Le rituel monarchique en France (1515-1789) : un discours constitutionnel ?





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SANGIORGIO Léa

L3 Histoire

Thématique : Idées et pratiques politiques des Temps Modernes.


Le rituel monarchique en France (1515-1789) :

Un discours constitutionnel ?



Portrait d’Henri IV, premier monarque de la dynastie des Bourbons. (1589-1610)


Source de l’image : http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:HenriIV.jpg

Le rituel monarchique en France (1515-1789) : un discours constitutionnel ?



  • Introduction :


Depuis que le pouvoir existe, le rite politique et d’Etat existe également. Même si entre hier et aujourd’hui les manifestations des rituels, et des cérémonies ont changés. Nous allons donc étudier les rites monarchiques en France de l’Ancien Régime. Mais avant tout qu’est-il entendu par rite ? Ainsi que par discours constitutionnel ? Selon le Grand Larousse Universel, un rite est un ensemble de règles qui fixent le déroulement d’une cérémonie. Les mots rite et rituel s’utilisent indistinctement. Quant au discours, c’est une manifestation écrite ou orale d’un état d’esprit. Mais comment peut-il se rattacher au terme constitutionnel ? Ce terme est un adjectif relatif à la constitution, à l’organisation de quelque chose. Donc le discours constitutionnel vise ici à constituer, organiser un état d’esprit monarchique, par les rites. Manifester le pouvoir royal par l’organisation de cérémonies ritualisées.

Ensuite, qu’est-ce que l’Ancien Régime ? De 1515 à 1789, c’est surtout la succession de pouvoirs différents : de François Ier à Louis XIII c’est une période marquée par la transition et l’évolution, entre le moyen-âge et l’absolutisme de Louis XIV. C’est le moment où le pouvoir monarchique et absolutiste se cherchent, dans un contexte de trouble avec les guerres de religion, les guerres européennes notamment avec l’Espagne, mais aussi les divers autres troubles intérieurs : révoltes, mauvaises récoltes, problèmes économiques… Sans oublier la transition agitée entre la dynastie des Valois et celle des Bourbon, lors de la succession du pouvoir royal en 1589 d’Henri III à Henri de Navarre, protestant. Cette transition marque le passage entre un roi au pouvoir affaiblit, vers Henri IV qui fait grandir son pouvoir lors de son abjuration et lors de l’Edit de Nantes. A partir du règne d’Henri IV le pouvoir politique change et tend à l’absolutisme, malgré des temps difficiles de régence. Ce qui permet l’apogée des Bourbon et de l’absolutisme avec Louis XIV. Notamment amorcée par la politique, absolutiste, de Richelieu sous le règne de Louis XIII. Après 1715 suit une période de déclin, où le pouvoir n’a plus la grandeur et le rayonnement Louis Quatorzien, et où le pouvoir devient plus privé et se fait fragile, se traduisant par une présence royale différente… jusqu’en 1789 et la Révolution française, qui signe alors la fin d’une monarchie bourbonienne et absolutiste et qui se voulait héritière d’un riche XVIIème siècle. Donc dans ce contexte et sur cette longue période, comment le rituel monarchique institue la société ? Et comment le rituel monarchique se manifeste ?
Nous allons donc étudier ces questions, autour des axes suivants :


  • Plan :




  1. Des cérémonies bien réglées.

  1. Les cérémonies transmission, au caractère religieux.

  2. Les cérémonies d’affirmation, au caractère profane.

  3. Hiérarchiser et légitimer.




  1. Le pouvoir en représentation.

  1. Un glissement des cérémonies du public au privé : la Cour.

  2. Le rôle de l’information et du mysticisme politique.

  3. Résistances et limites au pouvoir politique lors des cérémonials.




  1. Panorama des cérémonies monarchiques.


Pour commencer nous allons tenter de définir chaque cérémonie, et de traduire sa signification politique. En étudiant alors comment se manifeste le rituel monarchique, il s’est rapidement montré qu’il était plutôt question de plusieurs rituels. Ainsi, il y a avant tout :


    1. Les cérémonies de transmission, au caractère religieux.


Ce type de cérémonies est constitué, des funérailles et du sacre. C’est dans ce sens que l’on peut parler de transmission du pouvoir, lors des funérailles puis lors du sacre. Cependant, avant de parler de rites et cérémonies, plus en détail, notons que toute cérémonie suppose à la fois, la présence d’une autorité qui l’organise, et la présence de spectateurs auxquels elle est destinée. Mais, également, que les effets des rites n’existent que si l’on suppose l’adhésion massive et spontanée du public. Le statut du spectateur est donc primordial et central.


