Résumé : La présente contribution étudie les représentations sociales des éléments de nature sauvage et de nature domestique à Grenoble.





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Le citadin et la nature : entre représentations et pratiques sociales de la nature sauvage et domestique à Grenoble


The city dweller and the nature : between representations and social habits of the natural and urban environments in Grenoble

Anthony TCHEKEMIAN

Institut de Géographie Alpine - Grenoble I

UMR 5194 CNRS Pacte - CERMOSEM - Territoires

a.tchekemian@free.fr
Résumé : La présente contribution étudie les représentations sociales des éléments de nature sauvage et de nature domestique à Grenoble. Dans un premier temps, l’analyse montre l’influence des montagnes sur les représentations sociales de nature des grenoblois. Ensuite, elle explique pourquoi les éléments de nature domestique sont révélateurs d’assise socioculturelle et procurent à la ville et à ses habitants, outre une qualité de vie, un refuge physique et cognitif.

Mots-clés : Grenoble, représentations, natures sauvage et domestique, montagne, espaces urbains végétalisés.

Abstract : The present article looks at the social representations of the natural and urban environments present in and around Grenoble. The study shows the influence of the mountains on the Grenoble people's social representations of nature. Next, it attempts to explain why elements of urban nature reflect social-cultural needs and provide the city and its inhabitants as well as quality of life, with physical and cognitive security.

Keyword : Grenoble, representations, natural and urban environments, mountains, urban spaces vegetalized.

A Grenoble, que ce soit par la visibilité des montagnes depuis la ville ou l’implantation des espaces urbains végétalisés1, la nature est présente en ville. Afin de différencier ces deux sources de nature, nous qualifierons la nature originaire des montagnes, de sauvage, et celle intentionnelle des espaces urbains végétalisés, de domestique. Cette association d’éléments de nature crée une corrélation entre nature sauvage et domestique rendant les montagnes et les espaces urbains végétalisés révélateurs d’assises socioculturelles et de qualité de vie en ville.
L’enjeu du présent questionnement est de saisir comment les grenoblois2 se représentent et utilisent les espaces urbains végétalisés. En d’autres termes, considèrent-ils ces espaces comme des lieux de nature, et sont-ils constitutifs des éléments de nature de Grenoble ? D’un point de vue opératoire, comment la situation géographique de Grenoble et la présence d’éléments naturels environnants influencent-elles les représentations et les pratiques des citadins sur les espaces végétalisés de Grenoble ?
Cette problématique s’articule donc autour trois axes de recherche. Le premier aborde deux faits liés à l’activité humaine : tout d’abord le fait que l’homme compose avec l’érème, la nature sauvage, originaire, en vue de son développement, le suivant témoigne de son attachement à l’écoumène3, la nature domestique. Le second axe démontre que l’histoire de Grenoble est indissociable de l’investissement social engendré par la montagne et de l’intérêt des citadins suscité par les espaces urbains végétalisés. Enfin, le troisième traite de l’influence des montagnes sur les représentations et les différences d’appropriation des espaces urbains végétalisés selon le sexe des personnes rencontrées.

I. Ville dans nature, nature en ville


A. La nature sauvage civilise




La territorialité de l’espèce humaine est multiforme donc difficile à évaluer. Depuis l’acte de marquage qui consiste à planter un drapeau, jusqu’à la mainmise hégémonique sur des continents entiers, les formes de cette territorialité dépendent de la structuration des sociétés humaines, de leur statut culturel et relèvent du régime démographique. Ce qui pousse l’homme à s’approprier la nature, est son besoin d’accaparer l’espace à son usage. « L’emprise de l’homme sur son environnement se fonde sur l’appât du gain » (LAVERGNE, 1999) et cet acte le place parmi les espèces animales socialements dominantes.
Le contrôle du territoire devait donc se faire d’en haut, grâce aux montagnes, observatoires naturels qui ont accompagné l’homme dans son développement. Ce fait n’est pas étranger au mythe de la montagne, siège des puissances visibles ou invisibles que l’on retrouve dans maintes civilisations, comme par exemple les monts sacrés de l’hindouisme et du taoïsme, le mont Sinaï où Moïse reçut de Yahvé le décalogue, le mont Ararat où l’arche de Noé s’échoua, l’Olympe résidence des dieux grecs, etc. Le Nouveau Testament relate que le démon tente Jésus en le transportant sur une haute montagne. La montagne n’a donc jamais laissé l’homme indifférent, elle a une place forte dans les civilisations si bien que beaucoup de pays, de peuples, de villes ont une montagne liée à leur identité.
A Grenoble, les massifs de la Chartreuse, du Vercors et de la chaîne de Belledonne entourent l’agglomération. De ce fait, de nombreuses personnalités ont valorisé le patrimoine naturel Dauphinois. C’est le cas des célèbres peintres, Marie Laurencin, l’abbé Cales, de grands écrivains comme Stendhal, De Maistre, et d’intrépides explorateurs tels que Lionel Terray, Haroun Tazieff, etc. L’environnement montagnard des trois massifs alpins est fortement associés à l’image de Grenoble et contribue inévitablement à la singularité de la ville. Aussi, dans le domaine de la géographie, le récit de chercheurs est abondant. Paul Dreyfus4, Paul Veyret5, Pierre Frappat6 et Bernard Debarbieux7 définissent la naissance de Grenoble soit comme la conquête d’une terre élue, soit comme une communauté humaine isolée de l’extérieur par les montagnes. Grenoble est « socialement rattachée à des figures émanant des représentations collectives » dont la montagne est le point de départ (BOUMAZA, 1997). Ainsi des symboles et valeurs se rapportant à la montagne ont construit le mythe de la ville, qui par ses représentations collectives du rapport nature/culture, alimente un certain chauvinisme grenoblois. L’utilisation d’expressions linguistiques contemporaines le confirme, par exemple « l’Y grenoblois », « la capitale des Alpes », « la cuvette ». Ou encore cette citation attribuée à tort à Stendhal8 : « Au bout de chaque rue, une montagne ». Tout ceci confirme l’influence et l’inépuisable source d’inspiration des montagnes à travers le temps. Ainsi à Grenoble, la symbolique de la nature prend d’autant plus d’ampleur que la ville est associée aux montagnes environnantes. Dans une revue locale PILAUD (2000) annonce la création à Grenoble d’un espace de communication et de réflexion sur les activités en montagne, nommé « La Maison de la Montagne ». Par l’implantation de ce lieu associatif, nous y voyons un symbole fort, celui d’importer l’image de la montagne dans le centre ville (Cf. document 1).

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