Avant-propos





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Un parfait bouc-émissaire


« Qui était Jésus? Ça, mon pote, demande plutôt à René. » (Jean-Marie Gassio,  Brèves de comptoir, 1987, Michel Lafon, p. 52).

« Aaron posera les deux mains sur la tête et confessera à sa charge toutes les fautes des enfants d'Israël, toutes leurs transgressions et tous leurs péchés. Après en avoir ainsi chargé la tête du bouc, il l'enverra au désert sous la conduite d'un homme qui se tiendra prêt, et le bouc emportera sur lui toutes les fautes dans un lieu aride » (Lévitique, 16, 5-10).

La charge virale…

« Il reste coutumier d’appeler virus (au sens ancien de substance « virulente ») l’agent du contage d’une maladie transmissible même s’il s’agit d’une bactérie (tuberculose, syphilis, choléra), d’un parasite (paludisme, toxoplasmose, gale), ou d’un autre agent (comme le prion), plutôt que d’un virus au sens technique du terme (il s’agit d’un virus au sens technique dans grippe, rougeole, fièvre jaune, dengue, sida, herpès, hépatite B ou C, etc.). » (Andler, Fagot-Largeault et Saint-Sernin 2002, 1236)

Il est à noter que le concept de parasite a une connotation péjorative qui le prédispose à devenir un bouc-émissaire, et l’éloge qu’en a fait Martial il y a deux millénaires était (bien) paradoxal.

René Girard

Luc-Laurent Salvador

Loin de moi de considérer les virus comme des victimes ! Les victimes sont les malades, les consommateurs de médicaments et les financeurs, souvent contraints légalement, par les impôts, les assurances maladies obligatoires. Et les bourreaux sont ceux qui cherchent à s’enrichir sur la santé des autres, des firmes, des « experts », des spéculateurs (qui s’appellent « actionnaires »)..

Construction sacrificielle de la réalité (Salvador)


C'est toujours cette même construction sacrificielle de la réalité

Causalité et corrélation

Absence de preuve versus preuve de l’absence

Paradigme scientifique et science normale


« Cela m'intéressait d'introduire le côté exact et précis de la science, cela n'avait pas été souvent fait. Ce n'est pas par amour de la science que je le faisais; au contraire, c'était plutôt pour la décrier, d'une manière douce, légère et sans importance. Mais l'ironie était présente. »

Marcel Duchamp, dans Pierre Cabanne, Entretiens avec Marcel Duchamp, Belfond, 1967, réédition en 1995 par Somogy, Éditions d'Art, Paris, p.65

Conceptions rationalistes (Carnap et Popper)


Rudolf Carnap proposa de considérer comme critère de la scientificité d’une assertion sa vérifiabilité, par l’expérience.

Karl Popper réfuta cette conception : une assertion scientifique est d’autant plus intéressante que ce qu’elle dit est universel, et on n’aura jamais fini de la confirmer. Il propose à l’opposé de Carnap le critère de réfutabilité : une assertion est scientifique si est bien déterminé l’expérience qui la réfuterait.

Conception sociale (Thomas Kuhn)


Thomas Kuhn, physicien avant de devenir philosophe des sciences (épistémologue), constate que cette conception idyllique de la science n’est pas sa pratique réelle.

Une expérience contradictoire avec une théorie bien établie, admise par la communauté scientifique aura plus de chance d’être négligée, écartée, que de faire effondrer la théorie.

Ce que Bruno Latour appelle « boîte noire », c’est « ce sur quoi on n’a pas à revenir, ce qui est tenu pour évident (p. 55). Autrement dit, c’est le dogme, ou ce qui est devenu irréfutable.