    1. Les funérailles


Les funérailles sont des cérémonies solennelles accomplies pour l’enterrement de quelqu’un. C’est un acte commun, tout le monde y a droit, et tout le monde met en forme les funérailles qu’il souhaite pour sa mort. Chez les souverains, français et même européens, les funérailles sont un moment très précis, que l’on intègre dans les rites et les cérémonies les plus importantes.
Les funérailles royales ont un protocole à observer : ainsi dans un premier temps le cercueil contenant la dépouille est exposée dans une salle d’apparat, symboliquement tendue de noir. Puis au bout de quelques jours, les tentures noires tombent pour laisser place aux couleurs d’or et d’azur ; et sur un lit de parade est exposé une effigie du roi, ayant le visage exact du défunt et les yeux ouverts. L’effigie est revêtue de vêtements royaux, et porte sur sa tête et dans ses mains les insignes de la royauté. Durant ces périodes de deuil et de recueil, la maison royale, constituée de ses officiers domestiques, continue symboliquement de servir sa majesté. Plus le défunt était puissant, plus les offices et messes sont importantes.

Ces deux temps durent quarante jours en tout, puis le cercueil réapparaît. Dépouilles et effigie sont alors conduite ensemble, par un long cortège du lieu de décès jusque Notre-Dame de Paris, puis toues deux sont transportées toujours en cortège jusqu’à Saint Denis. C’est à Saint Denis que le roi est enterré et que la passation de pouvoir peut être accomplie.

A Saint Denis le cercueil est descendu, dans la crypte, auprès des restes de autres rois défunts. Se trouve alors au bord de l’ouverture du dallage, l’ensemble des officiers de la maison royale. Tous ces officiers lors de la mise en terre, abandonnent avec le cercueil les signes de leur fonction, et tout particulièrement le bâton de commandement que le roi leur avait confié. Le bâton est alors brisé et jeté dans la crypte, tandis que l’étendard est abaissé et l’épée maintenue pointe en bas. Le Grand Amiral crie alors « Le roi est mort », répété trois fois pas le Hérault d’armes, puis l’étendard et l’épée sont relevés, et le Grand Amiral proclame alors « Vive le roi », en y précisant le nom du successeur. Le Hérault d’armes lui fait de nouveau écho par trois fois. C’est le moment précis de passation de pouvoir par cette phrase « Le roi est mort… Vive le roi », où le roi meurt, contrairement au pouvoir et à la dignité, qui se transmettent. C’est aussi le moment, où le nouveau roi qui avait pris part aux funérailles en temps que fils, peut se montrer en public en tant que roi. Le nouveau souverain se montre enfin, il est l’incarnation du pouvoir royal, même s’il avait déjà commencé à gouverner s’il en avait l’âge.
Selon Frédérique Leferme-Falguières, la question des funérailles royales est complexe, parce qu’elle renvoie à la fois à une histoire de la sensibilité face à la mort, et à des conceptions politiques mettant en jeu l’image de la monarchie. Ainsi dans l’histoire de l’appréhension de la mort, il y a deux phases, qui est alors en lien à l’évolution des pratiques funéraires. On marque une première période de 1580 aux années 1730, où les crises démographiques deviennent cycliques, marquant surtout l’ensemble du XVIIème siècle. Cette période de crise, développe l’ostentation funéraire et le goût du macabre, qui se traduit essentiellement chez les élites, par l’apothéose des pompes funèbres. Puis des années 1730 à la veille de la Révolution française, la mortalité reflue et se développe alors un sentiment plus intime face à la mort, refusant en partie le cérémonial lié aux funérailles. Les funérailles royales se développent largement au XVème et XVIème, devenant une cérémonie de la première importance, manifestant à la fois la continuité monarchique et la force du principe dynastique. Mais à partir des obsèques simples et sans effigies de Louis XIII, le rituel des obsèques royales est en partie abandonné, et la cérémonie perd de fait sa puissance symbolique et son importance politique. En fait 1643 marque une rupture, alors dans la période d’apothéose des pompes funèbres. C’est qu’en fait le pouvoir royal change de forme, ceci déjà lors de la mort d’Henri III. Pour mieux comprendre cette transformation des funérailles, nous allons nous intéresser à celles d’Henri IV et de Louis XIII.

