Le programme était très riche et très varié : des expositions comme «la justice et le crayon»





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date de publication06.10.2017
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Rendez-vous de l’histoire du 14 au 17 octobre 2010

FAIRE JUSTICE

A Blois se tenait la treizième édition des rendez-vous de l’histoire qui étaient consacrés, cette année, à la justice.

Le programme était très riche et très varié : des expositions comme « la justice et le crayon » à la Maison du Loir et Cher, ou « Filmer les camps » au Château royal de Blois, des conférences, des projections de films ou de documentaires afférents à la vie pénitentiaire par exemple : Odette et la prison ou Marguerite Duras à la Petite Roquette, des ateliers pédagogiques « justice des mineurs » ou « justice et Révolution », des ateliers Histoire des arts comme « la justice dans le western », des spectacles, des enregistrements d’émissions de radio de France Inter et de France culture, des visites du Château de Chambord, des débats, dialogues et présentations d’ouvrages (Michelle Perrot)…

Des programmes gratuits étaient à la disposition de tous. Leurs présentations par jour et par heure permettaient à chacun de s’établir son programme. Tous les lieux du festival, site par site, sont identifiés par un numéro qui se trouve sur la quatrième de couverture du programme. La difficulté était de se présenter suffisamment tôt pour espérer obtenir une place. L’accès étant libre et gratuit, l’accès aux salles pouvait être refusé conformément aux normes de sécurité et à la loi. Pour la troisième fois cette année, un salon du livre ancien viendra enrichir l’offre proposée aux festivaliers.

Parmi les projets pédagogiques proposés, je retiens en particulier une expérience d’éducation civique intitulée « à l’école des lois » menée par une classe de Blanc Mesnil, qui a joué un procès. Un juge pour enfants les a guidés dans cette démarche. Il s’est avéré que les enfants préféraient incarner les avocats plutôt que le Procureur. Les enfants se sont interrogés sur le fait de défendre tous les citoyens et sur la présomption d’innocence. Ils ont comparé ce qu’ils avaient vu à la télévision dans les séries américaines à un Tribunal en France en dessinant au tableau les salles d’audience. Cette expérience pourrait être réinvestie en 1ère dans le cadre des nouveaux programmes de Bac Pro. Les jeunes pourraient écrire eux-mêmes le scénario et les témoignages de façon à lier le programme de lettres, à celui d’histoire et d’éducation civique pour que les jeunes comprennent que notre justice moderne est héritée de la Révolution française. En démocratie, le droit est l’objet de débats.

Le Procès de Bobigny est un film de François Luciani, présenté au Centre socio-culturel Quinière, tout-à-fait bien joué qui a ému beaucoup de jeunes gens dans la salle de projection. Sandrine Bonnaire est convaincante dans le rôle de la mère courage qui ose défier le système et les lois. Ce film me semble approprié pour étudier en 1ère l’évolution du droit des femmes à disposer de leurs corps. C’est le courage politique de Simone Veil qui a rendu possible le vote de la loi sur l’IVG. Ce film peut donner lieu à un débat ou à des exposés…

Qu’est-ce qu’un atelier pédagogique aux rendez-vous de l’histoire ?

Un atelier pédagogique scientifique est réservé en priorité aux enseignants, mais il est ouvert à tous dans la limite des places disponibles. Il a pour objectif de faire mieux comprendre et mieux cerner des termes difficiles : faire justice.

Le jeudi 14 octobre 2010 se tenait la conférence justice Révolution : les hommes de justice, avec Hervé Leuwers.

Thèmes : justice moderne (d’où vient-elle ?) et histoire de la nation.

PLAN : Comment le travail d’étude peut-il être utile pour les enseignants et les élèves ?

1 – Justice ordinaire

2- Terreur et justice d’exception

3 – Changements apportés par les réformes

1 – rendre justice à la nation : l’histoire de la nation.

La justice de la nation est un héritage de 89-90 (réforme essentielle avec entrée dans la Révolution et entrée dans la justice d’Ancien régime : tout refonder, une justice sur de nouvelles bases. Avec 1789, la justice des rois deviendra la justice de la nation. Glissement d’acteur : le roi n’a plus les droits de fontaine de justice. Le roi est la justice vivante et il a le droit à la justice « retenue » exercée rarement mais de façon personnelle. En 1789, changement de logique avec la justice de la nation. Le Roi sera privé de ses droits : droit de grâce supprimé jusqu’au Consulat), les lettres de cachets disparaissent également (arbitraires). La justice doit être indépendante.

