné sur les épines de la brousse ?
Pourquoi cette bombe sur la maison édifiée pierre à pierre ?

Pardonne-moi, Sira-Badral, pardonne étoile du Sud de mon sang
Pardonne à ton petit-neveu s’il a lancé sa lance pour les seize sons du sorong 
Notre noblesse nouvelle est non de dominer notre peuple, mais d’être son rythme et son cœur
Non de paître les terres, mais comme le grain de millet de pourrir dans la terre
Non d’être la tête du peuple, mais bien sa bouche et sa trompette.

Qui pourra vous chanter si ce n’est votre frère d’armes, votre frère de sang
Vous Tirailleurs Sénégalais, mes frères noirs à la main chaude, couchés sous la glace et la mort ?

Léopold Sédar Senghor, « Hostie noire » 1940


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