Notes historiques et patrimoniales pour le dossier «petite cité comtoise de caractère»





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Montbozon (version provisoire).

Notes historiques et patrimoniales pour le dossier « petite cité comtoise de caractère »
1. Quelques repères historiques
Pour contrôler le passage sur l’Ognon, le comte Bozon (ou Boson) fonde un château vers 950, qui est à l’origine d’un bourg castral.

Le nom de Montbozon est attesté dès le XIIe siècle : Montebosonis, 1131 ; Montis Bosonis, 1188.

Montbozon devient un centre domanial important à en juger par les divers officiers qui s’y trouvent : châtelains, prévôts, maires, sergents, etc. C’est une châtellenie comtale.
Dès le début du XIVe siècle, Montbozon devient le chef-lieu d’une prévôté, c’est-à-dire d’un centre administratif et judiciaire, qui domine environ soixante-dix villages (d’Authoison à Cubry, y compris Rougemont, et de Vallerois-le-Bois à La Tour-de-Sçay). Le prévôt de Montbozon siège à la Chambre des villes des Etats de Franche-Comté.

Il y a au moins sept notaires à Montbozon en 15771.
Une école est attestée dès l’année 1272 ; c’est l’une des plus anciennes écoles de Franche-Comté.
En 1363, la comtesse de Bourgogne, Marguerite de France, assemble un conseil de guerre à Montbozon (Gollut, col. 773-774).
Au milieu du XVe siècle, un couvent de frères prêcheurs est implanté à Montbozon. La présence de reliques de saint Sébastien en fait un lieu de pèlerinage qui attire des foules considérables, surtout après 1629 (fondation d’une messe chaque 24 mars par les Etats de Franche-Comté pour le salut de la province, en raison de l’épidémie de peste).
Cependant, le peuplement reste faible (57 ménages en 1614, donc guère plus de 250-300 habitants).
Montbozon est un centre économique rural ; des halles sont attestées dès 1274.

Il y a aussi un comptoir juif (en 1302).

Une « Rue de la boucherie (comme à Jonvelle) prouve l’importance de la localité.

Il y a des foires importantes (février, Pâques, mai, septembre) et des marchés chaque lundi ; les foires aux chevaux qui connaissent un rayonnement régional (il en reste le toponyme : « Champ de foire » au nord du village).
A la Révolution française, Montbozon devient chef-lieu de canton.
Montbozon connaît son apogée démographique en 1841 avec 841 habitants.

Les activités économiques y sont variées : tannerie, foulerie, bonneterie, teinturerie (trois en 1843), oignons, etc.
En 1849, l’orphelinat agricole Sainte-Thérèse est fondé par la comtesse de Kercado ; dirigé par des sœurs franciscaines ; cet établissement est devenu ensuite la Maison familiale rurale.
La période récente est marquée par le développement touristique : camping, centre actif de canoë-kayak, gîtes, etc.

Montbozon est le chef-lieu de la communauté de communes du pays de Montbozon.
2. Quelques édifices intéressants
Le château

Rue du Pont, n° 20

Aucune trace connu de l’ancien château, attesté dès 1291. Il ne subsiste que le vaste tertre (75 m sur 50 m). En 1687 il est ruiné et appelé « le viel chasteau de Vaudrey ».

Le château actuel a été reconstruit au XVIIIe siècle, par le seigneur Jean-Baptiste Pouhat, originaire de Nozeroy, écuyer, ancien Jésuite, seigneur de Tallans, docteur en droit, conseiller au parlement de Besançon (1674).
La Maison-Forte

Rue du Collège, n° 15

Maison appartenant à la famille de Mesmay au XVIe siècle

Remond de Mesmay, procureur du bailliage d’Amont (vers 1550) ; sa femme, Jeanne, était la fille de Simon Renard, l’ambassadeur de Charles Quint.

En 1597, il donne ses biens aux Jésuites de Besançon ; le collège des Jésuites de Besançon se replie à Montbozon lors des épidémies (d’où la « rue du collège … ?).

La date de 1567 apparaît sur une cheminée.
Le couvent des Dominicains

Fondé vers 1450 (couvent et hôpital)  par Philibert de Vaudrey (+ en 1453), bailli d’Amont, et son épouse Catherine de Soyecourt ou Saulcourt (+ en 1452), avec l’accord du duc de Bourgogne Philippe le Bon.

En 1498 l’empereur Maximilien autorise les frères prêcheurs de Montbozon à porter la chasse de saint Sébastien et à quêter dans toute la province.

En 1534, l’empereur Charles Quint renouvelle ce privilège.

Le couvent est provisoirement fermé en 1624 pour faute grave (gravissimo peccato). Cependant, en 1630, le pape Urbain VIII autorise les religieux à confesser, distribuer la communion, travailler à la conversion des hérétiques dans tout le pays.