« L’activité de laboratoire semble en effet moins orientée vers la recherche de la vérité que vers la production d’articles scientifiques, où il s’agit de mobiliser les bonnes les bonnes « inscriptions » pour convaincre les pairs. », les « inscriptions » étant les « traces, tâches, points, histogrammes, nombres enregistrés, spectres, pics… ». « B. Latour et S. Woolgar décrivent les scientifiques comme des «investisseurs en crédibilité», concept désignant à la fois la reconnaissance par les pairs et la capacité à produire des résultats crédibles. » p. 52

« Des actants disparates, aussi bien humains que non humains, s’unissent, font converger leurs volontés, et semblent agir comme un seul homme » (p. 52)

« un résultat de recherche ne « tient » jamais seul, il a besoin d’être soutenu collectivement. « Le sort d’un énoncé est donc entre les mains des autres locuteurs, qu’il doit intéresser […] Vous pouvez avoir prouvé que la lune est un fromage, cet énoncé ne sera un fait que si d’autres le répètent et le croient. » (p. 53, citant Bruno Latour, « Les « vues » de l’esprit : une introduction à l’anthropologie des sciences et des techniques », dans Madeleine Akrich, Michel Callon et Bruno Latour, Sociologie de la traduction. Textes fondateurs, Presses de l’école des Mines, 2006)

« dès qu’un acteur dit « nous », voici qu’il traduit d’autres acteurs en une seule volonté dont il devient l’âme ou le porte-parole. Il se met à agir pour plusieurs et non pour un seul. Il gagne en force, Il grandit. » (p. 56, citant Michel Callon et Bruno Latour, « Le grand Léviathan s’apprivoise-t-il ?», dans Madeleine Akrich, Michel Callon et Bruno Latour, Sociologie de la traduction. Textes fondateurs, Presses de l’école des Mines, 2006)

Xavier Molénat : « Bruno Latour et la nouvelle sociologie des sciences », dans Sciences Humaines, N° 221, décembre 2010, p. 52-57.

« Cela fait longtemps que les études de sciences sont spécialisées, mais aujourd'hui je crois que la spécialisation frappe à l'intérieur même des disciplines. Comme dit l'historien des sciences Gerald Holton, les experts d'un sujet de pointe « chassent en meute », et le groupe se maintient grâce aux interactions rapides entre tous ceux qui courent dans la même direction, en évitant tout ce qui pourrait ralentir, c'est-à-dire faire penser. C'est en cela que la science actuelle est pour moi décevante : elle produit de moins en moins d'intelligence collective. J'entends par là une conscience des multiplicités et une pratique des échanges frontaliers qui font que, lorsqu'on étudie une question, on sait qu'elle intéresse d'autres groupes et on l'aborde sur un mode qui n'ignore pas l'intérêt des autres, qui ne rêve pas de les disqualifier, qui leur permet d'intervenir. Ce type d'intelligence est victime des modes de production scientifique dominants. »

Isabelle Stengers , entretien avec Élisa Brune: « Et si un jour les sciences devenaient civilisées... », (Stengers 2003 67) dans La Recherche, N°367, septembre 2003, p. 67-70

http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=4685 ou http://www.elisabrune.com/pdf/Stengers.pdf

Roger Guillemin, Prix Nobel de Médecine 1977, « La science n'est pas un four auto-nettoyant"...

« Nous assistons aux derniers soubresauts d'une Science de Guerre Froide, mobilisée contre la religion, contre les Rouges, contre l'irrationalisme des masses. La civilisation entière, comme on le voit bien avec l'affaire de "la vache folle", est en train de virer d'une culture de la Science, avec un grand S, à une culture de la recherche. Au lieu d'une Science autonome et détachée dont le savoir absolu permettrait d'éteindre l'incendie des passions politiques et de la subjectivité, nous entrons dans une nouvelle époque: aux controverses politiques s'ajoutent les controverses scientifiques. Au lieu de définir une science par son détachement, on la définit par ses attaches. »

Bruno Latour « Y a-t-il une science après la Guerre Froide? » (Le Monde) 18-1-1997 http://www.bruno-latour.fr/presse/presse_art/004.html

Il y a la difficulté de faire marche arrière, une fois qu’on a mis le pied dans la porte
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