Dans la perspective de la révision des lois de bioéthique en juin, 82 personnalités du monde de la science ou de la culture lancent un manifeste contre la tentation de recourir à la «gestation pour autrui» et ses conséquences





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Mères porteuses : La gestation pour autrui, les pour et les contre


Qui sont les anti-GPA ?

La philosophe Sylviane Agacinski (1), l’avocate Gisèle Halimi, le professeur René Frydman (surnommé le « père », avec Jacques Testart, des bébés éprouvettes), la psychanalyste Caroline Eliacheff, le réseau Osez le féminisme, la romancière Nancy Huston…

Quels sont leurs arguments ?

Aux yeux de ses détracteurs, la gestation pour autrui constitue une instrumentalisation et une exploitation radicale du corps féminin, réduit à un « four à bébé ». Elle risque d’aboutir à une -exploitation des femmes pauvres, devenues machines à reproduire pour le bénéfice de femmes riches. Elle s’apparente à de la prostitution, où le service érotique est remplacé par un service procréatif. Pendant neuf mois, elle provoque une aliénation de la femme « gestatrice », soumise au contrôle -sanitaire des agences et des parents d’intention. Elle organise un abandon d’enfant en niant les échanges émotionnels profonds qui se construisent, pendant la grossesse, entre le fœtus et la mère. Elle se situe dans une logique ultra-libérale où, au nom de la liberté, on n’admet plus de limite aux désirs individuels. Elle institue le « droit à l’enfant », droit qui n’a aucune légitimité philosophique. Elle fétichise la transmission génétique et transforme l’enfant en objet de transaction. Elle peut aboutir à un futur assez effrayant, où des femmes en coma végétatif feront office de mères porteuses. Ce n’est pas parce qu’elle est légale dans d’autres pays qu’il faut faire la même chose en France, au contraire : on doit militer afin que cette pratique soit interdite à l’échelle planétaire.

Qui sont Les pro-GPA ?

Les philosophes Elisabeth Badinter et Ruwen Ogien, les politiques Nadine Morano et Noël Mamère, les psys et socio-logues Geneviève Delaisi de Parseval (2), Antoinette Fouque, Elisabeth Roudinesco et Irène Théry, les gynécologues obstétriciens David Elia et Israël Nisand…

Quels sont leurs arguments ?

Pour les partisans de la gestation pour autrui, plutôt que de crier à l’apocalypse et à la barbarie, il vaudrait mieux organiser et encadrer une pratique qui constitue le seul espoir des couples dont la femme est privée d’utérus. Selon eux, toutes les études démontrent que, loin d’être une malheureuse victime, une femme peut décider en toute conscience de porter un enfant pour une autre sans souffrir de troubles psychiques. Il y a d’ailleurs bien plus de dépressions post-partum après une naissance naturelle qu’après une naissance par GPA. C’est une vision profondément naturaliste et réductrice que de survaloriser la grossesse et de l’assimiler à la maternité. Devenir mère est d’abord un processus de maturation psychique qui ne se calque pas sur la grossesse. Ils jugent scandaleux de comparer la GPA à de la prostitution. Dans les pays développés, les « gestatrices » ne sont pas de misérables femmes exploitées par des femmes riches et qui se prêtent à un acte qui les révulse. Au lieu de dénoncer une « fétichisation du génétique », comment ne pas comprendre qu’un couple cherche d’abord à avoir un enfant issu de ses gènes ? Sur le plan psychologique, il est plus simple d’expliquer à un enfant qu’il a été porté par une « nounou » que de lui faire comprendre qu’il est issu d’un don d’embryon, pourtant permis en France. Il vaudrait mieux autoriser au cas par cas la GPA que d’en rester à une interdiction totale qui perpétue le « tourisme procréatif » dans des conditions hasardeuses.

1. Auteure de « Corps en miettes » (éd. Café Voltaire/Flammarion).

2. Auteure de « Famille à tout prix »  (éd. Seuil) et coauteure d’« Un possible enfant, Témoignages » (éd. Télémaque).


Mères porteuses : « Je sentais que ces bébés qui poussaient dans mon ventre étaient les miens »


Gayle, 49 ans

Psychologiquement fragile, Gayle a mis au monde des jumelles pour son frère et son compagnon. La naissance a eu lieu en octobre 2006 dans le New Jersey, Etat où la GPA n’est pas légalisée. Son histoire illustre les dérives d’une GPA « sauvage ».

Courant 2005, mon frère Don et son copain, Sean, m’ont convaincue de porter leur enfant, en me promettant que je pourrais m’en occuper. Ils sont venus me voir et ont essayé de m’inséminer avec une seringue remplie du sperme de Sean. Ça n’a pas fonctionné. Ils m’ont donc fait venir chez eux dans le New Jersey. Don m’a loué une maison et confié un boulot dans sa société. Je me suis retrouvée isolée et dépendante financièrement de lui. En novembre 2005, on est allé dans une clinique de fécondation in vitro. a gynécologue ne m’a pas posé de question. C’était « business, business ». Elle a estimé qu’on ne pouvait pas utiliser mes ovules, parce que j’étais trop âgée, et a préconisé de réaliser une fiv avec le sperme de Sean et l’ovule d’une donneuse. Sean me faisait les injections d’hormones pour préparer mon utérus.

La veille du transfert d’embryon, Sean et Don m’ont tendu un contrat qu’il fallait que je signe sinon la gynéco refuserait de continuer. J’ai signé sans lire : j’étais convaincue que cet enfant serait aussi le mien… Ce n’est qu’à la fin de ma grossesse que je l’ai lu. Il me désignait comme « utérus porteur », précisait que je ne figurerais pas sur le certificat de naissance et que Don serait reconnu comme « mère adoptive » ! On m’a implanté deux embryons. La grossesse a été horrible. J’ai pris plus de 30 kg, et on a découvert que je souffrais d’hypertension. J’ai failli mourir. Don et Sean me traitaient de « pauvre conne geignarde »…

J’étais piégée, effondrée, incapable de réagir. Je sentais que les bébés qui poussaient dans mon ventre étaient les miens, je leur parlais, je les aimais déjà. Les jumelles sont nées très prématurées. En couveuse, je leur apportais mon lait, changeais leurs couches… A leur sortie de l’hôpital, Don et Sean les ont récupérées et m’ont progressivement empêchée de les voir. Mon frère m’a licenciée, et je me suis retrouvée sans rien. J’ai porté plainte en mars 2007. La justice a statué que le contrat n’avait aucune valeur, que je suis la mère légale des enfants. On en est là. Je vis toujours dans le New Jersey. Après tout, Don est le père de mes filles.
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