Le couvent subsiste jusqu’à la Révolution.
Ruelle de l’Eglise, n° 15 : ancien bâtiment du couvent ayant un écusson avec une inscription : « Fra [François ?] Clerevavl et Alix Hugoes ( ?) sa femme ont faict le pnt [présent] logis en l’an 1567 » : réemploi ?

Edifices rebâtis entre 1755 et 1775 ; le cloître a été détruit.

N.B. : L’hôpital fonctionnait encore au XVIIIe siècle ; occupait-il une partie de ces édifices ?
Autre témoignage de ce couvent, près du mur d’enceinte du parc du château ; portail avec linteau. Inscription :

+ HIC JAC(et) REV(er)END(us) P(ater) F(rater) DYO(n)ISI(us) LEDO(n)IS

P(rior) H(ujus) (con)VE(n)T(us) Q(ui) OBIIT III M(ar)TII M° CCCCL

Qui se traduit :

+ CI GIT REVEREND PÈRE FRERE DENIS DE LONS

PRIEUR DE CE COUVENT QUI MOURUT LE 3 MARS 1450.
L’église

L’église paroissiale actuelle correspond à l’ancienne église du couvent des Dominicains.

Tour-clocher, XVe siècle, remanié ensuite, fenêtre à accolade.

Contreforts du chœur couverts de laves.

Sur le portail d’entrée, vitraux de 1870.

Dans le chœur, en clef de voûte, blasons à identifier

Trou avec grille : y a-t-il une crypte ?

A l’intérieur, tableaux, mobilier et notamment seize stalles du XVIe siècle mais les formes hautes ne sont pas conservées.

Tableau à gauche en entrant : Philibert de Vaudrey dédiant le couvent à la Vierge, XVIIe siècle.

Cette église était la nécropole des Vaudrey (dessins des tombeaux à la Bibliothèque nationale de France).

Nombreuses pierres tombales anciennes, dont : Regnault de Myon (1451) ; 1554 ; Messire Matthieu Escaillet, curé, 1676 ; plusieurs anciens bourgeois de Montbozon, XVIIIe siècle.
L’ancienne prévôté

N° 6 et 8 Rue du Collège

Comporte peut-être des parties remontant au XVIe siècle.
La fontaine du Cygne

Rue du Pont (angle de la Rue du Bressot)

Cette fontaine alimente un lavoir, un abreuvoir et un puisoir.

Elle a été construite par l’architecte Moreau au début du XIXe siècle au moment de la reconstruction des thermes de Luxeuil (1828), en grés rose des Vosges.
Maisons avec tour

Quatre maisons à tours ou tourelles contenant un escalier à vis ; elles datent des XVe-XVIIe siècles.

• Rue du Pont, n° 4 ; descente de cellier.

• Rue du Collège, n° 1 ; tour carrée ; porte dans le vide à l’étage ; traces de l’ancienne toiture en laves.

• Rue de la Boucherie, n° * ? ; Maison avec tour ronde contenant un escalier en vis ; immense pignon, petites fenêtres.

• Ruelle Serrée (prolongement de la Ruelle de la Boucherie ; maison avec tour.
Autres maisons intéressantes 

• Rue de Loulans, n° 5 : pignon très ancien ; descente de cave (cellier). Porte linteau en accolade, avec un petit blason

• Place de Verdun (ruelle de la place, n° 9) : vaste demeure du XVIIIe siècle ; trois châssis de toit ; descente de cellier

• Ruelle de la Place, n° 1 ; cette maison semble ancienne

• Grande Rue, n° 4 : datée 1735

• Rue du Collège, n° 14 : avec ensemble constitué par les trois petites fenêtres style gothique flamboyant, réemploi.

• Ruelle de l’Eglise, n° 12 

• Ruelle du Moulin, n° 1 : pierre à accolade cassée près de la porte de grange. Traces d’un four à pain.

• Ruelle du Moulin, n° 12 : porche (daté 1712) ; à l’intérieur de la cour, linteau (1698). • • Ruelle du Moulin, Tour pigeonnier.
Maisons et édifices plus récents :

• Mairie, XIXe siècle (1877). On peut lire au fronton : « Ecoles. Justice de paix. Mairie » ; horloge de Champlitte.

• Halles, XIXe siècle.

• Place de l’église, n°11. Vaste bâtiment du XIXe siècle : usage d’origine ?

• Place de l’Eglise : plusieurs maisons anciennes

• Rue des Chenevières, n° 20 : Ancienne biscuiterie Lanternier (bel ensemble de plaques émaillées en bleu et blanc).