La nation doit légitimer la justice : élection des juges du siège dans le tribunal de cassation (élus) : vote en assemblée pour des gens connus … pour rendre la justice à la nation.

-jury de jugement (en sursis en 2010 ?) devant des citoyens double jury 1er jury qui dit si on passe devant un autre jury de jugement. La justice est une justice de la nation légitime et différente de celle d’Ancien régime.

  • Au civil, justice idéaliste car l’homme est bon. Les institutions rendent les hommes pervers… on encourage les procédures d’arbitrage et de conciliation ; 1er filtre : arbitrage efficace pour les querelles familiales où des arbitres décident. Décision arbitrale rendue par des parents, amis ? Mais en réalité qui choisit-on ? Des juristes ou des anonymes, tout dépend s’il y a des sous en jeu ! La médiation est tentée pour éviter un procès. Il n‘y a plus de juridictions inégales = uniformisation des districts. Une part d’idéalisme dans ce monde nouveau.



  • Au pénal : Le code pénal publié en 1791, montre que l’on ne se fait pas d’illusions :

Les crimes imaginaires (dimension religieuse) ne concernent pas les hommes (blasphème, sacrilège, magie, sodomie… cela ne concerne pas la vie des hommes.

Les crimes différents sont punis de la même manière : voleur de grand chemin risque la mort s’il tue ou pas = incitation à ne pas laisser de témoin. En bref, il faut hiérarchiser les crimes.

Le rôle du juge change. Le juge est l’organe de la loi, il n’a plus la même liberté. Il est lié à la loi, il applique la loi. Mais lorsque la jurisprudence n’existe pas, il ne sait pas comment juger (faire un référé législatif : seuls les députés font la loi). Le juge est la loi, il porte une médaille qui rappelle qu’il est là pour appliquer la loi ; ceux qui font la loi sont les hommes élus du peuple.

Au temps de la Constituante, une vision très claire de la justice : la torture doit disparaître, comme les supplices, la peine de mort est débattue. La mort sera donnée plus dignement (Robespierre hostile à la peine de mort demande son abolition). Les grands criminels peuvent être défendus contrairement à l’Ancien régime.

II – Terreur et justice

La guillotine fonctionne de façon effrayante avec la Terreur.

a- Qu’est-ce que la Terreur ? Un mot polysémique.

-1 – violence – non la violence est déjà là pour la prise de la Bastille.

- 2- moment de la Révolution française 93-94 – révolution fraternelle et fratricide – période qui lie les 2.

-3 – Terreur comme moyen. Comment expliquer des contradictions aussi nettes ? Robespierre accepte le gouvernement révolutionnaire alors qu’il était contre la peine de mort ! La République est  menacée de toutes parts (intérieur et extérieur), complot global contre la Révolution.

  • Annie Jourdan évoque une tradition de violence (guerres de religions au XVI).

Notion difficile à circonscrire et à définir : mars-avril (mise en place du Tribunal, comité de salut public… instruments) en septembre (la loi des suspects… le 9 Thermidor, on arrête Robespierre et la Terreur est finie, remplaçons-la par la justice.

b- Les rouages de la Terreur :

Les rouages de la Terreur ne constituent pas un système cohérent et construit car les acteurs sont variés : députés à Paris, députés envoyés en Province « représentants en mission » ou Comités de surveillance qui s’intéressent à l’opinion des individus, qui surveillent les étrangers en Vendée… ou encore qui vérifient les stocks des paysans : dénoncent, accusent…

C’est l’émergence d’un système coercitif contre ceux qui complotent contre la Terreur. Terreur inégale : très présente à Lyon, Nantes, Paris… carte inégale car Terreur forte où la résistance est forte. Phénomènes complexes géographiquement.

c –Pour sortir de la Terreur : Il faut abattre un crypto-royaliste car on disait que Robespierre voulait être roi. La répression s’atténue dès mars avril, des commissions et tribunaux ferment. Les exécutions sont centralisées à Paris. Mois moins violents… quelques mois furent nécessaires pour en sortir. Procès des noyés de Nantes : il faut sortir de certains choix, applications locales excessives (Carié).

  • Ces périodes d’exception sont liées les unes aux autres.

III – Hommes de justice

a- Révolution sociale : le juge élu.