Concernant Henri IV, les funérailles respectent les grandes étapes formelles du cérémonial, c’est en fait le contexte qui en est transformé. En effet, cet évènement doit ouvrir un cycle cérémoniel, qui s’ensuit par le sacre du nouveau roi, le l’entrée royale puis le lit de justice inaugural. Or en 1610 ce cycle et bouleversé, parce que les funérailles ne constituent plus la cérémonie inaugurale. C’est, en fait, le lit de justice qui la remplace. Ce fait est lié au contexte de régence de Marie de Médicis, puisque le jeune Louis XIII est encore trop jeune. La régente décide alors la tenue d’un lit de justice, lui assurant la régence plus impérative que les funérailles de son mari. En fait l’utilité politique des funérailles n’apparaît plus, c’est donc la crise du cérémonial d’Etat et l’inversion de son déroulement. Puisque jusque là les funérailles, permettait la continuité et la transmission du pouvoir royal, remplacé dès lors par un cérémonie profane. C’est également le rôle de l’effigie qui perd son sens, puisque cela représentait le roi vivant jusqu’à la fameuse phrase « Le roi est mort… vive le roi » donnant le pouvoir royal au successeur. Et durant toute cette période de vacance du pouvoir, le successeur se tenait en retrait et c’était le chancelier et les officiers de la couronne qui assuraient la continuité du pouvoir. Ceci en même temps que le roi, s’il était majeur. C’est ce que Giesey appelle l’« interrègne ». Or en 1610, Louis XIII apparaît au lit de justice en majesté et en pleine possession de ses attributs, et c’est dans la Grand’Salle du parlement de Paris que retentit « Vive le roi ». La passation de pouvoir a glissé du religieux au civique. C’est donc tout le rituel des funérailles qui changent de sens, et perd toute signification politique. La passation de pouvoir par le parlement se fait pour Louis XIII, mais il en est de même pour Louis XIV.

Quant aux funérailles de Louis XIII, elles n’ont plus rien de commun avec les rites funéraires de ses prédécesseurs. Le premier élément à noter, c’est qu’entre la mort du souverain, et l’inhumation s’écoule seulement cinq jours. Le roi meurt le 14 mai 1643, il est alors exposé vingt-quatre heures à visage découvert, puis trois jours dans son cercueil dans une chambre de parade. C’est donc l’abandon de l’effigie, qui incarnait la continuité monarchique, et la supprimer marque donc une évolution des conceptions politiques. Ensuite le corps est transporté à Saint-Denis sans passer par Notre-Dame de Paris, donc sans procession et service solennel « traditionnel ».

En fait, désormais, les deux corps du roi n’existent plus par l’effigie, ainsi le nouveau roi devient pleinement roi à la mort de son prédécesseur, et la succession est immédiate. Le rituel des funérailles royales change, donc, de sens à partir de ces deux dates.

    1. Sacre


Intéressons-nous maintenant au rituel du sacre royal. Le modèle de déroulement est l’Ordo de 1250 et de 1365. Michèle Fogel, parle alors d’un « schéma » de déroulement, qui comporte six étapes majeures. La cérémonie commence déjà quelques jours avant la réelle cérémonie du sacre et d’intronisation, par une joyeuse entrée à Reims du nouveau roi, où il reçoit les compliments du corps de ville. Notons juste que seul Henri IV n’a pas été sacré à Reims car aux mains des ligueurs, son sacré s’est donc fait à Chartres. Ensuit, la veille du sacre le roi est présent à deux offices, et se confesse ensuite. Tout ce processus précédent le sacre c’est ce que l’on appelle la cérémonie préparatoire au sacre, de la même manière que la cérémonie préparatoire à l’ordination des prêtres. Rappelant de fait que le roi est le premier prêtre de France.