• Rue de la Citadelle, n° 5 : maison de 1816.
Anciennes devantures de magasins :

Rue du Pont, n° 2 : boucherie (boiserie)

Rue du Pont, n° 6

Rue du Pont, n° 10 : draperie, nouveautés (peintures)

Grande Rue, n° 7 : ancienne arcade
Les deux ponts

Sur l’Ognon et sur un bief de l’Ognon.

Construits en 1765.

Site de Montbozon : au carrefour entre l’Ognon et l’ancienne route (qui avait plusieurs tracés) de Besançon vers les Vosges ; on trouve des mentions « voie de Montbozon » à Besançon dès l’an 1239.
Autres éléments à mettre en évidence :

- Le tracé de l’ancien mur d’enceinte (chemin dit derrière les murs).

- le carrefour surnommé « la carotte », près de la mairie. Son exigüité pittoresque traduit l’ancienneté du lieu. Plusieurs maisons anciennes à proximité immédiate.
3. Quelques personnages
Bozon (ou Boson), comte (Xe siècle), fils de Richard le Justicier (duc de Bourgogne), frère de Rodolphe (ou Raoul), roi de Francie occidentale (929-936) ; a fait édifier le château vers 950, auquel on a donné son nom par la suite.

Le prénom Boson a donné naissance aux Bosonides, un lignage royal de cette époque.
Montbozon, puissante famille de chevaliers et de dames nobles ayant exercé des fonctions importantes au Moyen Age : un gouverneur de Besançon, deux abbesses de Baume-les-Dames, deux abbés de Lure, etc.
Catherine de Montbozon (décédée en 1398), dame noble ayant laissé un Livre d’Heures (manuscrit 27 conservé à la Bibliothèque municipale de Vesoul).
Philibert de Vaudrey (mort en 1453), fondateur du couvent des Dominicains de Montbozon, conseiller et chambellan du duc de Bourgogne (Philippe le Bon), bailli d’Amont, grand maître de l’artillerie bourguignonne, seigneur de Larians.
Pierre Simard (1620-1680). Dominicain de Montbozon, inquisiteur général du comté de Bourgogne, démonologue. Il a procédé à l’arrestation et au jugement de nombreux sorciers et sorcières en 1657-1659.
Michel Prosper Lanternier (1823-1899). En 1860, il épouse Maria Anne Joséphine Prudhon et développe la fabrique des biscuits en la faisant connaître « à travers le monde ».
Achille Coillot (1832-1920), médecin et homme politique ;

à 81 ans, il a épousé Germaine Leboeuf, de 58 ans sa cadette !
4. Le biscuit de Montbozon
Un certain Joseph Guichard, originaire de Cognières et se disant pâtissier à la cour de Louis XVI, se serait réfugié à l’Hôtel de la Croix d’Or, et aurait communiqué la recette d’un biscuit à Mlle Prudhon qui tenait un commerce et une pâtisserie à côté.
L’abbé Jeannerot écrivit à l’impératrice Eugénie pour appuyer la demande de brevet.

Le 2 septembre 1856, la recette a été brevetée par le sieur Canet ou Caney. Les marques ont été déposées au tribunal de Vesoul en 1857 (et les nouvelles en 1990).
Cependant, l’Annuaire de la Haute-Saône publié en 1842 précise que « les massepains et biscuits » de Montbozon sont « depuis longtemps renommés ».
5. Recherches à effectuer
Il serait souhaitable d’engager d’abord une recherche d’ensemble sur l’histoire de Montbozon (avec tous les habitants intéressés).

Des recherches précises devraient porter ensuite sur :

- le bourg et ses habitants aux XVe-XIXe siècles ;

- le couvent des Dominicains qui n’a jamais fait l’objet d’aucune monographie ;

- la nécropole des Vaudrey ;

- toutes les maisons anciennes et en particulier les maisons voisines de l’ancienne prévôté, à partir du cadastre et des actes notariés ;

- la prévôté (archives à partir de 1607).
6. Conclusion
Le bourg de Montbozon offre en définitive un ensemble patrimonial plein de charmes, propice à la promenade, structuré :

  • entre les deux châteaux

  • autour des demeures qui bordent les deux places (Verdun, Eglise)

  • de l’ancien couvent des Dominicains,

  • des quatre demeures à tours

  • et de la fontaine au cygne.


Il nous semble particulièrement intéressant de mettre en évidence l’ensemble de l’ancien couvent des Dominicains puisqu’il subsiste en bonne partie (église, notamment le chœur et la tour ; l’hôpital et les édifices conventuels).

La nécropole des Vaudrey pourrait convenir pour une mise en valeur iconographique susceptible d’intéresser le grand public.

Paul Delsalle
Juillet 2014


1 ADD : 2 B 557.


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