-ILLUSTRATION (Musée de Vizille), le juge Lecocq dans son milieu familial (vêtement noir, médaille …) il ne renie pas son histoire, il est au service de la justice avant tout (pour le roi puis pour la nation).Les anciens avocats sont élus aux places de juge et certains juges acceptent de poursuivre la transition en tant que citoyen parmi d’autres citoyens. Ces 1ères années, malgré les violences commises, furent assez paisibles contrairement aux américains qui ont rejeté Georges III.

Les juridictions disparaissent, on les remplace et on a besoin de moins de personnel judiciaire... Reconversion. Il n’y a plus de travail.

b- Quels auxiliaires pour la justice ?

Avocat diplômé d’université qui défend ses clients.

Procureur : officiel propriétaire de sa charge … profession qui fonctionne comme une corporation

Avec la Révolution, les corporations et associations professionnelles disparaissent tout comme les ordres, et le port de la robe… Tout le monde peut être avocat. Au civil, on peut se défendre seul ou par un ami… au pénal on donne l’accès aux défendeurs officieux des bons citoyens volontaires. (Côté idéaliste) car au final les juristes y seront très présents (abus, sans cadre…) jusqu’au Consulat, le mot avocat disparaît... Les procureurs s’organisent : pétitions, réclamations. En janvier 1791, les procureurs n’existent plus, sont remplacés comme avoués, supprimés en 1793, restaurés plus tard (début 19è). On rêve d’une déprofessionnalisation de la justice.

c- Une société judiciaire régénérée : rapprochement titre et fonction exercée.

L’Etat légifère. La société va changer. Sous l’A R, les professions se disent les héritiers des romains (sénateurs et orateurs…) revendiquent titre, honneur, prestige. Au XIX, ce sont des hommes de liberté et non plus de prestige. Que nous reste-t-il ?

A l’époque consulaire et impériale : période de tri car on garde et on modifie la justice légitimée par le peuple, qui ne choisit plus ses juges, jugement par jury conservés, réformes de définition laïque du crime. Ouverture du procès. Suffrage censitaire des citoyens actifs (non actifs) 1er filtre, suffrage universel masculin, (Assemblée d’électeurs, viviers d’élus).

Les Rendez-vous de l’histoire de 2010 eurent comme thématique la justice.

Cette thématique offrait de multiples possibilités : l’histoire de la justice, des duels, de la torture, de la vengeance… (Au moyen-âge, sous la Révolution et après) mais aussi les procès et problématiques de l’histoire moderne (IVG et le procès de Bobigny, ou l’abolition de la peine de mort... De plus, la justice et les femmes, c’était aussi une histoire de femmes à travers une histoire politique des objets comme le pantalon et la jupe, (Michèle Perrot et Christine Bard). La justice est un thème complexe qui concerne le temps long et le temps court. La justice des mineurs, des politiques (de Villepin était présent). D’une façon plus légère furent abordés aussi des questions relatives à une histoire globale, un héritage émanant des westerns, l’évolution des jeux vidéo et des bandes dessinées. Les émissions radiodiffusées enregistrées en direct de la Halle aux grains eurent beaucoup de succès, et suscitèrent un vif intérêt.

Il est à remarquer qu’une navette aurait facilité la visite du château de Chambord à tous ceux qui sont venus à Blois en train. Pourquoi les organisateurs ne l’avaient-ils pas prévue ?

Enfin, je me réjouis d’avoir passé ces quelques jours à Blois, d’avoir côtoyé des historiens, des libraires, des écrivains, des enseignants et des inspecteurs provenant des quatre coins de la métropole, des journalistes de France Inter, de France 3 etc.… ce monde-là est tout-à-fait plaisant et s’affaire pour nous satisfaire.

Tout cela nous amène une fois encore à nous interroger sur la fonction de l’histoire et sur celle de la justice.

Qu’est-ce que la justice ? La justice est-elle répression ou sociabilisation? D’où vient la justice et où va-t-elle ?

A quoi l’histoire sert-elle ? Qu’est-ce que l’histoire ?

Pourquoi parle-t-on d’histoire des femmes aujourd’hui ? Et depuis quand considère-t-on que l’histoire des femmes c’est de l’histoire ? D’après certains témoignages, cela serait plutôt récent !! Les programmes changent. La société change. Il est bien que les institutions s’adaptent.

Je remercie Monsieur l’Inspecteur pour cette invitation. Ce fut un réel plaisir.

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