La cérémonie préparatoire continue pour le roi, et la nuit précédent son sacre, il est au palais épiscopal, étendu sur un lit de parade. Il doit alors veiller et prier. Ce n’est qu’à l’aube du jour que la cérémonie à proprement parler commence, par le réveil du roi par de deux des douze pairs présents au sacre. Après un réveil suivant des règles précises, les deux prélats lèvent le roi et l’emmènent en cortège à la cathédrale, où depuis six heures du matin tous les participants y sont présents. Le souverain est installé sur une estrade devant l’autel, entouré des principaux acteurs du sacre, c'est-à-dire, l’archevêque de Reims (ou de Sens si celui-ci est trop vieux), les douze pairs composés de six ecclésiastiques et de six laïcs, ainsi que certains grands officiers de la maison du roi. Les pairs étaient auparavant les grands ducs de France. Vient alors le moment des serments, où en premier lieu le roi s’engage à protéger l’Eglise et à respecter ses bénéfices. C’est seulement lors du serment vis-à-vis de l’Eglise que l’archevêque l’interroge, et c’est ensuite que « le peuple », constitué en majorité par la fine fleur de la noblesse, accepte le roi. Pour cela le roi est soulevé de sa chaise et on demande à l’assistance si elle l’accepte pour roi. C’est le silence de l’assemblée qui vaut comme un consentement unanime. Ce rituel, est en fait censé rappeler le caractère électif de la monarchie à ses origines, mais dont il ne reste qu’un simulacre, puisque « le peuple » présent c’est la noblesse. Donc le consentement n’a aucune valeur. D’autant, qu’il faut noter, que cette approbation précède le serment du royaume, ce qui signifie, que l’approbation n’est pas subordonnée aux engagements du roi… alors que le couronnement subordonne l’engagement fait à l’Eglise.

Suit donc le serment au royaume, où le roi promet au peuple de faire régner justice et miséricorde, et depuis la guerre de Cent Ans, le roi promet de maintenir l’inaliénabilité du royaume.

La cérémonie se poursuit par l’onction, où le roi est véritablement sacré au sens fort du terme. L’onction se fait sur neufs partis, nobles, du corps du roi ; dont la tête, la poitrine, et les bras. Le roi devient, alors, l’« oint de Dieu », et le seul prêtre laïc du royaume. L’huile sainte, confère au roi de France une qualité unique, possible par une transformation radicale de sa personne. Ce fait est également matérialisé, avant et après l’onction par la remise d’ornements royaux, qui a pour but de souligner la métamorphose et amplifier la ritualisation de l’évènement. Avant il reçoit les bottines, les éperons et l’épée, et reçoit après l’onction les vêtements sacerdotaux, ainsi que le manteau royal, sans oublier les gants et l’anneau qui symbolise l’union mystique entre le roi et son royaume. Cet insigne marque en fait le lien entre les fonctions religieuses et politiques de la cérémonie, puisque la remise précède, celle des ornements royaux marquant les pouvoirs régaliens, c'est-à-dire, la main du justice et le sceptre.

C’est alors le moment du couronnement, qui est une marque plus politique du sacre, que tout ce qui a précédé, puisque c’est le chancelier qui appelle les six pairs laïcs et les cinq pairs ecclésiastiques (il manque l’archevêque premier de ses pairs, mais qui n’est pas appelé car il est l’officiant), afin de couronner le roi. Mais lors de ce couronnement les pairs de font que soutenir la couronne, qui n’est posée que par dieu symboliquement représenté par l’oraison prononcée au même moment par l’archevêque. C’est le moment où le religieux reprend le pas sur le politique. Le couronnement est suivi par la montée au jubé, sur lequel est installé le trône royal. Il s’agit de montrer le roi sacré et couronné, de le donner à voir en majesté, en portant tous les ornements symbolisant sa puissance. C’est alors une image volontairement figée et solennelle de la monarchie. L’intronisation est en fait le point d’orgue du rituel et la scène se rompt par l’acclamation de l’archevêque « Viva Rex », c'est-à-dire vive le roi, et les portes de la cathédrale sont ouvertes au même moment. C’est la célébration de la majesté, et l’intronisation se termine par l’acclamation, par un lâcher d’une dizaine d’oiseaux, et par la distribution de jetons ou médailles, manifestant la largesse royale.

Enfin, afin de clore la cérémonie, vient l’heure de la messe, et du Te Deum un chant de louange et de remerciement à Dieu. Le Te Deum, apparaît comme une manifestation politique du pouvoir royal, parce qu’il sert de publication officielle d’un évènement, et de célébration politique de ce même évènement. Dans le sacre, le Te Deum prend une signification particulière, exaltant la gloire monarchique, lui donnant une caution religieuse supplémentaire, et faisant apparaître l’ensemble de la cérémonie comme un don de dieu. Le Te Deum, est alors le chant de triomphe du roi, élu de Dieu et non des hommes.

Concernant la messe, elle est caractérisée par la présentation des Evangiles au roi, par la remise des offrandes à l’Eglise, où le roi reçoit le baiser de paix de l’Eglise et donne le baiser de paix aux pairs, et enfin par la communion du roi. La communion est faite sous les deux espèces du pain et du vin, privilège réservé aux prêtres que le roi partage avec eux le jour de son sacre. Les autres jours de fêtes saintes, le roi ne pourra communier que sous une seule espèce, le vin. C’est alors le moment, où le roi scelle son union avec l’Eglise. Et le soir est organisé un festin royal dans l’archevêché de Reims.

Il faut noter que lors du sacre, le roi apparaît au début de la cérémonie habillé pauvrement, pour être vêtit au fur et à mesure de la cérémonie, car en fait c’est étroitement lié aux différents moment qui font de lui le roi. Ainsi à la fin de la cérémonie le roi apparaît en roi, avec tous les signes qui l’en distinguent.
Dans le rituel du sacre, les changements notables, sont surtout concernant la nuit précédent le sacre. En effet pour la première fois avec Charles IX en 1563, et définitivement avec Louis XIII, le roi n’a plus besoin de veiller et prier, il peut dormir. C’est possible, par un changement des conceptions politiques. Pour cela observons le réveil de Charles IX, de Louis XIII. Lorsque, les douze pairs, vont réveiller Charles IX ils demandent « Où est notre nouveau roi que Dieu nous a donné pour régir et gouverner ? », le prince présent à ses côtés répond qu’il repose. C’est alors que le cardinal de Lorraine prend la parole au nom de tous les pairs, afin d’assurer leur foi et fidélité au nouveau roi, et de le « supplier » de se rendre à la cathédrale. On peut donc voir un dialogue insistant sur la nature des liens féodo-vassaliques entre le roi et les anciens pairs. Le rituel, disparaît pour Henri III et Henri IV, et resurgit avec Louis XIII. Désormais ce ne sont que deux pairs qui partent réveiller le roi, et demandent à la porte de la chambre du roi : « Louis XIII, fils d’Henri le Grand », mais face à aucune réponse, ajoutent : « Louis XIII que Dieu nous a donné pour roi ». Ces deux répliques montrent que les conceptions politiques ont changé, on voit que l’on insiste sur la notion de dynastie et de transmission du pouvoir, qui fait du roi le roi légitime. Ces changements sont à mettre en corrélation avec le changement de signification des funérailles royales, d’Henri IV, où le jeune Louis XIII est légitimé par le parlement de Paris. Cela montre que les conceptions politiques évoluent, et se traduisent de manières générales dans les cérémonies religieuses. Mais les liens entre le roi et l’Eglise restent inchangés, par les serments ?
Nous avons donc vu ici les cérémonies de transmission, au caractère religieux. Voyons à présent :

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